Musique d'intro de infernal affairs 2

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Synopsis

Ming est une taupe aux ordre d'une Triade. Entré dans la police à 18 ans à l'initiative de son mentor,Sam, il a fidélement servis celui-ci pendant 10 ans et profité des tuyaux que le vieux ganster lui livrait sur ses rivaux.

Bien noté de ses supérieurs, Ming est sur le point de passer inspecteur au Criminal Intelligence Bureau - "la Police des Polices locale"...

 

Yan a suivi l'itinéraire inverse. Infiltré au sein des Triades durant ses études à l'Académie de Police, sa mission d'agent secret lui a valu huit condamnations pour coups et blessures et deux séjours en prison avec obligation de suivre un traitement psychiatrique de longue durée.

 

 

Condamnés l'un et l'autre à mener une double vie, Ming et Yan voudraient échapper à leur passé. Le premier aspire à rompre avec la pégre, pour devenir un vrai policier, le second à retrouver son équilibre et son identité. Une soir fatidique, leurs chemins se croisent, et un duel serré s'engage entre les deux hommes, chacun cherchant à démasquer le premier la 'taupe' adverse et à l'éliminer...

 

 

Infernal Affairs 1: En 2002 ,premier volet

Le 1er film.

Infernal Affairs 2: Avant 2002 ,prologue

Sans nul doute le meilleur de la trilogy. A voir aprés.. ou avant IA I ;-)

Infernal Affairs 3: Aprés 2002 ,épilogue

La suite.

 

La trilogie Infernal affairs n'est pas constituée de trois histoires distinctes. C'est une seule histoire dotée d'une structure circulaire, bouclée sur elle-même.

 

 

 

 

Analyse de Takeuchi de Sancho.Does.Asia

[…]

Dix ans, dix longues années que Yan est infiltré dans les triades. Cette mission secrète qui ne devait durer que 3 ans se prolonge, et d’année en année son supérieur, le commissaire Wong, le pousse à continuer. Mais ce jour-là, la seule autre personne qui connaissait sa véritable identité décède et plus que jamais Yan souhaite retrouver une vie normale.

Ming quant à lui est flic depuis dix ans, ses excellents résultats lui ont valu d’être nommé à la tête du Crime Intelligence Bureau. Mais Ming possède un secret que même sa petite amie ignore. En effet, bien avant d’entrer à l’académie de police, il était membre d’une triade.

Sam est un visionnaire. Sam voit loin, à long terme. Sam dirige la plus puissante triade du moment. Sam a convaincu ses jeunes recrues de s’engager dans les forces de police pour mieux le servir. Sam a trouvé en Ming son meilleur élément de prévention envers la police - et surtout envers le superintendant Wong. Depuis 4 ans, Sam a sous ses ordres Yan, en qui il voit son plus fidèle bras droit, et pour cette raison il le charge de démasquer le policier infiltré dans sa triade.

 

Wong a eu la même idée que Sam : envoyer un jeunot infiltrer les triades avant qu’il ne soit "corrompu". Wong est le seul à connaître l’identité de Yan. Wong accepte que l’arrestation de Sam soit la dernière mission de Yan. Mais à une seule condition : il faut qu’il trouve la taupe, infiltrée dans son service, qui renseigne le mafieux.

Un casting de rêve... Hong Kong dans toute sa splendeur.


[…]

Tony Leung incarne Yan, un flic undercover pris entre deux feux, entre deux vies, deux carrières toutes deux clandestines : triade et policier infiltré. Il n’a même pas de véritable existence, et tout ce qui le raccroche à une vie sociale, c’est Anthony Wong. Plus que cela, Leung est tiraillé entre son devoir de mettre sous les barreaux Sam, sa volonté de coincer la taupe infiltrée chez les flics, son désir de retrouver une existence "normale", sa volonté de savoir qui il est vraiment : un flic, un mafieux, un drogué ; c’est quasiment du Friedkin là.

