Alfred Denoyelle,
Docteur en Histoire

Peut-on se fier à la Catéchèse catholique du mariage ?

[mise en garde contre des erreurs]

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Pour mémoire : l'auteur de cet article
a été promu Docteur en Histoire avec distinction
après des études gréco-latines complètes et la maîtrise obtenue
avec grande distinction à la Faculté de Philosophie et Lettres
de la "Katholieke Universiteit Leuven"
 
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Peut-on se fier à la Catéchèse catholique du mariage ?

Il semblerait bien que non, du moins si l'on entend par là cette espèce de préparation au mariage qui se prétend catholique, mais qui contient des aberrations par rapport à la doctrine catholique la mieux assurée. De nos jours, nombreux sont les fiancés que le clergé ancre dans l'idée que la contraception est normale et même recommandable. Bien plus : dans le mariage, tout serait permis ! On va même jusqu'à citer hors contexte et à contresens le mot bien connu de Saint Augustin : ama et fac quod vis (aime et fais ce que tu veux).

Précisément parce qu'aimer, ce n'est pas faire n'importe quoi, on ne va pas faire ce qu'on veut en dehors de toute référence à des règles conformes à la nature et aux préceptes divins positifs qui la corroborent. Pour un Chrétien catholique digne de ce nom, il y a un Magistère dans l'Église dont la fonction pastorale est de guider les brebis sur le droit chemin. Celui-ci ne serpente pas vers le précipice. Il n'éblouit donc pas les brebris par des spots publicitaires qui invitent à tout essayer en s'émancipant de la houlette du berger.

Avec « le printemps conciliaire » on a perdu tout ça de vue. Même le clergé, censé guider les fidèles, est devenu à lui-même sa propre référence. Tous gobent le baratin du Dragon, chuchotant « vous serez comme des dieux » et invitant à se comporter ainsi en morale, en liturgie et en toutes choses. Quand il s'agit de gastronomie, le fait de ne s'imposer aucune règle - comme dans une orgie - est sanctionné par la nature sous la forme d'une indigestion. Dans le cas de la liturgie ou de la morale conjugale, la sanction n'est ordinairement pas aussi immédiate, mais elle est néanmoins inéluctable. La conscience s'émousse et l'on dérive progressivement vers l'abandon de son identité chrétienne. Désormais, c'est le « moi » capricieux qui va dicter la pensée et le comportement.

Les fidèles qui ont compris cela se sont gardés de la dérive modieuse qui s'est généralisée et, à défaut de bergers sûrs, ils ont eu recours aux publications traditionnelles pour asseoir leurs convictions. Cependant, là aussi, tout n'est pas aussi propre que l'on imagine. Les erreurs n'ont pas commencé au vingtième siècle. Il y a toujours eu de l'ivraie semée dans les champs. Cela arrive avec la complicité, l'incurie, l'insouciance ou encore le simple manque d'attention soutenue de la part de ceux chargés de protéger les fidèles contre les loups ravisseurs revêtus de peaux de brebis. Parfois, tout n'est pas faux, mais à la faveur d'un livre par ailleurs recommandé, certaines erreurs sont diffusées.

En voici un exemple typique, donné naguère en illustration du genre, pour la gouverne de l'ensemble des membres d'une association catholique.

Parmi ses membres et sympathisants ayant acheté naguère la « Catéchèse catholique du mariage » de l'abbé Noël Barbara, plusieurs ne s'étaient pas contentés d'en garnir leur bibliothèque, mais avaient pris la peine de lire ce livre du début à la fin, plutôt que de le consulter seulement de temps à autre sur certains points. Ce faisant, ils avaient eu l'occasion de remarquer des anomalies et des erreurs sur le plan doctrinal. L'ouvrage étant assez épais (environ 700 pages), cela n'est pas immédiatement décelable.

Bien au contraire, le lecteur catholique est mis en confiance par le « nihil obstat » et l'« imprimatur » qui y figure, daté de 1963 (mais obtenu du vicariat général du diocèse suisse de Sion en l'absence de l'évêque, Mgr François-Nestor Adam, retenu à Rome en raison du concile). On se laisse facilement impressionner aussi par les remerciements d'ecclésiastiques pour l'envoi d'un exemplaire en tant qu'hommage de l'auteur. Celui-ci pensait pouvoir mettre à profit la reproduction ou la publication du texte de leurs lettres dans un tiré-à-part (ou bien, suivant l'édition, après la préface) pour y souligner avec force que la doctrine exposée par sa « Catéchèse catholique du mariage » est bien la doctrine toujours enseignée par l'Église catholique.

L'auteur visait manifestement à faire prendre à son livre un poids maximal d'autorité aux yeux du lecteur et ce dernier voit d'ailleurs ce poids encore accentué par la conception de l'ouvrage à la manière d'un catéchisme classique, avec questions et réponses. Sa lourde insistance à vouloir présenter son livre comme un ouvrage « faisant incontestablement autorité » était tout de même un peu trop pesante pour ne pas éveiller quelques soupçons.

