Alfred Denoyelle,
Docteur en Histoire

Contre le négationnisme :
quelques faits avec données chiffrées
... et certains aspects méconnus du nazisme

 

Attention ! Cette page contient des images de cruauté pouvant heurter les âmes sensibles !
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I.

Périodiquement, les divers media (presse, radio, télévision, internet) attirent notre attention sur ce qu'il est convenu d'appeler le « négationnisme ». Il s'agit de l'attitude contestataire, ponctuée de déclarations, de la part de gens qui ne sont généralement pas des historiens, mais qui croient cependant être en mesure de nier l'existence de certains faits attestés du temps de la seconde guerre mondiale, à savoir les exécutions de Juifs en grand nombre. Parmi ceux qui font preuve de ce « négationnisme », il y a des gens opiniâtres qui veulent se refaire une virginité civile en niant certaines réalités historiques mettant en cause « l'honneur » de l'armée allemande au sein de laquelle ils ont combattu après s'être laissés embrigader dans la « croisade anti-bolchévique ». Il y en a toutefois qui ne nient pas ces faits, mais seulement l'importance du nombre généralement évoqué, qui est de plusieurs millions.

Qu'en est-il exactement ?

Le 20 janvier 1942, quinze hauts fonctionnaires de la bureaucratie ministérielle et de la S.S., réunis dans la villa au lac Wannsee à Berlin sous l'égide du SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, chef de l'Office central de la sécurité du Reich (RSHA), traitèrent de la poursuite organisée d'une décision de faire déporter vers l'Est et de mettre à mort les Juifs d'Europe. C'est un fait qu'atteste la documentation historique fournie. 1)

D'après le protocole rédigé à l'issue de cette conférence, voici quelles sont les données chiffrées nous renseignant sur l'évaluation faite à l'époque par les Nazis eux-mêmes quant à la répartition de la population juive :

Ancien Reich [Allemagne] 131.800
Marches de l'Est [Autriche] 43.700
Territoires de l'Est 420.000
Gouvernement général 2.284.000
Bialystok 400.000
Protectorat de Bohême et de Moravie 74.200
Estonie - « libre de Juifs » - 0
Lettonie 3.500
Lituanie 34.000
Belgique 43.000
Danemark 5.600
France / zone occupée 165.000
France /zone non occupée 700.000
Grèce 69.600
Pays-Bas 160.800
Norvège 1.300
Bulgarie 48.000
Angleterre 330.000
Finlande 2.300
Irlande 4.000
Italie (y compris la Sardaigne) 58.000
Albanie 200
Croatie 40.000
Portugal 3.000
Roumanie (y compris la Bessarabie) 342.000
Suède 8.000
Suisse 18.000
Serbie 10.000
Slovaquie 88.000
Espagne 6.000
Turquie (partie européenne) 55.500
Hongrie 742.800
URSS 5.000.000
/ Ukraine 2.994.684
/ Russie Blanche (sans le Bialystok) 446.484
Total Plus de 11.000.000

En examinant attentivement ce tableau, on peut remarquer que les Nazis avaient déjà « programmé » la déportation et l'extermination de toute la population juive d'Europe, donc même de pays neutres (comme la Suisse) ou belligérants (comme l'Angleterre), qu'ils comptaient évidemment envahir plus tard en vue de donner à la « solution finale » une extension maximale. En attendant, ils avaient déjà fait le recensement de tous les Juifs de ces pays.

Ils se tenaient manifestement prêts à saisir toute opportunité pour parvenir à leurs fins.

Du chiffre total de « plus de 11.000.000 » recensé dans le protocole de la conférence de Wannsee, il y a donc lieu de déduire le nombre de Juifs européens qui n'ont pas pu être capturés parce qu'ils étaient encore et sont restés « hors portée » des Nazis pendant la guerre, bien qu'ils aient retenu toute leur attention.