 

 

Leung est en pleine crise d’identité et sans nul doute arrivé au stade avancé d’une dépression. D’autant plus que Leung subit des pressions des deux côtés. D’une part, il est en alerte permanente du fait de son appartenance aux triades, et d’autre part Anthony Wong le pousse à continuer sa mission encore et encore, utilisant même le chantage. De ce fait, on peut dire qu’Anthony Wong se sert de Leung de la même façon que Sam se sert de Ming.


[…]

Tout ceci nous amène à la corruption, véritable fil conducteur du film, mais vous allez voir c’est un peu plus compliqué qu’il n’y paraît. Si on en croît le dictionnaire, le mot corruption signifie l’altération (dans les mœurs) de la substance d’une chose, et la putréfaction qui en résulte. Mais cela se dit aussi des moyens mis en œuvre pour détourner quelqu’un de son devoir, pour l’engager à faire quelque chose contre l’honneur, contre sa conscience.

 

Tout autour des quatre protagonistes sombre dans la corruption, et chacun représente lui-même une forme de corruption différente. Andy Lau incarne la corruption de la jeunesse. Eric Tsang incarne la corruption du sang. Tony Leung, celle de l’esprit. Et Anthony Wong celle du devoir.

Si il est des terres où les corps se conservent longtemps sans corruption, je veux les connaître.

Le devoir justement, où se trouve-t-il ? Quelle place a-t-il ? Et l’honneur dans tout cela peut-il survivre à tant de mal ? A en croire le film, visiblement non. Toute corruption ne peut engendrer qu’annihilation. Même Tony Leung sait pertinemment que rien ne pourra le racheter à ses yeux. Car si l’honneur désigne l’estime qu’on obtient des autres, il signifie aussi l’estime qu’on peut avoir de soi-même. Et c’est cette estime que Tony Leung a perdue en chemin.

[…]

 

Tout ceci nous laisse envisager la suite ou plutôt la pré-suite qui nous parlera plus en détail de la relation Anthony Wong/Eric Tsang et de la jeunesse de Ming et Yan. Pour plus de renseignements vous pouvez vous référer à l’interview de Frederick Tsui (Responsable de la distribution chez Media Asia), qui nous a confié quelques anecdotes sur Infernal Affairs et sa suite, alors voyez le film avant !!

[…]

Takeuchi

Texte Intégrale ici

 
Yan
Ming
Sam
Wong
Tony Leung Chiu Wai
Andy Lau
Eric Tsang
Anthony Wong

né en 1962,Tony Leung Chui Wai est l'un des acteur les plus populaire en asie orientale.

Il a nottamant reçu l'oscar de la meilleur interprétation a Cannes en 2000 pour sont interpretation dans "In the mood for love"

né en 1961,Andy Lau est avant tout un chanteur trés connu a Hong Kong (prés de 30 milions d'albums vendus)

Eric Tsang Chi-wai est né à Hong Kong en 1953. Aujourd'hui, il est l'un des hommes de cinéma les plus actifs à Hong Kong.

L'un des plus grand acteur HK

 

Dispo en france depuis 21-03-05

Bande Originale

 

 

 

 

 

 

Analyse de Takeuchi de Sancho.Does.Asia

Hong-Kong 1991, la nuit est tombée sur le commissariat du Superintendent Wong. Vidé de la plupart de ses résidents, le lieu est propice pour un interrogatoire "off the record". Ainsi Wong parlemente librement autour d’un dîner avec Sam, un jeune chef de triade sous les ordres de la Famille Kwun. Plus qu’une simple discussion entre amis de longue date, ou qu’un simple échange de bons procédés entre un flic et son informateur ; cette rencontre au sommet pleine de silences, voire de non-dits, n’est en fait qu’un bras de fer entre un ambitieux mafieux et un policier presque dépassé. Cette fausse intimité entre Sam et Wong ne présage rien de bon. D’ailleurs, à l’autre bout de la ville, Kwun, le seul et unique chef des Triades de la ville, se fait assassiner.