Avant d'en venir à l'exposé des anomalies et des erreurs relevées, il y a lieu d'observer attentivement le contenu de quelques lettres de félicitations et de remerciements que l'abbé Noël Barbara avait reçues. Ce faisant, il faut aussi garder à l'esprit que le prêtre en question avait publié son livre alors que se tenait le second concile oecuménique du Vatican et que les divers évêques bénéficiaires de son cadeau n'avaient donc guère le temps de lire un ouvrage aussi volumineux avec toute l'attention requise. Ils avaient déjà suffisamment de difficultés à lire avec une attention soutenue la littérature kilométrique des divers schémas de décrets qui leur étaient soumis pendant les sessions de ce concile. Il faut tenir compte de ce contexte historique pour évaluer correctement le poids d'autorité de son livre aux yeux de ses destinataires.

En effet, le cardinal Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office (Congrégation pour la Doctrine de Foi), écrit tout à fait explicitement à l'auteur depuis Rome en date du 28 novembre 1963 que « les occupations accablantes du Concile ne m'ont pas permis de l'examiner à fond ».

L'évêque André-Jacques Fougerat de Grenoble (France) lui écrit en date du 11 janvier 1964 : « Je n'ai pu jusqu'ici que feuilleter votre "Catéchèse"... Je compte bien explorer tout cela plus à loisirs. »

Wilfried Dufault, supérieur général des Augustins de l'Assomption, lui écrit à propos de son livre depuis Rome, en date du 28 janvier 1964 : « Je n'ai pu encore le parcourir, mais je me suis cependant bien rendu compte de son contenu » et il remet à plus tard « une lecture plus approfondie ».

L'évêque Albert Martin de Nicolet (Québec) lui écrit au sujet de son ouvrage en date du 8 juin 1964 : « Je l'ai parcouru avec un vif intérêt. »

Quant au cardinal Michael Browne, il lui écrit depuis Rome, en date du 7 mars 1965 : « Rien de plus nécessaire aujourd'hui que la vraie et authentique doctrine sur le mariage. C'est ce que vous cherchez à donner dans ce livre et, autant que je puis voir dans un examen sommaire, avec un grand succès. »

De plus, Mgr A. Martin, vicaire général de l'archevêché de Rennes et moraliste s'étant spécialisé dans le même sujet, lui écrit en date du 13 février 1964 : « ... je suis moins sévère que vous pour .... » (et il cite deux points bien précis de morale conjugale). S'il est certes permis aux moralistes d'émettre certaines opinions, par contre il ne leur est jamais permis de critiquer la doctrine catholique comme telle. Si la « Catéchèse catholique du mariage » de l'abbé Noël Barbara avait donc vraiment été en tous points la doctrine toujours enseignée par l'Église catholique, comme il le soulignait avec force et le répétait, alors ce vicaire général d'archevêché n'aurait pas pu lui écrire qu'il était, quant à lui, « ... moins sévère .... » sur certains points. Comme l'auteur rapporte cependant cet avis sans le critiquer sur le plan de la fidélité, c'est qu'il reconnaissait implicitement qu'il y avait, dans son ouvrage, certains points qui relevaient seulement de simples opinions, et que son bouquin n'était donc pas tout à fait, contrairement à ce qu'il laissait accroire par ailleurs, la doctrine toujours enseignée par l'Église catholique.

L'Église catholique n'enseigne pas des opinions, mais des vérités !

Beaucoup trop désireux de présenter son livre comme un ouvrage « faisant incontestablement autorité » en alignant une série de lettres destinées à impressionner, l'auteur ne s'apercevait même plus de leur contenu exact et tout spécialement des diverses nuances prudentielles qu'elles comportaient ! Il était, selon toute vraisemblance, trop impliqué financièrement et dès lors intéressé par une diffusion maximale de son ouvrage pour avoir tout le détachement moral requis qui permettrait de nuancer son poids d'autorité avec un peu de modestie. Évidemment, avec pareille mentalité, en continuant sur cette lancée, on verse assez facilement dans la fatuité, autant que dans l'affabulation, surtout après avoir pu constater la crédulité indécrottable dont souffrent malheureusement nombre de catholiques devant un prêtre en soutane.

C'est ainsi qu'en date du 26 février 1968, à l'occasion d'une conférence organisée par La Cité catholique à Bruxelles, l'abbé Noël Barbara avait poussé l'outrecuidance jusqu'à se faire présenter verbalement et sur un tract comme « un missionnaire du diocèse d'Orléans » (sic) dont l'ouvrage « a reçu les encouragements du pape Paul VI » (sic) ... alors qu'il n'en était rien !

Il n'était pas du tout « missionnaire » du diocèse d'Orléans (France). Il était toujours incardiné au diocèse de Constantine (Algérie) pour lequel il n'était pas parti « en mission », puisqu'il avait rompu les liens suite à une dispute avec son évêque et qu'il était considéré comme « en congé ». C'est la mention dans les archives de son diocèse. La lettre présumée de Mgr Pinier, qu'il reproduit, n'est pas revêtue de la signature de ce dernier. De plus, l'écriture n'a pu être identifiée comme étant celle de l'évêque.

