Les usines IMPERIA à Nessonvaux

Une belle histoire en route dès 1908


Village pittoresque entre Liège et Verviers, sur les bords de la Vesdre à la limite du verdoyant pays de Herve et des premiers contreforts de l’Ardenne, Nessonvaux fut un haut lieu de l’industrie wallonne pendant de nombreuses années. Non loin de là, à Liège, Monsieur Adrien G. Piedbeuf construisait depuis 1906 dans un petit atelier, au 63 de la rue de Fragnée, des voitures automobiles. Travaillant aussi à Aix-la-Chapelle, où il exploitait une agence de voitures de la marque « Métallurgique » en compagnie d’un associé Hans Ashoff, il choisit comme sigle des ses voitures fabriquées à Liège une couronne bordée du nom IMPERIA en souvenir de sa ville d’origine. Cet emblème restera l’écusson d’identification des véhicules IMPERIA. Très à l’étroit dans son atelier liégeois, il fit l’acquisition de l’usine Pieper de la rue Gomélevay à Nessonvaux, en faillite depuis 1905.

La grande aventure s’accélérait dans ces bâtiments à façade moyenâgeuse encore visible actuellement.

En 1907, un statut de société anonyme fut créé sous le nom de « Automobiles IMPERIA Nessonvaux » au capital social de sept millions cinq cent mille francs, gérée par six fondateurs constituant le conseil d’administration.

Et dès 1908, des IMPERIA sortiront de l’usine de Nessonvaux. Trois modèles seront très vite disponibles, une 24/30, une 50/60 ainsi qu’une 16/20. En 1912, l’usine IMPERIA de Nessonvaux fusionnera avec l’usine Springuel de Huy. En 1913, le coureur espagnol Francisco Abadal propose à IMPERIA de concevoir et de construire ses voitures. Paul Henze accepte la proposition et met en chantier deux modèles sportifs baptisés « IMPERIA Abadal ».

Mathieu Van Roggen arrive à Nessonvaux et fait entrer, en 1922, à l’IMPERIA Arnold Couchard qui créera en 1923 le fameux moteur Sans Soupapes, un moteur incassable.

Le moteur IMPERIA Sans Soupapes se différencie par le fait qu’il possède deux tiroirs opposés en forme de tuile, ajustés parfaitement dans des encoches formant glissières pratiquées dans la paroi du cylindre. Les tiroirs sont actionnés du bas par des culbuteurs à deux branches logés dans la carter.


Grand prix d’Europe du 21 juillet 1930

Le ciel est gris, le vent est violent en cette fête nationale. Un nombreux public a rejoint Francorchamps pour ce grand prix 1930. Le départ est donné à midi sous une timide éclaircie en présence de Miss Belgique et Miss France. Trois IMPERIA sont sur la grille pilotées par Zehender, Ledure et Doré. Dès le départ, une Bugatti prend la tête dans un bruit indescriptible… (suite dans le livre).


Des Tractions Avant pour la relance de l’usine

Un « ATOUT » pour Nessonvaux

Il est urgent de relancer l’usine en construisant quelques chose de nouveau. Les voitures de cette année 1933 ne répondent plus aux critères de forme et de confort que le public attend. Par la voie de son administrateur principal, Monsieur Van Roggen, la décision tombe. « Puisqu’il n’est plus possible d’étudier faute de moyens financiers un nouveau modèle, on construira à l’usine des véhicules automobiles sous licence ». Le choix se porte sur la voiture allemande Adler « Trumph », (qui signifie « Atout » en français).

Ces IMPERIA TA7 et TA9 à moteur Adler porteront des noms d’oiseaux, Mouette, Hirondelle, Alouette, Mésange ou encore d’autres types, Diane et la plus belle, la TA11 Jupiter qui, née en 1938, ne durera que 2 ou 3 ans, la guerre 40-45 est là ! (suite dans le livre).