Au moment de cette conférence, en effet, les succès militaires de l'Allemagne ne s'étaient pas encore démentis sur une grande échelle. Il faudra attendre les défaites vers la fin de 1942 (El Alamein) et surtout depuis le début de 1943 (Stalingrad) pour pouvoir faire un pronostic pessimiste suffisamment fondé. Mais même alors, les Nazis s'avéreront grisés par leurs victoires passées et surtout aveuglés par le fanatisme de leur combat contre « les forces judéo-maçonniques » dont le spectre était constamment agité par les divers protagonistes du Reich d'Hitler.  2)

 

II.

Les intentions de ce dernier étaient suffisamment claires. Dès avant son ascension politique, il rêvait déjà d'une Europe « débarrassée » des Juifs. Profitant du désarroi consécutif à la crise économique et financière mondiale de 1929, qui s'ajoutait au mécontentement pour le paiement continué de « la dette de guerre » par l'Allemagne, son parti obtint des succès fulgurants aux élections, devenant même en 1932 le parti le plus important dans le Reichstag.

L'année suivante, Hitler était promu chancelier avec pleins pouvoirs (441 voix contre 91). Puis il y eut, en 1934, le décès « providentiel » de Hindenburg, suivi d'un plébiscite à l'issue duquel Hitler cumulait « avec approbation démocratique » (à 88 %) les fonctions de (1°) chef du parti Nazi, (2°) chancelier, (3°) président et (4°) chef de l'armée, avec le titre générique et dictatorial de « Führer » (guide). À aucun moment, l'intéressé ne changea d'avis quant à l'extermination des Juifs par tous les moyens, l'exil volontaire, l'émigration sous pression, le travail forcé exténuant et la « liquidation » individuelle ou collective, sans aucun procès. 3)

D'ailleurs, les dispositions intimes de l'intéressé et de ses comparses se manifestèrent rapidement. Dès le 15 septembre 1935, les lois raciales de Nuremberg privaient les Juifs de leurs droits civiques, imposaient diverses restrictions et attentaient notamment à la liberté du mariage. Puis, à partir de 1938, le régime nazi commença à freiner l'émigration des Juifs. L'assassinat d'Ernst von Rath, conseiller d'ambassade à Paris, par Herschel Grynszpan, un jeune Juif de 17 ans, servit de prétexte à des représailles, comme s'il s'était agi d'une faute collective (notion au demeurant absurde) : dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, nuit entrée dans l'Histoire comme « la nuit de cristal », eurent lieu des pogroms affectant les communautés juives en Allemagne, ainsi que dans l'Autriche annexée depuis quelques mois. Bilan de cette violence organisée par les Nazis : 280 synagogues incendiées, des cimetières juifs profanés, environ 7.000 magasins saccagés, des maisons d'habitation forcées par effraction et leurs occupants brutalisés. Au cours de ces agissements, 91 personnes trouvèrent la mort. De plus, il y eut une vague d'arrestations de Juifs en grand nombre (près de 30.000) et leur déportation vers les camps de concentration déjà existants (entre autres Dachau et Sachsenhausen). Ce sont les Nazis, effrontés et cyniques, qui imaginèrent le nom « poétique » de Kristallnacht (nuit de cristal) pour désigner avec une mauvaise joie les débris de verre (vitrines des magasins, vitraux des synagogues, vitres des maisons) qu'ils amoncelèrent en cassant tout ce qu'ils pouvaient à l'occasion de cet épisode de violence. Comme si cela n'avait pas suffi comme « représailles », Hitler porta le cynisme à son comble de haine en imposant aux Juifs une amende d'un milliard de Reichmarken « pour payer les dégâts » ! Ensuite le régime nazi décida de « l'aryanisation » de toutes les entreprises appartenant à des Juifs en Allemagne. Le 12 novembre 1938, tous les commerces de détail reçurent l'ordre de fermer avant la fin de l'année. Puis, le 23 novembre une circulaire du secrétaire d'État à l'Économie ordonna la liquidation de tous les commerces juifs : les entreprises sont dissoutes et leurs stocks doivent être remis au groupement professionnel de leur branche d'activité. Les artisans sont rayés des registres professionnels et n'ont plus le droit d'exercer leur métier. Le 3 décembre 1938, un décret étendit ladite « aryanisation » aux entreprises industrielles et aux possessions immobilières. Les Juifs sont alors totalement dépossédés. Certains Juifs peuvent encore tout juste fuir l'Allemagne. Le but avoué des Nazis est de vider le Reich de sa population juive par tous les moyens.

