Le fort de Barchon
1914 & 1940

Dernière mise à jour: 19 septembre 2004

 

 

Construction: 1888; rénovation et réarmement en 1933

Situation: Le fort de Barchon est situé le long de l'autoroute E40 à l'entrée de la descente vers Liège (Tranchée de Cheratte - après le Resto-route en venant d'Aachen).
Prendre la sortie N°36 (Barchon), directement après la sortie de l'autoroute vous arrivez à un rond point, prendre la direction Barchon - Dalhem puis directement la première à gauche après la station service TOTAL.
Le trajet est fléché.

Superficie:+/-8 hectares; Altitude: 180 mètres.


1914:

Structure du fort::

Grand fort triangulaire: 130.000 m3 de terre manipulé et 52.000 m3 de béton coulé (non armé)
Au bas de la rampe d'accès se trouve le tambour d'entrée, petite place devant la grille et les murs de contrescarpe d'une largeur de 15 mètres sur 3 mètres de profondeur.
Un tunnel appelé "Poterne d'entrée" traverse le mur de contrescarpe et permet d'accéder aux fossés: c'est l'unique entrée des forts de 14 !

Dans le tunnel d'accès et derrière la grille, un fossé de 4 mètres de profondeur protège l'accès au fort; il se traverse par l'intermédiaire d'un pont roulant escamotable sous les locaux du corps de garde du temps de guerre.

Armement "longue portée":

Armement "défense rapprochée":

Effectifs en août 1914:

Position fortifiée de Liège: Général LEMAN / Général JANSSEN (Au Quartier Général basé rue Commandant Marchand à Liège)
    Artillerie de forteresse: Colonel MARSIN / Colonel ECKSTEIN
        1er Bataillon: Major LAITAT
            1ère Batterie (BARCHON) - Commandant HANNEFSTINGELS; commandant du fort de Barchon

            Commandant en second et commandant de l'infanterie: Lieutenant FRANCISSE
            Commandant de batterie: Lieutenant VAN ROLLEGHEM
            Sous-Lieutenant VAN REMOORTERE
            Adjudant VERDCOURT
            Adjudant BONNIER
            300 Artilleurs
            90 fantassins

1 médecin civil réquisitionné dans la région
Pas d'aumônier

Pertes après la bataille:

22 tués:
L'Adjudant VERDCOURT, 14 soldats du 11ième de Ligne et 7 soldats du 14ième de Ligne.

Structure de l'ouvrage:

Légendes:

1. Corps de garde - poterne d'entrée.
2. Locaux sous le massif central (bureau de tir - poudrières - magasins - galerie centrale - accès aux coupoles 120mm et 150mm - phare cuirassé, .....)
3. Coupoles 210mm.
4 Coupoles 75mm.
5 Gallérie donnant accès au coffre du saillant 2 (en passant sous le fossé).
6. Coffre du saillant 2.

Les logements étaient situés face à la poterne d'entrée.

La conception de ce fort est identique au fort de Loncin.

Histoire des combats en août 1914:

5 août:
Le fort est attaqué le 5 août à 6 heures du matin par de l'artillerie de campagne de petit calibre; le fort tire sur les avant-gardes des troupes Allemandes des 27ième et 34ième brigade.
Vers 10h, arrêt du bombardement et l'infanterie allemande monte à l'assaut.
L'assaillant est accueillit par des tirs de l'infanterie du fort et des coupoles de 5,7 cm; il se replie après une heure de combat et le bombardement recommence jusqu'à la nuit.

Premier combat: 8 morts et 15 blessés au fort.

Nuit du 5 au 6 août:
Un violent orage éclate et l'eau de ruissellement s'infiltre dans les fissures produites par le bombardement; les locaux sont innondés et l'eau menace le local de la machine à vapeur.

6 août:
Les troupes d'intervalle se retirent.
Le téléphone est coupé.
Les morts du fort sont transportés au cimetière de Barchon et les blessés évacués vers Wandre.
Un avant poste est installé à la brasserie de Chefneux à 500 mètres au sud-ouest du fort.

Dans la nuit, échec d'une tentative Allemande (5000 hommes de la 27ième brigade) de passer en force entre le fort de Barchon et la Meuse (par la route Sarolay - Hoignée - La Xhavée vers Wandre); ils se heurtent à un barrage dressé à la hâte par 450 fantassins Belges.
Les combats sont violents et le barrage ne cède que vers 06h30 mais la 27ième brigade Allemande en sort disloquée et bat en retraite vers Hermalle-sous-Argenteau.
Les Belges perdent 117 homme dans ce combat connu sous le nom de "Bataille de Rabosée".

7 août:
Retraite de l'armée Belge sur la rive gauche de la Meuse; occupation de Liège par les Allemands et le Général LEMAN se réfugie au fort de Loncin.
Reprise du bombardement du fort.

8 août (Samedi):
Reprise du bombardement vers 10h pour une durée de 2 heures; un parlementaire vient demander la redition du fort.
15H, reprise du bombardement suite au refus du fort de se rendre.
Après quelques heures: les coupoles sont calées par les explosions, les gaz des explosions s'infiltrent dans le fort et la troupe se réfugie dans la salle de rassemblement.
Du béton tombe du plafond et la porte d'accès au terre plein saute de ses gonds; la coupole de 12 droite est mise hors service par un coup direct.
La coupole de 5,7 du saillant I est touchée et son canonnier (JACQUEMYN) est grièvement blessé.
L'atmosphère à l'intérieur du fort devient irrespirable.

15h30: réunion du conseil de défense du fort qui décide de rendre le fort; le drapeau blanc est hissé sur la coupole 12 gauche.

Lors de la redition et durant la visite du fort par les officiers Allemand, le Hauptmann VON ROTH heurte du pieds un tas de grenades qui explosent en tuant 7 officiers et l'adjudant du matériel VERCOURT.
Plusieurs soldats Allemands et 2 Belges sont blessés.

 


1940:

Dès 1926, une mission du gouvernenment étudie le réarmement des forts.

En 1928 les premiers crédits sont alloués et les travaux débutent à Fléron dès 1930.
Certains locaux furent renforcés en utilisant les locaux de 1914 dans lesquels ont construisit plafonds en béton armés et certaines voûtes avec des tôles ondulées en acier galvanisé permettant la récupération de la condensation.

Locaux renforcés: Corps de garde "temps de guerre" - coffres flanquants - les bureaux de tir - bureau du commandant - la central téléphonique et radio - l'atelier de réparation - les locaux de désinfection - 4 locaux pour le service de santé - 4 chambres troupes - la galerie principale - les couloirs d'accès aux coupoles de 75 (saillant I et III).
Sous le massif central est creusé un réseau de galleries bétonnées appelé "Quadrilatère".
Les couloirs du Quadrilatère servit de dépôt de munitions pour les 5 grosses coupoles et servit aussi d'accès vers ces coupoles, vers le débouché d'infanterie, vers les coupoles de 75 du saillant II ainsi que le coffre de tête.
Les anciens couloirs et la salle de rassemblement de 14 sont condamné, les locaux de 14 inutilisés sont comblés.

Renforcement des anneaux des coupoles par du béton armé de 4m de large et 2,5m d'épaisseur.

Construction d'une tour d'air à 400m du fort et d'une gallerie entre cette tour et le fort; un accès est aménagé au pieds de la tour pour effectuer les sorties des patrouilles et la relève de la garnison. 

Armement:

Armement "longue portée":

Armement "défense rapprochée":

Equipements techniques:

Divers:

La ventilation est assurée par la tour d'air via un ventilateur électrique de 40 cheveaux pour assurer un débit d'air de 27.000 m3/H et filtration possible de l'air par le haut de la tour (en temps de paix l'air entrait par la double porte métallique situé à 12m du sol).

Effectifs en 1940:

Copmmandant du fort: Commandant POURBAIX assisté de 10 officiers...
Cmdt en second et Cmdt de batterie: Lieutenant JUNGLING
3 Lieutenant (R) médecins: DESSART - CAHAY et WIENER
1 aumônier: Abbé VAN DE BERG
53 sous-officiers et brigadiers
221 soldats.

En réserve à Wandre sur le site du charbonnage: 3 officiers et 220 sous-officiers.

Histoire des combats en mai 1940:

10 mai
01H45 - un officer est demandé au téléphone; l'alerte est donnée.
04H15 - Le fort de Pontisse informe Barchon que le fort d'Eben-Emael est attaqué par les allemands.
04h55 - Suite à des ordre reçus, le fort ouvre le feu avec 2 canons de 150 sur la superstructure d'Eben-Emael pour en aider les défenseurs.
06H30 - Tir en continu et à cadence maximale des deux coupoles de 150 sur Eben-Emael.
07H40 - Tir sur la halte Hindel... les allemands se replient sur Aubel
09H45 - Un avion allemand est abattu par les mitrailleuses anti-avions; il s'écrase entre Housse et Rabosée.
13H00 à 19H00 - tirs sur la halte de Hindel et la gare de Montzen; sur le bois de Loc (Remersdael)
21H00 - Première et dernière relève des défenseurs du fort.

11 mai
00H30 - l'infanterie Belge se replie sur la rive gauche de la Meuse; le fort est laissé à lui-même et doit jouer le rôle de fort d'Arrêt !
00H37 - Tir des 6 grosses pièces sur fouron-le-comte (répété à 05H25)
06H04 - Tir sur le centre de Julémont et ordre est donné aux observateurs qui s'y trouvent de rejoindre l'armée de campagne.
08H00 - Tir de 60 obus sur Eben-Emael
09H07 - tir sur le "carrefour des collisions" à Mortroux
11H00 - l'observatoire 0337 de Neuve-Maison ne répond plus.
12H10 - Tir sur le carrefour des "Trois cheminées"
13H00 - Un trimoteur est prit comme cible par les mitrailleuses et doit se poser en urgence dans la campagne entre Housse et trembleur; la première victime du fort tombe: le maréchal des logis DEFAUWES, chef du poste d'observation au charbonnage de trembleur est tué d'une balle dans le ventre.
14H30 à la nuit - Tirs sur Aubin-Neufchâteau; sur Roclenge-sur-Geer; sur la ferme CLOSSARD; sur trembleur; sur l'entrée du tunnel du vicinal à Dalhem où plusieurs centaines d'Allemands sont rassemblés; sur le hameau de la Supexhe.

12 mai
00H15 - Tir à boites à balles sur une cinquantaine d'Allemands qui se trouvent près des champs de rail des glacis (Coupole 75 saillant II)
01H10 - Idem sur la route qui longe le fort
03H30 - Tir sur les allemands qui tentent de cisailler les barbelés; tir de soutient de la part du fort de Pontisse.
Jusqu'à 05H35 - Attaque de fantassins allemands et tir de toutes les coupoles; les assaillants se replient mais le poste d'observation BM3 ne répond plus.
Jusqu'à la nuit - Tirs multiples: sur roclenge et Wonck; sur une patrouille allemande qui descend le thier de Troisfontaines; sur des blindés au carrefour des Trois Cheminées; sur des blindés à la sortie de Warsage; sur Zichen-Zussen-Bolder et le carrefour de riemst durant 30 minutes; sur Pontisse; sur 300 allemands à Chertal qui se dispersent dans la panique des tirs.......

13 mai
00h15 - Bombardement très violent du fort
01H20 - Tir sur des éléments ennemis dans les champs entre les saillants I et II
02H15 à 06H30 - Tirs sur Pontisse; le carrefour de Haccourt et au nord du cimetière de Wérihet.
07H00 - Le bombardement du fort redouble de violence.
10H30 - Coupole de 75 saillant II explose suite à une surchauffe du canon qui a tiré à cadence trop élevée depuis le début des hostilités (4 blessés); les tubes des autres coupoles sont rouges et le commandant fait cesser tous les tirs
Jusqu'à 19H00 - Tirs sur Fexhe-Slins; sur une batterie à l'est de la villa AIGRET; sur le village de Battice; sur la citadelle de Liège; .....
19H11 - Effondrement d'une partie des locaux de détente qui sont évacués.

14 mai
De nombreux tirs sur de nombreuses batteries repérées par les patrouilles et premières attaques du fort par des avions armés de torpilles.
Les dégats deviennent important sur et dans le fort et la coupole de 150 gauche est définitivement hors service.
Echec d'une attaque ennemie de 17H00 à 19H00; l'attaque se termine par le repli des assaillant qui laissent sur le terrain de nombreux tués.

15 mai
02H00 - Plusieurs patrouilles ennemies autours du fort; la coupole mitrailleuse / lance grenade ouvre le feu ainsi que les coupoles de 75 aux boites à balles.
11H30 - Rentrée de deux patrouilles du fort; l'une d'elle a été mitraillée par des soldats allemand nichés dans le clocher de l'église de Barchon et dans la ferme Rousseau et un soladat a été tué (Soldat Grevesse)
Le clocher et la ferme sont détruits par l'artillerie du fort.

16 mai
08H00 - Lecture aux hommes rassemblés dans la gallerie centrale d'un message d'encouragement du Roi; le moral de la garnison est toujours intact.
08H30 à 22H00 - Tirs sur une colonne de 200 soldats allemands; sur l'aérodrome d'Ans; sur une batterie près de la maison de l'Embarras à Trembleur; tirs sur Withuis et sur Riemst.
Entre 16 et 21H le fort subit un violent bombardement d'artillerie; la coupole de 150 droite est fortement endomagée.

17 mai
03H30 - Tirs sur Withuis avec les coupoles de 150
05H00 à 10H30 - Bombardement du fort par l'artillerie
11H25 à 15H00 - Bombardement du fort par des avions en piqué; la porte du sas d'entrée du fort est bloquée par la chute d'une lourde bombe
DE 15 à 22HH - Tirs sur la ferme Nanet (Couvelence) où des allemands tirent sur la tour d'air; tirs sur une batterie à Sabaré (Cheratte-Hauteurs) qui tirait sur ontisse; tirs sur le couvent de Blegny où se cachent des observateurs allemands (le couvent est en feu assez rapidement)
Le fort est de plus en plus abimé par les bombardement d'artillerie et de l'aviation: les fossés sont en partie comblés de terre; les fossés diamants qui protègent l'accès aux blocs sont comblés; les murs d'escarpe de la courtine sont complètement démantelés; de nombreuses fissures parcourts les murs et voutes intérieurs; le pont sous la poterne est coincé mais les plus grandes desctructions se trouvent à la contrescarpe.

18 mai
Le fort est bombardé dès l'aube mais c'est surtout les tirs avec des obus à effets de rupture tirés depuis les tranchés et abris extérieurs creusés par l'armée Belge qui firent le plus de dégats aux organes de tirs.
06H30 - La coupole de 105 droite est détruite par un coup au but d'un obus de rupture; on y relève 4 blessés.
09H10 - Tirs sur les fermes Mohring et Nanet pour faire cesser des tirs sur les embrasures de la tour d'air où l'on relève un tué (le brigadier Deprez atteint par une balle anti-chars de 20mm dans les reins et un blessé (Soldat Bourdouxhe).
12H15 - Des parlementaires allemands se présentent au fort pour obtenir sa rédition; le Commandant Pourbaix refuse de rendre le fort tant qu'il dispose de moyens de défense en état.
De 13H15 à 18H00 - Derniers combats du fort de Barchon:
Bombardement intensif par l'aviation ennemie suivie d'une attaque violente aux obus de ruptures sur les coupoles et aux lances-flammes sur les coffres de défense des fossés; 1500 hommes participent à l'assaut final du fort.
Vers 18H00 les allemands sont sur le massif central et la croix gammée est plantée sur le fort.
La garnison détruit alors tout ce qui peut l'être dans le fort puis sort en bon ordre par la tour d'air; 50.000 cartouches et 11.000 obus ont été tirés par le fort durant les 9 jours de siège; 4 soldats belge ont été tués et 22 ont été blessés.
5 ans de captivité attendent maintenant les défenseurs de Barchon.

Le 20 novembre 1946, le Général-major Boulouffe, Président de la Commission des
forts propose que le fort de Barchon soit cité à l'ordre du jour pour le motif suivant:

"Sous la conduite énergique et décidée de son commandant, le fort de Barchon
a opposé à l'ennemi une résistance héroïque de tous les instants.

Malgré un bombardement d'artillerie de plusieurs jours et neuf bombardements
d'avions en piqué, son personnel d'une combativité admirable a repoussé plusieurs attaques ennemies.
Il a succombé le 18 mai après un assaut furieux de l'ennemi qui était parvenu
à annihiler complètement les moyens d'action du fort et de son personnel"









Association de sauvegarde du fort:

Informations et renseignements pour les visites:

Roger WEECKMANS - Rue fossé Piron, 47; B-4672 Saint Remy (Blégny) - Tél.: +32-(0)41-3875837
Raymond PIERRE - Rue de Barchon, 60, B-B-4671 Housse - Tél.: +32-(0)41-3875971

Un site Internet, développé par Jean Puelinckx présente Barchon en détail: Fort de Barchon.

Visites:

Tous les deuxième dimanche des mois d'avril à novembre à 14 heures précises.

Bibliographie:

"Fort de Barchon: Cent ans d'histoire - 1888 / 1940 - à travers les deux guerres" ; rédigé par les membres de la Commission Historique du fort de Barchon et édité par l'ASBL "Solidarité et Services Rémunérés - Blegny.
(En vente lors des visites du fort).

 

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