l'histoire du début de la présence
spiritaine dans le pays, une liste de sites qui vous donneront des
informations sérieuses de partout dans le monde (agences etc.), des cartes (beaucoup;
spécifiez ce que vous voulez) concernant la RDC
qui vous aideront à localiser les données
de
notre site ou les événements
dont les échos vous parviennent d'ailleurs (cartes de la MONUC, organisation des
Nations
Unies).
Bien sûr, également
les nouvelles de ce que font les Nations Unies en RDC.
La "préhistoire"spiritaine au Congo
En 1865, les missionnaires spiritains se voient confier la Préfecture Apostolique
du Congo, abandonnée depuis 1835 par les Capucins italiens. Cette préfecture
comprenait le Nord de l'Angola (le royaume du Congo), le Bas-Congo, la future enclave de
Cabinda et le futur Congo français, "sans limites à l'intérieur".
Dès 1866, ils parlent d'ouvrir un poste à Boma (dans l'actuel RDC).
En 1870, les missionnaires français, peu soutenus par les autorités portugaises, doivent
se retirer provisoirement.
En 1873, la
Propagande approuve l'établissement d'une nouvelle mission à Landana (dans l'actuelle
enclave de Cabinda, en dehors de l'influence des portugais). C'est de cette
"mission-mère" que sera entreprise l'évangélisation du Congo RDC.
Entre 1875 et 1880, ils fondent la mission de Boma.
Quelques années plus tard (1886 et 1887), ils fondent la mission de Nemlao et Kwamouth.
Mais en 1888, ils devront quitter quand Léopold II obtenait du Saint-Siège que l'Etat
Indépendant du Congo serait confié à des missionnaires belges (les Scheutistes).
Les Spiritains, des belges, reviendront cependant une troisième fois: en
1907. A leur tête, Mgr Callewaert (originaire de Kortrijk, Flandre Occidentale). En tant
que Père Mgr Callewaert avait déjà fait partie de la première expédition missionnaire
au Bas-Congo. Ils reçoivent la charge du Katanga Septentrional (les diocèses actuels de
Kindu, Kongolo et Manono). Ils seront épaulés par deux Congrégations missionnaires: les
Filles de la Croix (à Kongolo, puis Kindu), et les Soeurs Franciscaines du Règne de
Jésus-Christ (à Sola). Ils s'investissent dans la formation du clergé diocésain
(africains), des catéchistes et de religieuses.
KONGOLO de 1909 à 1959 à Kongolo
(d'après un texte du P. Dury B., repris d'un CD réalisé aux Archives de Gentinnes))
(Cliquez sur ce titre pour accéder à une carte de la région. Ensuite cliquez pour agrandir
la carte)
Le 7
juin 1909, trois missionnaires du St-Esprit, les PP. Villetaz, Brangers et le Frère
Euloge, foulent pour la première fois le sol de Kongolo.
Le P. Villetaz, arrivé au Congo Belge avec le Père Préfet (Mgr Callewaert - qui avait
été auparavant missionnaire dans le Bas-Congo), fut d'abord Aumônier de la ligne de
chemin de fer, et, à ce titre, il suivit les ouvriers dans leurs déplacements.
Partie de Kindu, le 8 mai 1909, la caravane destinée à fonder Kongolo, a parcouru
d'abord 132 km en train, puis le steamer C.F.L. a amené les trois missionnaires à
Kasongo. A Kasongo, le recrutement de 80 porteurs prend de longs jours. La caravane
s'ébranle enfin pour arriver à Kongolo le 7 juin. Le chemin se fit "joyeusement et
saintement". Des économies dans les caisses de conserves sont réalisées grâce à
l'abondance de gibier.
Le
Service d'études des Grands Lacs avait laissé sur la colline de Misalwe une paillote,
qui devint la première résidence des pionniers. Mr Adam,
ingénieur en chef, baptise dès lors cette colline : le mont Sacré. Un peu plus loin, le
plus imposant dôme Lumpibwe garde jalousement les mânes des ancêtres contre les
éventuelles profanations par des nouveaux venus.
