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Quelques
extraits de
 
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(La peinture (détail) est de
Léandre Boulanger) |
La promesse
Depuis
qu'il était tout gosse, Patrice était un adepte des colonies de vacances. La
vie de groupe, les ateliers, les paysages renouvelés d'année en année. De
plus, la chaîne française d'usines qui organisait les vacances pour les
enfants du personnel possédait une belle gamme d'infrastructures, le long des
mers ou en montagne.
Lorsque Patrice avait pris le car pour Font d'Urle, à un jet de pierre du
Vercors, il regrettait encore de n'avoir pas pu partir en juillet. Malgré son
insistance à la Direction Générale, on lui avait fait savoir, puis confirmé,
et reconfirmé encore que juillet était complet, et que la seule place de
moniteur de colonies de vacances disponible pour le Sud était ce trou (façon
de parler, puisque c'est quasi d'un pic qu'il s'agit) de Font d'Urle. Et ils
appelaient ça le Sud!
Pourtant, la Drôme lui rappelait d'agréables souvenirs. Avant de sauter la
barrière, il avait passé 8 années durant ses vacances en colonies, notamment
à la Bégude de Mazenc, au château Loubet. Fort belle région à vrai dire.
Tout près de Montélimart.
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Cette fois, c'était plutôt Valence, Saint-Jean en Royans, Romans, la
Chapelle en Vercors qui servaient de références.
Mais Patrice partait avec des tonnes de
préjugés, parce qu'il n'avait pu obtenir ce qu'il voulait, et en juillet
surtout... Il le regrettait d'autant plus que, finalement, le travail de
moniteur de colonies de vacances était à la limite du bénévolat, et
représentait un investissement personnel important.
Pour comble, les cars bourrés de gosses arrivèrent à destination dans un
brouillard glacial. Il pestait intérieurement, et rêvait à ce qu'il avait
raté... Et un «collègue» lui demanda, dans un humour que Patrice trouva
déplacé : «Et alors, le Belge, on est dans les nuages?» Après une
nuit presque blanche, c'était le bouquet.
Pourtant il fallut peu de temps à Patrice pour se faire à sa
colo. Le soleil vint vite caresser le sommet herbeux des Préalpes, détaillant
dans sa ronde, un peu comme un guide, les merveilles des alentours. Le dôme de
Font d'Urle ne comptait qu'un hôtel, une espèce de gros chalet suisse. En face
de la colo, un rien sur la gauche, une maisonnette de torchis et de bois
abritait une bergère. Sa chèvre, dans une petite écurie attenante, rêvait à
un bouc hypothétique. Les deux chiens, Black et Maya, s'occupaient presque
seuls du troupeau de quatre-vingt-dix-neuf chevaux. Presque, car lorsque
Louisette enfourchait son étalon, il leur fallait moins d'une heure pour
ramener à l'enclos tout le troupeau.
Le deuxième jour, Patrice fut frappé par l'absence de tout magasin dans le
«village». L'hôtel-café-restaurant vendait bien un peu de tabac et proposait
quelques journaux, mais rien de plus. Cochonnerie de désert! Bravo! L'économe
devait donc plonger tous les jours vers La Chapelle en Vercors, charmante petite
ville S
un peu trop touristique à son goût S
où l'on trouvait tout le nécessaire, et le reste en plus...
* * *
Geneviève était peut-être la seule à avoir remarqué le «désastre»
dans l'esprit de Patrice. En bonne Lorraine, elle s'en amusa un rien, puis se
dit qu'il fallait «arranger cela». Elle ouvrit les yeux de son collègue sur
la vie merveilleuse du plein air, de l'altitude, les paysages extraordinaires,
l'amitié de dizaines d'enfants, de quelques compagnons de vacances...
Peu à peu s'était développé entre Geneviève et Patrice un tissu
d'amitié. Peut-être plus que d'amitié, d'ailleurs. Le directeur, Charles,
l'avait remarqué, mais n'en disait mot. Tant que l'attitude des jeunes gens ne
laissait rien planer d'équivoque ou ne nuisait au bon déroulement de la colo,
peu lui importait le niveau des relations de ses moniteurs.
L'accroc survint un soir sans lune. Une équipe avait préparé un jeu de
piste dont l'objectif restait, bien entendu, inconnu des autres. Fléchage de
pierre, messages codés cachés au creux d'un arbre, fausses pistes etc...
L'équipe victorieuse serait celle qui la première découvrirait la clairière
ou le fourré où se serait caché le groupe parti dès la fin du dîner.
Le jeu de nuit se terminait vers 23 heures, et chacun des moniteurs
recomptait ses ouailles avant de regagner le grand chalet. Frank manquait à
l'appel. Un gamin de huit ans, doux et calme, parfois un peu timoré. Les
mèches blondes toujours en bataille, Frank était le petit rêveur du groupe.
