Nous vous présentons ici une suite inédite sur une musique originale de Pierre Hottekiet, musicien de notre groupe. La chorégraphie de cette "Petite suite tournaisienne" a été réalisée par Lou Flagel avec qui le groupe travaille depuis une douzaine d'années. Pour vous présenter cette suite inédite, nous avons demandé à Pierre de vous en décrire l'historique et l'atmosphère....
Ainsi, la petite mélodie récurrente, La Petite Fille en blanc, qui assure le lien dans la suite. Ainsi la Place Saint-Pierre (mazurka quasi-java) et ses cafés de la fin des années cinquante à une époque où celle-ci avait "mauvaise réputation"... Ainsi, le Kiosque à musique (valse-hésitation) trônant au milieu du parc communal où, tout gamin, mes parents m'emmenaient écouter l'Harmonie des pompiers en concert inaugural de la Foire de Septembre. Je me souviens de ces soirées où, le soir tombé, dans la fraîcheur déjà automnale, nous écoutions les notes se disperser parmi les arbres. Le concert terminé, la foule se dirigeait vers la Grand'Place pour "y faire un tour"... Souvenir également, Saint-Jean (marche). C'était pour moi, gamin de Saint-Piat, aller à l'étranger, franchir par la passerelle la frontière constituée par l'Escaut et me retrouver dans le quartier militaire. c'était l'ordre et la discipline contrastant avec les jeunes filles aux robes flottant au vent... Souvenir aussi que ce parcours au long de l'Escaut, Jeux d'enfants au bord de l'eau, que je suivais plusieurs fois par jour afin de me rendre à l'école Paris à une époque où les trottoirs me semblaient immenses au point de pouvoir y jouer aux billes, en m'arrêtant le temps de voir se croiser les péniches dont je lisais le nom et la ville d'origine... Souvenir aussi que celui du Sacre Saint-Piat (bourrée quatre temps et trois temps). Du premier étage de la maison familiale ou du coin de l'impasse Dewasme, j'étais aux premières loges pour pouvoir observer, entre gammes et études au piano, le spectacle de la rue... Souvenir enfin que le Jour du Marché (marche) qui, chaque samedi matin, voyait arriver la population bigarrée des alentours... Une fois la Suite musicalement organisée, il fallut passer au stade de la chorégraphie. Je rencontrai à plusieurs reprises Lou Flagel. Au terme de nombreux tâtonnements, questionnements, discussions, le projet prit enfin forme : deux expressions artistiques réunies autour d'un même projet. Lou Flagel a résolument opté pour un petit bal intemporel. Ce que chaque musique représente pour moi est strictement personnel et subjectif. Chacun peut en effet y voir ce qu'il veut. Une seule certitude, nous sommes ici en milieu urbain. C'est l'histoire d'un petit bal de quartier se déroulant dans la rue. La foule s'y promène dans un relatif désordre (d'où le nombre important de danseurs sur scène) et les couples se font et se défont au gré des circonstances. Dès les premières mesures et également tout à la fin, les danseurs montrent leur attention envers l'orchestre qui n'accompagne pas seulement les danses mais fait partie de la dynamique scénique.
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