REFLEXION SUR LE YOGA

par   Micha Escarmelle

 

 

Chapitre 1  - Comment structurez-vous vos leçons de yoga.

Chapitre 2 – Donnez un exemple de séance en justifiant son enchaînement.

Chapitre 3 – Choisissez une posture et décrivez-en les principaux aspects,
                                si possible une posture qui a été choisie dans la question 2.

            Chapitre 4 – Quels conseils généraux demanderiez-vous à de nouveaux élèves ? 

Chapitre 5 – Comment amenez-vous vos élèves à trouver le plein usage de
                                 leur respiration ?

Chapitre 6 – 
                            a) Que représente pour vous la notion de Prãna dans l'être humain?
                            b) Comment y sensibilisez-vous vos élèves? 

 
            Chapitre 7 – Votre but en enseignant le yoga?

Chapitre 8 – Commentez les yogas de réalisation (Karma, Jnana, Bhakti)                                             par rapport aux différents aspects de la personnalité (activité,                                             affectivité, intelligence, etc...).

 Chapitre 9 – Décrivez et commentez les huit membres  du Yoga d'après Patañjali.

 Chapitre 10 – Bouddhisme, Vedanta, Upanishad un peu d'histoire.

             Chapitre 11 – Le Yoga dans votre vie : vos débuts, votre démarche actuelle,
                                  vos perspectives.
                                 Comment se lancer en temps qu'enseigant ?


             Chapitre 12 – Choisissez un thème qui vous tient à cœur et développez-le.

              

 

Chapitre 1

STRUCTURE D’UNE SEANCE DE YOGA

 

Tout enseignant de Yoga organise et applique intuitivement sa propre pédagogie en fonction de sa pratique antérieure, mais il est souhaitable de suivre certaines bases générales.

Pierre Losa a écrit une brochure « Pédagogie de la séance de yoga – bases générales » consacrée à ce travail qui passe en revue le jeu des guna, les étapes de la vie, les quatre parties de la séance de yoga, les huit degrés du Yoga de Patañjali, les composantes: corps - respir - mental ainsi que l'importance de la séquence en relation avec les niveaux d'élèves.

 

       C’est donc en m’inspirant de ces bases, ainsi que de la pratique de nombreuses années de yoga chez différents enseignants, que vont être construites mes séances de yoga.

Il est rare qu’un professeur commence sa séance de yoga par donner une intention ou des éléments de réflexion qui permettront à l’élève d’avoir un fil conducteur qui lui permettra de ressentir au mieux sa pratique des asana.  Sans pour autant en parler aux élèves, il est bon de construire sa séance sur un thème et se centrer par des intentions pédagogiques. Je considère qu’une séance de yoga doit se passer dans une « ambiance ». Quand je parle d’ambiance, je ne parle pas de la baguette d’encens ou de l’huile essentielle que l’on répand dans l’atmosphère de la salle, pas plus que des éclairages subtils, mais de l’esprit de détente qui devrait régner tout au long de la séance. Détente, n’est pas synonyme de relâchement, mais bien au contraire, une pratique attentive devant amener la prise de la posture juste sans tension musculaire.

Il n’existe pas une, mais une infinité de possibilités pour réaliser une même technique de yoga. Ces techniques doivent s’adapter en fonction de nombreux paramètres propres aux participants de la séance (âge, sexe, morphologie…).

       L’humain est un élément du cosmos, en temps que tel, il est émetteur et récepteur d’une multitude de fréquences. Ces fréquences ou ondes vibratoires sont perçues par nos organes sensoriels. Les plus connus, sont les sons perçus par l’appareil auditif et émis par la voix et la lumière perçue par la vue et chose moins connue, mais existante, la lumière émise par notre corps tout entier.

Notre cerveau est lui aussi réceptif à des éléments, moins tangibles, mais néanmoins réels de la part des ambiances et qui agissent sur notre mental. Ces techniques d’ambiance doivent faire partie intégrante de la séance de yoga. C’est cet état que suggère Patañjali dans ses sutras :

Y.S.I/2 : YOGA CHITTA VRITTI NIRODHA, qui peut se traduire par « le yoga est l’arrêt de l’agitation mentale ».

       La leçon de yoga qui généralement dure entre une heure et une heure trente, est différente suivant qu’elle se pratique dans la matinée, l’après midi ou en soirée. Il est essentiel que toutes séances commencent par une prise de conscience de toutes nos facultés qu’elles soient physiques, mentales et spirituelles.

 On commence la séance par une RELAXATION

            - En général, le matin, nous arrivons à la leçon pas encore très échauffé sur le plan musculaire, mais en éveil. Tenant compte de ces paramètres, je commencerais en position debout par une mise en place du corps dans la posture Tadãsana  (tada = palmier).

- L’après midi, la fatigue et le stress de la matinée ayant entamé une partie de notre réserve énergétique, la position assise. La posture doit être confortable et une colonne vertébrale redressée et bien posée sur un bassin en parfait équilibre. Si l’utilisation de coussins s’avère nécessaire pour ces conditions il est indispensable de les utiliser. La pratique est identique à la précédente.

- Le soir en fin de journée, la position couchée est tout indiquée. L’attention de l’élève devra être plus soutenue pour éviter l’endormissement et ainsi de rester dans un état de concentration mentale (Dhãrana). Cette phase est la plus importante, car elle déterminera la sérénité du reste de la séance. Cette première partie appelée RELAXATION qui dure environ 10 minutes  nous a amené à plus de détente, soit un état Tamas préparatoire à l’action.

 

       La seconde partie est une ACTIVATION qui va nous amener progressivement à un état beaucoup plus Rajas. Le temps est estimé entre 15 à 20 minutes pour des élèves débutants.

 Ayant pris conscience de nos muscles, il est bon de les échauffer et d’arriver progressivement au travail musculaire. C’est par une pratique d’asana, de mouvements simples et dynamiques en harmonisation avec la respiration qu’on amène le corps à un état favorable à la prise de maintiens posturaux. Ces mouvements doivent nécessairement mobiliser tous les membres, ainsi que l’ensemble de la colonne. De nombreux cours se limitent souvent à la salutation au soleil, mais de petites séquences comme des postures imitant les étirements de chat, chien, … permettent plus de diversités et d’intérêt auprès des participants.

 
       La troisième partie appelée EQUILIBRATION, est la pratique des séquences posturales de la séance de yoga. Etant amené à pratiquer le yoga dans des zones rurales, il est difficile de réunir des personnes de niveaux identiques et de ce fait il faut établir un yoga accessible tant aux débutants qu’aux niveaux avancés. C’est dans le détail qu’on peut différencier les niveaux d’élèves.

Par exemple, la prise de posture les yeux fermés pour les élèves moyens et le maintient postural avec respiration dirigée pour les niveaux avancés, alors que les niveaux débutants appliquent les mêmes postures en dynamique en conscience du mouvement.

Le nombre de séquences de la séance de yoga va dépendre de l’adaptabilité des élèves aux  postures et du nombre d’enchainements que la posture demande et aussi de l’âge des participants, car au plus l’âge est avancé, au plus longues seront les plages de détente.

Au cours de ces asana, il est important de tenir compte de temps relatifs d’inspiration-expiration (Prãnãyãma) pour favoriser le maintien postural ou régler les phases dynamiques suivant les niveaux. Cette modulation respiratoire va aider à la maîtrise, intériorisation et même retrait des sens Pratyãhãra et d’obtenir ainsi l’équilibre corps-respir-mental d’une bonne pratique du yoga. C’est lors des détentes, debout, assises ou couchées que j’introduis la pratique accentuée de Prãnãyãma (respiration alternée, diaphragmatique, conscience du trajet de l’air et des amplitudes de respiration …)

L’ensemble de cette troisième partie est le corps de la séance et se pratique en 30 minutes.

 
       La quatrième partie, HARMONISATION,  est souvent une relaxation ou avec un public plus averti une méditation.

 L’équilibration a tonifié l’élève et augmenté le rythme cardiaque, il est nécessaire de ramener l’organisme vers un calme physique. La perception du rythme cardiaque et une respiration avec allongement progressif des expirs permet d’amener progressivement le corps dans un état sattva.

 La relaxation qui clôture la séance ne devrait pas excéder le quart d’heure pour rester bénéfique. Elle a pour but de ramener l’élève à un état corps-respir-mental  Sattva, mais pas à l’endormissement. Les élèves ne dormant pas sur place, il est bon vers la fin de réactiver les membres et ressortir de la torpeur qui aurait pu s’installer lors de l’inaction corporelle finale.

 
 Chapitre 2

LA SEANCE DE YOGA

Cette séance a été présentée au Centre de Formation pour l'Enseignement du Yoga le 2/12/2007

Temps maximum 1 heure                                         

Niveau de l’Elève: Débutant et moyen.

 


Thème: CENTRAGE PAR LE BASSIN

 

Intentions pédagogiques:
   Physique (C): Prise de conscience de la position du bassin
   Respiratoire (R) : Allonger l’expir permet de maîtriser la posture

   Mental (M) : La position du bassin centre le mental.

 

 


A) RELAXATION  debout

 

Tãdãsana (Tãda = montagne)

 

 

 

 Cette posture est pratiquée les paupières closes, prise de conscience de son corps et de son environnement. L’écoute des battements de son cœur va favoriser lentement une maîtrise du mental. Passage en revue de toutes les parties du corps.

Menton légèrement rentré vers la poitrine, les épaules basses.

Les bras sont détendus et les mains légèrement tournées vers l’avant. Rétroversion du bassin, ce qui modifie l’alignement de la colonne vertébrale. Diminuer les creux lombaires et cervicaux par un étirement de la colonne.

Les genoux doivent être relâchés.

Les pieds sont parallèles, écartés de la largeur du bassin. Ils sont bien à plat sur le sol et les orteils participent à la prise d’un bon équilibre.

 On prend conscience des différents muscles et équilibrer muscles agonistes et antagonistes.

Nous entrons dans une phase d’équilibre et de calme, c’est le moment d’abandonner lentement la relation corps-mental au profit des ambiances, de s’observer dans la posture de prendre conscience d’un bien être certain.

Dans le silence, on reste en relation avec soi-même et les fréquences de son environnement tout en profitant d’une paix intérieure.

 


 

B) ACTIVATION RESPIRATOIRE

On passe d’une respiration automatique à une respiration plus ample et contrôlée en allongeant les temps d’inspiration.

Nous nous observons dans la posture  prenons conscience de notre corps dans son environnement.

 
C) ECHAUFFEMENTS-ASSOUPLISSEMENTS


 Mouvements d’étirement inspirés de PURVÃSANA

             

Mouvements d’assouplissement inspirés de PASCHIMÃSANA

           


 D) SEQUENCES POSTURALES :  Le Combiné de Micha ®


Variante de UTTHITA  TRIKONÃSANA

 

BHUJA  UTTANÃSANA

Répéter ces 2 techniques 3 fois

 

ARDHA  UTKATÃSANA

   

   

 

Suivant le temps qui reste imparti pour la séance, on pratique soit E, F ou les deux.


E) RESPIRATION PRÂNÂYÂMA

 

  Vérification d’une assise confortable avec dos bien droit et la cage thoracique en ouverture. La respiration se fait suivant le mode 3,2,5,2. Prendre conscience de l’espace narinaire en affinant la respiration. Lors de la phase de l’inspiration accentuer l’attention sur le mouvement descendant du diaphragme.

(Pour plus de détails voir chapitres 5 et 6)

 
F) INTERIORISATION (concentration - méditation...)


 

Prise de conscience du corps avec passage en revue de toutes les parties du corps et de l’abandon de cette partie sur le sol. Cette prise de conscience se fait en amenant la respiration dans la partie énumérée. Faire prendre conscience du ressenti de la séance de ce qu’elle a apporté à notre corps, notre respiration et notre mental. Reprise progressive de conscience des membres et de tout le corps.

 

   

 


Chapitre 3

 

Choisissez une posture et décrivez-en les principaux aspects, si possible une posture qui a été choisie dans la question 2.

 Cette posture est une variante de UTTHITA   TRIKONÂSANA.

 

 

  1. En détente.

Écartez les jambes plus larges que le bassin et les pieds sont parallèles. Pratiquez une légère bascule de bassin et détendez les genoux. Les bras légèrement en ouverture et les paumes des mains vers l’avant permettent de mettre en place les épaules. Les épaules restent basses, pour ce faire rapprochez les omoplates. Le menton est légèrement rentré vers la poitrine permet un léger étirement des cervicales.

Allongez l’inspiration pour amener l’air dans le bas des poumons et ressentir ainsi le travail du diaphragme.  A l’inspiration laisser le ventre se gonfler naturellement. A l’expiration veillez à ramener la bascule du bassin. Lors de l’expiration le dos a tendance à se voûter, maintenir les omoplates serrées. Trouvez votre rythme de respiration en essayant d’avoir le temps d’inspiration sensiblement deux fois plus long que l’expiration.

Ces mouvements activent la circulation du sang et favorisent un état légèrement rajas favorable à l’action musculaire à entreprendre.

  1. Torsion du tronc et du pied gauche vers la gauche. Maintenir l’ouverture du thorax en prenant une profonde inspiration.
  2. Sur une première expiration, amenez le menton vers la poitrine et laissez le dos s’arrondir, les mains glissent sur la cuisse gauche jusqu’aux genoux. Sur l’inspiration arrondir le dos. Ecartez les coudes pour laisser venir la poitrine vers la cuisse gauche.
  3. Sur la seconde expiration descendre les mains le long de la jambe si possible jusqu’à la cheville. Le dos est bien étiré. Pratiquer une respiration dans cette position.
  4. Nous allons vers la phase statique de la posture. Saisir la cheville gauche avec la main gauche. Le regard s’accroche à la main droite et sur une inspiration lente le bras droit tendu monte lentement vers la verticale. Cette phase requiert une concentration sur son équilibre. Plus le mouvement d’ouverture est lent, meilleur sera la prise de la posture. Le bras droit étant à la verticale, on pratique 3 respirations, le regard reste toujours fixé sur la main droite. A l’inspiration on ouvre la cage thoracique en resserrant les omoplates et à l’expiration on tire le bras vers le haut. On effectue encore une inspiration avant de quitter la position.
  5. Sur  une longue expiration et le regard toujours fixé sur la main droite, on ramène lentement le bras vers la jambe gauche. Dans cette position, l’inspiration se place dans le bas du dos.
  6. Lors de l’expiration lente, dérouler la colonne vertèbre par vertèbre en glissant les mains le long de la jambe jusqu’au genou. Le menton reste près de la poitrine. Les mains en appui sur le genou, laissez venir l’inspiration en arrondissant le dos.
  7. Continuez à dérouler la colonne sur l’expiration. La tête se redresse et les omoplates sont resserrées sur l’inspiration. Ramenez le corps et le pied gauche dans l’axe du corps.
  8. Pratiquez une légère bascule de bassin, fermez les paupières et ressentez les effets de cette posture sur votre corps.

