Chansons de Parole 2004 - jeudi 29 juillet
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Au Lion d'Or : VINCENT
DELBUSHAYE Pour les lecteurs d'Une Autre Chanson, Vincent Delbushaye n'est plus un inconnu (voir n° 99, pages 10 et 11), mais au festival "Chansons de Parole" plus d'un spectateur ne le connaissait pas. Il fut deuxième en Belgique à la Biennale de la chanson française en 2002. C'est Claude Bonte de "Mars en Chansons" de Charleroi qui était à l'origine de sa venue à Barjac. Quelques paroles humoristiques de liaison entre les chansons, des thèmes légers, une aisance évidente au piano, une voix agréable eurent vite fait d'attirer la sympathie du public (on pense assez souvent à William Sheller). Et, comme il le dit si bien lui-même, il joue si bien du piano ! Il est maintenant temps de dépasser ce stade et d'aborder des sujets différents ou de trouver des éclairages nouveaux. Vincent DELBUSHAYE a suffisamment d'atouts que pour passer ce cap avec succès. |
Aux
Capucins : ANNE VANDERLOVE Des ballades en celtitude ! Avec Anne VANDERLOVE c'est inévitablement de nostalgie qu'il est d'abord question et le fait que "Ballade en novembre", son grand succès qui date de 1967, ouvre le récital est assez significatif. Raphaël Chevalier, au violon, Stéphane Leberre, à l'accordéon et Serge Renard, au bouzouki, accompagnent l'auteur-compositeur-interprète qui joue aussi de la guitare. Les sonorités celtiques de l'ensemble sont dans le droit profil de son dernier disque "Femme de légende" (réf. EPM Musique 3016741). Marc Robine, récemment disparu, avait pris une part active dans la réalisation de cet album. En guise d'hommage à ce dernier, Anne VANDERLOVE a invité sa compagne Hélène Triomphe à se joindre au groupe pour jouer de la guitare le temps de quelques titres dont notamment "Le paradis des musiciens". Les ballades nostalgiques, graves, rêveuses ou simplement dansantes prédominent mais l'humour pointera néanmoins le bout de son nez rouge l'espace d'une chanson "Un jour je m'appellerai Lucy". Finalement un concert qui aura autant fait plaisir à l'artiste de se trouver à Barjac qu'au public qui aura redécouvert une chanteuse sincère et émouvante. |
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( photo : Gh. Debailleul ) |
Cour du Château à 21h30' : PASCAL RINALDI L'helvète qui touche et fait mouche ! Passer avant Allain LEPREST en clôture du festival "Chansons de Parole" de Barjac est quelque peu casse-gueule mais le suisse Pascal RINALDI a franchi l'obstacle haut la main. L'efficacité de son groupe (Vincent Zanetti aux percussions, Blaise Lucianaz à la guitare et Christian Michaud à la basse), la clarté de ses textes et ses talents d'interprète ont apporté un sang neuf au festival. Pour le fond, les thèmes abordés restent assez classiques voire conventionnels avec des chansons comme "Merde à la mort", "L'inconsolable besoin de consolation" ou "Toujours les mêmes". Plus provocateur en ces temps de recrudescence du virus du SIDA apparaît "Il faut qu'on s'touche" avec des vers comme : Faut qu'on s'mélange,
qu'on s'agglutine L'humour n'est pas absent du récital avec des titres comme "La fosse aux ours" ou "Tacum I Tacc". Il y a chez cet auteur-compositeur-interprète helvète une indéniable aisance scénique, une joie d'être les deux pieds sur les planches qui se communiquent facilement au public. Il faut également souligner la qualité d'écoute de Pascal RINALDI pour les autres artistes du festival. En effet, passant le dernier soir, il était présent dès le premier jour, accoudé au balcon dominant la cour, en auditeur attentif et bienveillant. A l'issue de son concert, Pascal RINALDI a eu l'intelligence d'interpréter sobrement "Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?" du grand Jacques. Une performance qu'ont appréciée les "puristes*" du festival. * Il existe effectivement à Barjac des "purs et durs" qui ont une méfiance quasi viscérale et instinctive vis-à-vis des jeunes générations d'auteurs-compositeurs-interprètes, un phénomène que j'avais déjà observé avec la venue de La Tordue en juillet 2001. |
