THEBES: UN REFLET DU CIEL SUR LA TERRE DES PHARAONS

Remarque préliminaire: cette page comporte un programme de calcul astronomique, écrit en VBScript, permettant une détermination aisée des dates des levers et couchers matinaux et vespéraux des étoiles observées dans la haute antiquité. C'est la seule partie du site qui exige un browser particulier ( l'Explorer 3 ou 4 de Microsoft)

Ceci dit, le but premier de cette étude est de montrer que les Egyptiens ont tracé sur le sol thébain, à l'est du Nil, une immense représentation de la constellation du Bélier dont les axes ont déterminé les lieux de construction des temples et des autres édifices sacrés. Il s'agit donc d'une démarche proche, au départ, de celle adoptée par Robert Bauval et Adrian Gilbert dans leur magistrale étude du site de Gizeh (Le mystère d'Orion). Néanmoins, les hypothèses formulées dans cette page WEB sont, sauf mention explicite, strictement personnelles.

Technique utilisée: après avoir choisi l'échelle adéquate, la carte de la constellation du Bélier est imprimée sur un calque. Celui-ci est alors retourné pour offrir l'image qui serait observée si le ciel était observé dans un miroir ou un plan d'eau (il s'agit donc bien du reflet du ciel). Cette image retournée est alors surimprimée sur la carte du site de Thèbes.

Dans ces schémas, les constructions sont représentées en vert. La couleur rouge représente la projection du Bélier (ARI) et le bleu indique les prolongements des dromos.

Nous voyons que les édifices sacrés de Karnak et Louxor sont implantés sur une projection de la constellation du Bélier. L'étoile Sheratan (bêta) correspond à l'ancien sanctuaire du grand temple d'Amon de Karnak. L'étoile Hamal (alpha) est placée sur le temple de Mout. Enfin, l'étoile 41 se situe sur le temple de Louxor. De plus, on peut remarquer que le dromos reliant Louxor à Karnak correspond à l'axe 41-bêta. De même, le dromos reliant le domaine d'Amon à celui de Mout se superpose à l'axe gamma-alpha.

Le domaine de Montou et la projection de gamma ARI (Mesarthim) imposent cependant quelques explications supplémentaires

La constellation du Bélier a probablement attiré l'attention des Egyptiens pour les raisons suivantes:

  1. A la charnière du troisième et du deuxième millénaire, là-bas comme ailleurs, la zone zodiacale concernée était celle où se trouvait le point vernal. Il est utile de rappeler que, pour les peuples de l'antiquité, l'amas des Pléiades constituait probablement la limite de cette zone. Or, le point vernal, entraîné par le mouvement de précession, a franchi cette limite vers -2200.
  2. A Thèbes, au début du deuxième millénaire, bêta du Bélier (Sheratan) culminait au moment du lever de Sirius, l'étoile la plus observée, de tout temps, par les Egyptiens. J'en reparlerai plus loin de façon détaillée. De plus, Sheratan se levait à l'est (azimut=90,5) et faisait son lever héliaque un jour avant l'équinoxe de printemps( VBScript).
  3. Si on observe la voûte céleste en plaçant le Bélier au centre du champ d'observation, on se rend compte que l'étoile Sheratan faisait partie, à cette époque, d'une figure géométrique remarquable incluant l'étoile Sirius et le pôle nord de l'écliptique (le mouvement propre de Sirius a, depuis lors, modifié graduellement ses proportions).

Il reste un problème à résoudre: l'orientation de la projection de la constellation du Bélier par rapport au méridien de Thèbes est-elle voulue ou fortuite? Je vais tenter de démontrer que cette orientation est le fruit d'une construction géométrique savante en relation avec la figure étudiée plus haut.

Commençons par examiner le schéma suivant: Il montre, en rouge, le méridien passant par l'ancien sanctuaire de Karnak (Sheratan) et le parallèle traversant la partie nord du temple de Louxor (41 ARI).
Le point C est l'intersection du méridien et de l'axe du Dromos de Mout (l'axe passant par Hamal et Mesarthim).

Le triangle ACE est remarquable pour la raison suivante: le rapport AC/AE est égal à 1,6 .
Ce rapport est donc très proche du nombre d'or (1,618) et pratiquement égal à celui mesuré sur la voûte céleste au sein de la figure géométrique remarquable décrite auparavant et incluant, outre le pôle de l'écliptique, les étoiles Sheratan et Sirius. J'expliquerai plus loin que Sirius, tout comme Sheratan, joue un rôle important sur le site de Thèbes.
L'angle CÂE est par, conséquent, égal à 51,3 degrés { arcosinus(1/1,6) }. Cet angle est donc très proche de la pente (51,8°) de la pyramide de Khéops.
De plus, l'angle supplémentaire (128,7°) correspond à la distance angulaire séparant Sirius du pôle de l'écliptique (je montrerai plus bas que, sur le sol thébain également, cet angle de 128,7° est en relation avec Sirius).

Le schéma de la constellation et, avec lui, l'ensemble des alignements architecturaux thébains ont donc été probablement orientés par rapport au méridien dans des buts précis.

Le schéma montre également un alignement qui a été mis en évidence de manière précise par Gérald Hawkins. Il s'agit du grand axe du temple d'Amon orienté vers le lever du soleil au solstice d'hiver. A mon avis, cet alignement pose deux problèmes:

Une autre bizarrerie, mentionnée précédemment, est le renversement latéral de la projection de la constellation du Bélier.
Le shéma suivant permet d'expliquer ces bizarreries et de montrer l'existence d'autres tracés remarquables.
Il est obtenu en retournant l'ensemble du domaine thébain autour du méridien (CE). On obtient ainsi, dans la moitié droite du schéma, un site virtuel qui apparaît comme le complément indispensable du site réel.

Nous voyons ainsi apparaître: Ce principe de symétrie a été mis en évidence, d'une autre manière, par Guy Gruais et Guy Mouny sur le site de Gizeh. Il est donc très possible que ce procédé ait fait partie des techniques habituelles de l'architecture sacrée égyptienne.

Il est maintenant possible de montrer que l'étoile SIRIUS, ici comme ailleurs, a joué un rôle déterminant dans l'élaboration de la structure générale du site.

Rappelons d'abord que le lever héliaque de Sirius se produisait, à cette époque, aux alentours du solstice d'été. Il faut ensuite savoir qu'à Thèbes, à la charnière du troisième et du deuxième millénaires, Sirius se levait au moment où Sheratan passait au méridien.
Un observateur, placé au point C dans une position quelque peu surélevée et tourné vers le sud, pouvait donc observer le lever de Sirius ( azimut 112 en -1950) au dessus des contreforts de la Chaîne Arabique tout en constatant que Sheratan, au méridien, occupait au ciel la même position qu'à ses pieds (point D).

Il avait également la possibilité de déterminer la position de la zone S des contreforts traversée par la ligne de visée de Sirius.
Or, cette zone est également traversée par le parallèle de Louxor (AB).
Il faut, de plus, rappeler que l'angle CBS, égal à 128.7°, indique la distance angulaire séparant Sirius du pôle de l'écliptique au début du deuxième millénaire. Cette distance polaire, uniquement affectée par le mouvement propre de l'étoile, constitue la "signature" de celle-ci pendant les quelques siècles qui précèdent ou qui suivent le tournant du millénaire.
Il est donc probable que l'extension en latitude du site (presque deux kilomètres) soit liée à l'observation du lever de Sirius.

En guise de conclusion, je citerai le texte d' Hermès Trimégiste à Asclépius extrait du Corpus Hermeticum de A.J. Festugière et cité par Schwaller de Lubicz dans Her-Bak "Pois Chiche" : " Ignores-tu donc, ô Asclépius, que l'Egypte est la copie du ciel, ou, pour mieux dire, le lieu où se transfèrent et se projettent ici-bas toutes les opérations que gouvernent et mettent en oeuvre les forces célestes? "

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