Les autres le croyaient un peu attardé, et il était arrivé qu'ils se moquent
de lui, mais le blondinet n'était pas de ceux qui se laissent démonter. Il
semblait doué d'une intelligence différente, sans doute supérieure à celle
de tous les autres.
Frank était l'un des trente gosses emmenés ce soir-là sous la
responsabilité de Patrice, de Geneviève et du moniteur tournant (celui qui
remplace les autres lors de leur jour de congé). Paul s'était blessé à la
jambe, et il était à l'infirmerie lors du comptage. Patrice et Gene allaient
devoir chercher Frank seuls. L'inquiétude les tiraillait. Ils l'aimaient bien,
leur petite tête...
Après une brève collation, armés de lampes lourdes et puissantes, Gene et
Patrice reprirent le chemin de la forêt, pendant que Charles avertissait les
autorités. Leur respiration bruyante rythmait leur marche forcée.
S
Patrice...
S
Oui, Gene.
S
Si on le retrouve vivant, je jure que je fais l'amour avec toi pendant une heure
au moins.
S
Voilà qui va me donner des ailes, Gene, dit son compagnon avec un certain
sourire, vite effacé devant les traits graves de sa compagne.
(...)
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Colombe noire
Mon cheval s'est couché et souffle tranquillement, après une très longue
randonnée à travers des terres poussiéreuses à outrance. Par principe, j'ai
attaché la bride à une souche, mais je sais que mon Élégant (un nom bien
porté), même laissé libre, ne bougera pas d'un sabot.
Assis entre deux pierres de bonne taille, je regarde, loin en contrebas, une
gamine qui s'amuse avec une petite baguette à empêcher une souris de rentrer
dans son trou. Les gestes précis, très vifs, de l'enfant me fascinent. La
souris tourne sans cesse, dans un espace de trente centimètres de côté, comme
si elle prévoyait le barrage mobile de l'enfant, comme si l'enfant prévoyait
les mouvements de l'animal.
Le petit jeu dure dix minutes au moins, puis, d'un geste brusque et
inattendu, de la main gauche, la fillette attrape la souris. Habile, la petite.
D'où je suis posté, je ne puis entendre les couinements, mais les jumelles
montrent à souhait la gueule hurlante du petit animal.
Le jeu est fini. Du moins celui que j'avais observé. C'est une sorte de
cérémonie qui commence maintenant. Les petits doigts, progressivement,
desserrent leur étreinte. Aux premiers espoirs, la souris bat des pattes, pour
s'extraire de la main. La pince se resserre. Les mouvements se calment. Les yeux
brillent, la tête pivote dans tous les sens. Repos. Les deux yeux ronds doivent
croiser le regard de l'enfant. Les doigts s'ouvrent imperceptiblement. Avec la
tête, les deux pattes avant reparaissent dans le trou laissé entre le pouce et
l'index replié. Mouvements pour s'extirper. Sans cris. Les doigts ne bougent
pas. Du moins ceux de la gauche, qui ont saisi l'animal. L'index droit caresse
doucement la petite tête. Les mouvements de pattes s'arrêtent. Les yeux
roulent au rythme des caresses. La main gauche s'ouvre entièrement.
Les cheveux bruns de la petite fille flottent doucement à la brise de mai.
Sa robe, longue et sale, est faite d'un patchwork de tissus disparates, tous à
dominante brunâtre. Sous des sourcils fins et presque élégants, deux yeux
d'un brun très clair suivent chaque mouvement de la souris. Les lèvres fines
dessinent un sourire malicieux, tandis que les ailes du nez frétillent. La
souris se laisse déposer d'une main dans l'autre, jusqu'au moment où l'enfant
la retient S
quasi sans contrainte d'ailleurs S
dans la gauche, pendant que la droite dessine un carré d'environ soixante
centimètres de côté sur la surface durcie d'une terre avare de pousses.
La gamine s'assied en tailleur devant le carré, et y dépose la souris. Dans
un premier temps (les boxeurs diraient qu'il s'agit du round d'observation),
l'animal ne bouge guère : deux tours sur elle-même, puis le museau tourné
vers l'enfant, elle semble attendre des instructions. La baguette pointe un
caillou en dehors du carré. La souris fait quelques pas vers le bout de la
baguette, puis reste plantée sur la ligne, tournée vers le caillou. Ce petit
jeu se répète dix fois, à dix endroits différents, autour des lignes
tracées sur le sol, de plus en plus loin. À chaque fois, le museau se pose sur
le mince sillon, mais sans le dépasser...
L'enfant a effacé les traits qu'elle avait dessinés sur la terre sèche.