La vie souterraine est en plein émoi. Les lieutenants de Kwun pensent pouvoir profiter de la mort de leur boss, pour devenir indépendants de la Famille Kwun. Seul Sam reste fidèle et prête allégeance au fils de Kwun, Hau. Ne possédant pas la force de caractère de son père, il est naturel pour ses lieutenants de remettre en question le pouvoir de Hau. Mais le pas si inexpérimenté que ça qu’est Hau, possède un allié de poids en la personne de Sam. Celui-ci fait bien comprendre qu’il est inutile de tenter quoi que soit contre Hau, car il détient des preuves compromettantes pouvant faire tomber chacun des 4 boss. Appeurés et acculés, les 4 bonhommes cèdent aux menaces et prêtent allégeance au jeune Hau, maintenant devenu le tout puissant Hau. Dès lors Wong et son collègue Luk savent pertinemment que le chaos ambiant reste favorable à une guerre du pouvoir, et que le vainqueur du combat sera celui qui a commandité le meurtre de Kwun senior.

 

C’est alors que Wong a l’idée de placer une taupe au sein de l’organisation du jeune Hau Kwun. A peine sorti de l’académie de police, Chan Wing Yan infiltre donc les triades et fait ses classes sous les ordres de Sam. Ce dernier en profite, dans le même temps, pour placer sa propre taupe au sein, non pas des services de police, mais plutôt directement à l’Académie de Police. Ainsi sans même le savoir, Yan et Ming se croisent sans cesse et ne se connaissent pas.

Ce soir, la Famille Kwun règle ses comptes !!

Quelques temps ont passé, Ming a atteint un avancement rapide dû aux informations de Sam l’ambitieux. De son côté, Yan possède maintenant la pleine confiance de Hau, qui lui bien que solidemment implanté à la tête de l’underworld hongkongais, n’a jamais oublié la trahison des chefs de Triades, qui a conduit à la mort de son père. C’est alors que la machine se met en route. Hau profite de l’anniversaire de son enfant pour partager son désir de prendre sa retraite avec les chefs de Triades. A la manière d’un grand seigneur octroyant ses biens à ses vassaux, Hau laisse croire à tous, que son vœu le plus cher est de voir grandir ses enfants et de ne plus être témoin de la moindre violence. Mais tout ceci n’est qu’un prétexte pour que les 4 chefs baissent leur garde. En l’espace d’un instant Hau fait éliminer les hommes qu’il croit être à l’origine du meurtre de son père. Les assassinats sont d’une rare violence et Sam commence à croire qu’il risque lui aussi d’y passer... et il a beau se terrer en Thailande, il reste encore à la portée d’Hau... et y trouve finalement la mort.

 

Mais Hau n’est pas au bout de ses surprises, en peu de temps il découvre que la femme de Sam n’est pas étrangère à la mort de son père. Le bras de la vengeance étant à ce stade bien "chaud", il ne tarde pas à s’abattre sur tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Et ce n’est pas le surprenant retour à la vie de Sam qui calmera la rage aveugle de Hau...

"I killed my mother’s son !! I killed my father’s son !!"

[…]

C’est alors que Media Asia mit en œuvre un film avec pour centre nerveux la corruption ; aussi bien dans les services de police qu’au sein des Triades, et de manière infiltrante. Andrew Lau est pressenti pour diriger le projet. Devant sa caméra, Media Asia met la main au portefeuille et engage le chouchou des jeunes filles en fleur d’HK, le bel Andy Lau. Et pour lui faire face un visage que l’Europe connaît mieux depuis son prix d’interprétation cannois pour In the Mood for Love, celui de Tony Leung. Bien sûr pour qu’un tel projet prenne l’envergure souhaitée, des "seconds couteaux" se joignent à ce couple star. Ainsi Eric Tsang et Anthony Wong seront les mentors respectifs d’Andy et de Tony. En complément de cette riche association d’acteurs, des apparitions anecdotiques d’Elva, de Kelly Chen et de Sammi Cheng prouveront que Media Asia aime les femmes.

