LE CRUCIFIX DE SAINT DAMIEN

LE CRUCIFIX DE SAINT DAMIEN A ASSISE - ITALIE

Ce crucifix du XIIe siècle est unique au monde.
Peint en Ombrie, influencé par la manière byzantine, en partie, il se trouvait dans une église d'Assise dédiée à St. Damien, d'où son nom.

C'est là qu'en 1206, François d'Assise, cherchant la volonté de Dieu sur lui, Le pria en ces termes : " Dieu Très-Haut et Glorieux, illumine les ténèbres de mon coeur.  Donne-moi une foi droite, une espérance ferme, une charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, afin que j'accomplisse Ta volonté sainte et vraie."
Alors il entendit Jésus lui parler depuis cette peinture du crucifix  :  " Va, François, et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines."
De suite, François se mit à entreprendre la réparation de cette petite église, puis d'autres.
Plus tard, il comprit que Jésus voulait parler de Son Eglise de la terre entière ... Ce qui arriva quand lui et les frères qui se joignirent à lui se mirent à la suite de Jésus en vivant Son Evangile.

Dès ce jour-là, François veilla à ce que toujours une lampe brûle devant ce crucifix et il prit soin qu'il ne manqua jamais d'huile pour garder la flamme...

Ce crucifix fut transféré ensuite à l'église Ste Claire où  le couvent des filles de Claire s'est transféré pas longtemps après la mort de celle-ci.

Regardons ce crucifix : il représente tout le mystère pascal.
Un courant de piété populaire, à l'époque, était sensible à l'aspect humain de Jésus et l'on commençait à Le représenter souffrant, sur la croix, non plus comme Roi-Prêtre (avec la couronne royale et la longue robe) mais dépouillé.
Au centre, Jésus crucifié, bien éveillé, presque ressuscité.  Il regarde vers la Jérusalem céleste, avec douceur, accueillant, attirant tous les humains.  Son visage basané signifie qu'Il a passé par le feu de la Passion : le sang coule de Ses mains et de Ses pieds cloués, et de la plaie du côté.  Sous chaque main, deux anges Le montrent versant Son sang.

Sous Son bras droit, debout, la Vierge Marie, Sa Mère, et St Jean à qui  Il va la confier.  Sous le bras gauche, Marie, mère de Jacques et Marie-Madeleine, et le centurion qui a reconnu " Vraiment, Celui-ci était le Fils de Dieu" (Math.27,54).
Plus petit, sous Marie, le centurion Longin qui Lui perça le côté, et à droite, petit aussi, Stephanatos qui Lui tendit l'éponge avec le vinaigre.  Derrière la tête du grand centurion, un visage, celui du donateur de l'oeuvre.
Plus bas, à gauche de la croix, il y a le coq du reniement de Pierre, qui est aussi celui qui annonce la Résurrection, d'où la coutume de placer un coq sur le clocher des églises.
Au bout de chaque bras, un personnage dont certains pensent que ce seraient les anges qui ont enlevé la pierre du tombeau, tandis qu'au-dessus de la tête, l'inscription " Jésus, Nazaréen, Roi des Juifs", que Pilate a fait placer, rédigée en grec et en latin.
Plus haut, dans un médaillon rouge, Jésus ressuscité.  Tenant en main Sa Croix victorieuse, Il monte vers le Père.
La main du Père Le bénit et L'accueille, tandis que tous les anges du ciel expriment, par leur attitude, leur adoration du Fils de l'homme, Fils de Dieu.

Dans Sa grande majesté calme et Sa douceur, on voit bien que Jésus donne Lui-même Sa vie et semble nous appeler tous à Lui vers le Père, vers le bonheur sans fin qu'Il nous a mérité.

Regardons ce visage, confions-Lui nos peines, notre vie ... et laissons-nous entraîner par Lui vers le Père, en croyant à travers tout, comme Sa Mère, St Jean et les Saintes Femmes, qu'Il nous a sauvés et nous a mérité la Vie et la Joie qu'Il nous avait annoncées.
Redisons la prière de Saint François devant ce crucifix et soyons sûrs d'être entendus !

 
Seigneur, fais de moi un instrument de Ta Paix.
Là où est la haine, que je mette l'amour,
Là où est l'offense, que je mette le pardon,
Là où est la discorde, que je mette l'union,
Là où est l'erreur, que je mette la vérité,
Là où est le doute, que je mette la foi,
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance,
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière,
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Fais, Seigneur, que je ne cherche pas tant
D'être consolé que de consoler,
D'être compris que de comprendre,
D'être aimé que d'aimer.
Car c'est en donnant que l'on reçoit,
C'est en s'oubliant que l'on se trouve,
C'est en pardonnant que l'on est pardonné,
C'est en mourant que l'on ressuscite à la vie éternelle.
Amen.
                       (Saint François d'Assise)
 
 
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