La chronique du temps - qui ne dédaigne pas de taquiner les muses - décrit déjà les
sites et le paysage qui aujourd'hui nous sont familiers : les méandres capricieux du
fleuve, la plaine s'étendant sous une forêt d'éventails formés par les branches de nos
élégants borassus ... Nous rêvions d'une cathédrale sur cette hauteur, d'où l'âme
semblait plus facilement s'élever jusqu'au ciel. En fait de cathédrale, nous fûmes
servis (n.d.l.r.: ce
texte datant de 1959, l'auteur a connu le projet de construire une cathédrale - projet
datant de 1943... Mais les travaux ne datent que des années 1980 et l'inauguration a lieu
en 1984 ).
Le 15
juin 1909, toute la région est en émoi : réception du Prince Albert de Belgique, entre
les deux montagnes de Misalwe, dans des installations "royalement provisoire".
On appela ce site le "Col du Prince". Le Prince ne manqua pas d'encourager les
missionnaires. Et les installations "royalement provisoires" sont cédées aux
Pères, qui descendent ainsi progressivement vers la plaine. Jusqu'en juillet 1910, on
reste près de Misalwe.
Les premiers contacts avec les indigènes paraissent avoir été plutôt froids. "Ne
connaissant les missionnaires que par les ouï-dire des blancs qui avaient précédé, ils
n'avaient pas de considération pour eux".
L'emplacement
fixé pour la gare et le port vient déterminer le choix du terrain pour les installations
définitives ... . Et délibérément, tout le poste s'engouffre dans la cuvette torride,
quittant l'air pur des sommets...
On se met directement au travail ... Les fours à briques s'élèvent, et on commence
l'édification de la maison d'habitation, le tout évidemment, maçonné au poto-poto et
couvert de paille.
Sur
les années 1911 et 1912 : quelques lignes seulement dans les annales. L'apostolat
s'organise et les premiers catéchumènes, provenant de la main d'oeuvre employée au
poste et des villages des environs, font leurs premiers essais dans la religion
chrétienne.
En septembre 1911, arrivée du Père Ferry à Kongolo. Le Père Villetaz était retourné
depuis longtemps à l'Aumônerie de la ligne. Le P. Ferry, considéré comme le vrai
fondateur de la Mission, reste au Congo jusqu'en 1939.
Dans les premiers temps de Kongolo, il est fait mention d'un personnage assez énigmatique
: le Père Maurice, médecin de son métier. Le Journal de communauté n'y fait jamais
allusion. Tout fait penser que ce Père du Saint-Esprit était envoyé en mission
spéciale. Envoyé par qui ? l'Etat ? le C.F.L. ? Nous ne savons pas. (Note de la
rédaction:Il est arrivé à Kongolo au
début de 1912. Nous lisons dans le Bulletin Général n° 287, de janvier 1911, p.
7 son départ d'Amsterdam, le 3 décembre 1910, pour Kindu. Et à la page 9 :
"Le bulletin de ce mois annonce le départ du P. Henri Maurice pour l'Afrique; notre
confrère s'y rend dans des conditions particulières. Après avoir pris son grade de
docteur ès-sciences (biologie), à Fribourg, et avoir passé une année d'études
supplémentaires à l'Institut Pasteur, il a été chargé par le gouvernement belge,
Ministère des Colonies, d'une Mission au Congo, spécialement en vue de recherches sur la
maladie du sommeil et les affections parasitaires". Il est mort le 13 juin 1929 en
Guadeloupe. On trouve de longues pages sur lui dans le Bulletin Général de l'année
1929-1930: de son travail au Congo Belge, de son passage dans nos missions, mais - dans
cet article - pas un mot sur la présence d'autres Spiritains ou d'un contact quelconque
avec nos Pères à nous... A lire, plus loin, d'autres données concernant ce Père
MAURICE Henri.)
Il ne
résidait pas avec ses confrères; il occupait un complexe à part. Nous pensons d'après
les dires des anciens, qu'il dépistait et combattait la maladie du sommeil. En 1912 ou
1913, il fait rentrer le Père Ferry en Europe; le bon Père souffrait sans doute de la
"Congolite", la fièvre d'acclimatation de notre bled. Le Père Ferry reste six
mois environ en Belgique, puis il revient dans sa mission de Kongolo.
