La citadelle de Liège

 

Les  évadés

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Sur la muraille , une flèche en marbre, m'a toujours intrigué. Elle parle de l'évasion de trois condamnés. Je vais vous en raconter l'histoire de Georges Béchoux, Georges Gadisseur et Robert Gendarme, telle que me l'a livrée monsieur Lohxay.
 
L'arrestation
 
Le 21 juillet 1941, deux électriciens du service des téléphones et un agent du service des eaux sont arrètés, dans le batiment de la RTT de Seraing, pour sabotage, tels que l' explosion du transformateur et des disjoncteurs de la centrale de transformation électrique de Rotheux-Rimière, et celle d' un grand pylône électrique près de Marche. Béchoux et Gendarme tentent de s'enfuir par l'arrière du batiment, mais serons repris dans un jardin voisin. Gadisseur, resté en arrière parviendra à débrancher les installations d'écoute des collaborateurs, mais il sera arrêté dans les batiments de la RTT 
Ils sont conduits brutalement à l' hôtel de ville de Seraing et mis au cachot. Gadisseur parvient à remettre à un agent de police, un billet avec la liste des " objets compromettants" à faire disparaître (dont 1 kilo de dynamite déposé sur le palier de l'appartement).
 
 
L'interrogatoire
Ils sont transférés à la citadelle, aprés avoir éte interrogés à la Gestapo, au 94 boulevard d' Avroy. Au cours de l' interrogatoire où ils sont roués de coups, ils apprennent que leur dénonciateur est un ancien sous officier de la 6ième compagnie du 14ième de ligne, d' expression Allemande, qui s'est mis à la disposition des Allemands comme interprète, un certain Heinemann. 
 
La condamnation 

 

Les trois hommes sont jugés en même temps que les saboteurs du groupe du notaire Coëme. Le 28 aout après trois jours de procès, le conseil de guerre rend son verdict :

  • Jamart: 1 peine capitale et 10 ans de réclusion 
  • Robion : 2 peines capitales
  • Geys : 2 peines capitales
  • H oké : 1 peine capitale
  • Gendarme : 1 peine capitale
  • Gadisseur : 1 peine capitale
  • Bêchoux : 1 peine capitale
  • Pallen P. : 7 ans de travaux forcés 
  • Bresseur : 3 ans 1/2 
  • mme Mosbeux : 1an 1/2 

Lorsque le président Roska leur demande si quelqu'un a une déclaration à faire, Geys, condamné 2 fois à être fusillé répond " oui ", puis après un court silence déclare " j' aurais quand même une satisfaction, celle de ne faire que la moitié de ma peine " .

Sursis

Les 8 condamnés signent un recour en grâce. Le 7 septembre Roska leur apprend que pour 6 d'entre eux leur recour à été envoyé à Berlin avec un avis favorable. Le 8 septembre Jamart et Robion sont fusillés. Le 14 octobre les 6 sursitaires sont appellés devant le conseil de guerre où leur est donné lecture d'une note signée Adolf Hitler disant : " Je fait sursoir à l' exécution des nommés Louis Geys, Guillaume Hoké, Lambert Pallen, Robert Gendarme, Georges Gadisseur et Georges Bêchoux. Ils sont considèrés comme otages, si d' autres sabotages économiques se produisent, Des ordres seront donnés en conséquence " . Ce jour là La famille de Georges Gadisseur lui rend visite, sa fille Georgette (2 ans 1//2) lui remet un bouquet de fleurs qu'une religieuse soeur Marie-ange a cueillit pour lui. Durant toute son odyssée Georges Gadisseur est parvenu à conserver. Il est toujours en possession de sa fille.

L'évasion

Par manque de place les 3 amis sont réunis dans la même cellule. Ils savent que leur vie ne tient qu'à un fil, aussi décident ils de s' évader, ils demandent à leur épouse des renseignements sur ce qu'elles peuvent observer en leur rendant visite, des lames de scies et des bouts de cordes.

