Un demi-siècle déjà chez

Extrait du "moto magazine" spécial Salon Bruxelles - N°1, 19 janvier 1952 -- 26ème année

 

Alors que la fondation de la maison Saroléa remonte à cent ans, c'est en 1901 que les fils du fondateur commencèrent la construction des motocyclettes. Un demi-siècle, telle est l'expérience que la Maison a pu accumuler, au profit de sa clientèle, tout en glanant pas mal de lauriers. Les anciens se souviennent : la plupart des noms de nos grands champions sont associés dans leur gloire à celui de Saroléa.

Dans le domaine commercial pur, le succès de la petite 125 " Oiseau Bleu " montre avec quel soin, dans cette Maison, un nouveau modèle est lancé sur le marché. On le verra sous un nouvel habillage, au salon.

L'étonnante multiplication de ces belles et bonnes machines, dans nos villes, nos hameaux, sur toute nos routes, est une preuve incontestable que les premières livraisons -- celles qui font ou détruisent la réputation d'un nouveau modèle -- furent impeccables, comme les suivantes, toutes les suivantes et celles qui viendront après elles.

Une atmosphère particulièrement cordiale s'est ainsi créée entre la clientèle et le constructeur. Elle put s'extérioriser lors du 50ème anniversaire du département " moto ", à l'occasion d'un rallye qui fera date, lui aussi, dans l'histoire du motocycliste belge en général et de la maison en particulier.

 

1951 : le rallye Saroléa.

Organisé par le R.M.C. Liégeois, la Section Sportive Liège-Limbourg, et la Fédération Motocycliste de la Belgique, le rallye Saroléa réunit plusieurs milliers de participants. Reçu comme des amis, ce furent autant de milliers de propagandistes qui reprirent la route après pu suivre pas à pas à tous les stades de la fabrication. Propagandistes déjà convaincus d'avance en tant que client ayant pu apprécier -- de très longue date pour beaucoup -- la valeur du Service offert par un réseau très dense d'agents qualifiés, répartis dans tout le pays et même à l'étranger -- clients restant fidèles à une Maison pour qui le slogan " qualité d'abord " se vérifie chaque jour.

 

Le programme actuel.

Le programme actuel est vaste et complet. On y trouve la 125 " Oiseau Bleu " détails du moteur 125cc. Oiseau Bleu" déjà citée, les 350 latérales

" Continental " et " prima ", la 400 latérales, la nerveuse 350 culbuteurs, la 600 latérales " Coloniales , et enfin, présentée pour la première fois l'an dernier, une des plus belles machines que la Belgique ait produites : la bicylindre 500 " Atlantique".

 

La " Continental " et la " Prima ".

De la première à la seconde , la différence réside en ce que la " Prima " possède une suspension arrière. Nous avons attiré l'attention l'an dernier sur la nouvelle distribution silencieuse dont leur moteur 350 latérales venait d'être doté. Pareille transformation , ainsi que leur présentation toujours plus raffinée, prouvent le succès de ce qui constitue une des plus souples 350 de tourisme qui aient jamais été construites.

Outre cette souplesse et un remarquable silence de marche; ces 350 possèdent une autre qualité, particulièrement appréciable de nos jours : leur économie à la consommation et à l'entretien. il ne s'agit pas ici d'affirmations gratuites mais bien d'essais effectués sur un parcours total de vingt mille km, le seul genre d'essai que nous acceptions de faire publier ainsi que le savent nos lecteurs.

 

Une machine silencieuse.

En réalisant le silence de marche de ces 350 latérales, on a recherché ici avant tout l'agrément du pilote et de son passager. On ne conçoit pas en effet, avec un moteur qui tient la quatrième et reprend sans à-coup à 30 ou 40 à l'heure la pétarade qui caractérise par exemple un type de Sport. Une fois le coup de kick donné -- auquel le moteur répond avec la meilleur grâce, hiver comme été -- le silence mécanique obtenu par la nouvelle distribution distingue le moteur actuel de l'ancien. Une fois en route, on s'aperçois que l'échappement ne trouble en rien la conversation. Si l'on ajoute à ceci la légèreté et la parfaite tenue de route de la machine, on comprend son succès au près des véritables touristes.

 

Et pas gourmande.

Son économie d'exploitation, on l'a dit plus haut, contribue également à sa popularité. Lors des essais rappelés ci-avant le budget des 20.000 km s'est établi comme suit : un jeu de segments -- parce qu'on avait démonté le moteur afin de vérifier complètement -- deux garnitures de frein arrière et un pneu arrière -- cisaillé par un silex.

Consommation ? Un peu plus de trois litres, mais pas trois litres et demi aux cent km. Consommation d'huile ? Imperceptible d'une vidange à l'autre. Et avec ça, des accélérations tout bonnement surprenantes.

 

D'autres améliorations.

