![]()
![]()
(Dernière mise à jour: 21/01/2008)
Brève présentation de la présence spiritaine à
Gentinnes
(1903 - 1969)
(extrait d'un CD; avec quelques corrections)
|
Introduction
Des sources mentionnent déjà une demeure au 11° siècle.
Pour le 17° siècle: voir l'extrait d'un web-site plus loin.
Au 18° siècle on signale une 'baronnie' "près du Bois de l'Hermitage".
Ce bois est actuellement, dans l'entité de Chastre, le dernier de son genre et ouvert au
publique.
Voici le petit texte du site Online Highways (www.ohwy.com):
| Location: Gentinnes Belgium | Category: Historic Sites |
Palace of Gentinnes
Château de Gentinnes
The enormous palace at Gentinnes was constructed in the 17th century. The property hosts a famous memorial, dedicated to 20 Belgian missionaries to the Congo who perished in a 1962 mass murder, just before the outbreak of the anti-colonial rebellion. The buildings lie near Chastre's beautiful 'Hermitage Forests'.
De qui tenons-nous le lieu, et pourquoi s'est-on établi à Gentinnes ?
La propriété fut acquise par Mr Wégimont (un Anversois ayant des intérêts dans une société coloniale du bassin de l'Ibenga, au Congo Français) le 25 juin 1898, de Mme la Comtesse Louise du Mortier habitant le château de Gesves (veuve de Monsieur Léon Charles Marie Joseph, Comte de Limminghe, mort à Gesves le 8 février 1891). L'acte de vente fut notifié par le notaire Roberti, à Louvain (25/6/1898).
En 1900 les Spiritains s'établirent à Lier (province d'Anvers) dans une propriété que M.Wégimont avait mise à la disposition des Spiritains français (à lire: l'histoire de la maison de Lier).
Dès lors, M.Wégimont connaissait personnellement Mgr Le Roy (Supérieur Général des Spiritains).
Les "Lois Combes" (1901) entrent en vigueur (en
France) en 1903. Plusieurs écoles apostoliques et plusieurs maisons (14 au total) furent visées dans les décrets d'expulsion. Cela faisait tout un monde sur le pavé, tout un monde d'apostoliques qu'il fallait caser quelque part,
n'importe où, sauf en France. Et ce fit encore
vers la Belgique que Mgr Le Roy se tourna...
Mr Wégimont pensait à sa 'maison de campagne' à Gentinnes et ladite propriété passait
officiellement aux Pères Spiritains en 1903. La vente fut signée devant notaire (etc.)
le 30 décembre 1903.
Ecole
Apostolique des Spiritains Français 1903 - 1919
M. Wégimont est
toujours là, aussi généreux.
Arrivée, installation, premières appréciations
La maison de campagne de Gentinnes, proposée par Mr Wégimont - proposition qui, on le
pense bien, fut acceptée avec reconnaissance - devenait ainsi un refuge pour les exilés
français, reléguant à l'écart un projet du P.Sébire d'ouvrir peut-être une maison à
Dinant. A Gentinnes on avait des chambres nombreuses, de vastes salles, de belles
pelouses, un étang poissonneux, un bois ombragé, un site solitaire. Merville meublait la
maison.
Comment présenter la maison du début, telle qu'elle fut perçue alors ?
Le Bulletin Genéral (mars 1906) dit ceci: 'La maison est vaste, mais un peu vieille,
insuffisante pour les exigences de la vie de communauté. Les dortoirs des Petits
Scolastiques et leur vestiaire sont les anciens greniers du château, dont on a tiré tout
le parti possible: c'est bien la pauvreté religieuse... Nous n'avons, grâce à Dieu,
qu'à nous louer des bonnes dispositions de nos chers Scolastiques. Dès le début, la
fusion des coeurs s'est faite sans secousse. Les aspirants venus de nos diverses maisons
se sont tous attachés à mettre en pratique la devise de la Congrégation: Cor unum et
anima una. Et, depuis, l'union a toujours été parfaite. Les enfants de Merville, de
Cellule, de Suse, de Lierre, voir même de Weert, sont bien les enfants d'une même
famille religieuse."
Ainsi donc, le 28 décembre 1903, arrivèrent à Gentinnes les aspirants de Merville,
suivis deux jours après, des Celluliens. Ils étaient en tout 52 Apostoliques et 3
Postulants Frères.
Le premier janvier 1904 eut lieu la première messe de la communauté. L'ouverture des
cours eut lieu le 15 janvier 1904 (4 classes: la quatrième, la troisième, la seconde et
la première). Les aspirants ont dû racheter par un travail opiniâtre le temps perdu par
suite de leur exode en Belgique, la Maison-Mère exigeant d'eux qu'on se présente aux
examens français officiels.
L'accueil de la part de M.l'abbé Stassin, curé de Gentinnes, fut très sympathique.
Le cardinal Goossens que l'on disait parcimonieux dans l'admission des
"réfugiés" français, a toujours été particulièrement bon pour l'oeuvre de
Gentinnes. Il estimait hautement Mgr Le Roy, admirait profondément notre Congrégation et
ses oeuvres.
En janvier 1905, quand
on le remerciait pour l'accueil si chaleureux en Belgique, il interrompit et disait:
"C'est à moi de vous remercier, et je le fais de tout coeur, des bénédictions
que vous apportez à mon diocèse, et du bien que vous faites déjà parmi nous."
Autre preuve? Voici un extrait d'une lettre du Cardinal, datée du 16 février 1904: "Puisse
cette année nouvelle être sainte et heureuse pour vous-même et pour tous ceux que vous
aimez! Qu'elle soit riche en bénédictions de toutes sortes pour cette chère Ecole
apostolique fondée par votre zèle, et en particulier, pour la France, si cruellement
éprouvée!"
Gentinnes était ainsi devenu le petit scolasticat central des aspirants spiritains de
langue française.
Peu à peu les 'Pères du Château' prirent contact avec la bonne population gentinnoise;
ils étaient considérés avec admiration - car ils parlaient si vite et si bien! - ils
surent conquérir de nombreuses sympathies.
Les relations avec l'abbé Stassin (le "curé idéal" selon Mgr Le Roy) et de
son digne successeur M.Dacosse se firent de plus en plus amicales. La gent scolastique
rehaussa de sa présence les grandes fêtes paroissiales, ce qui obligea M. le Curé à
revoir son Manuel de Cérémonies, ... et Louis, l'ineffable sacristain-bedeau-organiste,
à tirer les grands jeux. M. le Curé à son tour, invité de temps à autre à l'Ecole
Apostolique, sut très bien présider les repas... et goûter le vin généreux des
"bons Pères"... C'était le bon temps, "savez-vous" alors!
