AU COEUR DE L'ISLAM, UNE VOIE SPIRITUELLE SE FAIT ENTENDRE

LA MYSTIQUE
DU CHEIKH KHALED BENTOUNES

Discret et effacé, le cheikh Khaled Bentounès est aujourd'hui le chef spirituel d'une confrérie mystique qui compte des dizaines de milliers d'affiliés dans le monde musulman.

La réalité de l'intégrisme musulman nous laisse penser qu'il n'existe "qu'un" Islam. Celui de la violence, des clivages, et de l'intolérance. Pourtant, il est important de souligner que l'Islam peut présenter un autre visage. Un visage qui prend la forme d'un courant mystique d'une richesse spirituelle exceptionnelle que nous ne soupçonnons pas, imprègnés que nous sommes des images et des récits que nous envoient les médias à propos de la communauté musulmane. C'est la tradition millénaire du tasawwuf (soufisme) qui est, en fait, la voie ésotérique de l'Islam. Le cheikh Bentounès image sa pensée :

- On peut dire que si l'Islam est un corps, le soufisme en est son coeur, on réapprend à goûter la saveur de Dieu dans le silence de l'instant.

Son objet est la quête de la vérité par l'expérience. Le Coran et la loi coranique restant bien sûr les bases de ce cheminement vers une meilleure connaissance de soi.

Le soufisme est composé de nombreuses confréries de part le monde. Leur cheminement vers la vérité est peut-être différent, mais aucune divergence sur le but à atteindre n'apparaît. La Tariqa Alawiya est une de ces confréries soufistes, le cheikh Khaled Bentounès en est le représentant spirituel.

La Tariqa Alawiya

C'est en 1975 à Mostaganem, une petite ville du littoral algérien, que Khaled Bentounès sera désigné cheikh par l'assemblée des sages de la Tariqa (voie, confrérie) Alawiya.. Ce sera pour le cheikh une surprise, car il s'estime moins qualifié que d'autres pour remplir ce rôle. Cependant, à partir de cette reconnaissance, il vivra une transformation intérieure qui l'amènera à transformer ce refus en acceptation. Quarante-cinq maître spirituels se sont succédés de manière ininterrompue à la tête de la Tariqa Alawiya depuis le prophète Muhammad et son gendre et cousin Ali.

Aujourd'hui, malgré ses occupations professionnelles, le cheikh parcourt l'Europe, les pays d'Afrique et du Moyen-Orient afin de transmettre à son tour l'enseignement traditionnel du sufisme.

Bercée par le Coran depuis l'âge de 4 ans

Né en 1949 à Mostaganem, une petite ville du littoral algérien, le cheikh Bentounès est issu d'une vieille famille qui compte parmi elle des hommes de loi et des religieux, dont le saint musulman le cheikh al-Alawi, son arrière-grand-père maternel.

Dès l'âge de quatre ans, Khaled commence à apprendre les sourates (chapitres) du Coran par coeur . Ce n'est que vers quinze ans, qu'il apprendra à les commenter. A l'époque, son père est le chef de la confrérie.

Khaled suit les cours de l'école publique, où l'enseignement est dispensé par des coopérants français. La journée, il lit le Capital de Marx ou Le Diable et le Bon Dieu de Sartre, mais le soir, il retrouve l'école coranique.

Vers quinze ans, Khaled commence à commenter et à débattre des aspects historiques, rituels et spirituels du texte coranique. Le cheikh souligne le fait, qu'aujourd'hui, les jeunes ne suivent qu'un enseignement classique à l'école, ils perdent alors leur repères traditionnels. Le cheikh explique la situation actuelle des conflits dans le monde musulman par cette perte de repères :

- On dit aux jeunes qu'ils sont musulmans, mais on ne leur dit pas comment vivre cette islamité. L'homme est alors vidé de ses références intérieures, de sa spiritualité. La religion peut donc devenir ce que veut le pouvoir. Les textes sont interprétés à contresens afin de justifier des actes politiques, la religion devient un instrument de manipulation de la population.

Vers l'âge de vingt ans, Khaled doit fuir l'Algérie. Son père est arrêté, l'idéologie socialiste du moment est opposée à l'enseignement dispensé à la confrérie.

Arrivé en France, Khaled importe avec un ami des objets artisanaux du Maroc et d'Afghanistan. Son commerce devient rapidement florissant. Il rencontre sa femme, européenne et ignorant tout de l'Islam, ils constatent que les deux traditions dont ils sont issus peuvent très bien cohabiter en respectant la personnalité de chacun.

Quelques années plus tard, son père meurt. La communauté le choisit alors comme le successeur du cheikh, même si la succession au sein de la tariqa n'est pas héréditaire. Le cheikh Khaled liquide alors se affaires en Europe pour se consacrer entièrement à la tariqa. Il tente de venir en aide à tous, "bons et mauvais". Il prend exemple, si l'on peut dire, sur son ancêtre le cheikh al-Alawi qui, quand il allait dans les maisons closes instruire les prostituées, expliquait :

- Il y a plus de mérite à sortir les créatures de l'enfer qu'à prêcher les hommes.


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