Elle s'est levée, doucement, et ses pieds nus se sont mis à marcher en
évitant les petites pierres pointues. La souris, un moment immobile, se met en
route au premier regard en arrière de la fillette. Elle semble la suivre
docilement, et les gestes de la gamine deviennent directives précises.
* * *
Élégant souffle. Son sabot frappe le sol avec une certaine impatience. Je
lui caresse le museau, lui parle avec douceur. Il doit avoir soif, tout comme
moi. J'ai repéré le chemin qui mène à la plaine où j'ai regardé le petit
jeu. Je n'ai d'ailleurs pas beaucoup d'instructions à donner à Élégant,
bête superbement intelligente qui comprend, avant que je ne les exprime, mes
moindres désirs.
Le village est taillé dans la roche. Ci et là, une sorte de vraie maison
semble avoir poussé par erreur sur le sol. Plus haut, à flanc de falaise, des
excroissances ont sans doute été façonnées par des mains d'hommes contre le
gré de la pierre. Personne. De loin en loin S
en fait, d'ouverture-fenêtre en ouverture-fenêtre dans la rocaille S
monte une mélopée ponctuée d'accords de guitares, ou d'instruments du même
type. Au bout de ce qu'il convient peut-être d'appeler une rue, une vieille
femme se traîne, pieds nus, avec un seau démesurément grand et lourd pour
elle.
La vieille me regarde, pose son seau. Ses yeux me scrutent d'abord de haut en
bas, puis détaillent mon cheval. Dès que je suis à portée de pupille, elle
vrille son regard dans le mien. Son expression, dure tout d'abord, s'adoucit un
peu. Elle paraît rassurée, empoigne son seau, et reprend sa marche lente sans
plus faire attention à moi. Elle n'a lu aucune peur, aucune crainte en moi.
J'espère qu'elle n'a pas perçu ce sentiment de pitié que j'essayais de
réprimer. Au bout du village, un homme n'a rien perdu de la scène. D'abord les
mains aux hanches, la tête très haute, il a semblé menaçant. Dès que la
vieille a ramassé son seau, il laisse légèrement redescendre le front, le
bord de son chapeau lui abritant alors les yeux du soleil haut perché. Je me
mets à transpirer, perplexe.
La femme a fait une vingtaine de pas lorsque je me remets en mouvement. Elle
balance légèrement le seau dont l'anse grince au rythme de sa marche. Je la
suis. Son pas ne ralentit ni n'accélère. Pourtant, ses épaules ont eu un
petit mouvement, peut-être de crainte. Le grincement se fait moins long à
chaque pas, mais garde le rythme.
S
¡Hé, señora!
La femme s'arrête, sans se retourner.
S
¡Señora!
Un coup de feu claque, et une balle siffle à quelques doigts au-dessus de ma
tête. La femme reprend sa marche, toujours sans se retourner. Derrière moi,
l'homme qui tout à l'heure m'observait s'est mis en route, carabine en main, et
s'en vient à ma rencontre. Doucement, sans brusquerie aucune, je déboucle mon
ceinturon et pose par terre mon revolver. Mon fusil, lui, est resté dans son
étui, à la selle de mon cheval. L'homme s'approche jusqu'à une dizaine de
pas. Le canon de sa carabine s'est baissé à mesure qu'il marchait. Son regard
n'est ni inquiet, ni haineux. Il me fait signe de ramasser mon ceinturon. |

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Fait divers
J'ai
pris le temps de remplir une valise, d'y entasser le minimum de
vêtements nécessaires et quelques valeurs. J'ai veillé à
compléter le plein du réservoir de la Golf S
du blanc, d'une citerne spéciale, pas du rouge! S
et je quitte la maison. Je compte passer la frontière le plus vite
possible. Il est dix-huit heures trente, et, en roulant bien, je
serai en France dans trente-cinq minutes. J'avais envisagé les
Pays-Bas, mais la distance est pluslongue et, par surcroît, je ne
connais pas un mot de néerlandais.
Tout en roulant, un rien hébété, mais assez
lucide pour réagir en conducteur convenable, je passe en revue les
événements des dernières années, reconstruisant une tranche de
vie chahutée, aux douleurs multiples, émaillée des pires
horreurs. De celles qui vous cassent l'homme le plus solide.
* * *
>Comme chaque jour, je rentre à la maison, vers
17 heures vingt. Je rentre la Polo de Myriam en marche arrière au
fond du garage, puis je rentre la Golf. Je monte l'escalier en
sifflotant. La radio, d'habitude un rien bruyante, se tait, ce soir.
Mais, à l'étage, j'entends la mini-chaîne stéréo de Cécile,
qui ne rechigne pas devant les décibels. Elle finira par se péter
les tympans.