Picnic sur la pelouse
Dans la mesure de leur temps disponible, les Pères rendaient services aux curés des
environs en dehors de Gentinnes aussi; ils vont même prêcher des retraites dans le nord
de la France. Par là ils espéraient, en même temps, faire connaître l'oeuvre, se
procurer quelques légères ressources et éveiller des vocations.
De 1903 à 1919 se succèdent 4 supérieurs : le Père Thomann (1903 à 1907), le
P.Schurrer (1907 à 1911), le P.Sundhauser (1911 à avril 1912), le P.Blériot (1912 à
1919).
Extrait d'un compte-rendu (P.Moulis, 1914):
"Nous ne saurions retracer la vie de Gentinnes sans parler des Pères (et Frères)
qui ont été appelés par l'obéissance à l'entretenir. Hélas! des circonstances, qu'il
n'était pas au pouvoir des hommes de diriger, ont nécessité des changements bien
nombreux, plus nombreux que ne le permet le bien d'une telle oeuvre.
Le R.P.Sundhauser, supérieur, nous quittait le 9 avril 1912. Il partait prendre quelque
repos, nécessité par les fatigues nombreuses accumulées durant l'année. Quelques temps
après, il a été remplacé par le R.P.Blériot, dernier supérieur du collège du
St-Esprit, à Braga, brusquement fermé par la tourmente révolutionnaire qui a désolé
le Portugal en octobre 1910.
Ont été appelés à d'autres fonctions par l'obéissance religieuse, après un temps
plus ou moins court passé dans notre oeuvre: les RR.PP.Aloys Haegy, Giraut et François
Monnier, ainsi que les PP.Rutsché, Monte, Diquelou, Dumont, Foubert, Fonseca, et les FF.
Achille, Hortense, Vitalien, Ludger, Tugdual, Marie-Gilles, Mériadec.
Tous ces chers confrères se sont dévoués ici; quelques-uns même n'ont pas hésité à
sacrifier pour cette oeuvre, le repos bien mérité qu'ils étaient venu chercher en
Europe après plusieurs années de Mission. Dieu soit à tous leur récompense.
Nous devons ici un souvenir ému à deux ouvriers morts à la tâche: le P. A.Géhin et le
cher F.Marie-Augustin..."
Le nombre des élèves ne fait que croître de 1903 à 1914, année où le chiffre atteint
le record de 104. Les élèves viennent directement de la Suisse, de la Pologne, de la
France, mais surtout de notre école de Suse (en Italie), "pépinière riche et
pieuse".
"Les vocations belges sont rares" (pour Gentinnes). De fait, il y a
l'école apostolique de Lierre qui 'draîne' les élèves des Pays-Bas et de la partie
flamande du pays. Aussi longtemps que la place manquait à Lier, ses élèves des classes
supérieures venaient cependant à Gentinnes.
Après les études à Gentinnes, les élèves (français) se présentaient à la Sorbonne
pour l'obtention du baccalauréat. Le résultat est remarquable: 5 sur 7 reçus, 13
sur 19, 3 sur 3 ...
Pendant la guerre il faut, de 1916 à 1918, enseigner également la philosophie
scolastique et la théologie à Gentinnes.
Qu'en est-il de la "prise d'habit" ? Le nombre d'élèves prêts à faire cette
démarche est encourageant. Selon les années, il varie de 5 (1904), à 12 (1909), à 15
(1905), à 17 (1911). Pourtant, inviter les jeunes à s'engager dans cette voie n'est pas
facile. "L'éducation, tâche prioritaire, est difficile, car l'indifférence a
entamé les familles et l'école est neutre ou hostile".
Les constructions

Comme le nombre des élèves ne cesse d'augmenter, il faut se
décider à construire.
En 1910-1912, on construit en "prolongement de la cuisine jusqu'à la grange de la ferme. Ce bâtiment fournit des réfectoires, avec lavoir (en
sous-sol), un grand dortoir avec vestiaire (à l'étage), et au dessus, mais
communiquant avec le premier étage
de l'ancien bâtiment, une vaste
chapelle avec sacristie" (la photo ci-contre montre ce bâtiment
tel qu'il était en l'an 2000).
En 1912, on construit le préau
vitré, on nivelle des cours de
récréation, on assainit la maison par la
canalisation des eaux et le Frère
Fulbert décore artistiquement
la chapelle.
Des visites
Entretemps, la province de France n'oubliait pas "ses exilés" en Belgique.
Voici un extrait d'un écrit du P.Moulis (1914):
"L'éloignement du
centre de la Congrégation et de notre Province même, les aimables visites de nos
confrères ont été si nombreuses que nous n'avons pas
ressenti notre exil.
En septembre 1912, Mgr le T.R.Père
est venu, dans une courte visite, nous donner ses encouragements, ses conseils et sa bénédiction.
Le 30 décembre 1911, nous avons eu la visite de Mgr Jalabert, dont l'intéressante conférence ne sera pas oubliée de nos enfants.
Le 4 mai 1912, Mgr Malleret, accompagné de M.Bouyer, son vicaire général, et du R.P.Ernest Benoit, supérieur de la Communauté de Suse, nous venait faire ses adieux, avant de partir pour son lointain diocèse de la Martinique. Tant de ses dignes enfants étaient encore ici, aurait-il pu les oublier?...
Enfin Mgr Allgeyer, le 23 décembre de cette année 1912, nous honorait également de sa visite et voulait bien rehausser de sa présence les offices de Noël.
Signalons encore les visites du R.P.Provincial, du P.Genoud, aujourd'hui évêque de la Guadeloupe, venu ici, en décembre 1911, prêcher une retraite aux Pères qui s'y trouvaient réunis; les visites du R.P.Sébire, supérieur de la province de Belgique-Hollande, des RR.PP. Lorber, Levasseur, Burgsthaler, Grizard, Zielenbach, Litthard, Pinho, Dissard, Seynave, Brunet, Decremps. Merci à tous des conférences qu'ils ont faites à nos enfants, des retraites qu'ils leur ont prêchées."
