Le fort de Eben-Emael

Dernière mise à jour: 19 sept. 2004

 

 

Campagnes: 1940

Construction: 1 avril 1932 à 1935; pour un coût de 24 millions BEF de l'époque.

Situation: Le fort est construit sur le lieu dit: "Montagne Saint-Pierre" le long du canal Albert à 5 Km au sud de Maastricht et à 10 Km au nord de Visé.

Il est constitué d'un triangle de 900 mètre du Nord au Sud.
La caserne souterraine est à environ 50 mètres sous terre et l'étage intermédiaire (munitions) se trouve à 35-40
mètres sous terre.
Le fort est situé à proximité du village d'Eben-Emael.          

Superficie: 66 ha dont 40 ha pour la superstructure.

Armement "longue portée":

Armement "défense rapprochée":

Effectifs en mai 1940:

988 hommes dont 200 hommes composée d'électriciens, armuriers, cuisiniers, Etat-Major, service médical, administration,.....).

Le fort était commandé par un major; un commandant et 2 capitaines.

Pertes après la bataille:

21 belges tués dans les 36 heures de combats en mai 1940; les assaillants ont perdu 6 hommes.

Structure de l'ouvrage:

Plan du fort d'Eben-Emael

La carte est extraite du livre de René Vliegen "Fort Eben-Emael" (en vente à l'amical du fort d'Eben-Emael).

En temps de paix, le fort recevait la haute tension du réseau civil.
En complément à la mobilisation et pour le temps de guerre, la fourniture électrique était assurée par 6 groupes Diesel CARELS de 140 CV.
5 de ces moteurs ont été emmenés par les troupes allemandes pour le mur de l'atlantique; le seul moteur qui reste est en ordre de marche et tourne de temps à autre pour assurer l'assèchement des galeries.
L'eau de refroidissement des moteurs servait au chauffage central du fort.

Photographies du fort:

Une page rassemble les photographies (commentées) dont je dispose.

Histoire des combats:

La première classe est entrée au fort en 1934 mais ce dernier était loin d'être terminé.

L'attaque sur Eben-Emael a été décidée et concue par Hitler lui-même le 9 octobre 1939, modifiant quelque peu le plan de Von Manstein qui prévoyait uniquement une trouée sur Sedan.
L'idée de Hitler était de créer diversion et d'attirer les armées alliées en Belgique pour conforter la réussite de la percée sur Sedan.

L'attaque est un véritable cas d'école pour toutes les armées du monde; c'est une des première opérations de commando de l'histoire et c'est une opérations qui utilise pour la toute première fois:
- Des planeurs pour déposer de nuit et silencieusement les troupes sur la superstructure de fort.
- La charge creuse (arme secréte des allemands) à la puissance inconnue jusqu'alors.
- Le lance flamme "portable" pour "nettoyer" les casemate.

Il était prévu 11 planeurs et 86 hommes; sont arrivés sur le fort 10 planeurs et 78 hommes car un des planeurs s'est décroché trop tôt de l'avion tracteur (câble rompu) et s'est posé en allemagne; les hommes sont arrivé 3 heures plus tard sur l'ouvrage.
Le chef de l'opération se trouvait dans ce planeur et c'est son adjoint qui a piloté l'opération sur le fort.

Ces hommes s'étaient entrainés sur des fortification Tchèques et à Hildesheim (près de Hanovre) dans le plus grand des secrets.
Ils étaient complètement isolés et ils ignoraient le nom et la localisation de l'ouvrage qu'ils allaient attaquer.

Le 9 mai: Alerte donnée en allemagne vers 19H30
10 mai: 03H30 - décollage des planeurs à Cologne.
03H40 Ils sont à 2500 mètres d'altitude et franchissent la frontière belge; ils entreprennent leur vol plané vers l'objectif qu'ils atteignent en silence.
04H05 - Les MICA du fort (mitrailleuses contre avions) les ont repérés au moment où ils atterrissent et tirent sur les planeurs mais les tirs sont réciproques et l'armement contre les avions s'avère très vite impuissant sur des planeurs posés sur le sol et en combat terrestres.
04H30 - Les troupes allemande traversent la frontière hollandaise.
04H55 - Les stukas et les bombardiers interviennent sur la poterne d'entrée du fort.
05H00 - Parachutage de munitions supplémentaires.