[…]

 

A ce stade, deux hypothèses subsistent. Soit les scénaristes écrivant le premier volet des Affaires Infernales avaient déjà dans l’idée d’aller plus loin, et/ou dès le début du projet, il s’agissait alors d’écrire l’histoire de façon à ce qu’une trilogie voit le jour. Soit les producteurs ont flairé le bon filon et ont commandé la suite. Dans le premier cas, (mon cœur de cinéphile préfère croire que cette hypothèse est la bonne !!) le premier et le troisième opus de cette trilogie ne formeraient en fait qu’un seul et même film de plus de 3h (avec un montage dans ce sens, bien entendu). Ainsi le second film prendrait une dimension surprenante et deviendrait le premier volet d’une œuvre quasi géniale, voire parfaite. Mais bon tout porte à croire que la seconde hypothèse est la plus réaliste. Pour preuve, l’interview que nous accordait Frederic Tsui (Responsable de la Co-Production chez Media Asia), lors du 5ème Festival du Film Asiatique de Deauville. On apprenait qu’une suite était prévue.

Cette "préquelle" portera sur la jeunesse des "héros" et surtout sur le pourquoi du comment, en fait. Outre cela, le film parlera plus en détail de l’apprentissage de chacun, celui de flic corrompu pour l’un, et de flic infiltré pour l’autre. De plus certaines zones d’ombre seront enfin éclaircies, voire carrément traitées. Je pense à la relation de "couple" qu’entretiennent Wong et Tsang, avec peut être la signification de leurs rictus lors de leur face à face, et la raison de la débauche de plans sur le cadavre d’Anthony Wong et la détresse de Tony Leung devant le corps de la seule personne connaissant son appartenance à la police. Mister Tsui nous confirma aussi la présence d’un véritable personnage féminin, qui devrait nous aider à comprendre le comportement déviant du personnage d’Andy Lau, le flic corrompu. Et je dois dire que lorsque quelques mois plus tard les affiches nous confirment la présence de Carina Lau dans ce role, mais aussi celle de Francis Ng, il a été clair dans mon esprit qu’ Infernal Affairs 2 serait incontournable...

 

...et je dois avouer que c’est bien le cas. D’ailleurs, autant vous le dire tout de suite Infernal Affairs 2 surclasse non seulement de loin Infernal Affairs, mais parvient à rendre meilleur et même à bonifier le premier film. Attention la quasi perfection d’ Infernal Affairs 2 n’excuse en rien les impardonnables effets de mise en scène du premier opus ; en fait, elle aide à faire passer la pillule de la gorge jusqu’à l’estomac, et conduit donc Infernal Affairs à une bonne digestion.

[…]

Mais la palme est à remettre sans nul doute - une fois de plus à vrai dire - à Anthony Wong, Eric Tsang, et Francis Ng. Trois acteurs que l’on connaît bien et trois grands acteurs au service d’une intrigue somptueuse et ficelée comme il se doit, pour un film sur la Mafia. Anthony fait preuve d’un jeu plus subtil, tout comme Eric Tsang. Tous deux alimentent une légende dont on se languissait de connaître les origines. Leur relation amicale et violente à la fois, accélère le mécanisme d’autodestruction qui fera rage autour de Wong et dont son ami Luk sera victime. Eric Tsang est un homme au comportement tellement ambigu, qu’il pourrait vous serrer la main tout en vous poignardant dans le dos sans que vous vous en rendiez compte.

 

Bien avant de se décolorer les cheveux en blond, Eric Tsang avait une femme, et quelle femme !! Beaucoup plus calculatrice qu’elle veut bien le laisser transparaître, Carina Lau reste la plus belle des femmes. Tellement parfaite que l’on serait prêt à mettre son intégrité de policier de côté pour recevoir ne serait-ce qu’une once de regard de sa part, ou mieux encore son amour. C’est d’ailleurs elle qui fera écouter à Ming, cette chanson qu’il écoutera des années plus tard en compagnie de Yan dans un magasin d’Hi-Fi. Carina Lau est lumineuse et comble de bonheur le piètre fan que je suis.

Quand à Francis Ng, que dire ?? Monsieur Ng Chun Yu est majestueux !!! Monsieur Francis est impeccable !!! Ng est le seul maitre du métier d’acteur. C’est une leçon de jeu simple et juste. En un mot, c’est beau !!

