Le principe de la projection de l'image du ciel sur la surface terrestre

A ma connaissance, la première étude sérieuse a été réalisée, dans ce domaine, par Jean Richer. Ce chercheur génial a montré que, dans le bassin méditerranéen, les anciens avait l'habitude de partager leur territoire en douze secteurs correspondant aux douze constellations zodiacales (considérées ici, à l'image des signes tropiques, comme égales), les images symboliques observées sur les pièces de monnaie et sur les monuments sacrés permettant de relier chaque portion du territoire à un secteur zodiacal donné. Dans "Géographie sacrée du monde grec", Jean Richer met en évidence, notamment, un triangle Delphes (Phocide) - Sardes (Asie Mineure) - Ammonion (Oasis de Siwas en Egypte), chacun de ces lieux étant placé au centre d'une roue zodiacale. Un autre centre ("omphalos") était l'île de Délos située dans les Cyclades à la longitude d'Ammonion.
D'une manière générale, Jean Richer nous montre donc que la projection de la voûte céleste sur la surface terrestre était chose courante dans le monde gréco-romain. Cette pratique remonte, en fait, à la haute antiquité car le point vernal est resté associé à la constellation du Taureau sur quelques schémas zodiacaux.
Dans un domaine plus précis, en rapport avec l'Egypte, Jean Richer nous apporte de précieuses informations. Après avoir montré que Thèbes de Béotie se trouve dans le secteur de la Balance (dans le zodiaque centré sur Delphes), il écrit : "Le caractère zodiacal d'Ammon est confirmé par la présence d'un sanctuaire à lui consacré, à Thèbes de Béotie dans le signe de la Balance, opposé à celui du Bélier, et sur l'itinéraire Sardes-Delphes"(Géographie sacrée du monde grec, chapitre IX, point 4). Thèbes de Béotie et Thèbes d'Egypte sont donc symboliquement situées sur le même axe zodiacal Bélier-Balance et vénèrent toutes deux Amon(que J.Richer écrit avec deux m).
Finalement, dans "Géographie sacrée dans le monde romain", Jean Richer nous montre que le retournement de l'image du ciel relevait, chez les anciens, d'une pratique courante. La carte 2 de cet ouvrage montre, en effet, que le système zodiacal centré sur Cumes, en Campanie, était représenté à l'aide de deux systèmes:
  1. Un système dans lequel les constellations sont considérées dans l'ordre habituel (sens "anti-horlogique")
  2. Un système dans lequel les constellations sont placées dans l'ordre inverse (sens "horlogique"). Ce système nous montre, en fait, le zodiaque tel qu'il apparaîtrait dans un miroir.

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