La guerre 1914-1918
Au début de 1914, la communauté Gentinnoise était en pleine prospérité et comptait un personnel nombreux: 10 pères, 10 frères et 110 élèves. Ils avaient construit tout le nouveau bâtiment pour y installer la chapelle, un dortoir et le réfectoire. Le Frère Fulbert, un peintre décorateur assez habile, avait su donner à la chapelle un cachet très artistique. Bref, on était arrivé à une apogée relative et l'on voyait l'avenir avec confiance.
Le 30 juillet (on était donc en
vacances) toute la communauté se rendit en
promenade à
Dinant... et la nuit suivante, à 2.30 h, le
tocsin réveille
lugubrement tous les Gentinnois... Mobilisation générale en Belgique.
La guerre est imminente.
On songe immédiatement
au rapatriement des élèves, mais à la frontière on trouve la
route barrée:
tous les trains sont réservés aux
militaires... Il faut donc revenir quitte à reprendre la
tentative à
la première
occasion. Heureusement, sur les 110 élèves, 30 avaient
regagné leur
pays avant la déclaration,
accompagnés
des Pères et
Frères. Cela
faisait tout de même
une partie assez notable de sauvée... Mais les 3 Pères et les 80
apostoliques restants, allaient vivre à Gentinnes 4 années bien dures.
Le 18 août, à 5 h du matin,
des soldats français
traversent Gentinnes. Deux jours après, une vive
fusillade éclate
pendant la messe de communauté, à 100 mètres à peine de la
chapelle. Malgré
l'émotion,
on continue l'office, ... et le soir, le P.Moulis, accompagné de quelques
scolastiques, opère
une petite reconnaissance sur les lieux. C'était une garde
française,
ayant mis une patrouille allemande en déroute. Dans le
bois, ils trouvèrent
3 cuirassiers français,
grièvement
blessés.
Transportés
immédiatement à l'école, ils reçurent des soins
empressés. A
partir de ce moment, et avec une autorisation spéciale, le drapeau
de la Croix Rouge fut hissé au sommet du
clocher.
Et la guerre se poursuit; les Français se replient sur Charleroi. Gentinnes est bientôt dans la zone occupée par les Allemands. Le P.Supérieur (P.Blériot) fait alors démarches sur démarches pour pouvoir rentrer en France: il va trouver l'Ambassadeur d'Espagne, visite Von Bissing, le Consulat Suisse, la légation du Brésil, le nonce Apostolique, tout fut inutile. Ils étaient prisonniers dans Gentinnes.
A la guerre comme à la guerre: ils se résignèrent à leur sort et essayèrent de vivre quand même.
Et d'abord, il fallut réorganiser les
cours.
A 3 Pères hélas, ils ne
pouvaient suffire. Difficulté supplémentaire: en 1915
les rhétoriciens
arrivaient à
la fin de leurs études
secondaires...Que faire?
Le Père Sébire (sans qu'on
ne lui en avait parlé)
avait deviné
l'embarras et sut procurer le professeur de philosophie tant nécessaire. Le 28
septembre 1915 un jeune homme se présentait à Gentinnes:
M.Vermeylen, grand scolastique tonsuré de la province
de Belgique, réfugié à Gemert avec ses
confrères.
Sa nationalité
de citoyen belge, aidée
de puissantes influences consulaires, lui avait permis de réintégrer ses foyers,
et de là,
sur les recommandations du R.P.Sébire , il était venu nous
rejoindre. C'était
le salut!
Mais on faillit le perdre déjà quelques
semaines après:
s'étant
couché, un
soir, sans avoir arrêté le tirage de son
poêle dont
le tuyau était
obstrué, il
faillit être
asphyxié par
l'acide carbonique qui remplissait sa chambre.
L'année après (1916) il fallut un second professeur de philo... Le Père Liagre, se trouvant à Tourcoing, obtenait la permission (que de démarches à faire!) de venir à Gentinnes où il se présentait la veille de l'Epiphanie 1916... Remis des fatigues du voyage, il put s'adonner bientôt aux travaux du professorat.
En 1917 finalement ces philosophes
avaient parcouru tout le parcours d'études. Comme par
un accord direct avec la Providence, 21 étudiants de
Gentinnes pouvaient aller à la maison de
Leuven (noviciat sous la direction du P.Kauffmann et Liagre) dont 18 furent par après admis à la profession
religieuse et les premiers voeux. Ces 18 revinrent à Gentinnes le 11
septembre et 22 'nouveaux' prirent à leur tour le
chemin de Leuven. Le 15 septembre 1918 ceux-ci étaient de retour à Gentinnes d'où
26 autres partaient pour Leuven..."
Et le Père
Moulis d'ajouter: "sous la pression impérieuse des
circonstances... et à
notre insu, nous avions presque créé une nouvelle
province, une province de guerre, derrière la ligne de
feu."
Des souvenirs tristes, il y en a aussi.
Ainsi le 31 octobre 1914 six des scolastiques devaient rejoindre l'armée allemande (c'étaient des
Alsaciens). Les reverrait-on ? Par après on a su qu'un
seul (Antoine Kauffmann) fut tué à Athies (près de Péronne); les
autres sont revenus dans nos maisons de formations après la grosse
tourmente.
Ainsi la guerre passa, avec des alternatives de joies et de peines qu'on peut lire
ailleurs (notamment le grand souci de chaque jour: le problème de
l'alimentation; le danger continuel, le manque de nouvelles de la famille des enfants, le
problème de
l'habillement, le froid des hivers etc.).
Automne 1918: aux inquiétudes journalières des mauvais
jours succéda
enfin le doux espoir de la délivrance. Le 11
novembre, l'armistice fut conclue: 10 jours après, les Gentinnois
virent le village envahi par des troupes anglaises et écossaises. C'était la victoire,
la délivrance.
Immédiatement
le retour en France fut décidé. Gentinnois
d'abord, louvanistes un peu plus tard (à lire ici:
l'histoire de la maison de Leuven) reprirent le chemin du pays natal. Les souffrances de
la guerre, les dangers du retour joints aux deuils causés sur le front même, leur valut
d'offrir à
Dieu l'holocauste des victimes. Cinq d'entre-elles, MM.Vincente Proença, Masques, le
Borgne, Guinamant et le F.Vincente dos Santos, reposent de leur dernier sommeil dans le
petit cimetière
de Gentinnes.
En retournant en France, on perdit trois
personnes (grippe): les scolastiques MM.Louis Tanguy (de Concarneau), Maurice Hébert (de
Bry-sur-Marne) et Joseph Brien (de Belle-Isle-en Mer). Ils furent enterré dans le cimetière de Rosendael.