On pratique ensuite du côté droit.

 Cette posture est intéressante car elle permet de solliciter la majeure partie des muscles du corps dans divers plans. Une technique de kinésiologie « touch for health » se sert des réactions de certains muscles pour percevoir l’action des méridiens. Dans la dernière partie de cet exposé, je prends cette technique en référence pour faire le lien entre l’action de certains muscles sollicités dans cette posture et les méridiens énergétiques.

Le rapprochement des omoplates, l’abaissement des épaules et légère abduction des bras favorisent le travail des pectoraux, sus et sous épineux et petit rond. Le menton légèrement rentré et l’extension des cervicales favorisent en plus le travail des sous claviers et de l’angulaire.

La longue inspiration pendant la phase 3 favorise le travail du grand dorsal et grand dentelé, rhomboïdes ainsi que les intercostaux externes, alors que l’expiration plus rapide et donc plus intense favorise les intercostaux internes. L’appui des mains sur le genou favorisent le travail du trapèze et des deltoïdes.

Dans la phase 4, le passage vers la pince dans la torsion va obliger un travail important du grand dorsal des petits dentelés et de toute la masse sacro-lombaire de manière dissocié. Puis les muscles du périnée vont permettre la fermeture du bassin, l’ouverture des jambes permet l’abduction des muscles du bassin et en finale, le psoas prend sa part active à la prise d’une bonne pince.

L’ouverture de la poitrine en torsion dans la phase 5 va créer une dissociation du travail musculaire gauche-droite très importante. Il y a tellement de muscles sollicités, qu’il serait fastidieux et lassant de tous les nommer. De plus le travail quasi statique de cette position permet le travail de nombreux muscles et surtout de ligaments qui ne travaillent que rarement de manière volontaire aussi longuement. C’est pourquoi, tant l’aller que le retour de cette posture doit se réaliser très lentement.

Cette posture permet également par l’intermédiaire du mental une maîtrise de l’équilibre. En effet le corps dans la phase 5 se retrouve dans un seul plan en dissymétrie sur ses appuis d’où un travail supplémentaire de nombreux muscles des cuisses, jambes, chevilles, talons et des pieds.

Au plan respiratoire, pas un millimètre carré de tissus pulmonaire ne sera épargné de ventilation. Dès la phase de détente, chaque rectification de la position du corps va vers une ouverture de cage thoracique et une prise de conscience du travail du diaphragme.

Dans la phase 1 la torsion favorise l’ouverture du poumon opposé au sens de la torsion ; ce travail est encore favorisé par le resserrement des omoplates.

L’arrondi du dos avec pression des mains sur le genou de la phase 3 amène l’air dans le haut du dos et la descente dans la phase 4 va obliger l’air à balayer toute la face postérieure des poumons. La compression de l’abdomen sur la jambe favorise la respiration dorsale avec compression sur le diaphragme.

Dans la phase 5, c’est toute la partie latérale du corps en extension qui est favorisée. Il est souhaitable dans cette posture de mentaliser le trajet de l’air lors des respirations.

Cette respiration aussi complète va aussi créer un massage important des organes situés de part et d’autre du diaphragme tels notamment le cœur et le foie qui n’hésiteront pas à profiter du bienfait de cette aubaine. De ce fait, la circulation sanguine va être améliorée et la ventilation des poumons va favoriser un échange permettant une détoxication améliorée de l’organisme.

Sur le plan de l’appareil digestif, cette posture n’est peut être pas à recommander après un plantureux repas, mais est un excellent exercice palliatif aux digestions difficiles. En effet, le triangle latéral favorise l’ouverture du cardia, la torsion pratique l’ouverture du pylore et donc du transit vers l’intestin grêle. L’extension latérale et la torsion de la tête favorisent la progression dans l’intestin grêle et le fait de la torsion avec compression de l’abdomen va permettre une bonne progression dans le côlon.

 Sur le plan de l’énergie,

 Pour les muscles sollicités par la posture à gauche :

 -         Au passage de la position 1 à la position 2, lors de la rotation du tronc à gauche, le quadriceps est sollicité, c’est le muscle révélateur du méridien de l’intestin grêle. Ce méridien que nous pouvons solliciter mentalement part de l’ongle de l’auriculaire gauche, longe le tranchant de la main vers le coude, remonte le triceps jusqu’à la tête de l’humérus, fait un crochet vers l’omoplate, remonte le long du trapèze jusqu’à l’insertion mastoïdienne, fait un petit crochet sur la partie supérieure des maxillaire pour terminer au centre de l’oreille gauche.

-         Lors de la rotation du pied à gauche, ce sont les muscles péronier qui sont sollicités. C’est le muscle révélateur du méridien vessie. Le méridien vessie démarre dans le coin interne de l’œil droit et remonte vers le sommet de la tête et descend le long de la colonne vertébrale jusqu’à la partie supérieur du fessier, il contourne le fessier et redescend à l’arrière de la jambe droite passe sous la malléole pour terminer côté externe du petit orteil. Le second circuit contourne l’omoplate  par la droite et vient rejoindre l’autre circuit sous la cuisse.

 Pour les muscles sollicités par la posture à droite :

 -         L’appui sur le genou, dos arrondi mais en extension, favorise le travail du muscle deltoïde antérieur. Ce muscle est révélateur du méridien vésicule biliaire. Il part de l’extrémité externe du sourcil droit contourne l’arrière de l’oreille remonte vers le front à la verticale du point de départ puis revient par un cercle vers la nuque pour arriver sous  la mastoïde. Son trajet se poursuit par le contournement de l’épaule, sous l’aisselle il descend vers le milieu de la dernière côte puis vers la hanche glisse sur la cuisse pour descendre sur le côté externe de la jambe pour terminer au bord externe du quatrième orteil.

-         L’extension du dos dans la phase 3 favorise le travail sur le méridien du gouverneur qui part du coccyx et remonte le long de la colonne jusqu’au haut de la tête et revient jusqu’à la lèvre supérieure.

-         Au final de la flexion du bassin sur la cuisse, au moment du travail maximum du psoas, c’est au méridien du rein que nous faisons appel. Ce méridien part du milieu de la voûte plantaire, passe par la cambrure et va contourner la malléole par le haut pour remonter sur la face interne de la jambe, le nombril et s’arrête à 3 largeurs de main au dessus de celui-ci.

-         Lors de la pince de la phase 4 on profitera du rapprochement d’ajña et de muladhara pour remonter le circuit d’énergie du méridien conception.

-         Lors du travail à droite dans la phase 5, le grand pectoral claviculaire étant particulièrement sollicité, a une action favorable sur le méridien de l’estomac. Nous pourrons visualiser ce méridien dont le trajet va de l’œil droit, contourne la joue pour remonter au sourcil puis descend à la commissure de la lèvre et enfin descend vers l’aine droite puis vers le côté externe du second orteil du pied droit.

-         Toujours dans la phase statique, lors de l’inspiration par l’adduction du bras, c’est le grand pectoral sternal qui prend en charge l’ouverture thoracique. Ce muscle est le révélateur du méridien du foie. Ce méridien part de l’articulation du gros orteil et se dirige vers la malléole, suit le bord interne du tibia, puis l’intérieur de la cuisse, part en oblique vers le côté à la dernière côte, puis termine sa course sous l’aréole droite.

-         Lors de l’expiration, l’étirement du bras à la verticale sollicite le dentelé antérieur réactif du méridien poumon. Il prend naissance à la tête de l’humérus remonte légèrement vers l’épaule puis redescend la face interne du bras et du pouce où il termine à l’ongle.

-         L’abduction et la rotation latérale du fémur provoque une tension du fascia lata. Ce muscle est réactionnaire du méridien du gros intestin. Son trajet part de l’ongle de l’index gauche, remonte jusqu’au haut de l’épaule, remonte le cou jusqu’à la mastoïde, contourne la pommette et termine à l’aile du nez.

-         Etant dans la phase statique, les muscles fessiers sont également sollicités. Le moyen fessier est le muscle révélateur du méridien maître cœur. Son trajet démarre à l’aréole droite, fait le tour de l’aisselle descend l’intérieur du bras et termine à l’extrémité du médius.

-         Au retour de la posture, toujours à droite, à la phase 6, au moment où le grand dorsal est à nouveau sollicité pour revenir de la pince, s’active le méridien rate-pancréas. On part du côté interne du gros orteil gauche, on longe le bord interne jusqu’au milieu du pied, direction malléole, longer le tibia vers l’aine remonter vers l’aréole gauche puis vers l’aisselle et redescendre sous l’aisselle à hauteur de l’aréole.

 

Position axiale du corps :

 

-         Après le retour de face en phase 9, lors du rapprochement des omoplates, les muscles subscapulaires sont les déterminants du méridien du cœur. Ce méridien part du creux de l’aisselle et descend tout le long du sillon du biceps droit et du bras pour terminer côté interne de l’auriculaire.

-         Pendant le ressenti, les bras sont en légère ouverture les paumes dirigées vers l’avant. Cela sollicite le muscle petit rond siège du méridien triple réchauffeur. C’est un méridien côté gauche. Il a sa source à l’ongle de l’annulaire remonte entre radius et cubitus, longe le trapèze, contourne par l’arrière le lobe de l’oreille, glisse le long de la tempe jusqu’au sourcil.

 

Chapitre 4

 

Quels conseils généraux donneriez-vous à vos nouveaux élèves ?

Ce que je vous propose :

 Un enseignement traditionnel du yoga, à goûter d’une pratique millénaire et à se faire une idée de la philosophie qui la sous tend.

 Le but premier du yoga est d’apporter à celui qui s’y adonne une excellente santé en augmentant son potentiel vital et en ralentissant le processus dit "normal" du vieillissement  du corps.

 Prendre le temps de s’accorder un moment de détente, de s’occuper de son corps, de sa respiration et de son mental.

 Au milieu d’autres pratiquants, apprendre à se déconnecter de la routine journalière afin de prendre confiance en soi.

 Apprendre à travers des exercices simples à gérer et maîtriser son stress et ses émotions.

 Le yoga n’est pas un sport de compétition, mais au contraire une activité où chacun peut s’accorder à révéler les possibilités de son corps.

 Le cours de yoga est un lieu privilégié du respect de l’autre et de soi-même.

 Le yoga c’est prendre soin de soi, tant du point de vue  physique que mental.

 Le yoga est l’apprentissage permanent d’un mieux vivre au quotidien. C’est aussi apprendre à connaître ses limites et les accepter.

 C’est en analysant l’apport d’une pratique régulière du yoga que nous pourrons nous rendre compte de notre mieux être.

 


Chapitre 5

 

Comment amenez-vous les élèves à trouver le plein usage de leur respiration ?

 

Une bonne respiration peut se pratiquer aussi bien debout, assis que couché.

Pour des élèves débutants, c’est la position couchée qui est la mieux adaptée.

 

Une main placée sur le ventre, l’autre sur la poitrine. Cela va permettre de ressentir le parcours de l’air dans les poumons.

Bien prendre le temps de s’établir confortablement dans la position. Si le creux lombaire est trop important, placer une épaisseur sous les genoux. Egalement, si le creux cervical resserre trop la gorge, placer une légère épaisseur sous les épaules.

 

Le corps est maintenant immobile. Allonger la respiration et l’expiration comme un profond soupir, puis laisser revenir le rythme naturel.

Relâcher le plus de muscles possible afin que le corps soit complètement détendu. On laisse la respiration se faire normalement, on est spectateur de sa respiration naturelle. Les mains aident à la perception de cette respiration et ne doivent en aucun cas engendrer une respiration volontaire, juste deux témoins de vos inspirations et expirations. Ne pas rentrer le ventre à l’expiration, on devient le spectateur de son souffle.

Le corps et le mental étant calmés, nous allons prendre conscience du diaphragme, ce large tissu musculaire entre viscères, poumons et cœur.

Sans contracter le ventre, ni le pousser vers l’avant nous allons allonger l’inspiration et constater par les mains le mouvement respiratoire du corps. Au moment où nous ressentons le ventre se gonfler naturellement sous l’effet de l’inspiration, nous percevons également le déplacement vers le bas du diaphragme. A l’inverse, lors de l’expiration lorsque les mains redescendent, le diaphragme remonte et une légère contraction du bas ventre se produit.

Allongeons et ralentissons encore la respiration, toujours sans forcer les mouvements du ventre ou de la poitrine. Nous constatons que cela produit un plus grand calme dans tous le corps et que les pulsations cardiaques sont également diminuées.

Nous allons prendre conscience du trajet que fait l’air pour parvenir à nos poumons. Nous plaçons notre attention sur l’entrée de nos narines et percevons l’air pénétrer les narines, puis l’espace narinaire s’étendant vers le front au niveau des sinus, puis passer dans l’arrière gorge avant de se répandre dans le haut des poumons, on ressent le flux s’élargir afin d’occuper toute la cage thoracique pour finir par un balayage du bas des poumons. L’inspiration amène une fraîcheur sur son trajet, à l’expiration nous ressentons cet air réchauffé par l’échange alvéolaire.

Lors de la prochaine inspiration nous allons laisser, durant deux à trois secondes notre espace narinaire ouvert, mais nous gardons volontairement la cage thoracique et le ventre dans leur position haute. Nous pratiquons ainsi une suspension de souffle à l’inspiration. De même, nous pouvons pratiquer également cette suspension à l’expiration.

 En général, nous pratiquons deux types de respiration :

-         la respiration abdominale

-         la respiration claviculaire

Il en existe une troisième qui est la respiration costale.

 Nous allons les dissocier afin de nous rendre compte de l’importance de chacune.

Prenons conscience de nos mains toujours en appui une sur la poitrine, l’autre sur le ventre.

A l’inspiration, nous amenons l’air uniquement dans le haut de la poitrine, au niveau des clavicules, en veillant à ce que le ventre ne bouge absolument pas. Nous constatons que le volume de ce type de respiration est relativement faible.

Maintenant, essayons lors de l’inspiration d’amener l’air dans le bas du ventre sans détecter de mouvement de la poitrine, cela amène l’air dans le ventre qui se dilate. Cette respiration est la respiration diaphragmatique ou abdominale.

Essayons lors de l’inspiration de maintenir « gentiment » la sangle abdominale et laissons les épaules basses bien posées sur le sol, le seul mouvement possible pour admettre l’air dans les poumons sera l’ouverture des côtes. Nous sommes bien à ce moment dans la respiration costale.

 
Laissons venir l’air en même temps au niveau claviculaire et dans le ventre en favorisant l’ouverture latérale des côtes. Nos mains montent et descendent en harmonie parfaite. Nous sommes dans une respiration complète, celle que pratique spontanément bébé et ce jusqu’à l’adolescence.

