LE MOYEN AGE

Au beau milieu de la féodalité, la terre de Boussu appartient tout d'abord à la famille de Fontaine ; à la fin du XIIème siècle, une vive contestation oppose Béatrice, Dame de Bossut (appellation d'époque), à l'abbaye de Saint-Ghislain, au sujet de la juridiction trop en faveur de celle-ci, sur Boussu. Cette dame contrevenant aux directives d'une lettre du pape GrégoireVIII, se verra excommuniée en 1191 par le pape Célestin III. Vers l'an 1194 il nous est rapporté qu'un "hôpital" existait près de la vielle cense d'Hanneton, son office était de servir les malades et était géré par quatre laïcs célibataires choisis par moitié par le seigneur de Boussu, par moitié par l'abbé de Saint-Ghislain et par un maître choisi par des religieux, il subsista jusque dans le courant du XVIIIème siècle.

Suite au mariage en 1225 de Baudouin II de Hennin-Liétard (localité du Nord-Pas de Calais actuellement) avec Mahaut de Boussu, notre terre passa aux mains de cette famille et ce pendant près de six siècles, de ce fait les armoiries de cette seigneurie (de gueules à bande d'or) resteront jusqu'à aujourd'hui celles de notre commune. En 1248, les seigneurs de notre région, dont Baudouin II de Boussu s'attribuent le droit de concéder des couches de charbon et de limiter l'extraction de celui-ci ; ils déterminent le nombre total de puits en activité et décrètent qu'on ne peut travailler de la Pentecôte à la fête de la Sainte-Croix (mi-septembre) afin de ne pas négliger les cultures. A cette époque les fosses existaient dans le bois de Raspaille (partie sud du Bois de Boussu). Toujours en 1248, ce seigneur (Baudouin II ) participe à la septième croisade conduite par le roi de France Louis IX dit Saint Louis, il se distingue au combat mais est fait prisonnier en même temps que le roi avec lequel il partagea la captivité.

Château féodal de Boussu vers 1360

Se succèdent alors plusieurs seigneurs dont Baudouin III, mort à la bataille des Eperons d'Or à Courtrai en 1302, jusqu'en 1402, moment où le seigneur de Chaudmont, ennemi héréditaire de la famille Hennin-Liétard assiège et brûle le château. A cette époque notre commune comptait environ 650 habitants, et une nouvelle activité se faisait jour sur le territoire de Boussu, l'exploitation de carrières. Il existait dès la moitié du XIVème siècle des carrières de grès dévonien (au lieu-dit la Cabane), la pierre extraite et connue sous le nom de grès houiller de Boussu servit entre autres à la construction de la partie primitive de la chapelle funéraire des seigneurs de Boussu. On pratiquait aussi l'extraction de la marne qui fournissait la matière première nécessaire aux fours à chaux (essentiellement à la rue des Chauffours actuellement). On extrayait aussi du sable à cette époque au bout de la rue de Caraman.

Nos régions étant passées sous l'autorité des ducs de Bourgogne, nos seigneurs du XVème siècle (JeanIV et Pierre I ) deviennent parmi les plus importants fidèles de cette dynastie. Le second (Pierre I) se distingue plus particulièrement, il prend part le 17 février 1454 au Banquet du Faisan où les seigneurs bourguignons jurent devant le duc Philippe dit le Bon de s'opposer à l'armée turque menaçant l'Europe (voir texte du serment ci-dessous). En 1478 les troupes de Louis XI, roi de France, assiègent et se fait livrer suite à une trahison le château de Boussu, Pierre I doit racheter celui-ci au prix d'une somme considérable. En 1481, il devient l'un des 25 premiers chevaliers belges à être nommé Chevalier de la Toison d'or au chapitre de Bois-Le-Duc, cet ordre de chevalerie avait été crée à Bruges en 1430 par le duc Philippe le Bon. Ce Pierre I de Hennin-Liétard peut-être considéré comme le premier seigneur important de Boussu, digne successeur des grands seigneurs du XVIème siècle. Dans cette seconde partie du XVème siècle, l'enseignement fait entrevoir ses premiers balbutiements sur notre territoire car un acte de 1453 nous rapporte qu'il existait une école à Boussu.

Mort de Madame de Boussu (Isabelle de Lalaing-15ème siècle)

 

"Monsieur de Boussu voue à Dieu, à Nostre -Dame, aux dames et au faisan, que si leur très-redouté seigneur monsieur le duc de Bourgongne va en Turquie à l'encontre des Infidelles, le dessus-dict le servira bien et loyaument, si le plaisir de mondict seigneur est qu'il y voise; et du jour qu'il partira, il portera une emprise, pour en combattre deux ; et si le tiers y venoit, il en prendra telle aventure que Dieu et Nostre-Dame leur voudra envoyer"

Serment prononcé par le seigneur de Boussu, Philippe I de Hennin-Liétard lors du Banquet du Faisan en 1454

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