Quelques mois auparavant on avait obtenu le rapatriement d'un autre scolastique de
Belle-Isle en Mer: M.Désiré Garree, via
l'Allemagne et la Suisse. Il est mort d'épuisement dans sa
famille.
Plus tard on apprit la mort d'encore trois élèves de Gentinnes:
MM.Célestin
Millot, Blaise Méchin
et Pierre Le Duby (les deux premiers au front, le dernier à un hôpital de Paris
suite à ses
blessures).
Les Pères
Henri Blériot
et Henri Moulis ont été placés à Cellule, et le Père Liagre à Paris.
Sur une décision anticipée du Conseil Général (26 mai 1914 déjà!), la maison de Gentinnes fut transmise maintenant à la Province de Belgique.
Ecole Apostolique belge (1919-1945)
C'est le 1er août
1919 que le P.Sébire,
Provincial, prend officiellement possession de la communauté de Gentinnes. On était devenu
Ecole Apostolique pour la Province belge.
Tout le matériel venu de Merville en 1903 est rapporté en France, laissant ainsi la maison complètement vide. Les gens ne comprenaient pas: en voyant les chariots lourdement chargés de meubles roulant vers Chastres, ils s'inquiétaient: est ce que les Pères nous quittent? Ont-ils vendu le château à l'Etat? etc.
Il fallait recommencer à zéro.
Mais que c'est triste! Des salles immenses et vides, des murs dénudés, un bijou de
chapelle inconsolable d'avoir perdu son ancienne parure, un terrain qui ne demande que des
bras pour le mettre en rapport, un matériel de fortune,
un immeuble réclamant
des ressources pour des réparations plus
qu'urgentes... du large, du vide, de l'abandon. Ce n'est plus là le gai et riant
manoir d'autrefois.
Les débuts
furent heurtés,
pénibles.
Pour faire face à
la pénurie
de personnel, on vit le R.P.Sébire lui-même, aidé d'un bon Frère, arroser les
haricots et planter les pommes de terre!
En juillet 1919 arrivent du front les Pères Andries et
Van den Bulcke qui, partant au Congo plus tard, sera remplacé par les Pères van Dongen et
van de Kimmenade qui venaient de faire leur consécration à Leuven.
L'année scolaire, la première année du Gentinnes 'belge', commence fin 1919 avec 9 élèves en septième (flamands pour la plupart). Ce sont eux qui, sous la direction du Père Andries, vont créer les traditions et faire de l'école cette famille qu'elle est devenue depuis...
Et la vie à l'école reprit, la vie d'une école qui, année après année, connaissait une augmentation en nombre d'élèves et de classes et de personnel: en juillet 1921, l'école compte 17 élèves (6 en septième et 11 en huitième). Mais il est prévue qu'en octobre les flamands retournent à Lier (Lierre) qui renaît de ses ruines. Les flamands suivants ont fait cependant leurs humanités complètes à Gentinnes: Mertens, Verbist, Snels et Sels.
Le 24 mars 1922, le statut de A.S.B.L. fut acquis à la Province Belge.
Quelques-uns de ceux dont on parle
encore aujourd'hui
Il paraît
que des 'géants'
ont vraiment existés.
Voici le portrait de ceux qui ont eu, en ce début de l'Ecole
Apostolique belge, une grande influence. Ils en ont façonné l'esprit.
Le Père Paul Andries
Lui surtout a eu une influence considérable.
C'est le 'monarche absolu': à la fois supérieur, économe,
directeur, préfet
du culte. Il est l'homme de la discipline, de l'ordre. Le règlement est
strict: lever à
4 h 45, coucher à
20 h 30.
Le régime
est abondant, mais spartiate. Les dortoirs sont des glacières. Les sorties
sont rares.
Des méthodes
d'éducation
impensables plus tard.
Le Père Joseph Rutsché (de
nationalité
suisse)
Professeur d'histoire à Saint-Alexandre
au Canada pendant 12 ans, il s'embarque pour la Belgique le 20 juin 1922. Homme
intelligent, doué,
fort apprécié comme prédicateur.
Il reste à
Gentinnes jusqu'à
P>ques
1929.
Il s'occupe aussi de la revue 'Messager du Saint-Esprit" (dont le P.Sébire s'occupait
avant 1914). Il faut la relancer. Le P.Rutsché assure les
articles de fond, qui seront groupés plus tard dans
un livre intitulé:
"Esprit-Saint et Apostolat".
Le Père Pierre
Vanderleyden (natif de Liège)
Il arrive à
Gentinnes en 1924. Sa spécialité, c'est le latin.
Sa bonté est
proverbiale; on le nomme "le bon Père".
En 1929 il succède
au P.Rutsché
comme responsable de la revue "Messager du St Esprit".
Dans la suite, il assumera trois fois la fonction de supérieur à Gentinnes (dès 1937 il succède au P.Paul
Andries).
Le Père Bernard
Hilhorst (futur évêque de Morogoro)
Venu de Hollande, il enseigne à l'école de 1923 à 1927.
Il s'occupe aussi de l'infirmerie.
Plus tard, après
4 ans de Bonsecours et avoir été le premier
Provincial de Hollande pendant 4 ans, il sera nommé évêque de Morogoro.
Le Père Bernard de
Lange
Hollandais lui aussi, il est affecté à Gentinnes de
septembre 1922 à
octobre 1929 (après il ira à Gennep et à Weert). Il enseigne le Flamand et la géométrie. Sa bonté est illimitée.
Les Frères
A ne pas oublier ces travailleurs exceptionnels, des hommes de prière et d'un dévouement
exemplaire.
En 1919 on signale la présence des Frères Rypkema (Frère Wiro, jardin
et basse-cour), Léonardus
(Albert Koning, cuisine et lingerie) et de Lambertus (Kolmeyer, service intérieur).
Ecole et membres de la communauté
Le vieux castel, que l'on dit seigneurial, exige des réparations annuelles considérables et met à bout le pauvre économe.
Certains travaux s'imposent souvent d'urgence comme p.ex. le
nivellement de la cour de récréation, que les
averses avaient profondément creusée et ravinée; travail de
longue haleine, qui fut exécuté par les élèves. Autre amélioration
sensible: la réfection
du grand chemin donnant accès à la propriété; nous en avons
fait une belle et solide avenue.