 Suivant le caractère physique de chacun, il y a des tendances respiratoires plus marquées pour l’un ou l’autre type. Chez la femme, la respiration est plutôt à tendance claviculaire et chez l’homme, plutôt abdominale. Mais l’un comme l’autre peuvent être influencé par la morphologie de l’individu. La personne dilatée aura une forte tendance à la respiration abdominale, la rétractée à la claviculaire. Le physique idéal étant la personne musculaire qui  utilise principalement la respiration costale.

 La position du corps influence fortement la respiration. Nous allons ramener les pieds près des fessiers et relâcher les bras de part et d’autre du corps :

Respirons lentement dans cette position. Nous constatons nettement que c’est la respiration abdominale qui va s’établir spontanément.

Allongeons les jambes et amenons les bras de part et d’autre de la tête :

La respiration devient spontanément claviculaire.

 
Lorsque l’élève a acquis une bonne assise, on pourra pratiquer de la même façon toutes ces techniques.

Quelle est l’assise pour pratiquer la respiration dans de bonnes conditions ?

Que ce soit en lotus  ou demi-lotus, siddhãsana (les orteils posés sur les cuisses opposées), padmãsana (le talon du pied qui est dessous vient presser le périnée), vajrãsana appelé aussi posture du diamant (assis sur les talons), l’essentiel est d’avoir une assise confortable, aidé de coussins si nécessaire. Les genoux sont au sol pour augmenter la stabilité de la posture. La colonne garde sa cambrure naturelle mais est en élongation. Le menton est légèrement tiré vers la poitrine tout en maintenant la tête droite. Les omoplates sont serrées sans excès maintiennent les épaules basses légèrement tirées vers l’arrière et présentent ainsi une ouverture optimale de la poitrine. Le ventre est relâché, mais le bassin est en légère rétroversion.

Dans cette posture assise, on détend les muscles du visage, puis bassin, jambes et pieds.

Les mains sont posées détendues sur les cuisses, paumes en légère ouverture vers le haut.

Si des problèmes empêchent l’assise au sol suivant une des positions précédentes, on peut pratiquer dandãsana. C’est une position assise, jambes allongées devant soi, les mains  sont à plat sur le sol   et les épaules restent basses.

 

Laisser venir une respiration naturelle en allongeant progressivement l’expiration.

 En position debout (tadãsana), les pieds sont parallèles, écartés de la largeur du bassin. Les genoux sont souples et ne sont pas verrouillés. On pratique une légère bascule de bassin et on aligne la colonne vertébrale en maintenant une légère lordose lombaire. Le menton légèrement rentré vers la poitrine tout en maintenant la tête droite, étirée vers le haut, mais en maintenant une légère lordose cervicale. La poitrine est en ouverture mais les épaules restent basses. Les mains légèrement ouvertes et les paumes dirigées vers l’avant. On détend le visage et si possible les yeux sont clos pour une meilleure intériorisation. On allonge progressivement la respiration avant de passer aux différents exercices.

  

 


Chapitre 6

 

 Que représente pour vous la notion de Prãna dans l'être humain?

 En orient, le Prãna est l’énergie vitale universelle qui imprègne tout. En général, on l’assimile particulièrement par l'air que l'on respire. On peut traduire le terme sanscrit Prãna par souffle vital.

 Quand on parle de Prãna en tant qu’énergie vitale, on sous-entend une énergie intangible et dès lors difficile à définir, localiser et capter. Cette énergie ne peut se contrôler par des appareils de mesure physique, mais sa présence est confirmée par des effets indirects sur tout individu. Alors comment en parler, comment la capter ? Ce fut le souci de tous les peuples depuis la nuit des temps.

 Physiquement parlant, nous vivons dans un environnement d’ondes en tous genres dont la plupart nous sont  connues. Mais nous ne connaissons pas les effets physiologiques et psychiques de toutes ces ondes cosmiques. Nos connaissances actuelles de l’influence de ces rayonnements se révèlent surtout dans les domaines médicaux et thérapeutiques externes, mais la connaissance de leurs influences sur le physique et surtout le psychisme n’en sont actuellement qu’à des balbutiements. Il est certain, qu’une exposition solaire prolongée de notre peau sans protection peut créer des brûlures, particulièrement par les rayons ultraviolets composant une partie du spectre. Autre exemple, c’est récemment, que la relation entre  l’intensité et la qualité du spectre lumineux hivernal sur le stress et la dépression nerveuse a été mise en évidence. La luminothérapie (1) et son action thérapeutique psychique est encore au stade de l’expérimentation.

 L’homme dans sa structure physique a des capteurs qui lui permettent de déceler bon nombre de fréquences : les sons, la lumière, les couleurs, la chaleur et le froid … il est même capable de les doser, d’en limiter les effets ou les amplifier. Mais un grand nombre échappent à son contrôle et agissent en bien ou en mal sur sa structure.

 De tout temps, les religions et les philosophies ont essayé de révéler ces énergies et même certaines ont tenté de se les accaparer en bien propre.

 Ces énergies sont volatiles, à la disposition de tous, sans limites mais aussi sans nom. Ces énergies ne sont ni positives, ni négatives, elles sont. Chacun peut capter ces énergies, encore faut-il pouvoir les capter, les limiter, les rendre conformes à nos besoins et qu’elles restent bénéfiques tant à nous qu’à notre environnement.

 (1) La luminothérapie consiste à des expositions à une source lumineuse artificielle de spectre s’approchant du spectre solaire.

 

Comment y sensibiliser les élèves ?

 En yoga, Prãnãyãma est un des moyens de réaliser une connexion à ces énergies.

Prãna est énergie et ayama est contrôle.

 Le souffle étant notion de vie, il est normal d’avoir lié la notion de cette énergie à notre besoin vital premier qu’est l’air.

Il est certain que sans oxygène, la vie terrestre est quasi impossible. L’oxygène est particulièrement présent dans l’air (21%) et sous la forme la plus facilement utilisable par l’être humain. La raréfaction de l’air provoque sur l’organisme humain une rapide dégénérescence des cellules.

 Il est donc normal d’associer cette énergie vitale qu’est Prãna à l’air qui est pour nous une énergie vitale.

 Nous avons vu au chapitre précédent, les principes de la respiration et comme dans de nombreuses autres parties de notre corps, nous n’utilisions qu’une infime partie de nos ressources.

 Nous allons nous relaxer, prendre la posture qui nous convient pour respirer en toute quiétude.

Reprenons notre respiration, allongeons et ralentissons encore la respiration, toujours sans forcer. Prendre conscience du trajet que fait l’air pour parvenir à nos poumons. Nous plaçons notre attention sur l’entrée de nos narines et percevons l’air pénétrer les narines, puis l’espace narinaire s’étendant vers le front au niveau des sinus, puis passer dans l’arrière gorge avant de se répandre dans le haut des poumons. Ensuite, on ressent le flux s’élargir afin d’occuper toute la cage thoracique. Sur tout le trajet de cette adduction d’air nous percevons déjà une fraîcheur s’installer à l’inspiration. Lors de la prochaine inspiration nous allons laisser, durant deux à trois secondes notre espace narinaire ouvert, mais nous gardons volontairement la cage thoracique et le ventre dans leur position haute. Nous pratiquons ainsi une suspension de souffle à l’inspiration. De même, nous pouvons pratiquer également cette suspension à l’expiration.

 Nous sommes sans le savoir, entrés dans la pratique de Prãnãyãma.

 A présent, lors de l’inspiration suivante, plutôt que garder la position de la cage thoracique en fin d’inspiration, continuons volontairement à l’ouvrir légèrement, nous percevons un flux très léger d’air très frais couler lentement dans tout notre système narinaire et qui provoque une sensation très agréable dans toute la partie frontale.

 C’est par le dosage des inspirations, expirations, et suspensions que nous pouvons réaliser la phase première de captation de cette énergie.

 Le retour à l’ici et maintenant doit se faire en douceur, dans un premier temps sans quitter la posture mais en réactivant la respiration et en diminuant progressivement les phases de suspensions au profit des temps inspiratoires.

 Puis on prendra la position couchée pour une plage d’harmonisation en liaison avec cette pratique.

 

Chapitre 7

 

 Votre but en enseignant le yoga?

 
Le yoga est un but en soi.

Pour répondre à cette question, il y a lieu d’envisager deux buts que nous pourrions résumer par le yoga et moi d’une part, le yoga, les autres et moi d’autre part.

Commençons par mon but personnel.

Comme le yoga m’a apporté énormément dans ma vie (voir à ce sujet le chapitre 11), mon désir le plus cher est de pouvoir à mon tour de faire partager ce plaisir aux autres.

Je vois le yoga comme une source d’équilibre qui permet de lâcher la pression du stress que nous accumulons chaque jour.

Je constate que la pratique journalière du yoga amène une stabilité supplémentaire de l’ensemble du corps, de la souplesse et un recul du seuil de fatigue. Quand je reste quelques jours sans pratiquer (cela m’arrive)  je deviens rapidement plus rigide, tant côté musculaire, que mental.

L’autre regard sur l’enseignement du yoga est ce que les autres peuvent m’apporter.

Cela peut paraître un peu simpliste, mais personnellement, j’aime modérément pratiquer le yoga seul. En conséquence, chaque participant par sa présence, m’apporte une part de lui-même et cette relation est très enrichissante. Personnellement, je pratique deux cours par semaine chez d’autres enseignants. Cela me permet outre de parfaire mes connaissances et d’avoir des mises en application directe des cours, de voir  différentes manières d’enseigner le yoga. Comme j’ai une chance merveilleuse, dans un des cours de troquer ma place d’élève au profit de celle d’enseignant, soit en présence ou en absence du titulaire du cours, j’ai pu me rendre compte que c’était un réel plaisir de pouvoir partager ainsi une séance avec des gens que je connaissais depuis plusieurs années.

Il s’établit rapidement entre l’enseignant et ses élèves un courant de confiance. Ce sont des moments privilégiés qui permettent au-delà de toutes paroles d’entrer dans une forme de relation qu’il est difficile d’avoir même avec de bons amis.

Je constate, que le yoga est une pratique qui rencontre énormément de succès, car il permet à de nombreuses personnes d’entretenir leur corps tout en s’accordant le temps de cette pratique. De plus, le prix souvent modique de la séance et le peu d’investissement matériel, sont des facteurs favorables à l’intérêt croissant des élèves pratiquants de yoga.

J’ai aussi constaté, particulièrement en milieu urbain, que l’âge moyen des élèves pratiquants le yoga se situe autour de la quarantaine ou plus. J’aimerais faire connaître et pratiquer le yoga par des élèves plus jeunes. Quand je vois le peu d’activités existantes pour les jeunes dans le milieu rural, le yoga pourrait représenter un pôle d’intérêt intéressant.

Les écoles dispensent des cours de gymnastique et des cours de religion, pourquoi pas un lien entre ces cours où le yoga aurait une place de choix.

Dès la rentrée scolaire prochaine, je compte prendre mon bâton de pèlerin et aller frapper aux portes de l’enseignement scolaire dans ce sens. Je trouve que si dans les écoles, le yoga pouvait être enseigné et pratiqué, ce serait une belle reconnaissance pour cette magnifique discipline qu’est le yoga.

Ce qui me conforte dans cette démarche est le fait que de nombreux enseignants viennent suivre des cours de yoga. Le yoga n’est plus considéré comme une pratique confessionnelle à connotation religieuse ; étiquette erronée mais tenace que malheureusement le yoga avait dans certains milieux judéo-chrétiens.

Je crois le moment venu de faire connaître le yoga comme un mode vie au quotidien qui s’adresse à tous les âges et non comme une thérapie.

 

Chapitre 8

 Commentez les yoga de réalisation (Karma, Jnana, Bhakti) par rapport aux différents aspects de la personnalité (activité, affectivité, intelligence, etc...)

 

KARMA YOGA ou yoga de l'action en pleine conscience.

 

Le karma yoga acquiert de l'importance par un approfondissement des autres formes de yoga, telles que Jnana ou Bhakti yoga. Il nous permet d'étendre notre pratique du yoga à notre vie quotidienne.

Le karma yoga, ce n'est pas simplement travailler des postures pour tendre vers la perfection physique, mais travailler au mieux de nos capacités et en toute conscience, sans être excessivement attaché aux « fruits » de ce travail. Idéalement, instant après instant, le travail est une fin en soi, le sentiment de notre propre importance s'amenuise et le travail est de plus en plus souvent effectué sans l'obsession du « moi », du « je », de l'« à moi ». On devient un instrument de l'action.
Le karma yoga permet de modifier nos conditionnements cumulés depuis notre enfance : attendre travail, compliments, expression personnelle, sentiment d'accomplissement, rémunération…

Cela ne veut pas dire que nous devons rejeter ces retombées, mais éviter d’en faire un but final. Nous devons prendre plaisir à notre travail, développer nos talents ainsi que tout ce qui fait partie intégrante de la vie de tous les jours.

Si nous voulons approfondir les secrets de notre propre Être et aussi de l'existence, alors, à un certain moment de notre vie, nous devons nous ouvrir à d’autres possibilités et à dépasser l'ego.
C’est ici que le karma yoga intervient, alors que la vie et le travail continuent, les orientations changent. Nos actions, au lieu de renforcer constamment notre sens de l'ego, nous libèrent petit à petit de ses limitations. Une fois que l'ego est revenu à une juste valeur et qu'il a atteint une relative plénitude, le rassasier continuellement nous maintiendrait prisonniers d'un certain niveau de conscience et serait un blocage empêchant la poursuite de l'évolution spirituelle.

Mais comment éliminer ces blocages ?

La pratique du karma yoga permet de se rendre compte des blocages mentaux et émotionnels. Les blocages ont tendance à rester en sommeil et à couver dans les profondeurs de notre mental.
La pratique du karma yoga au sein d’un groupe permet de révéler les limitations de notre personnalité, l'individu peut alors prendre des mesures pour les éliminer.

Lorsque nous travaillons dans l'esprit du karma yoga, nous sommes plus réceptifs ; cela nous donne accès à des aspects cachés du mental. Ce processus est connu dans le yoga sous le nom de chitta shuddhi, l'élimination des blocages mentaux et émotionnels.
Le karma yoga développe la capacité à harmoniser, à motiver et à mobiliser toutes nos compétences et nos actions afin d'atteindre un but défini correspondant à notre personnalité.

En exprimant notre personnalité dans le monde à travers le travail et l'action, tout en étant en contact avec des niveaux plus profonds de notre Être intérieur, nous développons la force de notre volonté.

Les efforts constants pour pratiquer le karma yoga développent également la faculté de concentration. Dans toutes les formes de yoga, la capacité à se concentrer est essentielle. Le développement de la concentration pendant le karma yoga va nous aider à suivre d'autres formes de yoga, en étant conscient de son utilité pratique dans le déroulement de notre vie.