En outre, l'abbé Noël Barbara n'avait jamais reçu les encouragements pontificaux dont il se vantait. Au nom de Paul VI, le cardinal A.G. Cicognani lui avait simplement accusé réception, en date du 4 juillet 1964, pour l'envoi de son livre tout en formant « le voeu » qu'il « contribue à mieux faire connaître la doctrine du mariage catholique ».

Ce sont là des faits, prouvant que l'intéressé prenait parfois des libertés avec la vérité, allant même jusqu'à raconter son contraire !

En fait, cette « Catéchèse catholique du mariage » mérite d'assez graves reproches sur plusieurs points, car il ne s'agit pas seulement d'une compilation structurée de textes sur le sujet. Si encore il s'était contenté de rassembler des textes conciliaires et pontificaux, c'eût déjà été un travail méritoire et fort utile, reconnaissons-le. En fait, il a gâché le résultat de ses propres efforts par une méthode déplorable et l'incorporation de certains passages inadmissibles.

S'il avait attendu d'avoir recueilli les avis critiques avant de publier son livre en 1963, cette situation fâcheuse aurait pu être évitée avec un peu de bonne volonté de sa part. Cependant, ceux qui ont bien connu cet abbé Noël Barbara savent que c'était un impulsif qui considérait les vertus de patience et de prudence comme des manifestations de paresse et de pusillanimité. Lui-même fonçait à l'instar d'un rhinocéros, sans égards pour rien ni personne, et semblait de surcroît prendre son élan pour le souffle de l'Esprit-Saint.

Mgr Marcel Lefebvre, qui était à l'époque supérieur général des Pères du Saint-Esprit, lui avait écrit en date du 4 novembre 1963 un mot de remerciement pour l'envoi de son bouquin comme hommage de l'auteur. Plus tard, en réponse à une "lettre ouverte" de l'intéressé qui voulait exercer des pressions sur l'archevêque pour l'amener à partager ses "positions" sédévacantistes, ce dernier lui écrira : « Monsieur l'abbé, je me demande quand vous trouvez encore le temps de prier. »

Plusieurs personnes ont eu l'occasion de faire remarquer à cet archevêque tout ce qui posait problème dans cette « Catéchèse catholique du mariage ». Le fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X répondait qu'il en était conscient, mais qu'il s'en était aperçu trop tard. Tout comme le cardinal Alfredo Ottaviani, il avait été fort pris par le concile et certaines intrigues qu'il fallait essayer de déjouer. Il avait été impressionné par les lettres dont le prêtre en question lui avait fourni la copie. Il avait surtout remarqué la compilation de textes pontificaux et supposé que le contenu de cet ouvrage devait, dès lors, être "en tous points traditionnel".

Des notes critiques sur cet ouvrage furent communiquées à cet archevêque et, depuis lors, on aura pu constater qu'un certain nombre de publications de sa Fraternité en ont manifestement tiré profit au mieux des intérêts de Notre-Seigneur, puisqu'il y a notamment eu des articles corrects sur la liberté de la vocation et sur la réalité des limbes.

En ce qui concerne les anomalies relevées, on peut les résumer en faisant observer tout d'abord que l'abbé Noël Barbara ne s'est pas toujours appuyé sur des références pour élaborer ses réponses, mais l'on est enclin à les trouver toutes fondées parce qu'il y a des renvois à des notes en bas de page pour quelques alinéas ou pour un certain nombre d'autres réponses. Cela n'implique pas que les réponses ou parties de réponses non référencées par l'auteur soient toutes erronées, mais bien qu'elles ne comportent pas du tout la garantie d'être exemptes d'opinions personnelles. Celles-ci peuvent être légitimes, mais de par leur nature elles ne s'imposent évidemment pas comme des réponses de catéchisme, contrairement à ce que l'auteur s'est ingénié à laisser accroire, notamment en soulignant avec force que la doctrine exposée par sa « Catéchèse catholique du mariage » est bien la doctrine toujours enseignée par l'Église catholique.

Or, rappelons-le, celle-ci nous propose des vérités à croire, non des opinions, ni des thèses de philosophie morale ou des prises de position d'ordre théologique.

Ensuite, toujours en ce qui concerne les anomalies relevées, il y a lieu de bien observer que l'abbé Noël Barbara s'est tantôt référé à l'Écriture sainte, tantôt aux actes du Magistère ecclésiastique, tantôt à des auteurs de valeur secondaire, comme si tous ces textes avaient ou pouvaient avoir le même poids d'autorité morale et contraignante pour la vie des Chrétiens. Il semble avoir ignoré (par ignorance crasse ou supine) qu'il existe des sources primaires et secondaires (ainsi que de la littérature) dont l'évaluation est notoirement différente, aussi bien pour un théologien que pour un historien.