A l'intérieur
de la maison, chambres et corridors ont pris un aspect crème sous le
pinceau magique de nos peintres, petits et grands scolastiques. Il fallait y aller à petits frais;
aussi ces travaux ont-ils été exécutés en grande
partie avec l'aide de nos élèves, qui y
sacrifiaient volontiers récréations et
promenades: excellente occasion pour eux de s'initier aux besognes qui les attendent en
pays de mission.
Pour ce qui regarde les ressources matérielles, elles sont loin d'être abondantes; elles nous permettent cependant de nouer les deux bouts. Nous ne comptons guère de bienfaiteurs dans la région avoisinante (sans doute à cause de la légende qui s'est accréditée lors de l'arrivée des Pères à Gentinnes en 1903: un jour, d'un des wagons stationnant en gare de Gentinnes, un sac rempli d'argent glissa et ... creva et toutes les pièces de rouler sur la voie, aux yeux ébahis des villageois qui s'écrièrent: "Comme ils sont riches!" Cette richesse, ce n'était que de vieux sous et de vieux assignats, de la collection de monnaies anciennes, apportée de Merville, par le P.Dumont.)
Ces détails sont tirés tous d'un seul texte (un rapport paru en 1933 dans le B.G.)
C'était ainsi constamment autre chose...
En 1937, grâce au P.Devoldere, l'école est enfin dotée d'une douche.
Très bien tout ça.
Mais l'école n'est pas "homologuée", c.à.d. reconnue officiellement comme telle par l'Etat; du fait même, les études ne peuvent pas être sanctionnées par un diplôme officiel. Pour obtenir ce statut, il faut remplir des conditions; or, pour l'instant, la situation ne le permet pas. Car les professeurs, le Supérieur en tête, ne sont pas belges et ne suivent pas le programme en vigueur en Belgique. De plus, la plupart arrivent directement du Grand Scolasticat et sont encore inexpérimentés. Il est vrai aussi que le P.Andries ne tient pas à cette homologation, car il craint que l'obtention du diplôme officiel ne constitue une tentation pour orienter la vie autrement que vers le sacerdoce.
Chaque année, à partir de 1926, la maison peut fêter une "prise d'habit" de quelques élèves.
En 1936 la communauté compte les
membres suivants:
les Pères
Andries (Supérieur
jusqu'en 1937), Vanderleyden, Louis Loth (arrivé en 1931),
Devoldere Marcel (autrement que les PP.Bouve et Liégeois, le
P.Devoldere n'a pas fait la 4° année de théologie, mais fut
envoyé à Gentinnes après son ordination
en 1928), Léon
Liégeois,
André
Vandersmissen, Marcel Albert, Joseph Aussems et Paul Mailleux (arrivé en 1936).
Le Père Aussems sera 'propagandiste' à partir de 1937, secondé par le P.Robert Smets. A eux deux ils sillonnent le pays à la recherche de 'vocations'; une tâche épuisante. En Belgique, où ne manquent pas de vocations, il y a une grande émulation entre les diverses Congrégations missionnaires. Souvent on arrive trop tard: un candidat possible, on le trouve déjà 'enrôlé' ailleurs. Au début, le P.Aussems ne disposait que d'une bicyclette, puis d'une moto, puis, enfin, d'une petite Fiat.
La guerre 1940-1945
Les PP Devoldere et Loth (remplacé par le
P.Verbist) quittent Gentinnes en 1939.
Se trouvent alors à
Gentinnes: les PP Mailleux, Joseph Winand, Forget, Kleyr, Liégeois, Aussems et
Evens (arrivé
en 1937) et les FF Ferdinand, Constantin, Urbain, Damase...
Le vendredi 10 mai: déclaration de la guerre. Les enfants rentrent chez eux, sauf les 32 de la région Est et du Luxembourg.
Premier exode. Le lundi de Pentecôte, 13 mai, le bourgmestre, M.Foret, réquisitionne un camion bâché pour évacuer un premier groupe vers la France. Ils sont accompagnés du P.Winand et du P.Aussems. Le P.Alphonse Verbist, qui n'a jamais conduit de camion, prend le volant. Ils roulent vers Mortain, Tours ... et se retrouvent à Gentinnes le 15 août! Le P.Aussems reste à Mortain.
Deuxième exode. Sur le conseil du général français, le P.Vanderleyden et sa famille, venue se réfugier à Gentinnes, partent pour la France avec les Frères Ferdinand et Damase. Restent sur place: les PP Forget, Evens et Mailleux, avec les Frères Constantin et Urbain.
La population a quitté le village, à part un couple âgé.
Troisième exode.
Pressés par
les officiers français,
les PP Mailleux et Evens partent eux aussi, en bicyclette, pour Bonsecours. Ils y
rencontrent le groupe du P.Vanderleyden et des novices en route vers Arras. Là, les Allemands
les arrêtent.
Ils retournent à
Bonsecours, puis à
Gentinnes. De retour, ils trouvent la maison déserte et dans un état pitoyable.
Les chambres sont en désordre et pillées (on a épargné la chapelle).
Dans une salle, au rez-de-chaussée (l'actuel réfectoire d'Emmaüs), ils trouvent
sur la cheminée
une bombe. Le P.Mailleux, accompagné du P.Evens, la
porte avec mille précautions
jusqu'à l'étang et la jette à l'eau.
Le lendemain, arrivent aussi les novices. Leur aide est précieuse pour réparer et nettoyer
la maison, et pour s'occuper des travaux usuels, cuisine comprise.
Mais l'absence du P.Forget et des Frères Constantin et
Urbain inquiète
tout le monde. En cherchant, ils découvrent sous un
tertre, le corps du P.Forget et du Frère Constantin. Le
Frère Urbain
est à la
clinique de Gosselies, où il meurt. Ils
ont été fusillés par les Français, qui les ont
pris pour des espions. La rumeur circulait, en effet, que des espions allemands s'étaient travestis
en "curés"
(de fait, les Français
en ont capturé
un près de
la ferme Polet).
C'est le bourgmestre, M.Foret, qui a pu mettre les Pères au courant de
ce qui s'était
passé.
Une première
fois il avait réussi à sauver la vie
des trois en expliquant aux militaires qu'aucun d'eux n'était espion. On
suppose qu'après
coup, se sentant dans l'insécurité, ils ont décidé de quitter les
lieux et qu'en route ils se sont fait arrêter à nouveau, et
cette fois, exécuter.