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ALLAIN LEPREST L'albatros a une fois encore déployé ses deux "l" ! C'est à Allain LEPREST que revenait le privilège de clôturer le festival "Chansons de Parole" de Barjac cette année. Pour l'avoir vu sur scène à cinq reprises au moins ces cinq dernières années, je crois pouvoir affirmer que le récital donné à Barjac ce soir-là avec Jean-Louis Beydon au piano et Michaël Geyre aux percussions était d'une toute grande cuvée. Le mur de la cour du château voyait la silhouette caractéristique de LEPREST se découper sous la beauté des éclairages. Celui qui assiste la première fois à un concert de LEPREST reçoit généralement un véritable uppercut à l'estomac : originalité de la langue, singularité du timbre de la voix, gestuelle à la fois très étudiée et déstructurée, expressivité des mains et magnificence de l'accompagnement pianistique ici encore amplifiée par l'apport des percussions se conjuguent d'une manière tellement intense que l'impact physique est inéluctable. Celui qui assiste pour la Xième fois à un tel concert n'est pas surpris, hélas, par une nouvelle chanson (pour ma part je les avais toutes entendues au moins une fois sur scène) mais est saisi d'émotion devant l'engagement intact du tandem Leprest-Beydon. D'antan plus que toutes les chansons interprétées le furent d'une manière quasi idéale avec une mention particulière pour "Saint Max", "La gitane", "Fini les baloches" et "C'est peut-être". Moment d'humour et d'émotion aussi lorsque Romain DIDIER a rejoint Allain LEPREST sur les planches pour chanter en duo "La retraite". Image à la fois forte et cocasse que de voir l'auteur et le compositeur bras dessus bras dessous et de les entendre chanter à l'unisson : J'avais hâte de te
connaître, la retraite ! |
( photo : Gh. Debailleul ) |
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L'émotion se peignait sur le visage de l'artiste accoudé au piano lorsqu'une partie du public se leva pour chanter in extenso "C'est peut-être" (Allain Leprest - Richard Galliano), une chanson répétée sous la houlette de Marek pendant la durée du festival. De longues ovations ont salué la prestation de cet albatros de la chanson qui, comme ce dernier, paraît assez gauche hors de la scène mais flamboie dès qu'il déploie ses deux "l" pendant la durée de son récital. Si le chœur du public avait soigneusement préparé la chanson en hommage à Leprest, on ne peut pas en dire autant du chœur des artistes professionnels ! Jofroi, Romain Didier, Allain Leprest, Gérard Morel, Pascal Rinaldi, Jehan, Véronique Pestel, Francesca Solleville … ont essayé d'entonner "Tous ces mots terribles" afin de rendre hommage à François Béranger. Nous mettrons sur le compte de l'absence de retour et sur l'émotion la cacophonie ainsi obtenue ! Le public bon enfant et très indulgent a applaudi ce final plus pour saluer la belle brochette d'artistes réunis et la qualité globale des soirées du festival que pour la beauté intrinsèque de ce chœur très improvisé. |
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Nocturne avec TARAF GOULAMAS La fête s'est prolongée dans la cour de l'école communale autour d'un savoureux buffet et aux accents de la fanfare tzigane "Taraf Goulamas". Un petit reproche toutefois : l'intérêt de cette ultime nocturne étant de se rencontrer, échanger des idées, retrouver des connaissances, la fanfare était trop bruyante pour permettre ces échanges dans les meilleures conditions. En guise de conclusion Une cuvée 2004 à la hauteur de mon attente avec des grands crus classés (Pierre Tisserand, Gérard Morel, Gilbert Laffaille et Allain Leprest) et de très bonnes bouteilles (Jofroi, Michèle Bernard, Romain Didier, Bruno Ruiz, Véronique Pestel, Jehan et Pascal Rinaldi), bref de quoi faire une java sans modération ! Ghislain DEBAILLEUL |