Annie Gadisseur raconte que pour distraire la sentinelle il est arrivé à son père de lui demander à son fils Léon de pincer sa soeur Georgette afin de la faire pleurer, et le gardien , un brave Allemand qui avait une fille de son age et qui déplorait d'en être séparé, la prenait dans ses bras pour la consoler. Le voyant occupé, son épouse, sortait une corde de son sac, pour la passer à son père, qui la faisait disparaître dans son pantalon. Quelle audace, si les Allemands l'avait fouillée.

Ils sont changés de cellule alors que les bareaux sont déja partiellement sciés, aprés avoir vu un ouvrier mettre un point de soudure sur les barreaux déja bien entamés, sans toutefois le signaler aux Allemands.  Après avoir été séparés pendant quelque temps les 3 hommes se retrouvent de nouveau le 6 janvier 1942 dans la cellule 32.le travail reprend. Ils sont toujours décidés d'aller jusqu'au bout.

Le 20 janvier ils n' hésitent plus. Les barreaux sont enlevés. Gendarme fixe la corde de manière à pouvoir la récupèrer. Sitôt après le passage de la sentinelle, Bêchoux se glisse dehor suivit de Gadisseur et de Gendarme. Il est 4 heures 20 , Gendarme tire sur la corde mais elle reste coincée. Craignant le retour des sentinelles, les trois hommes sortent de l' enceinte barbelée et se dirige vers la face droite du bastion 4. A cet endroit le mur fait 12 mètres de haut et même en ajoutant leurs écharpes aux bouts de ficelles tressées qui  leur reste , la longueur n'est que de 7 mètres. Tant pis, Bêchoux prend la corde et commence à descendre. Après quelques mètres la corde se rompt, Bêchoux glisse le long du mur, heureusement légèrement incliné, il se retrouve 5 mètres plus bas , il se relève en boitant fortement. Gendarme prend alors la décision d' aller récupèrer la corde abandonnée. Personne ne l'a apperçue. Après quelques tractions elle tombe à ses pieds. Gendarme s'en empare et fonce retrouver Gadisseur. Malheureusement , une sentinelle arrive. Gendarme se cache sous un des camions rangés sur le bastion 4. Les Allemands ont entendu du bruit et donne l'alerte, à l'aide de leur lampe torche, ils inspectent dans et sous les camions, mais n'apperçoivent pas Gendarme accroché à la force des poignets au chassis. Il gèle à pierre fendre et le métal est glacé. De longues minutes passent avant que gendarme puisse se remettre en route, les mains en sang. Pendant ce temps, las d'attendre, Gadisseur s' est résigné à imiter Bêchoux. Il se laisse pendre à bout de bras, au bout de corde ( 1 métre )qui reste, donne un violent coups de pied dans le mur en pente, pour ne pas s'écorcher contre la parois.Malgrés l'épaisse couche de neige, l'arrivée au sol est si brutale, qu'en reprenant ses esprits il tourne comme une toupie, à quatre pattes, tellement il est sonné. Il est blèssé à la colonne vertébrale et à la hanche droite, mais il parviendras en rampant à rejoindre les jardins de la rue Pierreuse, à frapper à une porte sans savoir qui était derrière. Heureusement, c'est une brave femme, madame Wagner, qui lui permet de traverser sa maison et de rejoindre la rue . Ne voyant plus Gadisseur, Gendarme attache la corde, descent le fossé et regagne la route. Après un dernier regard vers la citadelle il retrouvera ses amis à l'endroit convenu. Les trois évadés serons repris en charge par la famille Gadisseur, puis par le réseau de la résistance. Voici l'histoire de la seule évasion de la citadelle.

Epilogue                  

Nos trois amis rejoindrons l' Angleterre via la France et l' Espagne.

Bêchoux devenus capitaine à la R.A.F. survollera l' Allemagne à plusieurs reprises.

Gadisseur, d'abord occupé dans une compagnie administrative de l' armée belge obtiendrale grade d' officier de la sûreté de l'état.

Gendarme servira dans la section belge de la R.A.F.

Nos trois amis ont échappé à la mort, mais quelques 200 autres détenus de la citadelle y ont étés exécutés.

( d'après monsieur Jules Loxhay et madame Annie Gadisseur).

  Ne les oublions jamais.