à ZenQu'est-ce que le Zen ?
Selon le cliché-archétype le Zen est mondialement connu sous l'image d'un maître, en kolomo noir, d'un moine en kimono noir aussi ou d'un adepte vêtu à l'occidentale, prostré dans une assise rigide, les mains dans un mudra méditatif que rien ne trouble.
Bouddhiste, le Zen l'est certainement foncièrement d'une manière sous-jacente, rien qu'à la présence d'une statuette du Bouddha Sakyamuni ou Amida, ou d'un des nombreux boddhisattvas prônant dans tout zen-dôjô qui se respecte. C'est parce que le Zen se trouve être l'héritier le plus oriental du bouddhisme de la tradition Mahayaniste/Daijo Kai (Grand Véhicule englobant Chine, Tibet, Corée et Japon) dont Nagarjuna fut un des éléments majeurs de l'école Mâdhyamika, la Voie moyenne ou - du milieu- par opposition à celle des théravadins = ceux qui appliquent la parole des aînés (concerne Ceylan, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos). Cette dernière est plus austère, conservatiste et rigide, fuyant une certaine forme de réalité, cherchant même refuge dans l'abstraction de la vie monastique.
Le Zen en général se caractérise par la pratique de Zazen, méditation assise selon une posture précise par laquelle l'on doit effectuer la liaison Terre-Ciel avec la colonne vertébrale. Les temps de méditation varient, que ce soit pour la méditation quotidienne ou hebdomadaire ou lors de sesshins. Ils favorisent la paix de l'esprit et le pouvoir de concentration vigilante en fonction des pratiques de respiration et de décantation des pensées.
Certaines écoles font de zazen leur fer de lance, à en devenir des bouddhas assis; d'autres prônent le Zen en marche, d'autres plus actuels, même au volant ! Les puristes aiment mieux parler de concentration que de méditation.
Le Zen est une des formes de samadhi, assise en l'occurrence. J'ai trouvé récemment une charmante traduction chinoise de samadhi "mise en ordre". C'est un peu cela que le Zen, mettre de l'ordre dans son esprit d'abord, dans son intérieur par la suite et, par voie de conséquence, dans les relations avec l'extérieur.
Mais revenons à cette position assise et au Shikantaza, le fait de s'asseoir simplement. Il est considéré comme la pratique du zazen à l'état pur. Le fait d'être assis en pleine nature devant un beau paysage, en se laissant absorber par l'Univers qui vous entoure, c'est déjà du Zen. Vous avez certainement du faire du Zen sans le savoir!
La finalité existentielle du Zen est de parvenir au Satori. Etat d'Eveil qui permet de s'attendre à l'inattendu, de s'y adapter dans l'Ici et Maintenant pour vivre au-delà ! Ayant donc abandonné son ego avec les attentes et attachements inhérents à la volition de parvenir à ses fins, on peut pratiquer Zen selon Mûshotoku ou esprit de non profit. Ainsi votre pensée se retire des choses qui l'entourent matériellement pour entrer dans un domaine sans émotions, libérée de celles-ci dirons-nous plutôt, dans cet état qu'on nomme pensée-sans pensées, ni arrière-pensées (Hishiryo).
Pour finir, le Zen est notre esprit de chaque jour, à chaque instant, ici-même, celui qui a pour essence de nous permettre de vivre au mieux selon le Dharma (les excellents enseignements du Boudha) dans notre vie courante.
Yun-men ne disait-il pas:
" Dans l'action, contente-toi d'agir.
En pensant, contente-toi de penser,
mais avant tout, cesse
l'agitation de ton mental."
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