 Le karma yoga est davantage un idéal à atteindre qu'une réalité. Même si nous aspirons à suivre le chemin du karma yoga, notre sens de l'ego, très fortement ancré, et notre identification totale à notre individualité gênent nos efforts. Consciemment ou inconsciemment, nous réclamons toujours la récompense de nos efforts, ou au moins la reconnaissance de notre travail sous forme de respect ou de compliments. C’est normal et fait partie de la nature humaine.
Sans que cela ne puisse devenir une obsession, nous pouvons nous laisser absorber dans le travail comme dans les postures. Lentement nous verrons  induire un changement dans notre attitude envers le travail et notre place dans l'existence. Mais cela ne se produit certainement pas en un jour, mais est un travail de longue haleine.

Pour en revenir à l’ego, est-il possible d’agir sans motivations égoïstes ?

La possibilité d'agir sans motivations égoïstes se fera jour lorsque nous aurons pris conscience d’une Présence qui est en nous et partout autour de nous et qui ne peut être exprimée par la parole. Nous reconnaissons alors que seule cette puissance est suprême, et qu'elle est bien plus grande que les limitations de notre personnalité.
Lorsqu'on ne se considère plus soi-même comme celui qui fait mais seulement comme un instrument de cette Présence, le travail se spiritualise. On devient efficace dans l'action et l'on développe une acceptation de liberté qui se manifeste à tout moment et en toute circonstance. En tant que personnalité individuelle, nous avons une capacité d'action très limitée, même si certains épisodes de la vie quotidienne nous portent à penser le contraire.
Nous sommes partie intégrante d’un « Système Energétique Fréquentiel » qui régit nos actions et nos pensées. Bien que ce Système nous laisse le libre arbitre, nous ne sommes qu’une infime parcelle de cette Intelligence qui régit l’ensemble de l’environnement dans lequel transite notre vie. C’est ce « Système Energétique Fréquentiel » qui régit autant les saisons, l’espace et le temps … que l’incroyable complexité du génome humain.

C’est grâce à ce Système, que nous sommes capables d'agir et de penser ; chaque pensée, chaque action en est imprégnée. Comprendre cela est fondamental pour le karma yoga. Savoir que chaque succès, chaque défaite procède de ce Système procure un sentiment d'humilité, de respect et de gratitude.
Un des préceptes principaux du Taoïsme préconise « d’agir comme si on n'agissait pas ».

C'est-à-dire agir extérieurement, mais rester en contact avec le Tao (la Présence intérieure) qui est au-delà de l'action. Le taoïsme affirme que nous devrions essayer d'agir de moins en moins à partir de l'ego, que nous devrions faire ce que réclament les circonstances : si nous devons nous battre, battons-nous ; si nous devons nous tenir tranquille, restons tranquille. Mais, à chaque instant, nous devrions aspirer à être en contact avec la Présence intérieure.

Chaque action, manger, parler, marcher, travailler, penser … nous offre l'occasion d'entrer en contact avec notre réalité, c'est-à-dire avec la vie tant de l'esprit que des sens. Il est nécessaire d’avoir l'attitude juste, l'aspiration correcte et l'humilité d'accepter le fait qu’en tant qu'individus, nous sommes sévèrement limités dans notre compréhension et notre capacité à agir.

Le karma yoga, c'est pratiquer au mieux de nos capacités, avec conscience, tout en étant dans l'instant présent et sans attachement au résultat de nos actions.

Facile à dire, difficile à faire ?

Nous avons nos imperfections, nos limitations et nos faiblesses, nous pouvons néanmoins  aspirer parvenir à la réalisation des buts du karma yoga et peut être … un jour à Moksha.

 

JÑÂNA YOGA ou la philosophie du yogi.

 
" Jñâna" signifie  Connaissance.

Le Jñâna Yoga est la voie qui conduit à la Connaissance du Soi.

Le Soi est un concept limite qui regroupe en un même ensemble le conscient et l'inconscient : inconscient personnel et inconscient collectif. Il traduit l'expérience de la totalité, la capacité de représentation de la totalité, autant que le processus psychique qui va dans le sens d'une conscience englobant de plus en plus d'éléments inconscients. Le Soi intervient dans le processus d'individuation ; il en est le moteur, l'organisateur et, dans une certaine mesure, le but.

 Lorsque le Soi est connu, tout est connu.

Point de vue du yoga, il est relié à la philosophie du Vedanta, selon laquelle la seule réalité est la très abstraite « Conscience Suprême », inconnaissable, immuable, omniprésente et toute puissante, source de tout.

Tout ce qui existe est un effet de cette Conscience Suprême et n'a donc pas de réalité indépendante. Nous pourrions comparer cet effet à une sensation de chaleur qui est l'effet d'une combustion et n'a donc pas d'existence indépendante ; la chaleur n’existe que par notre ressenti. Cette manifestation qui nous semble exister en Soi est considérée comme une illusion cosmique, " Mâyâ  ".

Presque tout le monde reste pris au piège des apparences et à la surface de ce monde. Quelques-uns cherchent à aller au-delà pour connaître l'essence des choses: ceux-là empruntent la voie du Jñâna Yoga.

Par une sorte d'enquête permanente dont l'outil est l'Intellect, l'adepte du Jñâna Yoga cherche à retrouver la Cause ultime de toute chose.

D'un point de vue génétique, le Soi est à l'origine de la constitution du Moi, première étape du processus d'individuation.

 Qui suis-je ?

Quel est le sens de ma vie ?

Qu’est-ce que la mort ?

 Il s'agit d'une recherche très personnelle, qui ne peut donc pas à proprement parler être enseignée. Cependant, il est difficile de se lancer seul dans cette voie.

Dans le yoga on se réfère aux textes sanscrits comme les Upanishad, mais aussi la Bhagavad Gîta et les Sûtras de Patañjali. La lecture et l’étude de ces textes sont là pour nous aider à élargir notre vision et peut être, bousculer certains concepts reçus de manière formelle au cours de notre éducation.

Ces textes, à l’origine, n’ont jamais fait l’objet d’écrits, ils se transmettaient oralement de générations en  générations. Certains, comme la Bhagavad Gîta, sont des récits d’épopées dont le sens est caché. En plus, de nombreux traducteurs y ont apporté leur touche et leur compréhension personnelle.

Qu’à cela ne tienne, ce que le yogi recherche essentiellement dans tous ces textes c’est une connaissance de soi et de son Moi en harmonie avec une éthique de vie saine et équilibrée.

Du point de vue de ses représentations les images du soi apparaissent dans les rêves et les productions spontanées de l’esprit tels : 

fantasmes, danses, dessins, …

Les mandalas sont aussi des représentations des images du soi, ce sont  des dessins qui se présentent  sous des formes doublement symétriques et centrées : carrés, losanges, cercles …, suivant des schémas cosmiques. Ces formes de représentations se retrouvent dans toutes les cultures jusqu’aux plus anciennes.

Le but recherché en recherchant à approfondir le Soi est de déboucher sur une vision du monde, de la vie et de la mort tout à fait différente, beaucoup plus large et apaisante.

Cette recherche permet aussi de placer les autres pratiques de yoga dans leur juste perspective. D'autre part le raffinement, l'épuration du mental apportés par le Hatha, Râja, Bhakti, Nâda Yoga etc. rendent plus accessible la voie du Jñâna Yoga. On voit ici l'intérêt d'une pratique vraiment globale.

 

BHAKTI YOGA ou le yoga du cœur.

 
Le mot sanskrit bhakti vient de la racine bhaj = adorer, aimer, servir. Bhakti est donc l’état de dévotion et d’amour, et le Bhakti Yoga est la voie du yoga qui éveille Bhakti en nous.

Que l’on soit « croyant » ou non n’a pas d’importance. Le Bhakti Yoga peut devenir un élément fondamental de notre cheminement vers la prise de conscience de la Réalité ; cela requiert d’être attentif à l’inattendu et à l’inconnu. La reconnaissance de l’état Bhakti doit se faire dans un état conscient, ni naïf, ni crédule.

Bhakti est un état de contact avec les sphères les plus profondes de notre existence et de notre être, et de là, avec l’Existence et l’Être de toute chose.

Le Bhakti Yoga est le moyen qui conduit à cet état et qui permet d’appliquer cette vision intérieure à notre vie courante et à nos relations avec autrui, avec les animaux et avec le monde en général.

Dans la pratique de Bhakti Yoga il existe 14 marches :

 

  1. La pratique d’autres formes de yoga

Que ce soit le Karma Yoga (le yoga de l’action), le Jñâna Yoga (le yoga de l’intuition directe), le Dhyâna Yoga (le yoga de la méditation), le Mantra Yoga (le yoga du son), le Kriyâ Yoga (le yoga de la circulation de l’énergie) ou le Hatha Yoga (le yoga de l’équilibre Ha et tha = soleil et terre), ou toute autre forme de yoga. Ils peuvent être pratiqués dans n’importe quel ordre, ils conduisent tous au même point et peuvent tous nous amener au Bhakti Yoga.

 

  1. Un point de concentration

Ce point de concentration a pour but une concentration de l’esprit et d’éviter le piège de la dissipation. Si vous êtes attiré par un symbole particulier, ce dernier peut devenir point de convergence pour vos aspirations et votre méditation. Mais ne cultivez pas artificiellement la dévotion à une divinité ou à une personne, vous ne feriez que vous tromper vous-même. Si vous adhérez à une religion donnée, rien n’empêche d’utiliser les symboles et les représentations de votre religion. La forme n’est pas le but, mais le moyen.

Chaque atome est relié à l’Univers infini. Le Bhakti Yoga utilise ce même principe : il dit que toute forme (point de concentration) peut, si nous allons assez loin dans notre perception, nous conduire à la prise de conscience de ce même Univers infini.

 

  1. L’ouverture d’esprit

L’humanité a découvert un grand nombre des secrets de la nature et de l’existence, mais l’Existence est infinie. Il n’y a donc pas de limite aux horizons qui restent à découvrir.

 

  1. Le lâcher-prise et l’acceptation

Comme dans le karma yoga, nous avons pu constater que le  lâcher-prise permettait d’aller plus loin dans la recherche physique de notre corps. Accepter chaque chose comme un cadeau, est une occasion d’apprendre et d’éliminer les concepts et l’ignorance.

 

  1. Le renoncement

C’est uniquement en laissant le passé derrière soi que l’on peut s’ouvrir au moment présent et aux potentialités de l’avenir. Nous devrions avoir la volonté, dans notre cœur, d’abandonner le connu afin d’accueillir l’inconnu. Le renoncement n’est pas l’abandon des personnes et des biens, mais au contraire les considérer comme une source de progrès.

 

  1. Le souvenir et la révérence

Le souvenir constant est important pour le Bhakti Yoga. Ce souvenir va permettre aux événements qui surviennent dans notre vie quotidienne de nous rappeler qu’il y a une Intelligence derrière toute chose. L’Intelligence est en toute chose; nous pouvons nous en rendre compte si nous avons des yeux pour voir, un cœur pour ressentir et un esprit pour percevoir. La révérence comprise dans le sens de grand respect vis-à-vis du monde dans lequel nous vivons.

 

  1. Le respect et le souci des autres

Nous faisons partie intégrante d’un tout, chacun  a sa spécificité et se doit de l’assumer. Afin de gérer au mieux notre place dans la société, il est indispensable de reconnaître l’autre et de le traiter avec respect. Cela ne signifie pas que nous ne puissions être en désaccord avec autrui ou défendre ce que nous pensons être juste. En dépit de nos différences, il devrait y avoir ce respect fondamental qui surgit d’une compréhension plus profonde. Tout dans l’univers a sa place. Nous n’apprécions pas toujours ce fait, mais cela tient uniquement à la limitation de notre mental et de notre compréhension.

 

  1. Le shraddha.

En sanskrit shraddha =  foi. La mentalité occidentale met souvent dans le mot «  foi » une « croyance aveugle ».

Le shraddha ne requiert ni engagement, ni aspiration, mais plutôt une ouverture envers les dons de l’Inconnu. On pratique la méditation parce que nous avons foi en notre niveau intérieur.

 

  1. La non-attente

L’attente nous empêche d’avancer car nous formons toujours nos attentes en référence à ce qui est connu et cela agit comme une barrière qui nous empêche d’aller plus profondément dans notre perception. C’est notre ego qui est en situation d’attente.

 

  1. Le satsang (association spirituelle)

Le Bhakti Yoga n’est pas nécessairement une pratique nombriliste, d’où la nécessité de rencontrer régulièrement d’autres personnes qui pratiquent le yoga ou qui suivent un chemin spirituel similaire. Ainsi, il y a échange et éclaircissement des idées, on se débarrasse des idées fausses et, surtout, on partage une aspiration commune.

 

  1. Le kirtan (chant collectif ou psalmodie)

Le mantra le plus connu est le "OM". Le chant et la répétition de mantras en commun est une pratique très utile sur la voie du Bhakti Yoga. Il peut créer une atmosphère dynamique qui nous aide à aller plus profondément dans notre méditation. Le chant amène une harmonie tant de présence physique que mentale. C’est un moment de prédilection pour l’esprit en harmonie avec les vibrations des autres.

 

  1. La conscience

Sans conscience, le Bhakti Yoga n’est pas possible. Être conscient n’est pas vraiment une pratique ; c’est une qualité de perception qui émerge grâce à une transformation interne, elle-même engendrée par toutes les formes de yoga. Tous ceux qui pratiquent le yoga font l’expérience d’un moment de joie et de quiétude après une séance de yoga. C’est souvent un moment que l’on aimerait se voir prolonger.

 

  1. Le guru ou  maître spirituel

En occident, « avoir un guru » induit directement la notion d’une appartenance et d’une dépendance à une personne et ou à une secte. C’est probablement le résultat de la comparaison du guide de conscience que les prêtres se sont octroyé dans certaines religions qui ont amené cette croyance. Le guru est une personne d’expérience ayant une longue pratique de tous les yoga et qui a ainsi la possibilité de transmettre son expérience. Dans la pratique du karma yoga, le guru est l’enseignant qui prend soin de votre corps dans les postures et qui vous aide à pratiquer votre évolution. Il en est ainsi de même pour l’esprit. Un guru se choisit, il ne vous est pas imposé. Quand l’élève est prêt, le maître apparaît.

 

  1. L’absence de prétention et l’honnêteté

Bien faire les choses n’est pas de la prétention, utiliser des faux-semblants avec le désir d’impressionner les autres n’est qu’une manière de se mentir à soi-même. Chaque être a sa sensibilité et ses limites tant physiques, mentales que spirituelles, nous devons les respecter et les admettre.

Ceci est valable pour toutes les voies du yoga.

  


Chapitre 9

 

Décrivez et commentez les huit membres du yoga de Patanjali.