J’ajouterais simplement une spéciale dédicace à Chapman To dont la garde robe se doit d’être saluée. Et à Roy Cheung qui nous gratifie d’un rôle se réduisant à une seule réplique, mais ô combien significative.

Le Pouvoir ne se donne pas. Il se prend !!

[…]

 

Certes les références au Parrain de Mario Puzo sont flagrantes. La quête du pouvoir, l’accession au pouvoir, cette volonté de se venger, d’être le plus fort, d’être le seul maitre à bord. Mais quand un livre aussi puissant et poseur de bases que l’œuvre de Puzo est écrit, toutes les œuvres postérieures ne peuvent paraître que d’immondes resucées. Cependant reprocher quoi que ce soit aux scénaristes d’ Infernal Affairs, serait reprocher à J.K. Rowling d’avoir lu et relu Le Seigneur des Anneaux, vu et assimilé Star Wars et d’avoir repompé la Bible.

Bien au delà de ce genre de vulgaires considérations de "qui a copié qui" - les mots appartenant à tout le monde -, Infernal Affairs 2 est sans doute une prouesse scénaristique devant laquelle il faut que vous soyiez extremement attentifs, pour ne pas vous perdre dans les dédales relationnels entre les protagonistes. Peut-être qu’une diffusion du premier volet au préalable est préférable...

 

Bien plus qu’une simple suite répondant aux multiples et trop nombreuses questions restées sans réponses à la fin d’ Infernal Affairs, Infernal Affairs 2 est un chef d’œuvre à part entière !!

Takeuchi

Texte Intégrale ici

 
Yan
Ming
Sam
Yeung
Sam & Wong
Ming
Yan
Yeung - Yan
Ming
May
Mary
 

Dispo en france

Bande Originale
 

 

 

 

 

Analyse de Takeuchi de Sancho.Does.Asia

Jamais 2 sans 3... ou... Un bon flic est un bon flic mort !!

Une dizaine de mois après la mort de Yan, Ming est lavé de tous soupçons de corruption, mais doit tout de même faire pénitence quelques semaines et est affecté à un poste administratif. Alors qu’il apporte son uniforme à un sergent, il est témoin, ainsi que la totalité du service, du suicide du dit sergent. Non seulement ce suicide a eu lieu dans les locaux de la Police, mais le seul témoin direct est l’inspecteur Yeung. Et c’est justement le comportement de ce dernier qui va pousser Ming à suivre sa propre enquête sur ce curieux chien fou ; car en plus d’avoir réintégré les Affaires Internes, il a bénéficié d’une promotion. Au cours de ses investigations, il met la main sur une photographie de Yeung et de Shen, un chinois du continent fiché dans les dossiers de la Police comme trafiquant d’armes.

Dans le même temps, Ming au bord du divorce, entretient une relation mystérieuse avec l’ancienne psychologue de Yan, le Docteur Lee. Celle-ci, en pleine confiance, lui montre même les dossiers de ses clients et surtout, celui de Yan. Dès le soir venu, Ming s’introduit par effraction dans le cabinet et dérobe l’unité centrale du précieux ordinateur. Au travers de chaque rapport des sessions de psychanalyse, Ming va apprendre qui était Yan, quel homme il était, par quelles nombreuses épreuves il a dû passer, et enfin, sans doute le plus important, ce qu’il pensait au fond de son cœur, de son âme...

 

"Everything will be OK, after tomorrow !!"

Dix mois avant sa mort, Yan est sommé par le Superintendent Wong de suivre une thérapie s’il ne veut pas terminer en prison, en compagnie des mafieux qu’il a contribué à mettre sous les verrous. Ne pouvant dire qui il est vraiment à son médecin de l’esprit, Yan s’enferme dans le mutisme et toutes sortes de mensonges, plus abracadabrants les uns que les autres. Puis peu à peu le Dr Lee obtient sa confiance, d’abord forcée puis totale. Yan commence alors à se livrer et à se confier. Dans le même temps, Sam, son boss, prépare une transaction juteuse avec un trafiquant d’armes, le précité Shen. Sam charge Yan de s’occuper du deal.

