Histoire des fortifications de Liège

Préface:

Il y a 50 ans, les forces alliées débarquées en Normandie entamaient la libération de l'Europe occidentale.
Aujourd'hui, les troupes allemandes, belges, françaises, luxembourgeoises et espagnoles défilent, dans le cadre de l'Eurocorps, sur les Champs-Elysées et devant le Palais Royal, à l'occasion des fêtes nationales belges et françaises.

L'Eurocorps en formation constitue l'embryon de la future armée européenne.

Jour après jour, mois après mois, année aprés année, l'Europe se construit.
C'est une bonne chose dont il faut nous réjouir et que nous devons soutenir.

Nous le devons car il nous faut nous souvenir de l'histoire, de notre histoire, et des milliers de morts et de vies brisées qu'ont coûtés à nos parents et grands-parents la division des peuples et le choc des nations sur le continent européen.

Nos villes et nos campagnes sont pleines de souvenirs et de vestiges de cette époque, époque que nos générations veulent révolue à jamais.
Parmi eux, les forts et fortins trop souvent abandonnés aux épines, aux orties et à l'oubli.

Les forts de Liège sont entrés par deux fois dans l'histoire.
En août 1914 et en mai 1940, les soldats belges se sont vaillamment opposés aux vagues déferlantes venues de l'Est.

De nombreuses associations se créent aujourd'hui pour tenter de faire revivre ces témoins de notre passé et nous permettre de mieux connaître ces épisodes trop souvent oubliés de notre histoire, de même que la technique largement oubliée de ces cuirassiers terrestres qu'étaient les forts!

Grâce soit rendue à tous ces bénévoles dont l'enthousiasme communicatif et la disponibilité contribuent à assurer la mémoire collective.
Le Bourgmestre de Fléron: Léonard DE JONGHE

(Préface de l'ouvrage: Histoire du fort de Fléron - Par Patrick Paulus)

Naissance des forts de Liège:

Après la défaite française dans la guerre franco-allemande de 1870, le système défensif de nos grands voisins va se transformer de manière radicale.
De 1875 à 1885, la France et l'Allemagne érigent sur les frontières d'importants réseaux de fortifications.

En France, on assiste à la construction du rideau défensif des rives de la Meuse (de Verdun à Toul) et du réseau défensif de la Haute-Moselle.

En Allemagne, c'est la construction des places d'arrêt dans les Vosges et en Alsace en même temps qu'ils fortifient les régions de Metz, Thionville et Strasbourg.
Dorénavant, une attaque frontale est rendue très difficile pour les deux adversaires.
Les deux pays augmentent considérablement leurs effectifs en hommes, ce qui se traduit par une extension très grande du front et l'obligation de traverser les territoires neutres voisins, pour qui souhaiterait opérer une attaque de flanc.

La vallée de la Meuse constitue la voie naturelle la plus logique de passage entre Paris et Berlin.
A cette époque, en effet, le déplacement massif des armées était toujours tributaire des grands axes de communication.

En tant qu'état neutre, la Belgique était tenue d'interdire la traversée de son territoire et était donc contrainte à d'élémentaires devoirs de défense; il lui falait donc aménager une solide ligne de défense qui devait se hisser à la hauteur des exigences nouvelles.

C'est ainsi qu'en 1887, le gouvernement Belge décide la création des places fortes de Liège (face à l'Allemagne) et de Namur (face à la France).
Commencées en 1888, les constructions seront achevées 4 ans plus tard.
Suivant la conception du Général Brialmont, les deux places fortes devront assurer un rôle de place d'arrêt chargée de commander les voies de communications les plus importantes.
De par les conceptions de l'époque, il s'imposait de construire les forts à environ 8 kilomètres du centre de l'agglomération pour mettre celle-ci à l'abri du bombardement ennemi et pour leur permettre de protéger les grands axes de communication.

Dans le cas de Liège, les lignes de chemin de fer, les axes routiers et la proximité de l'Allemagne y nécessitent une ceinture de 6 grands forts et de 6 petits forts répartis sur les deux rives de la Meuse.

Extrait du livre: L'histoire du fort de Fléron de Patrick Paulus

Les forts de Liège en 1914: (Carte d'implantation des forts de 14)

A la veille d'août 1914, les forts de Liège étaient déjà dépassés par les performances nouvelles de l'artillerie.
Conçus en béton non armé pour résister à des bombardements d'un calibre de 21 et 22 cm (les plus gros projectiles existant en 1888), les forts allaient se voir soumis en 1914 à des bombardements par des projectiles qui allaient atteindre 42 cm.

A l'usage, les forts de 1914 devaient très vite révéler de nombreux points faibles:

Ces forts présentaient malgré tout quelques points forts:

Le bilan de la résistance des forts de 1914 est finalement très positif!
En ayant contenu les armée allemandes durant plus de 10 jours devant Liège et en les ayant obligé à dévoiler plus tôt que prévu la formidable puissance de leur artillerie, les forts de Liège ont permis à la France et à l'Angleterre de compléter leur mobilisation pour réussir à stopper définitivement les armées allemandes sur la Marne!
D'une certaine manière, la résistance des forts de Liège en 1914 a autorisé la victoire de la Marne et par conséquent la victoire finale de 1918.
C'est pour cette héroïque résistance que la ville de Liège est la seule ville a avoir obtenu la Légion d'honneur par la France.

Un excellent site sur l'histoire de "La position fortifiée de Liège" durant la guerre de 1914-1918 existe à l'adresse suivante: http://users.skynet.be/sky73332/index.html; je vous en conseil vivement le détour mais attention...... il est en anglais!

 

Les forts de Liège en 1940: (Carte d'implantation des forts de 40)

Quelques années après la première guerre, la France guidée par l'expérience de Verdun en revient aux positions fortifiées et commence la construction de la puissante ligne Maginot.

La Belgique lui emboîte bientôt le pas en construisant 4 nouveaux forts modernes en avant de Liège (Eben-Emael; Aubin-Neufchateau; Battice et Tancrémont (Pépinster)).
En 1928, elle procède également à la remise en service d'une partie des anciens forts de Liège et de Namur.
Pour Liège, les forts suivant sont réarmés: Pontisse - Barchon - Evegnée - Fléron - Chaudfontaine - Embourg - Boncelle - flémalle.

L'armement est modernisé (portée de l'artillerie considérablement augmentée (~15Km)) et le béton est renforcé et armé.
La ventilation est enfin rendue efficace par la construction de tours de prise d'air blindée à quelques distances des forts.
Les liaisons téléphoniques sont profondément enterrées et des appareils de communication radio sont installés.
Des postes d'observations "fortifiés" sont implantés entre les forts et sont reliés par des lignes téléphoniques enterrées.

En 1936, de grandes manoeuvres sont organisées et ont pour thème l'attaque de la position fortifiée de Liège.

Le 10 mai 1940.....

Et maintenant..... en route vers........

L' histoire détaillée des forts de Liège
en 1914 et 1940.

 

 

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