Enfin, chose presque fatale avec pareille méthode qui manque de rigueur scientifique et d'autocritique, mais qui en dit évidemment long sur la mentalité d'un auteur qui visait à s'imposer : l'intéressé a fait des citations à contresens ou hors contexte pour faire passer des idées personnelles sous le couvert d'une réponse de catéchisme, ce qui est bien sûr gravissime et absolument étranger à l'esprit de l'Église catholique. C'est faire oeuvre de faussaire.

Ceci invite précisément à évoquer ses erreurs sur le plan doctrinal. Pour amener l'intéressé à les rectifier en douce, j'avais pour ma part opté pour une approche d'abord privée de l'abbé Noël Barbara, en lui faisant valoir ce qu'il avait lui-même proposé naguère dans un encart jaune inséré dans son livre :

« L'auteur de cette "Catéchèse" vous serait reconnaissant
de lui communiquer vos impressions et, en vue d'une nouvelle édition, de
lui faire toutes les remarques que la lecture de cet ouvrage vous aura suggérées.
À l'avance, il vous exprime toute sa gratitude. »
(sic)

Or, l'auteur n'y répondit rien, pas même après trois rappels aimables et respectueux.

Quelques-uns des membres de l'association catholique évoquée avaient déjà pris l'initiative de s'adresser ailleurs pour s'informer, ce qui explique que l'abbé Henri Mouraux de Nancy (France) ait bien voulu répondre à leurs questions dans son bulletin de juillet/août 1982. Ils étaient donc fixés quant aux passages erronés relevés dans la « Catéchèse catholique du mariage ». Mais tous ne connaissaient pas le bulletin Bonum Certamen ayant mis en cause l'honnêteté doctrinale d'une partie de l'ouvrage en question.

Dans le bulletin Mysterium Fidei n°67 de septembre 1984 (page 11) les renseignements "ad hoc" furent donc fournis pour la gouverne des lecteurs.

En voici le texte intégral :


* Question : Dans sa « Catéchèse catholique du mariage » (Qu. 274, aux pages 263 à 265), le R.P. Noël Barbara affirme se baser sur des théologiens pour soutenir que le désir du baptême pour l'enfant qu'une femme porte encore en elle pourrait en tenir lieu, au cas où l'enfant meurt sans qu'on ait pu le baptiser. ---- Or, dans une livraison du bulletin « Bonum Certamen » (n°62 de juillet/août 1982, page 9, col. 1) dirigé par M. l'abbé Henri Mouraux, on lit que cet enseignement a été sévèrement censuré par la sainte Église. ---- Qu'en est-il exactement ?

* Réponse : En vérité, c'est M. l'abbé Mouraux qui a raison. Comme il l'explique, Pélage, un adversaire de Saint Augustin, enseignait que le désir et les prières des parents des enfants morts sans baptême leur ouvraient le Ciel. Pélage déclaré hérétique vit sa doctrine condamnée par les papes, les Pères de l'Église et les théologiens. « Bonum Certamen » en fournit quelques références, à consulter. ---- Quant au P. Barbara, s'il reconnaît ne pas suivre saint Thomas d'Aquin en l'occurrence, c'est pour se réfugier sous le couvert de saint Alphonse de Liguori qui, en fait, parle seulement de l'efficacité de la prière, mais l'absence de références pertinentes laisse accroire qu'il visait aussi le sort des enfants décédés sans baptême, alors qu'il n'en est pas question. ---- Cette citation à contresens d'un Docteur de l'Église est agravée par l'omission complète des actes du magistère ecclésiastique concernant les limbes, où les enfants morts avec le péché originel sont privés de la vision béatifique, mais jouissent néanmoins d'un bonheur naturel. -- Sur le sujet, vous consulterez avec profit la lettre du pape saint Sirice de 385 (Denz.n°184), la lettre du pape saint Innocent I de 417 (Denz.n°219), les actes du concile de Carthage de 418 (Denz.N°224), la lettre du pape Innocent III de 1201 (Denz.n°780), les actes du deuxième concile oecuménique de Lyon en 1274 (Denz.n°858) et ceux du concile oecuménique de Florence en 1439 (Denz.n°1306) pour ne citer que quelques sources, notoires parmi les prêtres ayant fait des études sérieuses.


Suite à une insistance, il fut précisé dans le bulletin suivant :


* Question : Dans le dernier bulletin (n°67) vous rappelez en page 11 la doctrine catholique concernant les limbes et vous signalez utilement contre ses détracteurs, les condamnations portées par la sainte Église. ---- Cependant, tout en professant cette doctrine, ne pourrait-on compter sur la miséricorde de Dieu pour une grâce qui n'est aucunement impossible à cette même miséricorde ? ---- N'est-ce pas une opinion légitime ?