Les « Journées Salons »

Un salon fut un moment émouvant pour les chauffeurs de l’IMPERIA, celui de Budapest, en Hongrie, en avril 1939. Quatre voitures prirent le départ de Nessonvaux le samedi 22 avril à 18h00’. Les chauffeurs se nommaient Messieurs Brick, Burhenne et Bechou. Ces trois ouvriers étaient aussi mécaniciens au service dépannage de l’usine. Le quatrième chauffeur était bien sûr Marcel Albert, l’essayeur, qui était accompagné de Walter Deutch. Ces quatres TA prirent donc la direction de Bonn, Koblenz, Francfort et Nuremberg, ville nazie, où ils purent contempler avec stupéfaction le degré d’avancement de l’armement allemand. En effet, ils tombèrent… (la suite dans le livre !!!).

La grande exposition de l’eau à Liège, en 1939, est une vitrine de premier choix pour l’usine IMPERIA de Nessonvaux. L’usine a préparé spécialement pour cet événement international dix voitures TA 11 Jupiter.


Des coccinelles à Nessonvaux

En 1946, un projet audacieux suscite de l’émoi dans les bureaux de la direction de l’usine IMPERIA. Volkswagen veut étendre sa fabrication. La firme allemande doit impérativement trouver de nouveaux débouchés à l’étranger pour le montage des ses voitures coccinelles. Les dirigeants allemands connaissaient le savoir-faire wallon et la qualité des ouvriers de Nessonvaux connus aussi pour leur participation avec Adler. Les patrons de Volkswagen débarquent bientôt à Nessonvaux afin de proposer le montage des voitures coccinelles aux responsables de l’IMPERIA. Des contacts sont noués, des plans précis sont établis. C’est le cas du projet de raccordement direct de l’usine à la ligne de chemin de fer Paris-Bruxelles-Cologne qui passe à proximité directe des ateliers nessonvautois. Pour expédier rapidement les véhicules terminés,… (la suite dans le livre).


Des moteurs Français à Nessonvaux

A la fin du conflit mondial, à la capitulation de l’Allemagne nazie, l’usine IMPERIA ne pouvait plus équiper ses modèles de moteurs Adler. L’usine allemande était totalement détruite et le constructeur wallon devait trouver une solution au plus vite. C’est Alfred Mathieu, directeur technique de l’entreprise, qui va la trouver. Celle-ci viendra de France et plus précisément de la firme Hotchkiss, (la suite dans le livre)


Standard 8 – 10 – 12 – 14

Peu après la libération, la direction des usines IMPERIA signe un accord avec la firme anglaise Standard Motor CY afin d’importer et de monter les voitures Standard. Dès 1947, la Standard 8 est assemblée dans les ateliers nessonvautois. Cette petite voiture possède deux avantages assez rares pour un modèle de cette cylindrée à savoir les roues avant indépendantes et la boîte à quatre rapports. La Standard 14 sera aussi assemblée à Nessonvaux à partir de 1947. Cette voiture joint la robustesse britannique de la Standard à l’élégance wallonne de l’IMPERIA. Un an plus tard, en 1948, ce sera au tour de la Standard 10 de sortir des chaînes de Nessonvaux. (photos et détails dans le livre)


La période retour aux sources

Montage des motos Adler


Un délégué de l’usine IMPERIA, rentre d’Allemagne sur une petite moto Adler qui lui a été confiée par la direction de la firme allemande. Dès l’arrivée à Nessonvaux, ce petit véhicule, léger et fort joli, dénommé M100 est confié à Marcel Albert pour les premiers tours de piste. Les accords entre IMPERIA et Adler sont engagés en 1948 pour le montage de toute la gamme Adler. (Tous les modèles des motos Adler en détail et en photos dans le livre)