 
Qui est Patañjali ou Patanjali ?

 Nous ne savons que peu de chose, des théories très diverses courent à son sujet. Serait-il indo-européen ou serait-ce l’évanescence d’une traduction ?

En effet, Patana veut dire « tomber » et Anjali « mains tendues » ; la combinaison de ces deux mots sanscrits pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un don du ciel.

 Comme les sûtra ont été transmis d’abord par voie orale, on situe l’origine de ce recueil il y a environ cinq mille ans. Les sutras ne sont qu’une partie de l’enseignement que nous a légué Patanjali, en effet, on lui attribue également une grammaire sanscrit, des principes de l’ãyurveda en plus des sûtra qui vont devenir la base des yoga.

 Les huit degrés du hatha-yoga

 Le code moral :
1.    Yama : relations aux autres

2.      Niyama : relation à soi

  Les exercices physiques :
3.    Ãsana : postures  (même racine que « asseoir »)
4.    Prãnãyãma : discipline du souffle

L’appel du mental :

5.    Pratyãhãra : retrait des sens
6.    Dhãranâ : concentration  

 La spiritualité :

7.    Dhyãna : méditation
8.    Samãdhi : extase
 
1. Yama

Yama comporte 5 disciplines de la « Relation aux autres »

 -         Ahimsâ (II35):

Bienveillance – vivre en harmonie avec les autres

L’ ahimsâ, c’est la non-violence totale :  (remarque l’alpha privatif)
— aucun geste qui pourrait blesser ou peiner l’autre,
— aucune parole qui risquerait de nuire ou de chagriner l’autre,
— aucune pensée mauvaise envers l’autre.

 Imaginons une société qui vit l’ahimsâ … Qu’y verrait-on ? Qu’entendrions-nous ?

-         Bonjour (sur un ton joyeux), s’il vous plaît, merci, au revoir, bienvenue, avec plaisir… 

-         Nous verrions un employé tenir la porte pour un autre, qui la referme sans bruit.

-         Nous assisterions à des échanges de sourires, des gestes de politesse et d’entraide. Le respect règnerait. Si nous avions le pouvoir de lire dans les pensées, nous  y découvririons des souhaits de bonheur pour chacun et chacune.

 Ces comportements non-violents ne devraient pas rester à l’état de rêve. On cultive l’ahimsâ, par la pratique de la tolérance et de la compassion, on s’habitue à donner le premier sans rien attendre en retour… Le but est d’arriver à un respect absolu des gens, des animaux, des plantes et de son environnement.

- Satya (II36):

L’authenticité dans la bienveillance - accorder ses paroles et ses actes.

Une attention particulière dans la communication aux autres. Elle doit être agréable pour l’autre, précise et juste.

 - Asteya (II37):

Honnêteté - Respect du bien d’autrui. 

- Brahmacharya (II38)

Maîtrise des  sens – Modération en tout dans le respect des autres.

 - Aparigraha (II39)

Sobriété et générosité – Tendre vers le minimalisme. Cela veut dire rechercher ce qui est nécessaire, utile et agréable en sachant se défaire de biens, éventuellement au profit des autres. Les besoins étant différents d’une personne à l’autre.

 2. Niyama

 Niyama comporte également 5 disciplines de la « Relation à soi », discipline corporelle et psychique.

  - Shaucha (II40 et 41)

Pureté – Propreté

Ces deux qualificatifs s’accordent autant au corps qu’au mental. On y inclut, les soins corporels, du lieu de vie, de la qualité de la nourriture, de l’air … mais aussi entretenir le mental par la lecture, la musique et des loisirs sains.

- Samtosha (II42)

Le contentement

Contrôle du désir d'amplifier les nécessités de l'existence.

 - Tapas (II43)

Souvent interprété par ascèse. Il s’agit plutôt d’une discipline librement consentie de la  maîtrise des désirs. Cette maîtrise n'a pas pour but une mortification, mais de réaliser un gain positif de ses énergies.

 - Svãdhyãya (II44)

En Inde, récitation des textes sacrés. En Europe, ce serait une étude personnelle du Soi, recherche des buts de sa vie, réflexion sur les attitudes quotidiennes que nous vivons…

 - Ĩshvãra-pranidhãna (II45)

Vénérer l’intelligence suprême. Nous faisons partie d’un tout et devons tendre à une harmonie avec tout ce qui nous entoure.

3. Ãsana (II46)

Sthira sukham ãsanam

La posture de yoga est stable et agréable.

 L'ãsana ne se décrit pas: il s'apprend du maître (guru).

Ãsana doit faire oublier le corps, lui donner une assise stable et réduire l'effort physique au minimum. Le but est de réaliser la neutralité des sens. La conscience ne doit plus être troublée par la présence du corps. C’est la première recommandation de Patañjali :

 
"Yoga citta vritti nirodha (I2)"
La phrase clé des ãsana, le yoga est l'arrêt du tourbillon du mental.

La pratique ãsana est souvent assimilée à une gymnastique ou une chorégraphie où le corps est amené dans la position voulue, correcte, codifiée quelle que soit la structure du corps et du mental.

Bien au contraire, dans ãsana la pratique est fondamentalement le juste effort nécessaire pour avancer vers l’état correct, l’atteindre et le maintenir sans utiliser la performance.


 4.  Prãnãyãma (II49)

Prâna signifie énergie et ayama est l’action de contrôler.

Le Prãnãyãma est le contrôle du souffle. La respiration est la seule fonction végétative que nous puissions contrôler. Son action permet le contrôle et la régulation de nombreuses autres fonctions végétatives.

 L’humain au cours de sa vie subit des traumatismes qui engendrent des blocages d’Energie. Ces traumatismes se traduisent par des contractures physiques, des complexes mentaux et des incompréhensions psychiques. C’est l’état de stress pouvant conduire à l’état de dépression.

Le Prãnãyãma se pratique à la suite des préceptes précédents, il entre dans la suite normale proposée par Patañjali ; il se pratique donc après ãsana.

Dans Prãnãyãma nous travaillons dans le domaine des Energies, certaines conditions devraient  normalement être réunies.

-         L’endroit de pratique doit être paisible, bien aéré et la température agréable.

-         Les vêtements sont en coton ou en laine afin d’éviter les énergies électrostatiques.

-         Il n’est pas indispensable d’être à jeun, mais la digestion doit être terminée.

-         La position la mieux adaptée est l’assise, le dos bien droit, la poitrine dégagée et en ouverture.

 La suspension de la respiration facilite la concentration et la conscientisation, elle ouvre l'espace de la méditation. Il s'agit de connaître la pulsation de sa propre vie. C'est une attention dirigée sur la vie organique, une entrée calme et lucide dans l'essence de la vie.
Ce sont essentiellement les rapports entre inspiration, expiration et  suspension de souffle qui permettent l’activation ou le rétablissement du calme tant physique que mental.

Par exemple un rapport en temps, inspiration 3, suspension 2, expiration 5, suspension 2 va tendre au calme et une respiration 5,2,3,2 va permettre une redynamisation.

 La respiration est la clé de la santé. Dans la respiration automatique non consciente, nos poumons ne renouvellent qu’environ 15 % de leur capacité totale. Dans Prãnãyãma, nous pouvons atteindre sans forcer 60 % de cette capacité, ce qui crée une suroxygénation importante du corps et notamment du cerveau.

Il est incontestable, qu’à ce niveau, des particularités énergétiques vont se produire, consécutivement, nous nous déconnectons de l’intellect et affleurons les limites de l’inconscient.

Le retour de Prãnãyãma doit se réaliser lentement et suivi d’un temps de relaxation et de reprise de conscience, si possible en position allongée.

 
5. Pratyãhãra (II54)

 Littéralement, amasser à l'intérieur ou la rétraction des sens.

C'est se déconnecter, se retirer du monde extérieur, de sorte que la conscience puisse être orientée vers l'intérieur (antar).

Il est difficile d'explorer les zones intérieures du mental si nous sommes attirés, dérangés, voire  tourmentés par des expériences sensorielles extérieures. Il va falloir faire abstraction des sensations comme l'ouïe et l'odorat, mais aussi l’imagination et le galop du mental sous toutes ses formes. Chassez les idées et le mental revient au galop !

 Beaucoup confondent Pratyãhãra et méditation.  Pratyãhãra, c’est dans une détente complète, se relier à sa paix intérieure sans volontarisme. Certains appellent Pratyãhãra un état de grâce.

Cet état peut être atteint dans la pratique de Prãnãyãma.

 6. Dhãrana (III1)

 Dhãrana est la fixation de la pensée en un seul point. Ce point peut être une partie du corps, une notion, une image, un son, etc. Cette con/centration, être un avec un centre, constitue l'étape indispensable pour aller vers la méditation profonde. Dhãrana conduit à la réalisation de samâdhi, c’est une étape de l'évolution de la conscience, capable de s'identifier totalement avec l'objet de la méditation. Il existe plusieurs étapes de concentration où les fluctuations mentales diminuent, quand la focalisation des pensées se porte sur un point très précis ; c’est ekagrata. Chaque personne possède un sens privilégié qui permet d’accéder plus facilement à ces états. L'écoute d'un morceau de musique peut amener très facilement une modalité de conscience où l'esprit est absorbé simplement par l'écoute, en s'abstrayant de tous les bruits extérieurs et permet ainsi de se centrer ou se recentrer. La concentration peut se réaliser sur le chakra (centre énergétique) du nombril, dans le lotus du cœur, sur la pointe du nez…ou sur n'importe quel endroit ou objet du monde extérieur.

 7. Dhyãna (III2)

 En général dhyãna est traduit par méditation. Dhyãna est l’équivalent « Zen » dans les pratiques japonaises et « Chan » pour les chinois.
Quand la concentration dure un certain temps, des textes traditionnels parlent d'une durée équivalentes à 12 suspensions du souffle, on arrive à dhyãna, état de méditation  défini comme "courant de conscience unifiée". C'est un stade dans lequel on ne pense plus du tout. Certaines personnes trouvent cette éventualité effrayante, car elle se raccroche à l’adage : "quand il n'y a pas de pensée, on cesse pratiquement d'exister". Il est cependant tout à fait possible d'être très éveillé, attentif et conscient, sans qu'il y ait activité mentale discursive. Dhyãna est si agréable, qu'il est difficile d'imaginer ne pas vouloir en faire l'expérience, mais dans la pratique il est parfois difficile à expérimenter. Le problème est l'anxiété. Dans ces états élevés toute la signalisation sensorielle qui nous est familière disparaît. Nous ne réalisons probablement pas à quel point nous sommes à l'aise dans le monde matériel, d’où la difficulté de le quitter.

 8. Samãdhi (III3)

 En règle générale, plus une étape de développement spirituel est avancée, moins il y a à dire à son sujet. Union, totalité, accomplissement, achèvement, mise en ordre, rangement, concentration totale de l’esprit, contemplation, absorption … ; en résumé l’extase.
C'est une expérience indescriptible, un état dans lequel la conscience saisit immédiatement l'objet sur lequel on médite, sans l'aide de l’intellect.

Samâdhi est la réalisation de tout le "Chemin de Transformation". Samâdhi est le NIRVÂNA. Samâdhi représente l’état dans lequel se trouve un être complètement et parfaitement transformé, à tous les niveaux et dans tous ses aspects. En d’autres termes, elle représente la culmination du processus de transformation d’un état non éveillé en un état Éveillé, et la saturation complète et parfaite de tous les aspects de notre être par la Vision Parfaite avec laquelle on a commencé.

Chapitre10

 
Bouddhisme, Vedanta, Upanishad un peu d'histoire.

Le bouddhisme est issu de l’hindouisme né vers 1500 avant notre ère (AvE).

Un Dieu  Indra, et 30 000 dieux secondaires qui régissent vie, nature et les êtres. Il s’agit bien d’animisme.

Au 9 ème siècle AvE, selon les Brahmans, il existe un Dieu unique, Brahm, qui se divise en trois (Trimoûrti) : Shiva, Brahmâ et Vishnou. On entre donc dans le monothéisme.

C’est une révolution colossale. Ce monothéisme va engendrer nombre de commentaires concernant cette modification complète de l’hindouisme.

Au 7 ème siècle AvE, 10 commentaires questionnent la nécessité de créer un Dieu, plutôt qu’une énergie. Ces 10 upanishad se basent sur des textes plus anciens le Rig-Veda, partie du Védanta.

Vedãnta, mot sanskrit signifiant la fin des Veda est une branche philosophique de l'hindouisme qui se consacre à la lecture et à l'interprétation des écrits védiques anciens, plus particulièrement les Samhitâ  qui sont des recueils d’hymnes et formules sacrées (mantras), Brahmana (écrit en prose) traite des rites.

Les upanishad qui peuvent se traduire par « venir s'asseoir respectueusement au pied du maître pour écouter son enseignement » vont devenir la base de l’enseignement de l’hindouisme et du bouddhisme.

Au 6 ème siècle AvE , Bouddha, Siddhārtha Gautama jeune prince, prend conscience de l’inde réelle ; il quitte sa vie de prince et vit en ascète. Cependant, peu satisfait de cette vie, il s’isole, réfléchit et déclare alors détenir une solution : on doit donc se passer des dieux car, quand on voit comment vivent les hommes, cela signifie que les dieux sont impuissants ou distraits. Les dieux sont donc inutiles. Les dieux n’existent que si on les prie car ils sont dans l’imaginaire des hommes. On assiste à une vague incroyable de non croyance (jaïnisme, confucianisme, taoïsme). Mais deux siècles plus tard, on va revenir à des religions car jamais l’humanité ne pourra se passer des dieux, confort du pouvoir s’appuyant sur le surnaturel.

Le bouddhisme va devenir une religion dès le 3 ème siècle AvE. Il s’agit d’une société typiquement initiatique. Quand on entre dans le bouddhisme,  on gravit les marches de la sagesse, et, à la fin de sa vie il faut être capable de ne pas se réincarner. En effet, il n’y a pas d’âme dans le bouddhisme; l’individu est seulement un agrégat provisoire de matières. A la mort, soit on se dissout soit on se réincarne. La solution est d’arriver à l’heure de la réincarnation avec la plus petite flamme possible afin d’éviter la réincarnation. Cela signifie que la pensée doit être totalement apaisée à l’approche de la mort ; à cette condition, on entre dans le néant. Il s’agit d’une morale de l’extinction.

Les Upanishad sont des récits métaphysiques en prose ou en vers visant à faire comprendre les Veda. Ils sont au nombre de 108 textes « canoniques », dont 10 majeurs, divisés en chapitres, contenant eux-mêmes de nombreux versets. De nombreux textes dits « apocryphes » ont été ajoutés.

 Dans ma recherche, en temps qu’enseignant de yoga, j’ai découvert dans les Upanishad des textes d’une grande richesse et d’une grande sagesse.