J'ouvre la porte de la cuisine. Je ne parviens pas
à réprimer un hurlement d'horreur. Ma femme gît dans une large
mare de son sang. Chaise renversée, table déplacée. Je me
cramponne à la tablette du buffet, haletant. Je ne parviens pas à
détacher mes yeux du corps. La gorge est tranchée des deux
côtés, et les carotides n'en demandaient pas tant pour laisser
filer leur liqueur rouge. Myriam a dû lutter, et voir venir sa
mort. La main droite est mutilée, et la lame a lacéré le visage,
crevant l'œil droit. Les bras eux aussi sont profondément
entaillés.
Sur l'évier, le couteau de boucher est propre, bien
nettoyé. Il reste une vague trace rouge sur le bord de l'inox. La
tête me tourne. J'ai la nausée. Ma respiration, haletante, est
ponctuée d'un ahanement bruyant, et d'un claquement de dents
irrépressible.
* * *
Je passe la frontière comme prévu, sans encombre.
Pas de contrôle. L'Europe semble donc bien un fait acquis. Avec ses
avantages, mais j'imagine aussi déjà ses inconvénients, les
accords entre les polices, les brigades de recherches, les machines
judiciaires complètes.
Voilà deux heures que je roule. Je n'ai pas encore
osé allumer la radio. Trop peur d'y entendre un avis de recherche.
Et puis, je ne sais si je capterai encore ici une station belge. Je
tente de me libérer de la torpeur qui m'enveloppe depuis mon
départ. J'arrête la voiture à l'entrée d'un chemin forestier, et
je fais quelques pas sur les feuilles mortes. Mortes...
Je parviens enfin à me secouer suffisamment pour
reprendre un raisonnement sain, quasi serein. Il va me falloir
continuer encore quelques kilomètres, reprendre l'autoroute (j'ai
heureusement toujours une carte détaillée de la France dans le
vide-poches) pour trouver enfin un hôtel. Il sera sans doute au
moins vingt et une heures trente quand je pourrai enfin me reposer.
La nausée me reprend, fugace. Je redémarre, quelque peu
ragaillardi. Mais les tempes me battent sourdement.
* * *
J'appelle : «Cécile! Cécile!»
Les décibels se calment à l'étage.
S
Tu as appelé, papa?
S
Cécile, tu n'as rien entendu? Il est arrivé un malheur!
S
Un malheur? J'arrive.
S
Non, ne viens pas tout de suite. C'est maman. On l'a attaquée.
S
Quoi? Comment? Je n'ai rien entendu! Elle est blessée?
S
C'est pire que cela, ma petite, elle ne souffrira jamais plus.
Cécile, une expression d'incrédulité dans le
regard, descend lentement les deux volées d'escaliers. Il y a dans
sa démarche quelque chose de théâtral, comme si elle voulait
donner le change, peut-être me distraire un instant du drame. Les
enfants de treize ans sont champions à ce petit jeu.
S
C'est pas vrai, hein? Elle est venue me chercher à l'arrêt du bus,
puis nous sommes rentrées et je suis montée dans ma chambre pour
écouter des compacts. Comment se fait-il que je n'aie rien entendu?
S
Ne viens pas voir, surtout. C'est monstrueux. Je ne veux pas que tu
sois traumatisée par une telle vision d'horreur.
S
C'est ma mère, j'ai le droit de la voir...
S
Par pitié, Cécile, ne viens pas. Remonte dans ta chambre.
Je pense que la pauvre gosse ne supporterait pas le
spectacle, elle si sensible. Elle remonte dans sa chambre, où je
vais l'oublier jusqu'à l'arrivée des services de la gendarmerie.
* * *
Il est presque vingt et une heures quinze quand je
me gare devant l'hôtel. J'ai de la chance : il reste deux
chambres single, dont une avec bain. Ma valise sortie du
coffre, je vais ranger la Golf au parking qui jouxte le bâtiment,
puis je rejoins rapidement ma chambre. Je n'ose toujours pas allumer
la radio.
Le bain me détend, me relaxe. Il y a des années
que je n'ai plus allumé la moindre cigarette, mais il me semble que
si j'en avais une, je la grillerais volontiers. L'envie va passer.
J'ouvre le mini-bar, et me verse un whisky sec. Calme. Je pense
même que je vais être capable de manger un morceau.
Je dois insister un peu à la réception, car le
restaurant de l'hôtel ferme à vingt-deux heures, et qu'il est
déjà un tout petit peu plus. Le repas est cependant très
convenable. Je laisse un bon pourboire au garçon, remercie
chaleureusement le cuistot venu prendre le dernier verre dans la
salle de restaurant avant de quitter son travail. Je crois que mon
allure paisible et neutre n'a pas attiré l'attention.
La nuit va sans doute porter conseil.
(...)
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