Les Allemands, ayant eu vent de l'affaire, exigent un rapport de la part des Pères. On dit
qu'ils diffusaient des événements de ce
genre pour disqualifier l'armée française. Mais les Pères n'ont aucune
envie de donner suite à cette demande.
Le Père
Declercq, Provincial, juste de passage, les prie de donner satisfaction aux Allemands. Eux
aussi menacent d'exécuter
les occupants de la maison....
Le P.Kleyr également revient à Gentinnes, après tout un périple en France puis en Belgique.
La présence des novices à Gentinnes pose
question cependant. Leur année de noviciat
est-elle valide après
un si long temps hors du noviciat? Le Père Mailleux,
simple curé
de Gentinnes, se présente à l'officier
allemand qui loge dans la maison. Il lui rappelle avoir obéi aux Allemands
en rédigeant
le rapport voulu et demande en retour que l'officier fasse conduire les novices à Hotgné. Sans hésitation aucune,
l'officier appelle un soldat et fait conduire les novices à destination. Ces
derniers se font accueillir fraîchement par le
P.Buyse qui était
le Père Maître. Il reproche
au Père
Mailleux de n'avoir pas envoyé les novices immédiatement de
Bonsecours à
Hotgné...
(En fait, Rome ne fera aucune difficulté pour considérer l'année de noviciat
parfaitement valide.)
Fin 1940, la vie se réorganise à Gentinnes.
Evidemment, l'année
scolaire 1940-1941 commence en retard.
Le P.Winand est nommé
supérieur;
le P.Aussems est économe.
Il est infatigable et réussit à créer tout un réseau d'amis
bienfaiteurs. Parmi ces derniers, il faut citer M.et Mme Foret et M. et Mme Polet.
Eloignée de tout centre, la maison n'a pas trop à souffrir de la présence allemande, à part la difficulté de se ravitailler. Dans une lettre du 19 février 1943, le P.Aussems (l'économe donc) écrit: "... Sans doute, sans M et Mme Polet, je crois que nos enfants ne seraient plus à Gentinnes. Cependant, d'autres aussi ont bien aidé." Le P.Aussems avait fait personnellement le tour des fermiers, pas seulement de Gentinnes, mais aussi de St Géry et de Cortil-Noirmont et le frère Ferdinand s'est réellement dévoué allant chercher toujours la nourriture promise par ces gens. Mais à la ferme Polet, les quantités étaient plus consistantes "car ce n'est pas avec des 5 et 10 kilos qu'on ravitaille une maison de 80 bouches".

Un grand changement a lieu fin 1940: l'école fonde une troupe
scoute (troupe dissoute par après en 1951). Trois
ou quatre "routiers" viennent bénévolement de
Bruxelles chaque semaine pour animer la troupe. Parmi eux le futur Père Gilles, tué à Kongolo (photo ci-contre).
Les camps faits à
Nafraiture entre autres restent gravés dans les mémoires. Le Père Mailleux, aumônier de fait,
faisait de tous les élèves, des membres
de la troupe.
On connaît des moments d'inquiétude surtout en 1944. Des résistants (entre autres des membres de la famille du Père Charles Melotte) sont hébergés dans la maison... Et après le débarquement, le passage de soldats allemands est plus fréquent: c'est la fuite vers l'Allemagne.
Pendant la guerre, les grands travaux sont exclus.
Le P.Aussems entreprend cependant la construction d'un bassin de natation et le curage de
l'étang par
une société spécialisée qui utilise des
jets d'eau puissants pour chasser la vase (déversée ensuite sur le
futur terrain de football). Le P.Auguste Réveillon déjà avait travaillé aux abords de l'étang.
![]()
Le collège spiritain après la guerre (1945 - 1969)

La guerre finie, en 1945, le P.Aussems
occupe les postes de supérieur et d'économe.
Le P.Winand (qui ne fut jamais scout) est chargé de la troupe scoute, mais d'une troupe qu'il veut 'réglementaire' dans le sens que l'adhésion à la troupe doit être libre. Ainsi en 1951 une partie minime des enfants adhère au scoutisme: 15 sur un total de 60 élèves. Les autres font partie d'un groupe créé et tenu par le P.Aussems (les "Gentlemen").
En 1948 on construit un bâtiment devant servir en partie aux activités scoutes. Les camps sont nombreux et conduisent jusqu'à Mortain, jusqu'à Rome (Pâques 1950: Année Sainte, pélerinage FSC p.ex.)...
En 1951 il y a de nouveaux des changements. Le P.Aussems va se reposer une année à Allex. Le P.Simon le remplace comme économe et le P.Mailleux comme supérieur. Le Père Fryns (Provincial) lui fait part d'une décision d'arrêter le scoutisme et d'envoyer le P.Winand en France (une
année dans les Oeuvres des Orphelins d'Auteuil). L'argument avancé: le scoutisme divise l'école en deux camps: le scoutisme et le "Volkssturm" (les
'Gentlemen' d'en haut) c.à.d., les non-scouts.
En réalité, la fédération n'a jamais reçu une lettre officielle de désafiliation de la troupe de Gentinnes, et le P.Mailleux considère à nouveau que tous les élèves font partie d'un mouvement du genre "scoutisme".
Même sous le P.Hugelier plus tard encore, il y avait des excursions,
des camps, du même genre (sans l'organisation stricte exigée par la FSC cependant)... Et après seulement, tout doucement, le scoutisme disparaît au collège.
L'année 1952 connaissait un événement de taille: l'obtention du diplôme d'homologation grâce aux efforts déployés avec acharnement par le P.Hoffmann, préfet des études.
Un événement, triste celui-là, dans la même année: l'accident mortel du P.Joseph Evens, le 24 janvier 1952. En
moto, il est entré dans une remorque sans feux arrière (brouillard épais. Cfr "Missions", mars 1952). Le P.Evens était
arrivé à Gentinnes en 1939. Jeune Père de l'année 1938 il était resté à Leuven
"pour continuer ses études théologiques et suivre des cours de médecine
coloniale".
L'assurance paie un "dédommagement" de 250.000 fb. Cet argent pourrait servir à la maison pour laquelle le P.Evens, de son vivant, s'est tellement
dévoué. On pense à agrandir le bâtiment: la salle de récréation. Le P.Provincial voit plus grand et demande au P.Mailleux de
faire établir un devis pour la construction d'une aile. Le Conseil
Provincial accorde deux millions.