Le nouveau dessin de la distribution n'est pas la seule amélioration de ce modèle à succès. Il faut signaler encore l'allégement du poids non suspendu obtenu à l'avant par deux canons mobiles en alliage d'aluminium. Ceci pour la fourche télescopique complètement redessinée pour le surplus.

 

A l'intérieur de chacun des bras un cône amortisseur remplace en effet la tige et le dispositif à clapets utilisés auparavant.

Le moyeu avant à broche est maintenu tout comme le système original qui au moyeu arrière permet le démontage de la chambre à air sans que la roue ne quitte le cadre. Les diamètres des deux tambours de freins ont été augmentés. Il faut noter aussi la belle ligne des garde-boue enveloppants et du réservoir. Une mention toute spéciale pour le fini.

Il n'y a pas d'équivalent que celui des autres Saroléa.

 

La " Vedette ".

La " Vedette " de la famille, c'est cette 350 culbuteurs, bien connue de nos jeunes sportifs et dont le cadre actuellement assemblé par soudure, sans aucun raccord, fait ainsi bénéficier tout l'ensemble d'un gain de poids appréciable.

Tout comme la précédente, elle bénéficie de la nouvelle distribution et de la nouvelle fourche avec éléments mobiles en dural. Il faut noter également que tout les moteurs quatre temps ont un embiellage travaillant sur triple roulement a galets.

Ce sera donc le cas également pour les 400 latérales, la 600 culbuteurs et la 600 latérales type " Colonial ", trois autres machines aussi robustes que les précédentes et d'entretien aussi simple que celles-ci.

 

La 500 cc. Deux cylindres.

Arrivée maintenant au stade définitif de la mise en production la twin " Atlantique " constitue à coup sûr une machine de grand luxe, de classe internationale.

On a poussé très loin ici le souci de l'accessibilité la plus parfaite.

Qu'il s'agisse des bougies ou du rupteur-distributeur d'allumage -- du type " automobile ",-- on imaginerait difficilement pour chacun de ces organes un emplacement mieux à portée de la main.

Le dégagement du carburateur est tout aussi remarquable, au même titre que l'accès au coffre de la batterie. On a enfin trouvé sur l' " Atlantique ", un emplacement rationnel et " de tout repos " pour le signe distinctif fiscal : il se placera dorénavant dans un logement prévu sur le couvercle du coffre de gauche -- coffre aux outils. C'est à l'abri des heurts et des " bris de glace ", une fois pour toutes.

 

Son moteur.

Les deux cylindres placés côte à côte sont peu inclinés vers l'avant par rapport à la verticale selon la pratique bien connue de la Maison Saroléa. Les cotes sont respectivement de 63 mm. Pour l'alésage et 80 pour la course.

La distribution comporte deux arbres à cames travaillant chacun dans un bain d'huile à niveau constant.

Nous avons dit plus haut qu'il s'agissait d'une machine de grand luxe et de classe internationale. D'autres détails permettront d'en juger.

Le vilebrequin, tourillonnant sur trois palier dont un central entre deux cylindres, est équipé de bielles en hiduminium avec coussinets rapportés.

Les soupapes sont stellitées et leurs tiges sont attaquées directement par les culbuteurs, fait d'acier à haute résistance.

Ceux-ci sont lubrifiés sous pression, un canal perforé dans le bras de chacun amenant l'huile jusqu'au dé supérieur de la tige du culbuteur. Autre détail encore et de valeur : les axes porte-culbuteur sont en bronze et les tiges poussoirs, creuses, sont en duralumin.

 

Le graissage.

Le graissage de tous les organes mobiles est réalisé sous pression. Le clapet de sûreté du circuit de graissage est monté à un endroit très accessible du coté de la distribution. Ce circuit possède en outre un filtre en feutre aux imposantes dimensions de 40 mm. De diamètre sur 120 mm. monté dans la ligne de retour tandis qu'un témoin électrique indique la bonne circulation de l'huile.

Bien que le système à carter sec ait été adopté ici comme sur les monocylindriques, aucune tuyauterie d'huile ne passe en dehors du moteur.

 

Le cadre.

Il s'agit d'un cadre tubulaire surbaissé avec fourche hydraulique-téléscopique comportant des amortisseurs à actionaction progressive.

Les éléments mobiles sont bien entendu en duralumin. A l'arrière les élément coulissants agissent sur des ressorts à pas variable.

Nous signalerons encore les freins de 180 mm. de diamètres sur 25 de largeur, le tableau de bord, la prise de force du compteur montée sur la boite des vitesses comme les monocylindriques.

 Une Saroléa de cross.

Enfin d'expérience toute personnelle nous sommes autorisé à dire que cette splendide machine, en dépit de son luxe et de son réel confort, vous emmène à un véritable 135 km/h en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Splendide réalisation qui fait honneur aux techniciens de la Maison Saroléa, au même titre que chacune dans sa catégorie et à commencer par l'infatigable 125 " Oiseau Bleu " les belles machines que nous venons d'écrire.

Après cinquante ans d'intense pratique il ne pouvait en être autrement.

André BAR.