* Réponse : Non. Le pape S.Pie V a fait rayer la thèse en question du commentaire fourni par Cajetan sur la Somme théologique de S.Thomas d'Aquin. ---- C'est donc bien la preuve que l'Église, représentée ici par S.Pie V, pape assurément légitime, n'admet pas que l'on puisse être d'un avis différent, car autrement l'opinion en cause aurait gardé droit de cité, tandis qu'elle fut purement et simplement rayée comme on gomme une erreur. ---- Rappelons à cet égard que si le pape porte expressément dans ses actes un jugement sur une matière jusque-là controversée, tout le monde comprend que cette matière dans la pensée et la volonté du souverain pontife « n'est plus désormais à considérer comme question libre entre théologiens » comme le dit encore Pie XII dans son encyclique HUMANI GENERIS. ---- Or, sur le point qui nous occupe, il n'y avait déjà plus guère de place pour une controverse légitime, vu les condamnations antérieures et les sentences des Pères de l'Église, comme S.Augustin par exemple. ---- C'est donc à plus forte raison que le pape S.Pie V a tranché, considérant cette opinion comme inadmissible, même dans un commentaire ! ---- L'évocation de la miséricorde de Dieu est d'ailleurs fallacieuse : on ne peut en effet compter que sur ce que Dieu a effectivement promis, et non sur « tout » ce qui pourrait n'être « pas impossible ». ---- De plus, en ne retenant pas l'opinion en question comme légitime en son sein, l'Église nous renseigne par son magistère ordinaire universel quelle est réellement la pensée divine en l'occurrence, - n'en déplaise à la boule de cristal de votre maître à penser !


L'abbé Noël Barbara ne répondit pas. Il s'avéra incapable d'en réfuter quoi que ce soit. Il passa aussi sous silence les critiques de ses confrères prêtres et notamment celles de l'abbé français Henri Mouraux, de Nancy. Il décida par la suite de mener une campagne de dénigrement contre tous, mettant de plus en évidence que la fantomatique "pieuse union", dont il était le « modérateur » autoproclamé, serait « la seule voulue par Dieu » (sic) et que tous devraient donc saborder leur oeuvre pour aller le rejoindre !

Il prenait les gens pour des imbéciles ou des demeurés, subjugués par la vue de sa soutane et incapables de vérifier des références. Il est vrai qu'il existe encore des prêtres qui s'imaginent qu'avec les pouvoirs reçus à leur ordination sacerdotale, ils ont également reçu la science infuse de toutes les connaissances humaines et que des diplômes ne leur sont donc pas nécessaires pour être compétents en telle ou telle matière. Ils savent tout, mieux que quiconque. S'ils ne le disent pas, ils le pensent en tout cas, traduisant cette haute estime de leur "ego" dans leur comportement envers le prochain, surtout si celui-ci a des références ou des diplômes universitaires qu'ils n'ont pas. Ils ressentent cela comme une offense à leur dignité, dans laquelle ils se drapent. Ils ressentent cela aussi comme une menace pour leur audience, dans laquelle ils ne supportent que les thuriféraires et les flagorneurs au sourire de crocodile. L'abbé Noël Barbara se manifestait comme un exemple typique de cette mentalité cléricale qui n'affecte heureusement pas tout le clergé. Enfin, espérons-le !

La plupart s'étaient en tout cas abstenus, au départ, sans doute dans l'espoir d'une correction prochaine, de relever publiquement tout ce qui pouvait encore être reproché à l'ouvrage recensé. Ainsi, les réponses aux questions 175 et 176 de sa « Catéchèse catholique du mariage » (aux pages 178-179) qui reposent sur des arguments captieux : l'auteur y prétend en effet que les jeunes gens qui n'arrivent pas, dans le monde, à garder la belle vertu, le pourront facilement en entrant dans les ordres ou en embrassant la vie religieuse. En fait, les citations de Saint Augustin et de Saint Paul ne concernent pas la vocation, mais la vie morale en général, comportant la soumission de l'âme à Dieu avec, comme conséquence, la soumission de la chair à l'esprit. Ce principe vaut partout.

Les jeunes gens qui voudraient s'enfuir du monde après avoir lu les explications tendancieuses de l'abbé Noël Barbara risquent de perdre la foi devant le constat assez décourageant qu'ils éprouvent toujours des difficultés à rester chastes malgré leur entrée au séminaire ou au couvent. L'état clérical n'est pas un éteignoir de la concupiscence. L'expérience l'a même confirmé sur une grande échelle, de sorte que les exemples historiques ne manquent pas. La sainte Église a, dès lors, inséré dans son Code de droit canonique un prescrit en rapport avec ce sujet délicat (canon 971) : « Nefas est quemquam, quovis modo, ob quamlibet rationem, ad statum clericalem cogere, vel canonice idoneum ab eodem avertere » (il est contraire à la loi divine [= nefas] de pousser quelqu'un, de quelque façon, pour quelque raison que ce soit, à l'état clérical, ou d'en détourner celui qui est canoniquement idoine). L'auteur faisait peut-être état de sa propre expérience d'aide morale et spirituelle, obtenue en entrant dans les ordres, mais dans ce cas il a confondu les murs d'un séminaire avec l'offre abondante de moyens de sanctification que l'on y trouve réunis. Normalement, un Chrétien peut en bénéficier dans sa paroisse aussi. C'est même l'endroit normal où l'on commence à en bénéficier depuis le baptême.

Encore faut-il qu'on ne cesse pas d'y recourir avec fruit entre douze et vingt-quatre ans. L'auteur aurait en tout cas dû tenir compte du prescrit prudentiel énoncé par le Code de droit canonique et rapporter aussi l'axiome de réalisme moral que l'Imitatio Christi (liber II, cap.XII, sent.4, § 6) formule ainsi : « Non potes effugere, ubicumque cucurreris ; quia ubicumque veneris, teipsum tecum portas, et semper teipsum invenies » (tu ne peux t'enfuir, en quelque lieu que tu te seras encouru ; car en quelque endroit que tu seras parvenu, tu te portes toi-même avec toi, et tu te trouveras toujours toi-même). Ce qu'il aurait fallu enseigner aux jeunes gens, ce n'est donc pas la fallacieuse fuite du monde comme remède radical ou panacée pour acquérir la vertu, mais l'esprit de prière, la patience et l'amour courageux de la croix librement assumée. Celle-ci peut assurément s'avérer lourde à porter pour certains tempéraments, mais le rappel de la récompense céleste promise à ceux qui se sacrifient est un stimulant. La conscience de sa propre faiblesse est en même temps l'occasion d'entrer en oraison pour élever son coeur (sursum corda), implorer et obtenir l'aide de la grâce divine, qui augmentera en intensité par la réception fréquente et fructueuse des sacrements de la pénitence et de l'eucharistie. On a presque honte de devoir rappeler cela à un prêtre se profilant comme un auteur à succès, mais renâclant à se corriger avec l'humilité qui sied à un disciple présumé de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Au demeurant, le renvoi que l'abbé Noël Barbara fait à l'épître aux Romains (I, 18-32) dans sa note 16 destinée à étayer (aux yeux des lecteurs crédules et peu cultivés) la question 176 (page 178) de son livre est une fausse référence en tant que ce texte est allégué à contresens : là où l'Esprit-Saint, qui a inspiré toute la sainte Écriture, nous apprend par la plume de l'apôtre Saint Paul que les païens, qui n'ont pas reconnu Dieu par ses oeuvres rendant visibles à l'intelligence ses attributs invisibles, mais ont rendu un culte à des images représentant un homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, des reptiles, ont été livrés à l'impureté au gré de leurs convoitises pour avoir délaissé le vrai Dieu pour le mensonge, le texte de l'abbé en question y assimile les jeunes Chrétiens qui éprouvent des difficultés à rester chastes, comme si c'était chez eux également l'effet incontestable d'un culte païen idolâtre ou de l'adhésion à l'erreur dogmatique !

De plus, la vocation sacerdotale ou religieuse n'est pas une vérité aussi manifeste à l'intelligence comme l'existence de Dieu par la considération des oeuvres de la création. On ne peut donc conclure, chez les jeunes baptisés, à une infidélité analogue qui aurait pour châtiment le même sort que celui qui frappe les païens idolâtres ou égarés dans des aberrations. La punition pour celles-ci n'est d'ailleurs pas la seule débauche (conséquence mentionnée dans l'épître aux Romains, I, 18-27) : mais, suivant le texte même allégué par l'abbé Noël Barbara, Dieu a livré les païens à leur vain jugement, de sorte qu'ils versent également dans l'injustice, la perversité, la cupidité, la malice, l'envie, l'homicide, la discorde, la fourberie, la perfidie, la calomnie, la haine de Dieu, l'orgueil, etc... Toutes ces conséquences sont énumérées dans la suite immédiate de cette épître aux Romains, à savoir I, 28-32. En invoquant expressément le passage complet de l'épître aux Romains (I, 18-32), tout en ne retenant en fait que la signification de sa première partie (I, 18-27), l'abbé en question utilise donc un procédé réducteur qui lui permet d'invoquer abusivement la pensée divine exprimée dans la sainte Écriture par une application à contresens du texte, pris de surcroît hors de son contexte immédiat. C'est faire oeuvre de faussaire.

L'abbé en question ne semble pas avoir prévu qu'un beau jour, il se trouverait des personnes qui iraient vérifier les sources alléguées et s'apercevraient de la parfaite impertinence de ce renvoi, à moins de vouloir soutenir que les jeunes Chrétiens qui ont déjà eu des faiblesses dans d'observance des sixième et neuvième commandements de Dieu vont bientôt verser aussi dans les autres crimes mentionnés comme châtiment divin pour la vérité rendue captive par l'adhésion à cette "erreur" que serait, à en croire l'abbé Noël Barbara, le fait de ne pas vouloir entrer en religion, ni grossir les rangs du clergé comme "remède" à leurs problèmes.

En outre, la considération attentive des activités de ce prêtre tendrait à opiner alors qu'il n'avait pas la vocation de son état, puisqu'il a manifestement sombré, au fil des ans, dans plusieurs de ces fautes graves et publiques que l'apôtre Saint Paul énumère précisément dans ladite épître comme autant de conséquences de la faute d'avoir rendu la vérité captive. C'est en tout cas ce qu'il faisait, lui, en ne voulant pas rectifier des erreurs avérées que même des confrères ne parvinrent pas à lui faire admettre. Encore moins purent-ils obtenir qu'il en fasse pénitence et réparation.

La vente de son bouquin comme "bible incontestable" en la matière semblait être la seule chose qui comptait à ses yeux. Il aurait pourtant suffi d'y insérer quelques ERRATA aux pages concernées. La manifestation de la vérité y aurait gagné et il aurait en même temps fourni la preuve de son honnêteté intellectuelle et morale, tandis qu'à présent il faut bien constater qu'il faisait passer ses propres idées pour des dogmes ecclésiastiques !

Par conséquent, pour une utilisation prudente de cet ouvrage intitulé « Catéchèse catholique du mariage » de l'abbé Noël Barbara, il est indiqué de se reporter avant tout aux sources primaires (documents pontificaux et autres) que l'auteur avait collationnées. Ses propres explications et les commentaires dans la littérature d'auteurs divers ne sont pas à mettre sur le même pied. Leur présentation sous forme de questions-réponses, comme si elles avaient l'autorité d'un catéchisme, est un attrape-nigauds.

Remarque

Il n'est pas sans importance de situer cette critique dans son contexte conflictuel, montrant non pas l'inanité de la critique, mais l'obstination de l'auteur critiqué qui était en fait un prêtre en rupture de tout évêque depuis 1950 et pas seulement depuis le second concile oecuménique du Vatican (1962-1965) comme il le laissait accroire.

Les félicitations reçues par l'abbé Noël Barbara pour l’envoi de son livre comme hommage de l’auteur à une série de prélats et d’ecclésiastiques se situent dans la période 1962-1964, alors que les travaux du second concile oecuménique du Vatican retenaient la plupart de l’examiner à fond (le cardinal Ottaviani, entre autres, le précise bien). Mais il faut être tout à fait objectif. Par la suite, il n’y eut plus aucun remerciement ni aucune félicitation dont il pouvait faire état pour essayer de la faire passer comme une "approbation" aux yeux du public. Il faut savoir que l'approbation des livres se fait au sein de l'Église catholique par les mentions « nihil obstat » et « imprimatur ».

L’intéressé avait précisément demandé l’approbation du Saint-Siège afin de pouvoir faire mention d’un « nihil obstat » à ce niveau éminent. Or, après un examen ayant mis sa patience à l’épreuve, il reçut une réponse négative de la part du vicaire-général du Vatican, Mgr Jan Van Lierde, un pieux religieux augustin avec comme devise épiscopale « Custodiens Veritatem ». Dans une de ses conférences, l'abbé Noël Barbara le qualifiera par la suite « espèce de Belge incompétent » (sic). Il est vrai que cet évêque était né à Hasselt dans le Limbourg (belge) en 1907 et qu’il est mort à Roeselare (en Belgique aussi) en 1995. Cependant, le pape Pie XII avait remarqué ses éminentes aptitudes en tant que docteur en philosophie et en théologie. Aussi le fit-il sacrer évêque en 1951. Ensuite il fut nommé vicaire-général pour la Cité du Vatican. C’est lui qui en 1958 administra l’extrême-onction au pape Pie XII. Il garda son poste au Vatican jusqu’à sa mort en 1995.

Le rapport qu’en a fait ensuite l’intéressé est une diabolisation de Mgr Jan Van Lierde. Non seulement il le qualifia publiquement « espèce de Belge incompétent » (sic), mais un blog sédévacantiste cite le Père Noël Barbara lui-même dans l’avant-propos à la seconde édition de sa « Catéchèse catholique du mariage » où il commence par lui attribuer le rôle bien inférieur de « sacriste du pape chargé des imprimaturs de la polyglotte » (sic). C’est plutôt méprisant pour le vicaire-général de la Cité du Vatican. Mais l'abbé Noël Barbara précise (toujours dans cet avant-propos pour la seconde édition de son livre) qu’il avait demandé au Vatican d’imprimer son ouvrage. Or, le Saint-Siège n’a pas coutume d’imprimer les ouvrages de particuliers, fussent-ils abbés. Il aurait dû le savoir. Essuyer un refus n’est donc pas anormal.

Cependant, l’intéressé ne mentionne pas qu'auparavant, le Saint-Siège avait catégoriquement refusé pour son livre le « nihil obstat », préalable obligé pour tout « imprimatur ». Il élude complètement ce point capital et il fournit une explication complotiste :

« En fait le Pape RONCALLI préparait l’ensevelissement dans l’oubli de la doctrine catholique ; les ordres et les orientations avaient déjà été donnés et l’imprimerie du Vatican ne pouvait plus se risquer à imprimer un ouvrage à la doctrine aussi vieillotte. » (sic)

Il évoque là le pape Jean XXIII par son nom de famille, pour qui ne le saurait pas. Quelles preuves avance-t-il donc pour accuser ainsi le souverain pontife de préparer « l’ensevelissement dans l’oubli de la doctrine catholique » (sic) ?

Il affirme que « les ordres et les orientations avaient déjà été donnés » (sic) pour refuser d’imprimer son bouquin. Qui donc aurait donné ces ordres ?  Le pape ?  Ou alors Mgr Jan Van Lierde ?  Ce dernier, assurément, puisque cet ouvrage ne bénéficiait pas du « nihil obstat », préalable obligé pour tout « imprimatur ». Ce n’est pas un complot, mais une décision fondée sur les manquements doctrinaux de ce livre, malgré le luxe de citations et de reproductions de documents pontificaux et autres, qui sont là pour faire passer le reste, notamment dans les questions-réponses contestables sur plusieurs points. Il y avait également l’ajout de précisions à tel document émané du Saint-Siège qui n'en comporte pas. On ne peut rien en retrancher, ni rien y ajouter. C'est fausser la teneur et la portée. Même si son propre nom n’apparaît pas sur toutes les pages de son bouquin, il en assume de toute façon la responsabilité comme ayant fait des choix qui expriment bien ses convictions. Il y avait plusieurs choses qui ne passaient décidément pas. Il avait visé haut en essayant d’obtenir un « nihil obstat » du Saint-Siège. C’est bien essayé, mais il ne l’a pas obtenu. C’est un fait.

Plusieurs ecclésiastiques avaient remarqué ces déviances doctrinales. J’en connaissais personnellement.

Outre Mgr Jan Van Lierde précité, vicaire-général de la Cité du Vatican, ainsi que Mgr Paul Canart, de la Bibliothèque apostolique vaticane, il y avait par exemple Mgr Marcel Daubechies M. Afr. ;  Mgr Camille Verfaillie S.C.I. ; le curé Albert Ryckmans, docteur en philosophie ; l’abbé Alfred Blin d’Orimont ; le Père Charles Zanic O.P., pénitencier apostolique en la basilique Santa Maria Maggiore (Roma) ; l’abbé Edmond Wéry, professeur à Albano Laziale (Roma) ; le Père Étienne Walravens S.S.C.C. ; l’abbé Fernand Peigneur ; le Père Guillaume Romagnoli T.D. ; le curé Gustave Delmasure, de Forges-les-bains ; le prince-abbé Guy Reinhard de Lindova et de Sardana ; l’abbé Henri Mouraux, de Nancy ; le Père Henricus van Egmond O.F.M. Conv., docteur en théologie ; le curé Jan Mostin ; le curé Julien Lauwers ; l’abbé Lucien Van Asbroek ; le Père Omer van de Vyvere O.S.B. ; l’abbé Oswald de Maeyer ; le curé Pierre Van Cappellen ; l’abbé Werner Graus, de Sankt Ingbert (Sarre) ; etc. etc. etc.

L’intéressé n’a jamais voulu les mentionner et encore moins leur donner la parole. Il a fait comme s’ils n’existaient pas, ou alors, comme pour Mgr Jan Van Lierde, il les a diabolisés avec le reproche inconsistant d’obéir à des "ordres" mystérieux visant à obtenir « l’ensevelissement dans l’oubli de la doctrine catholique » (sic). Mais pour diffuser cette surprenante "nouvelle", il a patiemment attendu la seconde édition de son bouquin,  soit... dix-huit ans plus tard !

En complément

On lira avec profit l'article concernant la "Décence", exposant plus particulièrement ce que l'abbé Noël Barbara entendait par là pour la tenue vestimentaire des femmes, et montrant surtout que les "références" fournies par ce prêtre à l'appui de ses affirmations étaient, là aussi, le résultat d'une opération de faussaire, majorant indûment l'enseignement de l'Église catholique par des précisions "centimétrées" jamais données dans les sources officielles du Saint-Siège effrontément citées (que personne n'avait vérifiées jusqu'ici, tellement certains ecclésiastiques font aveuglément confiance à leurs confrères, tellement aussi la plupart des gens sont impressionnés par un abbé en soutane et ont acquis l'habitude paresseuse de croire bêtement tout ce qu'il raconte). Ce n'est pas ainsi qu'on prend la défense de la vérité !

Je ne suis pas en désaccord avec l’impératif de la décence, mais bien avec son exagération caricaturale et l’arrogance effrontée avec laquelle certains s’appliquent à imputer celle-ci à un document « urbi et orbi » censément émané du Saint-Siège. Ceci dit, le reste est encore beaucoup plus important pour la fidélité catholique. Il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt. Les générations montantes, qui n’ont pas assez de formation pour s’apercevoir des erreurs, ici et ailleurs, vont être mal formées sur quantité de points, même si elles sont du reste correctement habillées "beau chic, beau genre".