Parallèlement à cela et à quelques mois d’intervalle, Ming accentue sa surveillance de Yeung, allant jusqu’à placer un émetteur sous sa voiture et une caméra dans son bureau. Mais dans ce monde de paraître, Ming a bien du mal à y voir clair ; il se souvient de Mary, son premier amour (la femme de Sam) et de Mary, sa femme qui a accouché d’un enfant dont il est le père...

 

 

Qu’allait bien pouvoir inventer Hong-Kong ce coup-ci, pour le troisième opus d’une série de films, d’ores et déjà plus que légendairement mythique ? Un approfondissement des pesonnages, en décrivant encore plus en détail leur passé, semblait la solution de facilité et/ou la voie royale, pour les scénaristes. Expliquer leur comportement par le biais de rencontres qui les changèrent à tout jamais, n’aurait été qu’une redite d’ Infernal Affairs 2. Non décidément non, il fallait trouver autre chose. Et là tout à coup, une idée, toute simple : et si on écrivait une toute autre histoire, et si on allait plus loin que le simple imbroglio de corruptions des âmes, si on éclairait les zones d’ombres de ces années troubles passées à la trappe dans Infernal Affairs, si on décortiquait, grattait l’image qu’affichaient Yan et Ming... Qu’allions-nous alors découvrir ??

Tout ce dont on pouvait être sûr c’est que les producteurs n’allaient certainement pas mettre au rebus cette poule aux oeufs d’or ; d’autant plus que le succès des deux premiers Infernal Affairs reste sans égal, dans l’histoire de l’industrie cinématographique hongkongaise. Dès lors, un spectre inquiétant stagne au dessus du projet Infernal Affairs 3. Mais il faut avouer que ce spectre est bien vite dissipé, après une scène d’ouverture de toute beauté et résumant parfaitement la situation, voire la détresse dans laquelle se trouve Yan. Cette violence ne lui ressemble pas - il le sait - et c’est ce qui le consumme et c’est probablement la raison de sa mort. Marchant au bord du gouffre de l’illégalité et de la folie, Yan et Ming ne sont pas si différents que cela ; l’analogie entre leur façon de conduire et de se conduire est le point d’orgue du film et peut-être de la trilogie...

"- Qui vous a dit qu'il trahirait?
- Ma vie me l'a dit!! "

Infernal Affairs 3 est un film non plus sur la quête du pouvoir, mais plutôt sur la recherche de soi, et plus particulièrement sur la re-découverte de ses propres idéaux. Au premier abord, et après les évenements meurtriers dont il est l’auteur, tout laisse à penser que Ming serait tenté d’accéder à une quelconque rédemption... mais dès les premieres images du film, on est certain que ce n’est pas ce qu’il cherche. Pourtant, tout laisse croire qu’il souhaite se racheter en débusquant les autres taupes infiltrées au sein des services de police. C’est quasiment comme s’il se sentait investi d’une mission, divine peut être, en tout cas qu’il ne saisit pas et dont il ne connaît pas la provenance. En extrapolant à peine, on peut aisément en déduire que Ming est atteint de distorsions mentales, depuis le double meurtre de Yan et de Sam, et n’est donc plus capable d’assurer ni son poste ni ses actes à venir.

En fait, Ming est schizophrène, fou et rongé de l’intérieur par ses propres machinations, ses propres péchés, sa vie. Car même si Ming est lavé de tous soupçons (à tort !!) il n’en reste pas moins changé - il ne peut d’ailleurs soutenir le regard de Yan, même celui émanant d’une photo. Pourtant Ming veut devenir un homme bon et c’est ce qui l’aveuglera jusqu’à la fin de son enquête. Enquête qu’il est le seul à suivre, ou plutôt une introspection de lui-même, avec pour point d’encrage la fin tragique de Yan. Mais est-ce que, dans cet univers de faux-semblants, la vérité qui éclatera au grand jour sera la vérité telle que la conçoit Ming, ou plutôt celle en qui croyaient tous ces hommes de bonne volonté, morts : Yan, Luk, Superintendent Wong ?

