5. La
loutre en danger
1. Vocabulaire
1.1 Convention de Washington
En 1973, inquiets de la menace de disparition de certaines espèces animales et végétales sauvages, 39 Etats, dont la France, signaient à Washington une convention visant à réglementer voire à interdire le commerce international (importation, exportation et réexportation) de ces espèces ainsi que des parties et produits qui en sont issus (peaux, fourrures, plumes, ivoires, trophées, bois, fleurs, objets d’art, plats cuisinés…).
Les espèces menacées sont réparties en trois annexes :
·
Annexe n°1 : Espèces menacées d’extinction dont le commerce international
(importation, exportation et réexportation) est strictement interdit sauf dans
un but scientifique.
·
Annexe n°2 : Les espèces reprises dans l’annexe n°2 sont considérées comme étant moins menacées que les précédentes ; leur commerce international (importation, exportation et
réexportation) est donc possible si un permis d’exportation a été délivré par
l’autorité habilitée du pays d’origine.
·
Annexe n°3 :
L’annexe III décrit les espèces déclarées en danger sur le territoire d’un ou
de plusieurs pays et pour lesquelles des mesures de sauvegarde particulières,
ayant pour but d’empêcher ou de restreindre leur exploitation, s’imposent.
1.2 Statut IUCN

L’ IUCN est l’union pour la
conservation du monde.
L’ IUCN a établi une liste rouge des
espèces animales et végétales
menacées dans le monde. Celles-ci sont
réparties en 5 catégories :
· éteint
· en danger
· vulnérable
· risque faible
· statut indéterminé
2. Tableau des
espèces
|
Nom
français |
Nom
scientifique |
Convention
de Washington |
Statut
IUCN |
Loutre d’Europe |
Lutra lutra |
Annexe n°1 |
|
|
Loutre du Canada |
Lontra
canadensis |
Annexe n°2 |
|
|
Loutre de mer |
Enhydra lutris |
Annexe n°1 |
|
|
Loutre d’Asie |
Lutra perspicillata |
Annexe n°2 |
Vulnérable |
|
Loutre géante |
Pteronura brasiliensis |
Annexe n°1 |
Vulnérable |
|
Loutre à cou tacheté |
Lutra maculicollis |
Annexe n°2 |
|
|
Loutre à longue queue |
Lontra longicaudis |
Annexe n°1 |
|
|
Loutre du Chili |
Lontra provocax |
Annexe n°1 |
Vulnérable |
|
Loutre de Sumatra |
Lutra sumatrana |
Annexe n°2 |
Vulnérable |
|
Chat de mer (loutre marine) |
Lutra felina |
Annexe n°1 |
En danger |
|
Loutre du Congo |
Aonyx congica |
Annexe n°1 |
|
|
Loutre cendrée |
Aonyx cinerea |
Annexe n°2 |
Risque faible |
|
Loutre du cap |
Aonyx capensis |
Annexe n°2 |
|
3. Les causes de
disparition de la loutre d’Europe

Le phénomène de régression de la Loutre européenne se retrouve au même moment partout en Europe. Débutant dans les années 1930, il atteint un seuil critique dès les années 1950. Aujourd'hui, malgré sa protection datant de 1983 en Belgique, la Loutre européenne fait partie des espèces les plus menacées dans la majeure partie de l'Europe.
Au Moyen âge, la loutre était chassée pour sa chair. En effet elle était considérée comme un poisson par l'église et sa consommation était donc autorisée les jours de carême tout comme le castor.
Par la suite, sa chasse s'est intensifiée, soit pour le plaisir de la chasse à courre, soit parce qu'elle était considérée comme nuisible, soit encore pour sa fourrure soyeuse et de grande valeur.
Avec le développement de l'agriculture intensive et l'augmentation de la population, d'autres facteurs sont entrés en jeu dans le phénomène de disparition de la loutre. La loutre passe généralement sur les ponts et les collisions avec les voitures constituent donc un péril récent mais très présent comme la destruction de son habitat avec l'aménagement des berges et les barrages, mais aussi la pollution de l'eau. En effet, la loutre en tant que super prédateur se situe au sommet de la chaîne alimentaire. Ainsi, en se nourrissant de poissons contaminés, la loutre accumule dans ces tissus un nombre important de micro polluants qui l’empoisonnent ou réduisent les capacités reproductrices des femelles.

Dans le
marais de Poitevin, en France,
trois loutres sur quatre meurent d’accidents
de la route.
4. La loutre géante est en voie de disparition
En voie de disparition ?
En 1973, la
convention de Washington publiait sa liste des espèces en voie de disparition.
La loutre géante y figurait et son commerce fut strictement interdit. On
estimait alors que ses effectifs étaient très faibles. En effet, la conjonction
de plusieurs phénomènes semblait bien, à plus ou moins brève échéance, devoir
lui être fatale. La pénétration des hommes dans les forêts tropicales et
équatoriales et la destruction de celles-ci faisaient se réduire son biotope
naturel telle une peau de chagrin. La loutre géante, qui vit dans les eaux
troubles et boueuses bordées d’une couverture végétale dense se voyait ainsi
inexorablement condamnée. Le deuxième danger venait de la pollution de ces
mêmes rivières en raison de l’industrialisation et du rejets de substances nocives
dans l’eau. Les poissons se faisaient rares et la loutre ne trouverait bientôt
plus assez à manger. Enfin, elle était victime de la chasse, d’une part parce
que sa fourrure est d’une exceptionnelle qualité et d’autre part en raison de
la concurrence, supposée, qu’elle faisait au pêcheurs.

Bonne nouvelle
Entre 1976
et 1978, une étude menée à l’initiative de l’UINS (Union internationale pour la
conservation de la nature et de ses ressources) au Surinam, l’ancienne Guyane
hollandaise, au nord du Brésil, a permis de mieux connaître cet animal encore
mystérieux et surtout de rassurer les plus pessimistes des zoologues.
En
remontant les rivières ayant leur source dans le massif des Guyanes, les
chercheurs rencontrèrent beaucoup plus de loutres géantes qu’ils ne s’y
attendaient. Elles vivaient en petits groupes familiaux de quatre ou cinq
individus installés sur un territoire relativement grand.
Même en
sachant qu’au Surinam les mesures de protection sont bien mieux appliquées que
dans le reste du sous-continent, cela a ravivé les espoirs de la communauté
scientifique.
Quelle est la situation aujourd’hui ?
Les avis sont
partagés. Certains estiment que les craintes nées du rapport de la convention
de Washington sont toujours valables aujourd’hui, tandis que d’autres, se fiant
aux études faites au Surinam, sont beaucoup plus optimistes. Ils pensent que de
petits groupes, très probablement séparés par de grandes distances,
survivraient toujours dans les régions d’accès mal aisé.
La loutre
géante est un animal difficile à observer : elle a tendance à se
dissimuler durant la journée et à ne sortir de son terrier, construit sur les
berges des rivières, qu’au matin et au crépuscule.
5. Les causes de disparition de la loutre de mer
Le plus petit des mammifère marins, la loutre de mer, présente dans le Pacifique nord (Alaska, Californie, Japon...) est en voie de disparition. En Alaska, sa population a été réduite de 90%. Les causes de sa disparition sont principalement la pollution pétrolière (le naufrage de l'Exxon Valdez en 1989 détruit des populations entières en Alaska), le braconnage (Fédération russe) et la pêche, ainsi que les baleines prédatrices (Epaulards) et les requins. Déjà, le XVIIème et le XIXème siècle ne l'avaient pas épargné, sa fourrure étant la raison d'une chasse qui failli lui coûter sa survie. En 1911, un traité qui interdit sa chasse est passé alors qu'on estime qu'il ne restait plus que 2000 individus au début du XXème siècle.

6. Les causes de disparition du chat de mer (loutre marine)
Depuis le début du
siècle passé, le chat de mer a été pourchassé
par des chasseurs qui s’intéressent à sa fourrure pour fabriquer des
chaussures et en grande partie des bottes.
Si ce ne sont pas
les chasseurs ce sont les pêcheurs qui la capturent et s’en servent pour la
pêche.
Les
chiens contribuent aussi au déclin de la loutre marine puisqu’ils leur
transmettent des maladies comme la rage qui peut décimer plusieurs populations.
Dans la nature, c’est l’orque (ou
épaulard) qui est le principal prédateur de ce beau mammifère. A l’heure
actuelle on estime sa population à moins de 1000 individus.

L’orque
est le principal prédateur
du
chat de mer
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