L’équipage Nicolas Berleur, Marcel Albert et Emile Chevolet participa à Liège – Monaco – Liège en 1953 sur les motos Adler construites à l’usine IMPERIA de Nessonvaux. Le départ fut donné à Liège le 29/04/1953. Le trajet aller fut éprouvant car la neige attendait les motocyclistes dès Manhay, c’est-à-dire après quelques kilomètres à peine. Le brouillard allait rendre la course plus dure encore en restant présent jusqu’à Clermont-Ferrand, en Auvergne. Au retour, la pluie était encore au rendez-vous au départ monégasque sous le regard de Monsieur Waroux, chef électricien à l’IMPERIA. Ce trajet restera gravé dans la mémoire des compétiteurs wallons. A Menton, après quelques kilomètres, Emile Chevolet chutait. Marcel Albret l’imitera après 50 km de course dans le col de Braus le long de la frontière italienne. C’est avec la pédale de frein arrière pliée et le seul frein avant disponible qu’il... (à suivre avec d’autres courses et d’autres péripéties de ces pilotes chevronnés dans le livre « Les Belles Nessonvautoises »).


Les Vanguard

L’évolution du marché automobile européen amènera le lancement de la Standard Vanguard, un modèle qui sera bien accueilli en Belgique. Dès 1948, d’importantes chaînes sont établies à Nessonvaux pour le lancement de ce nouveau véhicule. Chaque semaine, quarante-deux Vanguard arrivent en pièces détachées à l’usine IMPERIA. D’Angleterre, c’est par voie maritime et la voie ferrée que ce matériel arrivera en gare de Nessonvaux dans d’immenses caisses en bois. Chaque caisse contient six Vanguard. A l’usine de la rue Gomélevay, l’activité est plus débordante que jamais. La vérification et le classement de toutes ces pièces constituent un travail indispensable et préalable au montage. Plusieurs ouvriers s’activent au débarquement (une période faste pour l’usine IMPERIA à Nessonvaux). L’usine occupe 700 travailleurs. (Toute l’histoire et tous les détails dans le livre).

(A découvrir absolument !).


Triumph Mayflower et Renow

Autre véhicule convoité en ce milieu du 20e siècle, la Triumph. L’usine Triumph fut détruite durant les célèbres bombardement de Coventry des 14 et 15 Novembre 1940. Après la guerre, la marque fut rachetée par la firme Standard qui relancera les modèles Triumph et c’est naturellement l’usine IMPERIA qui sera sollicitée pour assembler ce type de véhicule au rythme de 3 ou 4 unités par jour. C’est en 1950 que la première Mayflower sera testée sur la piste de l’usine.


Bussing, des camions et autocars

1951 marque une année faste pour IMPERIA. Cette année-là, la société se positionne dans le créneau du transport en commun grâce à la réception de quelques dizaines de châssis d’autobus. Les pièces étaient acheminées dans des containers transportés par voie ferrée et contrôlés par les services douaniers à l’intérieur de l’usine. Le personnel de l’usine ajoutait une cabine de camion Büssing au châssis car la carrosserie était réalisée par d’autres entités industrielles. Les chauffeurs essayeurs n’étaient guère impressionnés ; ils effectuaient les essais sans aucune protection, seulement assis sur leur siège.


Les fabuleuses Alfa Romeo 1900 à Nessonvaux

Un jour de 1953, les ouvriers des ateliers de Nessonvaux furent très étonnés de recevoir la visite du meilleur coureur automobile de l’époque, le champion du monde argentin Manuel Fangio. Celui-ci venait effectuer des essais moteurs sur son Alfa en vue d’un GP à Francorchamps. La famille Zurstrassen, propriétaire de l’usine automobile IMPERIA a également des activités commerciales en Italie dans le domaine textile. Elle a d’excellentes relations avec Alfa Romeo. C’est ainsi que les établissements IMPERIA vont utiliser leur réseau commercial pour vendre les voitures italiennes en Belgique, avec notamment la garage Van Steenkiste de la Lange Violettestraat à Gand qui vend déjà depuis longtemps des IMPERIA et des Standard produites à Nessonvaux.


Des sportives à Nessonvaux

Les TR2 et TR3


La firme Standard ayant racheté Triumph, IMPERIA se vit aussi, dès 1953, proposer l’assemblage des TR2. Ces véhicules se présentaient avec un volant à gauche, les couleurs rappelaient assez les tons des motos Adler (Bleu, brun, noir sont les couleurs les plus en vogues). Le tout pour un prix de vente de 114.500 FB.