Et voici que sort de la terre un long bâtiment à deux étages: six classes au rez-de-chaussée et des dortoirs au premier étage. L'ancien dortoir ("salle de
l'exposition" par après) peut servir ainsi de
salle de récréation et de théâtre.
La nouvelle aile est inaugurée solennellement en 1955, en présence du chef congolais Kabongo.
Un autre fait à noter: les nombreux grands voyages: à Lourdes (1954, organisé par le P.Hugelier), en Allemagne (préparé par le P.Wansart), au Grand-Duché (organisé par le P.Rosé), etc.
En 1955, le P.Simon quitte Gentinnes
pour se mettre au service des O.A.A. (à Fournes en Weppe, France); plus tard il prendra en charge les
petites paroisses de Volaiville et Winville. C'est là qu'il meurt en mai 1964.
Le P.Simon est remplacé par le P.Paulin Dury, travailleur acharné, économe pendant 20 ans. Paulin est fortement secondé par le Père Pierre Reinders. Ils forment ensemble un duo superactif.
Arrive maintenant un événement qui
aura une grande influence à Gentinnes
1960 L'Indépendance du Congo
Mijnheer de president,
Heren,
De onafhankelijkheid van Congo betekent de bekroning van het werk dat door het genie
van koning Leopold II ontworpen is, aangevat door hem met volhardende moed en met
overtuiging verder gezet door België. Zij markeert een beslissend moment in de bestemming
van niet alleen Congo zelf, maar - ik aarzel niet om het te beklemtonen - van gans Afrika.
Gedurende 80 jaar heeft België de beste van zijn zonen naar uw land gestuurd, eerst om
het Congobekken te bevrijden van de afschuwelijke slavenhandel die uw bevolkingen
uitdunde, later om de verschillende volkeren - die vroeger vijanden waren - dichter bij
elkaar te brengen en zich voor te bereiden om samen de grootste van de onafhankelijke
Afrikaanse staten te vormen; tenslotte om een gelukkiger leven te brengen aan de
verschillende streken van Congo die U hier vertegenwoordigt in eenzelfde parlement.
Op dit historisch moment, moet onze gedachte uitgaan naar de pioniers van de ontvoogding
van Afrika, en naar hen die na hun, van Congo gemaakt hebben wat het vandaag is. Zij
verdienen evenzeer onze bewondering en uw erkentelijkheid, want het zijn zij geweest, die
door hun beste krachten en zelfs hun leven te offeren aan een groot ideaal, u de vrede
gebracht hebben en uw morele en materiele bezit hebben verrijkt. Zij mogen nooit vergeten
worden, noch door België, noch door Congo.
Toen Leopold II het grote werk aanvatte dat vandaag zijn bekroning vindt, is hij niet naar
hier gekomen als veroveraar maar als brenger van de beschaving.
Vanaf het begin heeft Congo zijn grenzen open gezet voor de internationale handel, zonder
dat België ooit een alleenrecht heeft uitgeoefend dat uitsluitend op zijn eigenbelang
gericht was.
Congo heeft spoorwegen gekregen, allerlei zee- en luchtvaartlijnen, die door uw
bevolkingen met mekaar in contact te brengen, hun eenheid hebben bevorderd en de landen
verruimd hebben naar de wereld.
Een medische dienst, waarvan het op punt stellen meerdere tientallen jaar vroeg, is
geduldig georganiseerd en heeft u bevrijd van vele verwoestende ziekten. Talrijke en
opmerkelijk goed uitgeruste hospitalen zijn gebouwd. De landbouw is verbeterd en
gemoderniseerd. Grote steden zijn gebouwd, en doorheen gans het land, vertonen de
woonvoorwaarden en de hygiëne een opmerkelijke vooruitgang. Industriële ondernemingen
hebben de natuurlijke bodemrijkdommen tot hun recht laten komen. De uitbreiding van de
economische activiteit is aanzienlijk geweest; deze heeft de welvaart van uw bevolking
verhoogd en heeft het land de technici gegeven die onmisbaar zijn voor zijn ontwikkeling.
Dankzij de missiescholen, evenals degene die de openbare machten oprichtten, kent de
basiseducatie een aanzienlijke uitbreiding; een intellectuele elite is zich aan het
vormen, waardoor uw universiteiten snel zullen .
Een steeds aanzienlijker wordend aantal gekwalificeerde arbeiders in de landbouw, de
industrie, ambachten, handel, administratie, gaan in alle lagen van de bevolking de
individuele ontvoogding binnen brengen die de werkelijke basis van iedere beschaving
vormt.
Wij zijn verheugd dat wij op deze wijze aan Congo - ondanks de grootste moeilijkheden - de
onontbeerlijke middelen gegeven hebben die aan de basis liggen van een land dat op weg is
naar ontwikkeling.
De grote onafhankelijkheidsbeweging die gans Afrika meesleept, heeft bij de Belgische
bewindsvoerders, het grootste begrip gevonden. Ten overstaan van het eensgezinde verlangen
van uw bevolkingen, hebben wij niet geaarzeld om U vanaf nu deze onafhankelijkheid toe te
kennen.
Aan u, heren, komt het toe om nu te tonen dat wij gelijk gehad hebben u te vertrouwen.
Voortaan bevinden België en Congo zich zij aan zij, als soevereine staten, maar door
vriendschap verbonden en besloten om mekaar te helpen. Wij geven vandaag dan ook in uw
handen de administratieve, economische, technische en sociale diensten terug, evenals de
gerechtelijke organisatie, zonder dewelke een moderne staat niet leefbaar is. De Belgische
vertegenwoordigers zijn bereid om u een loyale en verlichte ('éclairée') medewerking te
verlenen.
Uw taak is immens en u bent de eersten om er zich rekenschap van te geven. De grootste
gevaren die u bedreigen zijn: de onervarenheid van de bevolkingen zichzelf te besturen, de
stammentwisten die vroeger zoveel kwaad hebben veroorzaakt en die tegen elke prijs niet
opnieuw mogen beginnen, de aantrekking die buitenlandse grootmachten kunnen uitoefenen op
bepaalde streken, klaar om te profiteren van het minste teken van zwakte.
Uw leiders zullen de moeilijke taak kennen om te regeren. Het algemene belang van het land
zullen zij op de eerste plaats van hun bekommernissen moeten zetten, wat ook de partij is
waartoe zij behoren. Zij zullen aan het Congolese volk moeten leren dat de
onafhankelijkheid niet gerealiseerd wordt door de onmiddellijke genotsbevrediging, maar
door de arbeid, door het respect voor de vrijheid van de ander en de rechten van de
minderheid, door de verdraagzaamheid en door orde zonder dewelke geen enkel democratisch
regime kan overleven.