Infernal Affairs 3 n’est pas une prolongation indigeste d’Infernal Affairs et encore moins une mauvaise mayonnaise qu’on aurait trop rallongée. Bien au contraire, même si ça sent le réchauffé, Infernal Affairs 3 ne sombre jamais dans la complaisance, ni dans la mise en scène tape à l’œil. Infernal Affairs 3 possède un montage assez impressionant (non seulement du point de vue chronologique, mais aussi dans de simples séquences comme celle de la thérapie en duo), prouvant au final qu’un réalisateur peut sans cesse se renouveler, du moment qu’il a en sa possession un bon scénario - incluant des nouveaux personnages forts et utiles incarnés par Leon Lai et Chen Dao Ming (l’Empereur de Hero), qui alimentent non pas l’histoire personelle de chaque personnage central, mais enrichissent plutôt la tragédie de leur vie.

L’un des éléments clés du film est le personnage du Dr Lee. Je m’explique. Pendant sa thérapie, on comprend que Yan pense mériter sa propre mort, mais qu’il croit en une certaine rédemption. Peut-être que la seule personne capable de lui apporter est ce Dr Lee, et peut-être est-ce ce que Ming recherche au contact de ce même docteur. Car finalement, c’est elle qui les réunira vraiment puisqu’ils se feront tous deux psychanalysés dans la même pièce, chacun son fauteuil, chacun sa rédemption, chacun son fardeau. Par ailleurs, la relation ambiguë que Ming connaît avec le Dr Lee nous paraît presque normale, et on se surprend presque à espérer une fin heureuse pour ce couple. En tout cas on se prend clairement d’affection pour Ming, et c’est en ça que réside le tour de force du scénario : nous faire oublier qu’il est une ordure de la pire espèce.

"Sorry I’m a cop."

Au bout du compte, on ne peut pas rentrer dans le jeu de savoir lequel est le meilleur des trois Infernal Affairs, car chacun des films orbite autour d’une histoire qui lui est propre, d’une musique et d’une ambiance : ce sont trois films radicalement différents. Je dirais juste qu’Infernal Affairs premier du nom n’est certes pas à la hauteur des deux volets suivants. Qu’Infernal Affairs 2 est digne des plus grands polars jamais réalisés et qu’Infernal Affairs 3 conclut magistralement une trilogie entamée un certain 12 décembre 2002 et achevée un certain 12 décembre 2003. Et puis après tout c’est à la fin d’Infernal Affairs 3 que le soutra religieux à l’origine de la trilogie, ainsi que ce plan où Yan sort de l’Académie et se retourne au ralenti, prennent une ampleur - comme quoi on peut toujours revenir sur ce qui a été mal écrit, ou en tout cas mal exprimé. Et puis Infernal Affairs 3 c’est finalement l’occasion de revoir Tony Leung dans une bibliothèque, et ceci n’étant pas arrivé depuis 12 ans, ça nous remplit les yeux de larmes.

"As-tu déjà rencontré un homme simplement gentil, mais capable de te rayer de la surface de la Terre ??"

 

Si comme le dit Chen Dao Ming ce sont les évenements qui changent les hommes et non pas les hommes qui changent les évenements, j’ajouterais qu’il existe des films ayant eux aussi le pouvoir de changer les hommes et que les Infernal Affairs sont de ceux-là.

Pour en finir définitivement avec cette trilogie, je donnerais un court avis sur l’évolution des films. D’un point de vue réalisation, éclairage, jeu d’acteur et scénario, tout va crescendo, et même la musique si horripilante par moment dans Infernal Affairs, si discrète dans Infernal Affairs 2 et si monumentale dans Infernal Affairs 3 connaît une amélioration cinglante. Infernal Affairs 3 boucle la boucle et nous laisse le cœur apaisé et l’âme presque nettoyée, tout en nous faisant frissonner jusqu’au bout de nos pensées.

Takeuchi

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Yan
Ming
Sam
Keung
Shen
 

Dispo en france

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