LES
JOUEURS ANONYMES
LIÈGE
Qu’est ce que le jeu ?
Le
jeu est normalement une activité de délassement. Le plaisir est le seul
but de cette activité, dès l’enfance jusqu’à la vie adulte. Il
s’agit de se divertir en faisant preuve de joie, de sagacité, de ruse
dans une forme d’exploit. Dans cette situation, la notion de mise est
exclue.
Quand
une notion de « mise d’argent » intervient, il d’agit
d’obtenir une récompense, soit en espérant un hasard favorable (
loteries ) ou en faisant preuve de ruse ou de sagacité ( jeux de cartes )
La
majorité des gens sont des joueurs normaux qui n’attendent pas le résultat
dans l’angoisse ou dans l’inquiétude.
Qu’est-ce que le jeu dit « compulsif » ?
Les
joueurs « accros » ( dits compulsifs) sont des personnes
qui ne maîtrisent plus l’argent qu’ils dépensent à partir du
moment où ils ont commencé à jouer, quelle que soit la forme de jeu
mise en oeuvre.
Ils
n’agissent plus rationnellement, mais bien émotionnellement.
Ils
s’enfoncent dans le fantasme, éprouvent une espèce de
jouissance à connaître une rare excitation et imaginent qu’ils vont
pouvoir vaincre le hasard. Il est même établi qu’à partir d’un
certain seuil, leur objectif conscient est de « gagner » mais
leur but profond et inconscient est « de vivre des moments d’une
rare intensité émotionnelle » que le joueur normal ne peut
comprendre.
En
fait, ils veulent prolonger
cet état de plénitude momentanée le plus longtemps possible. Preuve en
est que les joueurs compulsifs finissent tous par dilapider leur argent
propre, mais aussi les gains éventuellement obtenus, alors que la raison
indiquerait d’empocher ceux-ci et de quitter l’endroit.
Et
même si le joueur compulsif quitte le jeu avec un gain, il faut considérer
à l’expérience que ce n’est jamais qu’une avance que le jeu lui a
faite pour une session ultérieure.
La
rage de jouer conduit alors à ce que le joueur dilapide son propre argent
et celui des siens, mais va aussi en chercher ailleurs par des emprunts
sous des prétextes mensongers. Il commence à connaître le désarroi
personnel.
Les
nécessités de disposer de toujours plus d’argent en espérant envers
et contre tout le miracle ( le « big shot » des Américains )
peuvent souvent le conduire au délit ou à l’escroquerie.
L’état
progressivement rencontré
provoque un sentiment d’immense solitude provoquée par la honte.
En effet, ces comportements sont totalement inavouables et cette honte
ressentie vis-à-vis de soi et vis-à-vis d’autrui provoque une
indicible détresse.
Si
la société considère le jeu avec complaisance, elle rejette avec mépris
le joueur excessif. Il est personnellement, familialement et socialement
totalement « disqualifié »
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à 5 % de la population est menacée par la compulsion du jeu.
Il est reconnu que l’appel
à la raison que le joueur compulsif peut invoquer, que les
recommandations sensées qu’il peut entendre sont inutiles. En effet,
chez ce type de personnage, la passion domine inéluctablement la raison
et une solution doit être recherchée en dehors des repères du pur
raisonnement.