Ik houd er aan hier een bijzondere eerbetuiging te betonen aan de strijdmachten die hun
moeilijke taak met moed en niet ophoudende toewijding hebben volbracht.
De onafhankelijkheid zal van iedereen inspanningen en offers vragen. U zal de instellingen
moeten aanpassen aan uw opvattingen en aan uw noden, op een manier waardoor ze stabiel en
evenwichtig worden. U zal ervaren administratieve kaders moeten vormen, de intellectuele
en morele vorming van de bevolking intensifiëren, de muntstabiliteit behouden, uw
economische, sociale en financiële organisaties beschermen.
Breng de toekomst niet in het gedrang door haastige hervormingen, en vervang de
instellingen niet die België u overdraagt, zolang u niet zeker bent er betere te kunnen
maken.
Onderhoud met zorg de activiteiten van de medische diensten waarvan de onderbreking
desastreuze gevolgen zou hebben, en die ziekten - waarin wij geslaagd zijn ze te
onderdrukken -, opnieuw zouden doen verschijnen. Draag zorg voor het wetenschappelijke
werk dat voor u een onschatbaar intellectueel patrimonium vormt. Vergeet niet dat een
serene en onafhankelijke rechtspraak een element van sociale vrede is; de garantie van het
respect van het recht van iedereen verschaft een staat een grote morele autoriteit bij de
internationale publieke opinie.
Aarzel niet u tot ons te wenden. Wij staan klaar om aan uw zijde te blijven om u te helpen
met onze raad, om technici en ambtenaren te vormen die u nodig zult hebben.
Afrika en Europa vullen elkaar wederzijds aan en zijn in samenwerking tot de
schitterendste snelle ontwikkeling geroepen (? onzekere vertaling). Congo en België
kunnen een eersterangsrol spelen door een constructieve en vruchtbare samenwerking, in
wederzijds vertrouwen.
Mijne heren,
De ogen van de hele wereld zijn op u gericht. Op het moment dat Congo zelfstandig zijn
eigen levenswijze kiest, wens ik dat het Congolose volk het geheel van zijn geestelijke,
morele en religieuze waarden mag bewaren en ontwikkelen, waarden die gemeenschappelijk
zijn en die politieke wisselingen, rasverschillen of grenzen overschrijdt.
Blijf één, en u zal u waardig tonen om de grote rol, waartoe U geroepen zijt, te spelen
in de geschiedenis van Afrika.
Volk van Congo,
Mijn land en ikzelf erkennen met vreugde en emotie dat Congo op deze 30ste juni 1960, in
volledig akkoord en in vriendschap met België, de onafhankelijkheid en de internationale
soevereiniteit bekomt.
Moge God Congo beschermen.
Nous savons ce qui se passe au pays depuis lors...
Le 1er janvier 1962 nous concerne spécialement: le massacre à Kongolo (cliquez ici pour la rubrique à part)
L'indépendance du Congo Belge fut suivi de mutineries militaires, la sécession du Katanga, les luttes tribales, la guerre civile. Nos deux diocèses, Kindu et Kongolo (le diocèse de Manono n'était pas encore créé), en furent fortement touchés. Beaucoup de confrères durent quitter leurs missions, certains mêmes retourner en Belgique, et l'un ou l'autre, découragé, restait en Europe.
Le premier janvier 1962, 19 Pères belges et un Frère hollandais furent atrocement massacrés à Kongolo. L'affaire fut longuement exposée dans les journaux et périodiques. Ce drame causa de fait une vive émotion dans le monde entier et dans de nombreuses capitales et grandes villes des services solennels furent célébrés. Impossible de remplacer les victimes.
En 1964 une nouvelle révolte (celle des 'simba') fit encore rentrer des missionnaires et de nouveau quelques-uns restèrent en Belgique.
Revenons à Gentinnes
De 1961 à1966, le Père Benoît Dury est supérieur.
L'affluence des élèves force une nouvelle fois à bâtir. Le Père Paulin Dury s'en charge en 1961-1962: un grand bâtiment avec 80 chambres et des réfectoires et une cuisine, etc.
Il entreprend aussi, avec le P.Reinders, le curage de l'étang. La vase est déposée au bassin de natation et au bord du terrain de football.
La communauté avait aussi le projet de bâtir une nouvelle chapelle faisant partie du corps des bâtiments (à l'arrière, direction étang) et les pieux en béton étaient déjà en place (le terrain étant marécageux). Le massacre de Kongolo fit mûrir l'idée de construire plutôt un Mémorial spécial, bâtiment séparé, se trouvant près de l'entrée du domaine (pour la facilité d'accès). Le collège de Gentinnes a d'ailleurs le triste privilège de compter neuf anciens parmi les victimes de Kongolo.
Et c'est ainsi qu'en souvenir de nos 'martyrs' de Kongolo (en 1962), dont les corps ne
furent jamais retrouvés (ils furent jetés au fleuve), la communauté de Gentinnes fut 'enrichie' du Mémorial bien connu.
L'inauguration, en présence des autorités civiles (le Roi et la Reine p.ex.) et religieuses (le
Cardinal, des Evêques, des Supérieurs Majeurs religieux etc.), eut lieu en 1967 par une célébration solennelle.
L'affluence
des élèves comportait un inconvénient majeur: le problème des vocations. Les élèves se décidaient de moins en moins à s'engager sur la route du sacerdoce et de la vie religieuse et
missionnaire.
De 1945 à1969, Gentinnes a formé 11 Spiritains et 7 prêtres diocésains. (Depuis 1919, sur un total de 1139 élèves inscrits, on a eu 97 prêtres et 3 frères).
Mais en 1969 le collège de Gentinnes ferma ses portes en tant que collège. C'est le 2 février 1969 que le Supérieur annonça à la communauté la décision du conseil provincial élargi de fermer le collège. La raison principale: le manque de personnel enseignant par suite de la raréfaction des vocations.
Un centre d'animation spirituelle et missionnaire prit la succession.
Vous voulez voir une série (projection automatique) d'anciennes photos ? Cliquez ici (chargement très lent).
<== retour au début du site (choix des sujets les plus demandés etc.).
Routine pour chercher la présence d'un mot dans ce fichier: