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De la Grand Place, prendre la petite Rue de l'Etuve pendant cinquante mètres jusqu'au coin de la Rue du Chêne et généralement, les gens plus nombreux vous indiquent que vous êtes arrivé ; vous êtes devant une fontaine et le "Petit Bonhome" en bronze la surplombe.

Personne ne sait au juste pourquoi il est ici. Nous remontons au 13 août 1619, date à laquelle la ville commanda au sculteur J&eacuterome Duquesnoy d'exécuter la statue du Manneken Pis pour remplacer la précédente ternie. Certains disent qu'un petit garçon aurait été protégé des bombes lors d'invasions ennemies. La statue aurait été volée de nombreuses fois par des soldats pillards et les habitants de Grammont, ville des Flandres, prétendent détenir la plus vieille statue de "petit garçon faisant pipi" de Belgique.
Cette statue possède actuellement plus de 600 costumes. Il reçu le premier des Néerlandais d'Australie, le jour du 1er mai 1698, à l'occasion d'une fête ; d'autres suivirent et cela continue aujourd'hui. Parmi les costumes les plus fantaisistes, nous citerons celui d'Elvis Presley ainsi qu'un autre de Mickey Mouse.
La légende la plus populaire est celle de ce papa qui avait perdu son fils ; il retrouva l'enfant après deux jours près de la place où se trouve la fontaine.
Quand il le vit là, le petit était occupé à faire pipi.

Nous trouvons encore une variante "carte postale" de cette légende; Je cite : S'il symbolise l'esprit frondeur de tout un peuple, Manneken-Pis possède des origines mal éclaircies. Une légende dit qu'au XIIIème siècle, un petit garçon aurait sauvé la ville en éteignant, à sa manière, la mèche à l'aide de laquelle les ennemis voulaient mettre le feu à la cité.


WILLY STAQUET RACONTE
Les voleurs de Manneken-pis

Vers 1450, on raconte qu'un gamin voulut se soulager devant la porte d'une dame qui habitait au coin de la rue du Chêne et de la rue de l'Etuve. L'occupante des lieux surpris l'audacieux et jura qu'il allait lui en cuire. Comme elle était une sorcière, elle le condamna à accomplir son geste saugrenu, au même endroit et à perpétuité. Au fil des ans, le garçonnet se pétrifia dans la pose qu'on lui connait.

On ne prête qu'aux ricues. Aussi, le duc Godefroid III, celui du berceau, est-il le héros d'une autre légende. C'était un caractère indiscipliné, qui aimait s'enfuir du palais pour polissonner avec les gamins de son âge. Bien souvent, avant de quitter ses appaartements, il fouinait dans la bourse de sa gouvernante et lui "emprundait" quelques pièces de monnaie pour aller boire en joyeuse compagnie du faro, la fameuse bière bruxelloise.
Un jour, on aurait retrouvé Godefroid en train de satisfaire un besoin pressant dans la pose identique du Manneken-Pis d'aujourd'hui. Un habile sculpteur aurait perpétué son geste.

Manneken-Pis fut aussi victime de bien des enlèvements. C'était en 1695. L'Europe s'était liguée contre Louis XIV. Les provinces belges devenaient un champ de bataille. Pour détourner l'attention des alliés qui gagnaient du terrain, le maréchal français de Villeroi fit bombarder Bruxelles à boulets rouges du 13 au 15 août. Cet acte barbare et inutile réduisit en cendres de nombreuses églises et 4.000 maisons.
Tout en pensant à préserver leur vie, bien des Bruxellois songèrent aussi au sort de leur précieux porte-bonheur. Quelques habitants n'hésitèrent pas à enlever la statue de son piédestal pour la mettre à l'abri. Le 19 août, en grande pompe, le petit bonhomme fut reconduit à sa place. On écrivit au-dessus de lui quelques mots tirés de la Bible. En traduction française, cela donne : "Il (Dieu) m'a élevé sur une pierre, et maintenant, j'élève ma tête au-dessus de mes ennemis."

Lorsque Marie-Thérèse succède à son père, l'empereur d'Autriche, Charles VI, la France s'allied à la Prusse pour s'opposer à l'accession au trône de la jeune femme. Seule l'Angleterre défend les droits de la future impératrice et, au début de l'année 1745, les Anglais occupent Bruxelles. L'armée française, commandée par Maurice de Saxe, envahit nos provinces, et les soldats anglais doivent quitter notre sol. Ces buveurs d'ale ont beaucoup apprécié Manneken-Pis.
La nuit, un groupe de militaires enlève la statue. Les braves à trois poils l'emportent jusqu'à Grammont où ils se vantent de leur exploit. Les jabitants de la petite ville flammande marquent un unanime désaccord : Manneken-Pis ne doit pas quitter le pays et sa place est à Bruxelles ! Ils parviennent à dérober la statue et, après le départ des Anglais, ils l'exposent sur la Grand-Place de Grammont. Ensuite, ils la ramènent à Bruxelles où ils sont reçus dans un enthousiasme qu'on devine.

Le 11 mai 1745, la France de Louis XV remporte la victoire de Fontenoy sur l'armée autrichienne. Bruxelles est occupée par de nouveaux vainqueurs en février 1746. Le roi de France y vient deux fois en 1746 et en 1747. Le 31 mai, des grenadiers de la suite royale s'emparent de la statue fétiche et vont l'abandonner sur le seuil d'un cabaret non loin de l'église des Riches-Claires. A la nouvelle de ce rapt insultant, la population s'ameute et une rixe est sur le point d'éclater. Louis XV inflige une sévère punition aux coupables. Et pour montrer au peuple bruxellois combien il compatie à l'outrage perpétré contre son plus ancien citoyen, il offre à ce dernier un riche habit de brocart brodé d'or, le premier d'une longue série qui allait constituer sa fastueuse et originale garde-robe.
Celle-ci compte depuis le 22 novembre 97 628 costumes. Le dernier en date lui a été offert par les Amis de Manneken-Pis de Grammont ou Geraardsbergen. C'est là que se trouve le second Manneken-Pis de Belgique. Il serait, selon les habitants du lieu, plus ancien que celui de Bruxelles.
Manneken-Pis a son habilleur personnel. Depuis 24 ans, Jacques Stroobants prend soin de notre ketje. Il est pâtissier-garnisseur et sait tenir l'aiguille. C'est que les pantalons de notre héros doivent être décousus (et recousus) pour lui être passés. M. Stroobants est bien entendu un collectionneur fervent de tout ce qui touche... son gagne-pain !

Napoléon cède à Manneken-Pis

Au deuxième étage de la Maison du Roi, sur la Grand-Place, chacun peut visiter la salle consacrée à Manneken-Pis. Y sont exposés les nombreux costumes offerts par des personnalités belges et étrangères, et ce depuis le XVIIIe siècle.

Car, le Roi de France lui conféra la noblesse. Dès lors, le ketje bruxellois eut le droit de porter l'épée et devint un personnage important. Louis XV le nomma aussi chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, une nominaation qui obligeait les soldats français à faire le salut militaire en passant devant la statuette ! Combien les Bruxellois furent heureux en voyant les honneurs qui conférait à leur totem un des plus puissants monarques du monde.

Le 16 féfrier 1798, Napoléon Bonaparte visite Bruxelles avec quelques conpagnons. Un valet de chambre de l'hôtel, où les visiteurs étaient descendus, jouait le rôle de guide et les conduisit à la rue de l'Etuve. Les Français contemplèrent longuement le petit Bruxellois. Dans une boutique toute proche, le futur Empereur acheta des mouchoirs de dentelle pour Joséphine, sono épouse, à qui il affirma que c'était le plus ancien bourgeois bruxellois qui les lui avait vendus.