Kongolo, à l'époque, était un poste important. On note comme Commissaire de district :
MM Van der Kerken, Gibson, Van den Bogaert. La B.C.B. avait une succursale à
Kongolo. Le District a quitté définitivement Kongolo pour Albertville vers 1922.
Jusqu'alors, le service médical était assuré dans toute la région par l'Hôpital des
Grands Lacs de Lubunda. Les grands blessés de la guerre furent évacués sur Lubunda;
même les cas graves d'Albertville, jusqu'en 1923, furent traités dans cet hôpital
confortablement installé. Il déménage à Kindu en 1923.
En 1923, on
jette les fondations de l'actuelle maison d'habitation des Pères de Kongolo et on achève
en 1925. Masse de briques maçonnées, ce château-fort a menacé ruine à
plusieurs reprises. Consolidé, renforcé, étayé par de nombreux contre-forts et des
rails qui relient les murs branlants, ce bâtiment remplit toujours (1959, année de
rédaction de ce texte) son rôle d'habitation. Elle a le mérite, en outre, de servir de
relique, objet de musée, vestige du passé...
1929: les Filles de la
Croix arrivent à Kongolo. En mai la maison qui, à l'époque paraissait une
réussite, est prête, du moins en partie. On contacte la Révérende Mère Marie-Sophie,
pour lui demander de dépêcher son équipe de choc. Le 12 juin, à 6 h, le train arrive
amenant les Soeurs entre en gare. Réception triomphale. Musique en tête, le cortège
s'organise : ovation au CFL, ovation tout le long du sentier ( car de route CFL-Mission :
point... Nous sommes toujours à l'époque héroïque ). Le sentier est d'ailleurs
pittoresque à souhait : fondrières marécageuses, et matete à profusion.
Les Soeurs font une entrée sensationnelle à l'église, où, faute de chantres à la
page, ce sont elles-mêmes qui doivent poursuivre le chant commencé. Soeur Xavier-Marie
de la première heure, est toujours parmi nous (1959).
L'école primaire pour 'blancs' en 1949. Cliquez ici pour
accéder aux fichiers reçus en 2008 (novembre). Ces documents sont publiés
avec l'autorisation de Guy, fils de Mme Braas. On les a reçus à Gentinnes en
novembre 2008. Il s'agit de la demande (par Mme Braas) d'une reconnaissance
officielle de l'école primaire pour 'blancs' fondée en 1946 par
le Père Van der Smissen.
Air d'optimisme : sur l'état d'esprit de nos devanciers. On nous chante
sur tous les tons, en 1959, que nous vivons dans une période triste, période
d'énervement, de dépressions nerveuses, au milieu de névropathes, de détraqués, et
que sais-je ? Consolons-nous ... en songeant que, en 1929, la chronique mentionne deux
suicides de Blancs en l'espace d'un an à Kongolo. Ah, le fameux bon temps ...
Tous les postes de mission n'ont pas la chance de posséder une
respectable cloche de 500 kg. Don de la famille Englebert, Eugénie-Célestin fut baptisé
le 20 décembre 1931. Madame Fortemaison est la marraine de ce bourdon.
En ce moment, les Soeurs infirmières ont commencé leur travail à
l'hôpital-colonie de Kongolo, que dirige à cette époque le Dr. Belhommet.
Mai 1933 : une visite importante
: S.Exc. Mgr Dellepiane, Délégué apostolique, est reçu en grande pompe ... Faisant à
l'hôpital l'honneur d'une visite, le Prélat, toujours tiré à quatre épingles, laissa
entendre que ceux qui le recevaient auraient pu porter aussi col amidonné et complet
sombre. Là-dessus, le Dr. Belhommet paya le champagne.
La deuxième tranche conduisant au jubilé d'or se
résumera plus succinctement que la première.
Le 25 juin 1935, parvient la nouvelle que Mgr Haezaert est nommé Evêque de
Pertuse et Vicaire apostolique de Kongolo.
Il est sacré à Lier le 30 novembre 1935. Une
réception solennelle est organisée pour le premier Vicaire apostolique qui prend
possession de son siège le 05/08/1936.