J’aimerais partager avec vous quelques extraits qui m’ont particulièrement interpelé.

 
Extrait des UPANISHAD MAJEURES

 
Kena Upanishad

Kena tire son nom de l'interrogation initiale du verset : Kena-ishitam, "par qui est dirigé... par quelle volonté...?"

Om ! (1) Que mes membres et mon discours, Prãna (2), yeux, oreilles, vitalité
Ainsi que tous mes sens, se développent en force.
Toute existence est le Brahman (3) des Upanishad.
Que jamais je ne renie Brahman, ni que Brahman me renie.
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement:
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement, en tout cas de ma part.
Puissent les vertus que proclament les Upanishad devenir miennes,
Moi qui suis dévoué à l'Atman (4); puissent ces vertus résider en moi.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

(1)   Om : la syllabe sacrée entre toutes.

(2)   Prãna : l’énergie vitale, sous-jacente à toute la manifestation cosmique.

(3)   Brahman : la cause première de l’univers, l’Être suprême.

(4)   Atman : le Soi, le principe spirituel universel.

 I-2. Il est l'oreille derrière l'oreille, l'esprit derrière l'esprit, le discours derrière le discours, la vitalité derrière la vitalité, et le regard derrière le regard. En vertu de cela, les sages, qui se sont affranchis de l'identité aux sens et qui ont renoncé au monde, parviennent à l'immortalité.

  Ce verset, explicite très bien la notion de Brahman.

La syllabe sacrée Om est le son primordial audible de l’univers permettant d’établir un dialogue entre l’humain et l’univers (Brahman).

C’est un acte de foi à la vie en général. C’est aussi, une demande de connexion et de protection de tout notre être à l’Univers. Ces invocations, sont universelles et font partie du désir de bien faire de tout être.  On retrouve une analogie avec des paroles pratiquées dans de nombreuses religions.  "Que la Paix soit avec vous" prononcée de nombreuses fois au cours des offices religieux.

 
Extrait des UPANISHAD MAJEURES

Atman Upanishad

Om! O dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice, O Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra (1) le glorieux nous bénisse !
Que Surya (2) omniscient nous bénisse !
Que Garuda (3), le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati (4) nous octroie le bien-être !

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 (1) Indra : Dieu védique de la pluie et du tonnerre, équivalent de Zeus; dieu guerrier, il établit sa domination sur les autres dieux. Ultérieurement, il devint le Dieu de la Lumière et de l'Immortalité, synthétisant le pouvoir du Mental divin.

(2) Sûrya  le soleil. Astre de lumière, astre du jour. C’est aussi la re-naissance sans qui la vie est impossible. Sûrya est généralement représenté comme un guerrier, chaussé de bottes, et à la peau cuivrée. Il porte de nombreux bijoux à l'éclat resplendissant. Il se déplace dans un char, tiré par sept chevaux et conduit par Arjuna, le frère aîné de Garuda.

(3) Garuda : aigle ou roi des oiseaux. Garuda, véhicule de Vishnu, est représenté avec une face blanche, un bec aquilin, des ailes rouges et un corps doré.

(4) Brihaspati : se nomme aussi Guruvar.  L’équivalent de Jupiter. Divinité de couleur jaune à quatre bras, il est assis d'habitude sur un lotus, ou bien sur un char d'or tiré par huit chevaux. Ses mains portent une massue, un mala (rosaire) et une sphère. Brihaspati est l'Enseignant des dieux.

 

I-4. Vient ensuite le Soi suprême, l'Impérissable, sur lequel il faut méditer en respectant les étapes du Yoga : contrôle du souffle, retrait des organes des sens, fixation du mental, contemplation et concentration. Ceux qui méditent sur le Soi doivent raisonner par inférences, en Le comparant à la graine de l'arbre banyan, ou à la graine de millet, ou encore à la centième partie du diamètre d'un cheveu. C'est ainsi qu'on Le conquiert, mais on ne Le connaît pas (Il demeure inconnaissable). Il est non-né, il ne meurt pas, ne sèche pas, ne se mouille pas, ne brûle pas, ne tremble pas, ne se sépare pas, ne sue pas. Il est au-delà des guna, Il est spectateur, Il est pur, sans parties, seul, subtil, sans possessions, sans défauts, immuable, dénué de sons, sans toucher, sans goût, inodore, Il est indubitable, Il ne saisit rien, et Il est omniprésent. Il est impensable, Il est invisible. Il purifie l'impur et sanctifie le non-consacré. Il n'agit pas. Il n'est pas assujetti à l'existence empirique dans la matière.

 
Par ce verset, nous formulons une demande pour que nous soyons éclairés par Brahman des bienfaits de l’univers. Nous demandons aussi l’aide et la protection des dieux de l’univers ou de la création en général. Je trouve cette Upanishad géniale en préparation d’une séance pour un enseignant de yoga.

 
Extrait des UPANISHAD GENERALES

 
Svetasvatara Upanishad

 

Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux;
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux;
Puissions-nous travailler conjointement avec une grande énergie,
Que notre étude soit vigoureuse et porte fruit;
Que nous ne nous disputions pas, et que nous ne haïssions personne.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 
I-11: Avec la connaissance de la Divinité, toutes les chaînes tombent. En même temps que décroît l'ignorance, cessent naissance et mort. Allant au-delà de la conscience liée au corps en méditant sur Lui, on atteint le troisième état, à savoir la maîtrise universelle. Tout désir étant comblé, on est devenu l'Un-sans-second.

 Cette Upanishad nous amène dans le monde du mental.

Dans notre milieu mental, la Conscience est l'indice de l'existence d'une entité non-matérielle qu’est Brahman. A l'état de veille, notre vie s'exprime par l'ensemble de la notion du je, du mental et du corps physique. Dans la méditation, nous quittons cette réalité du je et du corps physique pour nous diriger vers le mental et le Soi. C’est un état d'intégration où la différenciation entre un monde intérieur et un monde extérieur n'existe pas, pas plus que n'existent, dans cet état, des différenciations au sein même du monde intérieur.

 

Chapitre 11

  Le Yoga dans votre vie

 Mes débuts :

 De nombreuses études sur la psychologie humaine, ont montré que l’homme passe par des étapes de vie. On connaît, notamment, vers l’âge de 3 ans le passage du bébé à l’enfant, à 8 ou 10 ans de l’enfant au garçon pubère, entre 16 et 18 ans du garçon à l’adulte, vers 60 ans le passage au « trois-fois-vingt » appellation élégante pour la « vieillesse ».

Actuellement, se basant toujours sur le tissu pileux de l’homme, le fait de l’apparition de quelques cheveux gris, on commence à étudier et à parler de la « crise » de l’homme de 40 ans. C’est le moment d’un regard sur une vie bien rodée, une remise en question de son mode de vie, analyse critique de tout le quotidien ou ce qui l’est devenu, du couple, du rapport de paternité avec les enfants, de la relation au travail, des relations avec ses collègues, les dirigeants d’entreprise ou des clients…, tout est passé au crible.

C’est lors de cette crise, que la Dame qui « partage » ma vie, m’a fait entrevoir une activité qui semblait amener, chez elle, un bien être mental et physique.

Etant de nature épicurienne, ma curiosité m’a poussé à examiner ce nouveau point de vue de vie. C’est en 1984, qu’en jogging muni d’un tapis et d’un coussin, j’ai fait connaissance de ma première enseignante de yoga Dominique Genon.

Pas sportif du tout, l’embonpoint de vingt ans de bonnes tables, cette première édition me fit comprendre qu’un changement comportemental était franchement nécessaire. J’aime les défis et surtout j’ai ressenti que dans ce qui était pour moi un nouveau sport,  que le yoga était une possibilité de me restructurer en douceur. Le ressourcement mental dans les relaxations m’ont apporté un tel  bien être, que j’ai perçu le désir de poursuivre et d’intensifier ma pratique du yoga.

Si Dominique m’a fait connaître et pratiquer les étapes du yoga, yama, niyama, âsana et pratyâhâra, c’est Frank Dodeur qui m’a fait découvrir et pratiquer Prãnãyãma, Dhãrana et dhyãna et compléter pratyâhâra.  

Et Samãdhi, me direz-vous ?

J’espère bien y arriver un jour.

 Curieux de nature, j’ai désiré rencontrer d’autres pratiquants de yoga et j’ai découvert avec Anne Spies une pratique des ãsana tout en rondeur et en douceur avec un nombre restreint de participants. Le petit nombre permet une toute autre approche et sensibilité du yoga.

Notre changement de lieux d’habitation nous a permis de faire connaissance avec d’autres enseignants et pratiquants de yoga, c’est ainsi que je poursuis la pratique du yoga avec Jean Claude Honoré à Wépion et Maryline Philippe à Denée.

 Ma démarche actuelle :

 Après 20 ans de pratique assidue de yoga, j’ai ressenti le désir d’aller plus loin dans ma recherche.

Etant pensionné, et ayant suivi des formations dans de nombreux domaines du bien être (herboristerie, naturopathie, touch for health (kinésiologie), massage, shiatsu, aromathérapie, réflexologie, stretching …) j’ai eu le désir de mieux comprendre les techniques du yoga et c’est en 2003 que j’ai pris la décision de m’inscrire au centre de formation pour l’enseignement du yoga de Pierre Losa.

Que m’apportent ces cours ?

 En premier lieu, le fait de prendre conscience qu’un jour, il me faudra expliquer à d’autres personnes la manière de se positionner dans une posture, amène à une réflexion sur soi-même et sur son propre comportement. Cette prise de conscience, engendre un esprit critique vis-à-vis de ses propres connaissances et de sa pratique des différentes positions et exercices de yoga. Ces questionnements engendrent une véritable modification du sens des valeurs et du devenir.

Un second point important, l’enseignement ne se limitant pas au yoga lui-même, mais également à des matières telles la psychopédagogie, philosophie, anatomie, physiologie, hygiène de vie … permet d’améliorer et compléter ses propres connaissances et d’entrer dans une autre dimension de pensée et de structure psychologique.

L’expérience de la vie de groupe vécue dans les cours est très enrichissante, tant sur le plan psychique que relationnel.

  Au-delà des connaissances acquises se trouve un état d’esprit de camaraderie, de convivialité et de contacts avec les autres qui est pour moi aussi, si pas plus importants que la connaissance. Je compte bien sûr continuer à pratiquer chez d’autres enseignants afin de poursuivre des échanges indispensables afin d’éviter la stagnation dans une routine journalière de sa propre pratique.

Après 3 ans de formation  théorique et pratique Chez Pierre, j'ai décidé d'ouvrir un cours à la commune de Profondeville.
 Mon but, réunir des personnes désireuses d’entretenir leur corps et leur esprit en harmonie avec une pratique d’un yoga dirigé vers la réduction des stress et sollicitations nerveuses que nous subissons tous dans notre nouvelle société.

 Personnellement, en temps que pensionné du domaine employé, il est nécessaire de s’établir d’une manière indépendante et je me suis lancé dans un parcours administratif indispensable à la pratique  officielle du yoga. 

Comment se lancer ?

Un statut

Plusieurs statuts existent : aucun, volontaire, indépendant, ASBL, etc.

 Aucun

La possibilité existe de professer en cachette, chez soi en petit comité, sans effectuer aucune opération de régularisation sociale et fiscale ; ceci, à ses risques et périls. Il est bon de savoir que tout € gagné doit être déclaré (sauf volontariat, voir ci-après). Dans tous les cas, il y a lieu de garder et classer toutes pièces ayant une relation avec l’activité, que ce soit en entrée ou en dépense.

 Volontariat  depuis le 1/6/2006 (anciennement Bénévolat)

Le bénévole n’est pas rémunéré, seuls les frais qu’il a supportés pour les services rendus à l’organisation ou à la société peuvent lui être remboursés. L’activité «occasionnelle et purement désintéressée» doit être exercée au sein d’organisations telles A.S.B.L., A.I.S.B.L. ou fondation (les cercles de parents ou amis ne sont pas reconnus). Les montants perçus à titre de frais réels ne peuvent dépasser : 27,37 €/jour, 600 €/trimestre et 1094,79 €/an. Ces montants ne font pas l’objet de fiche n°281 et ne doivent pas être repris sur la déclaration fiscale (c’est l’association qui est invitée à rentrer des fiches nominatives). 

 
L’A.S.B.L.

Représente la forme juridique minimaliste d’association et de société. La réglementation change actuellement et il y a lieu de se la procurer dans le commerce ou à la justice de Paix. Trois personnes sont nécessaires et suffisent pour créer une assemblée générale et instaurer des statuts qui devront être publiés. Une comptabilité devra être tenue.

L’A.S.B.L. peut

- soit engager du personnel à condition de respecter les conditions légales dont s’affilier à un organisme de cotisation sociale et s’inscrire à la T.V.A. Différentes aides existent pour engager des travailleurs sociaux.
- soit utiliser les services d’un indépendant (voir ci- dessus pour les conditions légales).

 Les autres formes de société (S.A., S.P.R.L.) paraissent hors de propos dans le cadre de l’enseignement du Yoga.

Représente la forme juridique minimaliste d’association et de société. La réglementation change actuellement et il y a lieu de se la procurer dans le commerce ou à la justice de Paix. Trois personnes sont nécessaires et suffisent pour créer une assemblée générale et instaurer des statuts qui devront être publiés. Une comptabilité devra être tenue.

   
Indépendant (personne physique)

La personne preste seule sous sa propre responsabilité en respectant les conditions légales comme mutuelle, cotisation sociale, T.V.A., comptabilité fiscale, déclaration d’impôt. 
L’ensemble de ces formalités ne prend qu’une demi-journée et ne coûte rien !
 Le parcours du candidat indépendant est repris ci-après.
Pour les pensionnés, commencer par la caisse nationale des pensions.
Pour les travailleurs des "Services Publics",  vous pouvez exercer une activité complémentaire jusqu'à concurrence de 200 jours ou à mi-temps durant 8 mois.
Pour les travailleurs "salariés", l'activité complémentaire doit rester inférieure à la moitié de l'activité principale. 

ASSURANCES SOCIALES

Chaque personne active (salariée, indépendante, etc.) cotise à un fonds de pension tout au long de sa carrière. En cas d’activité comme indépendant, il y a lieu de se rendre dans un des organismes existants (I.N.A.S.T.I. voir les adresses en annexe ou U.C.M. ou Groupe S ou..) et de s’inscrire. Les services donnent toutes les informations selon la situation civile et familiale. Ne pas craindre de bien préciser sa situation et de poser toutes les questions. Se munir de sa carte S.I.S. 

Les cotisations annuelles représentent des valeurs en % des revenus bruts  (les montants sont calculés sur base des revenus de 3 ans) et sont fonction du statut social et de la situation civile (marié ou non).