En 1810, Napoléon, devenu empereur, épousait Marie-Louise d'Autriche et l'emmenait en voyage à Bruxelles qui réserva un accueil chaleureux aux augustes visiteurs. Une députation des bourgeois de Bruxelles, ayant à leur tête le maire et ses adjoints, demanda audience. Le vainqueur d'Austerlitz fut bien étonné lorsque ces braves dignitaires le prièrent de revêtirr Manneken-Pis d'un uniforme de la Farde inpériale. Et de citer les distinctions étrangères qu'avait reçues leur statue fétiche. L'Empereur leur répondit : "Si vous m'assurez que mes fidèles sujets de Bruxelles seront bien aises de voir leur Manneken-Pis - comme vous l'appelez - revêtu de l'uniforme de ma garde... eh bien je souscris à votre demande : je le fais fifre au premier régiment de mes grenadiers." Les dignitaires bruxellois étaient déçus : ainsi leur petite idle ne serait même pas soldat, tout au plus enfant de troupe !
L'un deux osa faire remarquer à Napoléon que quarante ans plus tôt, Manneken-Pis était dégà général autrichien. Un autre osa lui réclamer la Croix de la Légion d'honneur. L'Empereur lui fit remarquer que la Croix était une chose trop importante pour la transformer en jouet d'entant et il ajouta :
- Sous la Révolution n'était-il pas sans-culotte ?
- Hélas, repris l'autre, il l'a toujours été. Il l'est depuis sa venue au monde. Mais, il a pavoisé à chacune des victoires de Votre Magesté.
Napoléon sourit :
-Vous plaidez adroitement la cause de votre ... Mannekin-Tant-Pis ! Qui êtes-vous donc, Monsieur ? - Sire, je suis avocat...
Le maître de l'Europe se senti vaincu : il proposa une dotation de 2.000 francs (or) en faveur de notre ketje. Son chambellant lui demanda d'être encore plus généreux.
L'Empereur se laissa convaincre et c'est ainsi que Manneken-Pis devint lui aussi chambellan de Napoléon. Le lendemain, beaucoup de Bruxellois étaient rasssemblés à la rue de l'étuve pour contempler Manneken-Pis qui portait les plumes et l'uniforme coloré des chambellans de l'Empire.

Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1817, Manneken-Pis fut victime d'un dernier enlèvement : le plus grave. pour accomplir son forfait, le brigand avait brisé la statue à coups de parteau et en avait caché les morceaux  dans les remparts entre la porte de Namur et la porte de Louvain. La police mena une enquête serrée et découvrit l'auteur du méfait. C'était un certain Antoine Licas, forçat gracié, âgé de 33 ans, peintre en bâtiment, domicilié à Bruxelles. Il avait agi avec la complicité d'une dentellière, Maria Delauw. Lica comparut devant la cour d'assises de Bruxelles, et fut condamné aux travaux forcés à perpétuités, aux frais du procès (58 florins, 57 cents) et à l'exposition publique sur la Grand-Place. On hissa le condamné sur un échafaud. Pendant une heure, il fut l'objet des injures et des quolibets des passants venus nombreux pour voir l'auteur d'un acte que tous jugeaient inqualifiable. Licas était attaché par le cou à un poteau. Au-dessus de la tête, on lui avant fixé un écriteau rappelant qui était le contamné et les motifs de sa condamnation. Une heure plus tard, le bourreau le détachait, le mettait torse nu. Avec un fer brûlant, il lui appliqua les lettres TP (Travaux à Perpétuité) sur l'épaule droite.  Qu'advint-il de la statue ?
Selon certains, les morceaux auraient été soigneusement rassemblés et la restauration se serait révélée parfaite. Selon les autres, les débris remis ensemble auraient été utilisés pour fabrique le moule de l'actuel Manneken-Pis.


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