A l’automne de 1955, la TR2 avait fait son temps et elle fut remplacée par la TR3. Celle-ci présentait un véhicule identique à l’exception de la calandre. La puissance du moteur fut portée à 100 cv. La TR3 était dès lors une voiture sportive bon marché (129.500 FB). La lettre N (première lettre de Nessonvaux) accompagne le n° sur la plaque du châssis. Cette belle voiture sera la dernière assemblée dans les ateliers IMPERIA de Nessonvaux. (Toute l’histoire des TR2 et TR3 en photos dans le livre).


Palmarès des voitures construites à Nessonvaux

IMPERIA – VANGUARD – TR2 – TR3 – ALFA ROMEO

(entre parenthèses les noms des pilotes)

IMPERIA
1908 Trouville 2e et 3e
1908 Meeting de Salon 1er et 2e
1908 Mont Ventoux 1er (Champoiseau), 2e (Creterin)
1908 Meeting de Spa 1er
1908 Meeting d’Ostende coupe d’Ostende (Sauvenière)
1908 Gaillon 2e
1908 Château-Thierry 1er et 2e
1908 Meeting d’Evreux 1er
1908 Coupe de Spa, catégorie Tourisme, 5e
1908 Spa Coupe Pilette, catégorie Course, 2e (Morane)
1908 Coupe de la Meuse 1er
1909 Coupe de la Meuse 1er voitures Tourisme, 1er
voitures fermées, 1er voitures courses
1909 Meeting d’Ostende 1er
1910 Brooklands 1er record de vitesse (Kean)

La liste complète dans le livre jusqu’en 1958 !


Liège – Rome – Liège 1938

Oscar Moulu et Omer Rossignon, deux habitants deTintigny en province de Luxembourg, n’avait aucun passé sportif lorsqu’ils vont remporter un brillant succès dans une épreuve d’envergure grâce à une IMPERIA. Cette voiture, une traction avant, est préparée à l’usine de Nessonvaux pour l’épreuve d’endurance de 4550 km qui attend les deux Gaumais. Moulu connaît bien les véhicules car il est concessionnaire IMPERIA depuis 1929. Sans préparation physique spéciale préalable, les deux pilotes…
(Une suite passionnante à découvrir dans le livre).


Les différents modèles produits par IMPERIA à Nessonvaux

1908 IMPERIA 12cv 1764cc
1908 IMPERIA 16/20, 24/30, 50/60 HP
1909 IMPERIA 28 HP
1912 SPRINGEL-IMPERIA 8/10, 10/12, 14/16 HP
1913 SPRINGEL-IMPERIA 18/24, 28/35 HP
1913 IMPERIA-ABADAL 4 cyl.
1914 IMPERIA-ABADAL 15/22, 20/26
1919 IMPERIA-ABADAL 80/150
1920 IMPERIA-ABADAL 16/23
1920 IMPERIA 12 HP, 75/120
1921 IMPERIA-ABADAL Grand Luxe 8 cyl. 5630 cc 80/140

(La liste complète et détaillée jusqu’en 1958 à voir dans le livre « Les Belles Nessonvautoises »).


La fin d’IMPERIA

C’est en 1955 que les dirigeant d’IMPERIA commencent à constater un certain déclin dans la chaîne de montage des voitures Triumph. Et c’est le départ de la firme Triumph en 1958, vers le Nord du pays laissant une cinquantaine de travailleurs sans emploi à Nessonvaux. Ceux-ci prendront leurs congés en juillet-août 1958 et ne reviendront plus à l’usine IMPERIA qui fermera ses portes. Quelle richesse dans l’histoire de l’usine IMPERIA de 1908 à 1958. Cinquante ans d’activités automobiles dans la vallée de la Vesdre entre Liège et Verviers. IMPERIA, un grand nom grâce à un personnel compétent dont un chapitre de 30 pages et plus de 70 photos pour leur rendre un hommage combien mérité. (A découvrir dans le livre).