Modélisation et aide à la décision pour un développement durable : pistes de recherche
Description du projet
Trop souvent, le développement durable est abordé avec des instruments de modélisation et d'aide à la décision préexistants construits initialement pour une décision économique "classique" (investissement, choix technologiques...), inspirés d'une épistémologie et d'une tradition scientifique qui nous paraît souvent inadéquate pour les raisons suivantes :
- l'approche qui les fonde est fondamentalement uni- ou mono-disciplinaire alors que le développement durable exige une approche inter- (ou trans-) disciplinaire afin d'appréhender les relations entre l'homme et son milieu, mais aussi pour rendre compte de la complexité de la sphère biophysique et de la non moins grande complexité de la sphère "anthropique" dans ses dimensions culturelle, sociologique, démographique, etc... ;
- le point de vue adopté est trop souvent "unigénérationnel", alors que le développement durable consiste précisément à évaluer le mieux possible l'impact de nos décisions actuelles sur les possibilités de bien-être des générations futures. Les approches traditionnelles font soit tout simplement l'impasse sur les générations futures, soit réduisent celles-ci à une copie conforme des générations actuelles, obéissant, par l'exemple, à une fonction d'utilité identique à la nôtre simplement affectée d'un taux d'actualisation ;
- une part insuffisante y est faite à l'aléatoire, à l'incertain, principalement en ce qui concerne le savoir scientifique lui-même. Les données scientifiques y sont rarement présentes sous forme de distribution de probabilité alors que bien souvent la communauté scientifique est extrêmement divisée sur les valeurs réelles de très nombreux paramètres. En général, le domaine de l'incertain et de l'aléatoire est réservé au futur et aux décisions humaines alors qu'il imprègne de bout en bout nos connaissances actuelles, y compris le monde biophysique ;
- la prise de décision y est envisagée majoritairement au niveau de l'Etat-Nation alors que le développement durable suppose une implication beaucoup plus importante des pouvoirs locaux, régionaux, supra-nationaux. Souvent, d'ailleurs, le niveau de décision est considéré comme une donnée exogène et fixe, comme un élément de la solution alors même qu'il fait parte du problème.
Des modèles efficaces pour le développement durable devraient donc réunir les conditions suivantes : être interdisciplinaires, pouvoir adopter un horizon temporel de moyen et long terme et/ou modéliser explicitement les générations, prendre en compte l'aléatoire et l'incertain, déterminer le niveau optimum de décision et incorporer les variables de commande pertinentes à ce niveau.
En règle générale, les approches classiques remplissent insuffisamment ces conditions. En revanche, certaines approches nouvelles qui émergent sont plus susceptibles de les réunir. Cependant, elles sont encore généralement peu pratiquées en Belgique et demandent à être soigneusement évaluées avant d'en suggérer une plus grande utilisation.
Ce projet s'inscrit dans le cadre de l'article 35 de l'Agenda 21 qui invite à "mettre au point et appliquer de nouveaux outils analytiques et prévisionnels permettant d'étudier avec plus de précision l'influence croissante de l'intervention de l'homme (...) et des tendances démographiques sur les systèmes naturels de la Terre, et de mesurer les effets et les conséquences de cette intervention et de cette dynamique."
Cet article énonce également la nécessité "d'appuyer la mise au point de nouveaux systèmes et techniques simples à utiliser et permettant de coordonner les processus multidisciplinaires - physiques, chimiques, biologiques et socio-humains - qui fournissent ensuite des informations et des connaissances aux décideurs et au grand public", ce qui constitue la motivation fondamentale de ce projet.
L'objectif du projet est d'identifier les approches susceptibles de renouveler la pratique de l'aide à la décision en matière de développement durable dans notre pays, ce qui correspond à deux des objectifs assignés aux Actions de support, à savoir :
- la sélection, la confrontation et l'intégration des connaissances scientifiques acquises dans divers domaines en matière de développement durable ;
- la promotion active de la communication et des échanges auprès des utilisateurs potentiels, à la fois en tant que scientifiques, responsables politiques ou autres.
La méthodologie est donc axée autour de trois leviers :
- la nécessité d'une modélisation, pas nécessairement quantitative mais la plus rigoureuse possible afin de garantir l'objectivité et la reproductibilité des résultats ;
- la recherche des niveaux les plus adéquats de décision et l'intégration des variables de commande correspondant à ces différents niveaux dans la modélisation ;
- le tout au service d'une vision interdisciplinaire, intergénérationnelle et non-déterministe du développement.
Documents
| Rapport final du projet |  |
| Models for sustainable development policy-making: state of the
art and perspectives |  |
Documents en appui à la Table ronde "utilisateurs - modélisateurs" organisée le 19 juin 2003
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| Modèles et développement durable |  |
| Thématiques et développement durable |  |
| Booklet workshop commission européenne - SSTC Setting concepts into motion |  | |
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Contacts
Paul-Marie Boulanger
Thierry Bréchet
Projet de recherche financé par les Services fédéraux des affaires scientifiques, techniques et culturelles (SSTC) dans le cadre des Actions de support du plan d'appui scientifique à une politique de développement durable PADD1.
Début du projet : 1er octobre 2000
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