Exemple :  le travailleur indépendant paie environ 608 €/trimestre; en complémentaire, le montant est environ 67 €/trimestre.

En pratique, sauf exceptions, il n’y a pas de cotisations à payer pour certains revenus suivant le statut :

Activité complémentaire : revenus annuels inférieurs à 1032,64 €

Bénéficiaires d’une pension : revenus annuels inférieurs à  2466,28 €

 Il est obligatoire de s’inscrire dès le début de l’activité. Il est préférable de commencer en début d’un trimestre pour ne pas avoir à payer un trimestre complet pour seulement une partie de celui-ci. Ne pas hésiter à consulter les organismes officiels, ils sont les meilleures sources de référence, puisque ce sont eux qui traiteront vos dossiers.

T.V.A.

L’enseignement du Yoga correspond à une activité sujette à l‘application d’une taxe sur la valeur ajoutée de 21%.
Il y a lieu de se rendre au bureau régional du ministère des finances dont dépend le domicile et de se déclarer. Un numéro d’immatriculation sera donné par le service.
Pour trouver le bureau compétant utilisez le site :

http://annuaire.fiscus.fgov.be/qw/index.php?lang=fr 

Cliquez sur « Mots clés » et introduire « tva » ; cliquez sur « Chercher » et dans la liste choisir : Délivrance d'une attestation néant en matière de TVA
Remplir votre code postal et cliquez sur « Chercher » puis sur la commune qui apparaît dans la case en dessous. Vous obtenez alors l’adresse de votre bureau de TVA.
Selon le régime de travail et des revenus prévisibles, dont le chiffre d’affaire annuel hors tva ne peut pas excéder 5.580 €, il y a possibilité de négocier un régime de franchise moins lourd quant à la procédure administrative. 
Il s’agit alors d’une « Petite entreprise bénéficiaire du régime de la franchise de taxe ».

Sinon en régime normal, il y a lieu de tenir un journal de comptabilité pour les factures sortantes (les reçus des abonnements) et entrantes (les factures d’achat de produit ou de services comme les énergies, etc.) et d’effectuer chaque trimestre une déclaration dont le modèle sera donné par le service.

Ces services donnent des informations pratiques et restent au service des assujettis.

 « Registre de Commerce » actuellement « N° d’entreprise »

Si dans le cadre de l’enseignement, l’indépendant ou 1’A.S.BL. souhaite vendre des produits, il y a lieu de passer auprès d'un guichet d'entreprises afin d'y obtenir votre n° d'entreprise qui devient ensuite votre n° de TVA.

Un Coût

Les salles de gymnastique conviennent très bien pour un cours de yoga. S’il s’agit d’une salle communale (souvent les moins coûteuses), la demande doit être présentée auprès du conseil échevinal.

Les locations d’un local fluctuent entre 5€/heure à 7,5€/heure charges comprises (Namurois), L’aménagement d’un local s’estime de 7500€ à 15000€.

 Une promotion

Outre de figurer sur les listes de l’Abepy, les toutes boites acceptent souvent de petites annonces sous forme d’éditorial ou de texte explicatif (environ 15€). La promotion s’exécute aussi au travers d’affiches ou dépliants déposés dans les commerces de proximité. Via des sites internet (exemple : http://www.quefaire.be/annonces/ 

 Conclusion

Mon statut d'indépendant acquit, la salle de gym trouvée, ma pub distribuée, mon inscription à l'abépy, je me suis lancé en septembre 2007 dans la grande aventure d'enseignant de yoga.

Lors de l'assemblée générale en septembre 2007 de l'Abépy, je suis accepté comme membre administrateur de l'association.

Le 26 avril 2008, à la journée de printemps de Maredsous, j'ai présenté, devant un très bongroupe de 25 personnes, une séance centrée sur ce qui est devenu pour moi une spécialité : la mobilité du bassin. 

(Photo de Vincent Destoop)                                    

En juin 2008, je prends conscience de mon âge et des expériences que je viens de vivre à travers le yoga. 

Avec plus de 400 heures de cours,  j'ai décidé de cloturer mes cours chez Pierre Loza.  Je renonce également à mon mandat d'administrateur et de prendre un peu de recul avec le yoga.

Ce furent  des expériences qui m'ont permis de connaître d'autres facettes du monde du yoga. 

Je retient de toutes ces années de merveilleux moments riches en souvenirs et en amitiés. Je poursuis en élève, des cours et des journées de diverses associations.

 

Chapitre 12

 

Choisissez un thème qui vous tient à cœur et développez-le.

 Yoga, dépressions et souffrances physiques.

La dépression survient quand il y a  conflit entre ce que la personne veut vivre et ce qu'elle vit.

Il se produit à ce moment une perte d'énergie très importante, et le corps installera un système de protection, afin d'arrêter cette fuite d'énergie. L’autoprotection s'exprimera par une inversion de la circulation des énergies, créant ainsi une inversion dans la possibilité de se recharger, de se récupérer. Tout s'inversant, plus la personne fait d'efforts pour s'en sortir, plus elle s'enfonce et aggrave son cas.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 3 à 5 % de la population souffrent un jour ou l’autre de dépression. Une personne sur trois d’entre nous traverse au cours de sa vie une phase de dépression grave. Les dépressions comptent parmi les causes de suicides les plus fréquentes.

Les dépressions sont très souvent accompagnées de souffrances physiques éprouvantes.  Les manifestations se présentent sous diverses formes, les maux de tête, de nuque, des reins, des douleurs dans les bras et les jambes, un sentiment d'oppression dans le thorax et le sentiment de ne pas pouvoir respirer à fond, des dérangements cardiaques non spécifiques, des dérangements de la digestion sous forme de diarrhée ou de constipation, de la nausée accompagnée de dérangements dans la région de l'estomac, des états convulsifs douloureux dans le bas ­ventre et des dérèglements de l’humeur.

 Ces dérangements physiques se trouvent tellement en avant plan que les dérangements affectifs qui les provoquent ne sont pas nécessairement détectés.  Les patients et leur entourage croient qu'il s'agit réellement de dérangements physiques.  En général, l'auscultation par le médecin ne dévoile pas de causes maladives physiques, c'est-à-dire qu'il ne trouve pas de raisons corporelles et rationnelles pour ces dérangements. Seul un entretien sur l'état affectif du patient peut éclaircir cette situation. Dans ce cas, on parle de dépressions masquées ou larvées, parce que la dépression se cache derrière les symptômes physiques comme derrière un masque.

La situation est aggravée, car la seule possibilité qu’ils ont de traduire leur mal être intérieur est de le manifester par le physique. La peur ancestrale de tomber dans les maladies psychiques qui dans notre société a encore la connotation de folie fait qu’ils se cantonnent dans l’expression du physique.

La dépression intervient souvent à des moments de stress continu, la personne s’enferme alors dans ses pensées et dans un processus où elle n’entrevoit plus de solutions de bons sens pour continuer à vivre dans la "normalité". Sans soins adéquats, ces ruminations mentales peuvent mener au suicide ou au rejet total de la société.

Depuis la découverte des médicaments « améliorateurs de l’humeur »,  antidépresseurs ou anxiolytiques, on peut traiter des dépressions de toutes sortes par des moyens médicamenteux. Il s’agit de l’une des possibilités de traitement les plus intensives et les plus rapides.
Les réactions aux antidépresseurs varient selon la constitution de l’individu et de ses « mal à dire ». Des effets secondaires peuvent subvenir à la suite de ces traitements. Il n’existe pas de traitement unique et c’est par un feed-back patient - médecin que des soins optimum peuvent donner satisfaction.
En plus de la thérapie médicamenteuse, des entretiens personnels avec des personnes spécialisées dans ce domaine revêtent également une importance majeure.

Les dépressions peuvent durer des semaines voire même des mois.

 Des médecins en plus de leurs traitements, préconisent à leur patients des séances de kinésithérapie et, ou de yoga.

 Sous l’effet du stress, nos muscles deviennent durs et douloureux. L’intervention d’une tierce personne par la kinésithérapie ou le massage viennent à bout de ces douleurs, mais l’effet est souvent de courte durée car l’action du relâchement des contractures provient essentiellement du calme momentané et de son propre mental. Le yoga par contre, permet de faire un lien entre le mental et le système musculaire à l’origine de ce mal être ressenti.

Certaines régions du corps sont particulièrement sollicitées par les contractures générées par le stress. C’est essentiellement  la colonne vertébrale dans son ensemble qui est la plus sollicitée, le vieil adage d’en avoir plein le dos est un exemple caractéristique.

Sans vouloir développer les théories du stress menant à la dépression, il est bon de rappeler quelques notions fondamentales du comportement humain.

 Nous sommes en relation avec le monde extérieur par l’intermédiaire de nos sens. Les informations qui nous parviennent sont transmises et traitées par le centre de la mémoire en comparant la situation vécue avec d’autres informations issues d’expériences antérieures ou de nos apprentissages. C’est sur cet état comparatif, que notre conscient va réagir. Si l’information est favorable, elle génère la détente, dans le cas contraire elle génère un stress; ce stress engendre des contractions musculaires d’autant plus importantes car elles deviennent cumulatives.

Ce cumul augmente le seuil de sensibilité, au point que la moindre perturbation, le moindre souffle, déstabilise cet équilibre. Dès lors, s’établit pour la personne un véritable combat intérieur empêchant la rationalisation de l’évènement vécu. Une déconnection progressive entre le mental et le physiques va se créer et la personne va perdre confiance en ses propres possibilités d’action.

 Le yoga, que ce soit par la pratique d’ãsana, du prãnãyãma et surtout du prathyâhâra va favoriser l’équilibre CORPS – RESPIR – MENTAL  en dénouant les liens maintenant le patient victime de ses sens et de son EGO.

Lorsqu’il est porté à la connaissance du professeur de yoga qu’un(e) de ses élèves vient pour gérer une dépression, il est vivement recommandé de lui suggérer de prendre quelques cours particuliers. En effet, ceci permettra d’apprécier la meilleure façon de l’intégrer dans le groupe. La personne se sentira mieux accueillie et pourra aborder le groupe dans une plus grande sérénité.

Nous avons vu ci-avant, que les dépressions sont souvent accompagnées de souffrances physiques très différentes d’une personne à l’autre. Les principales affections sont les maux de tête, de nuque, les reins mais aussi des douleurs des membres, l’oppression dans le thorax et le sentiment de ne pas pouvoir respirer à fond. De même, les dérangements cardiaques ou digestifs constatés, sont souvent résultant du manque respiratoire qui est souvent décrit comme « une lourde pierre sur la poitrine ».

Il est dès lors logique, qu’au départ, l’indispensable est apprendre ou réapprendre à respirer. Il est difficile de contrôler son rythme cardiaque et ses pensées, mais la respiration peut être aisément asservie à notre volonté. La prise de conscience que l’on puisse maîtriser cette partie du corps est en soi une première victoire pour la personne en dépression. C’est par la respiration et les rythmes respiratoires que vont s’établir le dialogue entre le mental et cette partie vitale de notre corps que sont les poumons et leurs fonctions.

Cette pratique de respiration doit nécessairement se pratiquer dans les trois positions debout, assis et couché. L’assise demande une position du dos, bien droit, qui est trop contraignante pour une personne débutante et qui risque de dissiper l’attention qui doit rester centrée sur la respiration. Une mauvaise assise pouvant affecter le travail du diaphragme n’est pas non plus recommandée pour un début. La position couchée demande que la personne soit déjà en confiance avec l’enseignant. C’est donc la posture Tãdãsana (voir chapitre 2) qui sera choisie pour démarrer une première séance. La position debout permet de mieux pratiquer l’action sur le mouvement du diaphragme.

Les contractures musculaires du diaphragme entraînant une lente détente sont à faire constater à la personne par la perception de l’application de ses mains sur le haut et le bas ventre.

 Les premières asanas à apprendre pourraient être à présent l’assise suivant la morphologie de la personne. Pour la suite du yoga, il faudra opter pour une posture soit Virãsana (assis talons), Sukhãsana (jambes croisées, sukha = heureux donc confortable) ou Padmãsana (Lotus), avec ou sans support, suivant la souplesse des articulations. L’assise doit impérativement être confortable. Il y a donc lieu, si nécessaire, d’utiliser couverture ou coussin qui permettront de maintenir la position en décontraction et ainsi libérer le mental.

Des millions de personnes de par le monde souffrent de douleurs dorsales, ces douleurs dorsales proviennent essentiellement de mauvaise position assises au cours du travail et même des loisirs. Ces douleurs dorsales deviennent souvent génératrice de stress qu’il soit direct ou indirect. On constate que cela peut accentuer, voire générer, des états dépressifs. L’expression en avoir plein le dos est assez significative de cet état.

En Inde, patrie du yoga, ce problème est moins dominant ; dès leur plus jeune âge, les indiens prennent des assises qui amènent leur centre gravité dans l’alignement de la colonne vertébrale. Dans les pays plus riches, dès la petite enfance, nous disposons de sièges, cela modifie notre équilibre et reporte ce centre de gravité en dehors de l’alignement de la colonne. Le fait des dossiers de chaises et de fauteuils ne s’adaptant pas aux cambrures de la colonne  affaiblissent également les muscles intercostaux. Il résulte de ces phénomènes de vie des distorsions vertébrales qui affectent sans le savoir notre équilibre mental.

Une pratique journalière idéale pour les problèmes de dos en position assis est Dandãsana. La mise en suspension progressive vertèbre par vertèbre de la colonne par appui sur les mains permet des étirements naturels par le poids du bassin. Reposer la colonne vertèbre par vertèbre remet en place les disques vertébraux et redonne de la souplesse à tout le système musculaire dorsal. Si on couple la respiration à cette posture, on peut entrer dans une liaison d’exercices Ãsana – Prãnãyãma favorable à une détente parfaite.

Par la suite, des pratiques comme Utkatasana (chaise) ou ses variantes, permettront de rectifier son centre de gravité et de reprendre confiance dans son équilibre.

Venons à présent à la position couchée. Plus le corps est stressé, plus il est difficile d’être confortablement couché sur un sol rigide. De plus, le sol ne respecte pas les lordoses lombaires et cervicales, pas plus que la cyphose dorsale. Le moyen de diminuer le creux lombaire est de ramener les pieds près des fessiers. S’il est nécessaire de concentrer son attention sur des respirations, il est bon au début de mettre des épaisseurs sous les genoux afin d’avoir, sans efforts et en décontraction, les vertèbres lombaires portant au sol sur un maximum de sa longueur.

Les bras détendus le long corps, les paumes ouvertes vers le ciel, c’est la posture Shavãsana.

Ici aussi, la respiration consciente va maintenir la détente dans un esprit respir-mental.

Il est très important au cours des exercices avec un dépressif, de captiver sans cesse le mental. La pensée du dépressif est ralentie et tourne assez rapidement en rond sur un thème. Il faut être particulièrement attentif que la séquence que l’on effectue ait été bien comprise, car la moindre difficulté, peut générer des pensées négatives entrainant une « rumination mentale » qui va déstabiliser le bienfait de la posture.

On a souvent difficile à cerner chez le dépressif les sentiments de tristesse, des sentiments de dépression. La dépression se distingue de la tristesse par le fait que les personnes dépressives ont de grandes difficultés à se réjouir de quelque chose, même de leur propre succès. Il ne faut pas s’attendre de la part du dépressif à une quelconque manifestation de bien être. Cela demande de la part de l’enseignant une grande attention afin de percevoir les moments de détente qui permettront de se rendre compte de l’efficacité de la posture.

Il est très difficile au dépressif de prendre une décision. On constate alors qu’une suite logique de mouvements pouvant être appliqués par une personne détendue, peut ne pas être poursuivie par une personne en dépression et donc, elle attendra de nouvelles instructions afin de poursuivre la posture.

Il est insensé de faire appel à la volonté d’un dépressif, sous peine de détériorer le climat de confiance qui s’est établi, car ils sont persuadés qu’ils n’ont plus de pouvoir, aller à l’encontre de ce sentiment les font particulièrement souffrir.

 Si les exercices de Prãnãyãma  semblent les mieux adaptés à la dépression, rien n’empêche de pratiquer de nombreux autres asanas.

Les énergies étant bloquées par la dépression, il faut se servir des méridiens pour relancer ces énergies. Ci-après, voici quelques postures liées à certains méridiens intéressants pour recharger les centres affectés par le stress et dépression. 

 

ASANA et CENTRE D’ÉNERGIE (Méridiens)

On va privilégier les asana travaillant d’une part la colonne vertébrale mais aussi les poumons.

Nous avons vu précédemment dans les techniques d’assise la posture Dandãsana.

Dandãsana permet un travail sur les méridiens Conception et Gouverneur. Pendant la pratique, une fois le travail physique bien intégré, on pourra lier la respiration aux méridiens.

 Partant de cette posture, nous pouvons passer à  Baddha kosanãsana. Amener les talons vers le pubis, les plantes des pieds jointes. Saisir les extrémités des pieds dans les mains croisées. Cette posture dégage les énergies bloquées dans la poitrine en relançant la circulation vers les extrémités des membres. Cette posture stimule l'énergie du méridien du Cœur.

 Un autre enchainement possible et utile est la posture Janusirsãsana. Une jambe reste pliée talon contre le pubis, l’autre s’allonge. On pivote le tronc vers la jambe tendue puis dos bien étiré on amène la tête vers le genou. L'étirement se fait sur le passage du méridien du Foie.

En position debout, partant de Tãdãsana, on peut pratiquer Purvãsana décrite au chapitre 2 ; on peut si c’est possible monter sur la pointe des pieds dans la phase statique de la technique. Purvãsana stimule l'énergie du Triple Réchauffeur.

 Suivant les aptitudes de la personne, d’autres postures d’équilibre, comme Virksãsana peuvent être tentées mais sans insistance, car la perte répétée de l’équilibre pourrait perturber la personne. Par contre, si l’équilibre est trouvé, la concentration est telle que cette posture est très bénéfique  au déprimé.

 Pour stimuler l'énergie du Gros Intestin, nous pouvons prendre Uttanãsana, la pince debout, ensuite croiser, derrière les cuisses, les doigts des mains paumes à l’extérieures, serrer les omoplates et étirer les bras vers le haut.

 On ne parle jamais stress et dépression sans parler de la bile. Là aussi une expression populaire « se faire de la bile » est bien fondée. Stimuler l'énergie de la Vésicule biliaire est donc d’une importance capitale. Si on reprend le chapitre 2 dans les séquences posturales, la variante d’Utthita Trikonãsana  est une posture typique pour redonner un peu de Yang à ce méridien.

Et, dans le langage populaire, ne dit-on pas aussi « avoir la rate » quand plus rien ne va selon ses désirs ?

Stimulons alors l'énergie de la Rate en pratiquant Chaturanga Dandãsana. Se coucher sur le ventre, orteils plantés dans le sol, les mains à plat au sol à hauteur des épaules. Rigidifier le corps dans toute sa longueur, le menton légèrement rentré vers la poitrine, décoller tout le corps du sol pour être uniquement sur l’appui des mains et des orteils. Il est très important de continuer à respirer même de l’abdomen dans cette phase statique.

 Ces asanas ne sont pas limitatives mais signalées à titre d’exemples.  C’est surtout l’attitude et l’intérêt que la personne porte aux exercices et à ses possibilités qui détermineront le choix des postures pratiquées. Lors des plages d’harmonisation, il est nécessaire de concentrer le mental sur les sensations ainsi que les bienfaits que la posture a apportés à l’organisme. 

 
Pratique de Prãnãyãma

 Certaines pratiques aident à la suroxygénation des poumons ce qui est très favorable puisque le dépressionnaire "oublie" de respirer. En effectuant les exercices de respiration Prãnãyãma avec précision et régulièrement, le système nerveux se fortifie et les dépressions et les tensions disparaissent.

Comme je l’ai signalé plus haut, l’assise doit être confortable et la poitrine est libre.

Bhastrika

 Bhastrika ou soufflet (se pratique debout) est une succession de respirations complètes avec des temps égaux d’inspirations et d’expirations puissantes mais sans brutalité. La sangle abdominale est légèrement mise sous tension mais sans blocage.

On commence par prendre un rythme respiratoire lent mais régulier, puis on accélère le rythme sans toutefois dépasser la respiration par seconde.

Après une minute de cette respiration,  prendre appui des mains sur les genoux, les bras tendus, le menton légèrement tiré vers la poitrine étire les cervicales. On pratique une longue inspiration puis on pratique Jalandhara bandha, puis Mula Bandha.

Pour pratiquer Jalandhara bandha les poumons sont remplis et on suspend le souffle et on amorce des mouvements de déglutition afin d’augmenter confortablement le temps d’inspiration.

Mula Bandha est la contraction des racines, c'est-à-dire des muscles sphincters externe et interne tant de l’anus que de l’urètre. La concentration de la contraction localise la conscience sur le chakra Muladhara.

Quand l’expiration devient nécessaire on relâche JalandharaMula reste contracté pendant une expiration lente et complète puis se relâche à son tour. Reprendre une ou deux respirations normales avant de reprendre un nouveau cycle.

Quatre ou cinq cycles sont suffisants suivi d’un ressenti.

Bhastrika peut se pratiquer comme compensation après une posture d’extension de la face postérieure du corps.

Bashtrika dans sa phase statique est une respiration surtout dorsale favorisant le travail du diaphragme.

 Kapalabhati (kapala = crâne)

 Kapalabhati ou nettoyage du crâne, permet effectivement un balayage des cornets du nez et des sinus. Contrairement à Bashtrika l’expiration est très active alors que l’inspiration est passive.

L’expiration courte et puissante se pratique par une contraction ferme et rapide de toute la sangle abdominale y compris la partie sous ombilicale. L’inspiration est lente et profonde, l’expiration la plus courte possible est favorisée par l’ouverture des ailes du nez.

Kapalabhati peut se pratiquer tant assis que debout. Dans ce dernier cas, on laisse descendre la partie supérieure du corps dans l’expiration, les mains sont placées un peu au dessus des genoux.

Ces deux types de Prãnãyãma sont très toniques. Si on désire ramener le calme, on va pratiquer Samavritti.

  
Samavritti

 Samavritti ou mouvement égal s’adresse également aux suspensions de souffle. On connaît également cette respiration sous le nom de respiration en carré. Cette respiration peut se pratiquer assis ou couché. Bien qu’en temps normal, il n’est pas conseillé de compter ses temps d’inspiration, expiration et suspensions, dans une pratique avec une personne dépressive, c’est conseillé. Cela va permettre à la personne de se concentrer de manière plus intense et éviter ainsi la dissipation du mental vers d’autres azimuts.

Au départ, la respiration se fait normalement sans temps de suspensions. Progressivement introduire une légère suspension à l’expiration. Quand la suspension à l’expiration sera de même durée que les inspiration-expir, amener une suspension progressive après l’inspiration jusqu’à l’obtention d’une respiration à quatre temps égaux.

 Pratyãhãra

 La pratique de la relaxation et encore plus d’une méditation sont très délicates avec une personne déprimée. Pratyãhãra amené très progressivement est une solution pour calmer l’ensemble corps-respir-mental en fin d’une séance.

Pratyãhãra signifie "amasser à l'intérieur". Pratyãhãra est un état induit par nos états mentaux intérieurs.

Le but de cette pratique est l'arrêt des vagues du mental de raison, de sorte que la conscience puisse être orientée vers l'intérieur (antar). Il est impossible d'explorer les zones intérieures du mental si on est attiré, dérangé ou tourmenté par des expériences sensorielles extérieures.
C'est pourquoi, des informations issues des sens comme l'ouïe, l'odorat, la vue ... devraient être reçues dans la vacuité. Il est difficile pour le commun des mortels de pouvoir pénétrer directement ces zones intérieures du mental, mais l’utilisation d’un support sur lequel nous induisons toute notre action psychique peut nous amener à entrevoir par similitude un état Pratyãhãra.

Parmi les techniques méditatives Trâtaka, Nâda Yoga  et Ajapa Japa ont comme but initial d'induire l'état de Pratyãhãra.

Trâtaka

 Dans Trâtaka c’est essentiellement l’état de vision qui est induit, soit la flamme d’une bougie dont l’aura permet de suggestionner le mental intérieur par mimétisme ou des éléments de couleurs multiples.

 Nâda Yoga

 Nâda Yoga qui est la concentration et la perception auditive des sons particulièrement dans le domaine des harmoniques, permettent une analogie aux sons subtils.

 Ajapa Japa

 Ajapa Japa utilise des mantras. Cette technique demande une mentalisation de textes à connotation sacrées comme les upanishad. Ces mantras sont surtout utilisés dans les monastères.

Dans un sens supérieur, chez les initiés, Pratyãhãra inclut aussi la cessation des sensations psychiques et mentales intérieures.

Mais il existe quelques mantras assez simples pour nous européens qui permettent d’entrer dans ce domaine.

Le plus connu étant le mantra OM chanté sous de nombreuses variantes.

Ce Pranava Mantra, est très subtil et fait appel au pouvoir évocateur affectif des sons.

 Le "A" est la syllabe de la joyeuse expectative enfin réalisée.

Le "A"  est spontanément prononcé lors de l’annonce d’une nouvelle agréable.

Pour apprendre à prononcer correctement le "A" de "AÔM", il faut s'exercer à placer la bouche et la mimique correspondante à cette émotion joyeuse.  Peu à peu un sentiment de joie va s'éveiller en nous.

Le "A" va chercher sa résonnance dans le bas des poumons au niveau du diaphragme.

 Le "Ô" fait vibrer toute l'ossature de la cage thoracique, ce qui prouve que la vibration se communique à la masse d'air enfermée dans les poumons. Cela stimule les cellules pulmonaires et permet un meilleur échange gazeux.                                

Le "Ô"   est la syllabe de l'émerveillement, de l'accomplissement, de l'admiration. Le "Ô" est admiratif. Le "Ô" est prononcé après le "A" avec lenteur pour passer insensiblement du sentiment de joyeuse expectative à celui de l'admiration, en ressentant nettement ces deux sentiments très différents.

Le fin vibromassage provoqué par l'émission de la vocale "Ô"  intéresse plus spécialement les organes de la cage thoracique et de l'abdomen.

 Le "M" est musé, il exprime une intense félicité intérieure.

Après avoir mangé un plat particulièrement savoureux ou que vous humez une fleur vous dites : "Mmm... "

Ce "M" musé fait vibrer toute la tête et une sensation de bien être se répand jusqu’au cerveau, il imprègne le mental d'un sentiment de joie paisible.

Cela ne se décrit pas, cela s'essaie et se ressent.

Gãyatri mantra

 Om bhur bhuwah swah

Tat savitur varenyam

Bhargo devasya dhimahi

Dhiyo yo nah prachodayat

 Que Vivekananda traduit par :

Nous méditons sur la gloire de cet Être qui a produit notre univers,

puisse t-il éclairer notre esprit.

 Om Shanti

Qui est un chant de paix de Swami Satchidananda

 L’importance de Pratyãhãra est d’apprendre à entrevoir la possibilité de modifier ses sensations psychiques et mentales intérieures, cette donnée est très importante pour reprendre confiance en soi et dans SOI.

 

 


BIBLIOGRAPHIE

 

L’essentiel de ce travail, provient de mes réflexions au travers de mon vécu, de mes 5 années de cours au Centre de Formation pour l'Enseignement du  Yoga, complémenté par les livres suivants :

 YOGA-SÛTRA de PATANJALI – Texte traduit et commentaires de TKV DESIKACHAR

Edition du ROCHER (1986) Monaco

 La BHAGAVAD – GĨTà de SHRI AUROBINDO

Edition Spiritualité vivantes chez Albin Michel (1990)

 STRESS Comment l’apprivoiser

Editions J’AI LU  Collection Bien être – Santé - (1992)

 Mieux vivre par le Yoga – Docteur Lionel CAUDRON

Editions J’AI LU  Collection Bien être – Santé - (1997)

 TOUCH FOR HEALTH – Documents Pédagogiques

Francis LARCHER, Kinésiologue

 En Quête de soi - TKV DESIKACHAR avec Martyn NEAL

Editions Ãgamãt - Palaisau   Collection Itinéraires (1999) 

 Le Grand TAO – Dr. Stephen T. CHANG

Editions  Chariot d’Or (2001)  Saint Ismier - France

 Raja Yoga La voie Spirituelle – YESUDIAN HAICH

Editions Au Signal – Lausanne (1979)

 YOGA Anti-stress – Ina TOWNSEND

Editions Marabout Santé Forme (1997)

 Le YOGA selon IYENGAR – Silva, Mira & Shyam Mehta

Editions France Loisir (1992)

 Les 108 Upanishads

D'après la version anglaise de Vidyavachaspati V. Panoli

Traduite par M. Buttex
Site internet : http://www.les-108-upanishads.ch

 BHAKTI YOGA  par Swami Nishchalananda Saraswati

Site internet : http://www.mandalayoga.net        

    

Je tiens à remercier mes amis qui ont essayé de m'inculquer tout ce qu'un prof' de yoga devrait connaître :

- Dominique GENON

- Frank DODEUR

- Anne SPIES
- Jean Claude HONORE

- Pierre LOSA 

- Marie José EVERT

- Janine HOFFMANN

- François DE COCK

et Maryline PHILIPPE avec qui j'ai pratiqué à Denée (Namur).

Om Shanti MICHA ESCARMELLE