On a entamé fin 1935 la construction du palais (résidence) épiscopale, devenue
actuellement (1959) procure du vicariat. Le 21 janvier 1937 eut lieu la mort paisible de Mgr
Lempereur, 2° Préfet.
En août 1937, on note que Kongolo regorge d'étrangers,
engagés pour la jonction ferroviaire Kongolo-Kabalo. La Trabeka surtout s'installe avec
un personnel important pour la construction du pont. Le 26/08/1937 on pose le premier rail
de la jonction; le 31 octobre inauguration du premier tronçon, 5 km (de la gare jusqu'au
pont). Ce jour-là, Mr le Gouverneur général, P. Ryckmans, pose la première pierre du
pont, que bénit Mgr Haezaert; on scelle le parchemin dans un tube en cuivre. Deux ans
plus tard, le 26/11/1939, Mr Ryckmans vient inaugurer le pont à peu près achevé. Déjà
l'Europe est en guerre.
Le 1 mars 1938 s'est éteint en Belgique, Mgr Callewaert,
le fondateur de nos missions.
En juin 1939 est parti de Kongolo, définitivement, pour
l'Europe, le Père Ferry, après un travail opiniâtre de plus de 27 ans. Il est remplacé
à la tête de la mission par le Père Bouve, venu d'Ankoro, travailleur infatigable, qui
va cumuler pendant 10 ans les fonctions de Supérieur de mission, de Supérieur principal,
de Procureur du Vicariat, et de Vicaire délégué de Mgr Haezaert.
10 mai 1940 : le glas de l'entrée en guerre a
sonné. On a vécu des heures d'angoisse.
Tout au début de la guerre, on note le départ du Père Louis Daems, figure légendaire
de Kongolo. Il ne reviendra plus, et meurt à Nijlen en 1949 (18/04/1949).
Pendant cette "drôle de guerre", on s'organise. Il a fallu, faute de
ressources, supprimer de nombreux moniteurs en brousse. Mesure néfaste, s'il en fut; car
la reprise à la fin de la guerre fut des plus malaisées ... Par contre, les oeuvres
autour de la mission s'épanouissent; les écoles primaires, en particulier, prennent un
bel essor. En 1943 on renseigne 800 inscrits à l'école centrale.
Malgré les restrictions et les difficultés issues de la situation de guerre, les
Autorités du Vicariat lancent le petit Séminaire, qui trouve d'abord abri dans les vieux
locaux de la procure. Mais on ne tarde pas d'édifier pour cette oeuvre des bâtiments
adaptés. La fondation du Séminaire de Kongolo est un bel exemple de confiance sereine en
l'action de la Providence. Ce qui frappe, pendant cette période de guerre, c'est la bonne
entente et l'entraide générales. Dans tous les domaines, il y a collaboration parfaite
: effort de guerre, fêtes, sports, solidarité.
En juillet 1943, l'église des premiers temps menace
ruine. On décide de l'abandonner, pour entrer dans le local qui servira longtemps
d'église provisoire. On a construit dare-dare ce bâtiment, sans en soigner spécialement
la construction : ce sera, disait-on, assez bon pour une affaire de 4 à 5 ans, le temps
de construire une cathédrale. En fait de cathédrale, on sait ce que c'est qu'une
'solution provisoire'... (la cathédrale ne viendra qu'en
1984 !)
Le 14 octobre 1944, Mgr Haezaert a la grande consolation
d'ordonner son premier prêtre congolais, Mr Pierre Shindano. Les motifs d'espoir et
d'optimisme n'ont donc pas fait défaut pendant la guerre.
Le 31 janvier 1945, le Chantier naval de Kongolo
lance, avec une solennité inaccoutumée, la barge Victoire, entièrement construite à
Kongolo. Monsieur Baron, gouverneur du Katanga, est présent. Monseigneur procède à la
bénédiction. Rien ne s'inaugure sans bénédiction. Depuis lors, le chantier a lancé
d'autres unités : Vaillance, Nicole, Marie-Jeanne, etc. ... Le rite de lancement
inauguré pour Victoire fut toujours suivi.
Mai 1945 : la victoire est fêtée dans l'enthousiasme
général; c'est la fraternisation complète. Les festivités durent une semaine. Partout
dans le poste, on se livre à des farandoles interminables. On réquisitionne pour cela la
clique de la mission, qui ne compte à l'époque, que des trompettes bosselées; mais il
faut faire du bruit.
En juin 1945, on a commencé la construction de l'école
St Augustin. Le 26 juin 1945, le premier renfort
de personnel nous arrive en la personne du Père Forgeur. A partir de ce moment, il y a
espoir, bien que les "arrivages" soient encore longtemps irréguliers, les
"priorités" se réservant toutes les places sur les paquebots et sur les
avions.
L'école officielle des Européens eut des débuts bien humbles : ce fut
le Père Van der Smissen A. (aumônier du C.I.) qui ouvre "gratis pro Deo" en août 1946, une classe pour petits blancs. Le cercle CFL
mettra ses locaux pendant plusieurs années à la disposition des écoles.
A la mission, enoctobre 1948, nous ouvrons une
école d'artisans; et, en 1949, l'école des moniteurs pour écoles succursales.
En 1948, aux confins de l'immense paroisse de Kongolo,
près du Lomami, dans le territoire de Tshofa, une nouvelle fondation voit le jour:
Sentery (nommé actuellement, 1999, Lubao), filiale de Kongolo, pour
l'évangélisation des Basonge. On y envisage l'avenir avec optimisme.
Ceux qui étaient présents se souviendront du soir du 25 mai 1949
: on avait l'impression de se trouver au beau milieu d'un bombardement : une barge à
essence explosa au port CFL et les détonations fusaient jusqu'au lendemain. Heureusement
: pas de victimes.
A la mission, depuis 1948, les constructions se sont
succédées à un rythme régulier. Chez les Soeurs, on a débuté par l'Ecole moyenne
ménagère, puis l'école normale féminine, avec tout le complexe de l'internat.
Chez les Pères, ce fut l'école artisanale, puis l'école de Pédagogie, la résidence
des Professeurs du Séminaire, une école à la Kangoy et à Kinkotonkoto. La brousse se
développe également : Katea devient école complète à cinq classes.
Le 1er mars 1950, le R.P. Bouve, supérieur depuis 10
ans, après un terme de 20 ans, rentre en congé en Belgique. Ce sera pour y recevoir
d'abord sa nomination comme Evêque de Cremna et Vicaire apostolique de Kongolo, puis sa
consécration épiscopale à Leuven le 24 août 1950. Les
12 et 13 mai 1951 : Kongolo en liesse, fête sa Joyeuse entrée : festivités
mémorables.
Depuis lors, le travail missionnaire se poursuit en profondeur.
Malheureusement, le personnel est restreint; le renfort est bien maigre.
Les Pères du St Esprit ont pris sur eux l'organisation et la direction de la section
préparatoire à l'Ecole d'Assistants agricoles de Kaseya.
La communauté des Filles de la Croix s'est également scindée. Soeur Xavier est devenue
première Supérieure du Couvent des Religieuses qui desservent les Hôpitaux Colonie.
En 1952, la célébration d'un cinquantenaire remue nos
régions : c'est le cinquantenaire de la Compagnie des Grands Lacs, dont l'histoire se
confond avec celle de tous les pionniers de l'Est du Congo. Les Grands Lacs ont eu à
coeur d'associer à la commémoraison de leur jubilé les Autorités du Vicariat.
Fin 1956, la paroisse St Joseph est créée à la cité
Kangoy, et le Père Van Duffel, auparavant supérieur de la mission, assure les fonctions
de curé.
En octobre 1957 (29/09/1957) s'éteint
brusquement en notre communauté son Excellence Mgr Haezaert. Sa grande simplicité et son
amabilité lui avaient attiré la sympathie universelle. A ses obsèques participa toute
la population. Mgr Haezaert, qui était servi par une mémoire extrêmement fidèle,
aurait pu alimenter l'histoire de notre cinquantenaire de multiples anecdotes, pour
illustrer les temps révolus.
Que ce cinquantenaire de mai 1959 soit l'expression d'une profonde
gratitude envers Dieu pour le bien réalisé, en même temps qu'un acte de confiance sans
réticence en l'avenir...
Addendum : Le Père Henri Maurice (1874 - 1929)
Il est né à Cherbourg (Fr) le 2 avril 1874.
" Etant au lycée de cette ville, il parlait quelques fois de son intention de se
faire prêtre des missions étrangères après avoir fait quelques études médicales,
dans l'intérêt des infidèles qu'il aimait à évangéliser. "
Ce sera sa vocation. A Bordeaux, puis à Paris, il suivit des cours de médecine.
C'est alors qu'il se présenta chez les Spiritains. Il fut ordonné prêtre en 1902.
A cette époque il semblait que la mission de l'Amazonie allait prendre de l'importance.
Le P. Maurice y fut envoyé. Mais les espérances ne se réalisaient pas et il revient peu
après.
Le P.Maurice fut envoyé à Fribourg et y prépara le doctorat en sciences naturelles,
qu'il passa 'magna cum laude'.
Le gouvernement belge cherchait alors des spécialistes pour combattre au Congo la maladie
du sommeil, qui y faisait d'inquiétants ravages. Le roi Léopold avait même promis un
prix de 200.000 frs à qui lui trouverait un remède efficace. Le P.Maurice présenta sa
candidature et reçut pour le Katanga une mission officielle en qualité de
missionnaire-médecin.
Au commencement de 1912, il écrivait : " J'accomplis en ce moment un voyage
d'études sur le 3e tronçon du chemin de fer des Grands Lacs qui va de Kabalo au
Tanganyika. Un certain docteur a publié un rapport très pessimiste sur une partie du
tronçon. " Et il ajoute : " J'ai envoyé au ministre des Colonies à Bruxelles
un rapport dans lequel j'ai exposé l'état sanitaire de la région de Kongolo. Je propose
à l'attention du corps médical certaines mesures prophylactiques ... Il va sans dire
que, en dehors de ma mission médicale, je n'oublie pas que je suis chrétien, prêtre et
missionnaire : je me réjouis de pouvoir ainsi soigner l'âme de mes clients. "
Le 6 septembre, le P.Maurice était sur le Lomami : " Mon voyage au Lac Tanganyika
s'est très heureusement effectué; pendant deux mois j'ai visité tous les travailleurs
de la ligne ainsi que les habitants des villages voisins. J'ai fait une carte, des
tableaux, des pourcentages, etc. et expédié au ministre des Colonies un volumineux
rapport. L'ingénieur en chef, Adam, était très satisfait de mon travail. "
" Après ce voyage au Tanganyika, j'ai remonté le Congo jusqu'à Bukama et visité
la région si contaminée qui s'étend du lac Kisale aux chutes. Mon premier rapport
a été prise en considération. Un médecin-inspecteur est venu d'Elisabethville et
réalise les agglomérations que j'ai proposées. "
Au début de 1913, le P. Maurice débarque en France. C'est alors que, sa mission
terminée, il fait un stage à l'Institut Pasteur.
Survint la guerre. Mobilisé comme médecin auxiliaire, il la passa entièrement au
service de la bactériologie à l'hôpital de Cherbourg. " J'espère accomplir mon
devoir en bon prêtre et en bon soldat. " De fait, il opéra plusieurs conversions
dont " l'une ou l'autre fit quelque sensation. "
Après la guerre, le P.Maurice profita du temps qui lui fut laissé pour mener à bien un
ouvrage qui serait bien placé dans toutes nos missions : " Sous les tropiques.
Notions d'hygiène et de Médecine à l'usage des coloniaux. " (1920; 293
pages)
Ceux qui s'intéresseraient à la vie du P.Maurice dans la suite peuvent lire le Bulletin
Général de 1929, p. 274 - 279.
Le P.Maurice décéda à la Guadeloupe le 13 juin 1929.
(d'après des notices du P.Proost ).
A partir de 2005 des données reçues pour
être reprises dans le site
figureront dans le site de la Province Spiritaine belge.
Edition: ARCHIVES, Mémorial Kongolo, Gentinnes
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