Suite à la destruction des ponts de Maestricht, le bataillon de pionniers 51 et le régiment d'infanterie 151 devant aider les hommes des planeurs n'arrivent au pont de Canne que dans la soirée du 10 mai au lieu de midi.
Suite au tirs du Bloc Canal Nord, ils n'arrivent à passer le canal que durant la nuit et l'aube du 11 mai pour enfin faire jonction avec les hommes des planeurs vers 06H00.

Histoire de la casemate MA1:
(3 canons de 75mm orientés vers la sortie de Maestricht - portée de 11km)

Version Belge:
Vendredi 04H25 - Explosion dans l'embrasure de la première pièce qui recule et tue son servant; plus de lumière et fumée soffocante.
Vendredi 04H35 - Nouvelle explosion; deux autres pièces détruites; abandon de la casemate et placement d'un barrage de poutrelles au pieds du puits.
Vendredi 09H31 - Placement d'un barrage au pieds de la casemate.
Samedi 08H30 - Explosion d'une charge placée derrière les portes du sas; les portes résistent et le soufle de l'explosion expédie l'ascenseur et l'escalier au plafond de la casemate.
L'accès au puit est devenu impossible.

Version Allemande:
Le planeur du groupe 3 atteri à 50 mètres du bloc et fait sauter une embrasure avec une charge creuse de 12.5 Kgs et ouvre ainsi une entrée dans le bloc.
Les sapeurs tirent à la mitraillette dans l'ouverture avant de pénétrer à l'intérieur; dans une fumée très dense ils trouvent des belges blessés puis ils jettent une charge dans l'ascenseur.
La lumière disparait.
Malgré la fumée, les sapeurs restent à l'intérieur du bloc car ils se trouvent trop près de l'objectif des stukas qui bombardent alors la poterne d'entrée du fort.
Lors d'un sortie belge sur le massif les sapeurs doivent à nouveau se réfugier dans la casemate MA1.


Histoire du bloc Sud:
(3 mitrailleuses, phare et cloche d'observation)

Version belge:
04H25 - Le bloc saute au moment où les hommes arrivent pour l'occuper.
Les hommes du bloc avaient été pris pour déménager les barraquements du temps de paix.

Version allemande:
Les sapeurs du planeur 9 le prirent au lance flamme.
L'embrasure Sud-Ouest est détruite en même temps que la cloche d'oservation est détruite par une charge de 50 Kgs.
L'ouvrage est occupé et tenu jusqu'à la réddition.


Histoire de VISE 1:
(Casemate identique à MA 1 mais tirant vers Visé)

Version belge:
Vendredi 05H00 - Une explosion arrache les clapets des portes intérieures.
05H45 - On entend frapper contre la casemate à l'extérieur.
06H00 - Manque de ventilation; la casemate est abandonnée puis réoccupée.
09H00 - Explosion et nouvel abandon.
10H00 - Ouvrage réoccupé; la première pièce est hors service.
              Tir évent 0 (obus éclatant dès la sortie du tube pour défendre les allentours de la casemate) jusqu'à 10H30.
17H00 - Explosion violente; la casemate est évacuée et un barrage est installé au pied du puits.
17H30 - Construction de trois barrages près du bloc VISE.
Samedi 08H00 - On entend 2 faibles explosions venant du puits de la casemate.

Version allemande:
Les hommes du planeur 2 qui devaient s'occuper de Visé 1 n'ont pas atterri sur le fort.
Leur planeur s'est décroché prématurément au dessus de Duren.
C'est seulement plus tard que les hommes du planeur 5 s'occupent du bloc mais il ne saute qu'imparfaitement.
Plus tard des nouvelles charges seront placées pour terminer la destruction.


Histoire de la coupole 120:
(2 canons jumelés sous coupole sans éclipses; portée 17,5 Kms)

Version belge:
04H40 - Défense de la coupole par un soldat qui tire à la carabine par un trou de lunette; un belge des MICA (mirailleuses contre avions) prisonnier des sapeurs allemand est blessé par ces tirs.
05H15 - Explosion dans les tubes des canons.
05H30 - Plusieurs explosions.
07H00 - Explosions.
08H00 - Pièce de droite réparée et en ordre de tir.
09H00 - Violente explosion; tous sont renversés et l'atmosphère est irrespirable.
               Le personnel quitte la coupole temporairement.
10H00 - Ordre de tir est donné mais son exécution est impossible suite aux dégats.
14H00 -  Violente explosion; un blessé.
15H30 - Violent bombardement par gros calibre (70 coups en 15 minutes) mais la coupole reste intacte.
24H00 - Construction d'un barrage au pied de la coupole.
               Les hommes de la coupole 120 assistent impuissants au travail des différentes équipes des planeurs.


Histoire de MA 2:
(3 canons de 75mm et une cloche d'observation appelée EBEN 3)

Version belge:
04H15 - La cloche d'observation saute et deux hommes sont tués.
              Extinction de la lumière puis trois explosions violentes à peu d'intervalle.
              La première pièce est refoulée dans la casemate par l'explosion; un soldat est tué et deux autres se trouvent bloqués 
             dans le local radio (ils seront dégagés le lendemain par les allemands).
             Les sapeurs lancent des grenades en faisant deux tués; le puits d'accès est rempli de fumée.
04H35 - Le commandant Vanderauwera et l'aumonier Meesen veulent monter dans la casemate mais sont refoulés par des
              grenades lancées par les sapeurs allemands.

04H45 - Construction d'un barrage de poutrelles au pied du puits.

Version allemande:
Le planeur 1 atteri devant la casemate et les sapeurs placent une charge de 12,5 Kgs dans l'embrasure d'une pièce.
Une entrée est ainsi obtenue pour inverstir le bloc.
La cloche d'observation est détruite par une charge de 50 Kgs; elle n'est pas percée mais est inutilisable.
Les sapeurs abandonnent la casemate à la tombée de la nuit parce que la position paraissait peu sûre si une attaque d'infanterie était déclanchée.


Histoire de la coupole Sud:
(Coupole à éclipse de deux canons de 75mm à tir rapide)

Version belge:
04H25 - Tirs aves des obus explosifs sur MA 2, sur VISE 2 et sur la coupole 120; sur le bloc IV, sur Eysden et sur les
               vergers et la route de Canne.
.              Tirs à boites à balles sur le massif.
               La coupole est bombardée mais sans effets.... les tirs continueront jusqu'au samedi matin.
               La coupole reste en ordre de marche jusqu'à la reddition.

Version allemande:
Le groupe du planeur 5 tente de faire sauter la coupole avec une charge de 50 Kgs mais sans résultats.
Deux essais par la suite par le groupe 1 sont également sans effets sur la coupole qui continue de tirer.
Nous ne nous étions pas occupés dès le début de cet ouvrage car nous pensions que celui-ci était en contre-bas du massif et ne balayait pas celui-ci.


Histoire de VISE 2:
(3 canons de 75mm en direction de Visé)

VISE 2 est le seul ouvrage a ne pas avoir été attaqué par les sapeurs allemands.
Il ne balaye pas le massif et est orienté vers Visé; ce qui n'est pas important pour les assaillants.
Averti du sort réservé à ses consoeurs, VISE 2 se fit protéger par la coupole Sud du Bloc V et par elle même en tirant périodiquement des obus fusant à évent 0 qui explosaient à la sortie du tube.
VISE 2 a participé au tir d'attaque général de 800 obus et à des tirs sur le canal à hauteur de Lanaye.


Histoire du Bloc VI:
(2 canons de 60mm - mitrailleuses - phares - cloche d'observation)

Le Bloc VI tire sur le Bloc 1 et le pont du Geer; sur l'abri du tram et sur le moulin d'Eben-Emael.
Vers 09H30, Une pièce est détruite pas un coup d'embrasure.
Vers 10H15 la seconde pièce est mise hors service.

Association de sauvegarde du fort:

ASBL "Association pour l'étude, la conservation et la protection du fort d'Eben-Emael et de son site" - F.E.E.

Toutes les informations récentes sur l'Association de sauvegarde du fort d'Eben-Emael se trouvent sur le site de l'association à l'adresse suivante: http://www.fort-eben-emael.be/
Je vous invite à y aller.

Les dates des visites y sont également renseignées ainsi que l'histoire des combats (en Anglais).
Dès que possible, je place la traduction en français sur ce site.

Bibliographie:

- "Fort Eben-Emael" par René Vliegen - 1988
- Photographies personnelles prises lors de mes visites au fort.

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