D'après Michel Mourre, « L'extermination systématique commença avec le déclenchement de la guerre contre l'U.R.S.S., en juin 1941. L'effondrement initial de l'Armée rouge permit aux Allemands d'occuper rapidement les régions de Russie Blanche et d'Ukraine, où les communautés juives étaient particulièrement importantes. Des S.S., organisés en Einsatzgruppen, suivaient la Wehrmacht dans sa progression et procédaient sur place à des exécutions massives ; ailleurs, les Juifs étaient regroupés en vue de leur future déportation.

Après avoir songé un moment à transplanter tous les Juifs d'Europe à Madagascar, les dirigeants du IIIème Reich décidèrent de mettre à exécution la « solution finale du problème juif », c'est-à-dire l'extermination systématique. Les mesures définitives furent prises à la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), mais, dès la fin de 1941, des camps d'extermination avaient été aménagés. Selon les estimations, de 3 à 6 millions de Juifs européens furent ainsi massacrés, surtout dans les chambres à gaz. » 4)

cadavres découverts lors de la libération d'un camp

 

III.

Beaucoup d'encre a déjà coulé pour faire état de ces « estimations ». Cependant, personne n'a jamais nié qu'il s'agisse chez tous de chiffres plus ou moins arrondis, donc non repris dans les tableaux statistiques à l'unité près.

Les Nazis eux-mêmes ont avancé des chiffres arrondis, comme il ressort du protocole dont les données chiffrées ont été reproduites ci-dessus.

D'après Raul Hilberg, professeur à l'Université de Vermont (USA), il y a lieu de comparer la population juive d'avant la guerre (1939) avec celle d'après la guerre (1945) pour pouvoir constater quelle est la différence, à savoir une impressionnante diminution numérique de Juifs, et s'attacher ensuite à expliquer ce que sont devenus ces éléments administrativement « manquants » au sein des pays européens.

Si l'on met en regard les chiffres collationnés par l'historien américain (1939 et 1945) et ceux avancés dans le document nazi (1942), on obtient le tableau composé suivant :

Pays 1939 1942 1945
Ancien Reich [Allemagne] 240.000 131.800 80.000
Luxembourg 3.000   1.000 (a)
Marches de l'Est [Autriche] 60.000 43.700 7.000
Ancienne Pologne 3.350.000   50.000 (b)
*Territoires de l'Est   420.000  
*Gouvernement général   2.284.000  
URSS 3.020.000 5.000.000* (c) 2.600.000
/ Ukraine   2.994.684*  
/ Russie Blanche (sans le Bialystok)   446.484*  
/ Bialystok   400.000 (d)  
Estonie 4.500 0 (e)  
Lettonie 95.000 3.500 (f)  
Lituanie 145.000 34.000 (g)  
Finlande   2.300 (h)  
Norvège 2.000 1.300 1.000
Suède   8.000 (i)  
Danemark 6.500 5.600 5.500
Angleterre   330.000 (j)  
Irlande   4.000 (k)  
Pays-Bas 140.000 160.800 (l) 20.000
Belgique 90.000 43.000 40.000
France / zone occupée 270.000 165.000 200.000 (m)
France / zone non occupée   700.000 (n)  
Espagne   6.000 (o)  
Portugal   3.000 (p)  
Suisse   18.000 (q)  
Ancienne Tchécoslovaquie 315.000   44.000 (r)
**Slovaquie   88.000  
**Protectorat de Bohême et de Moravie   74.200  
Hongrie 400.000 742.800 (s) 200.000
Ancienne Yougoslavie 75.000   12.000 (t)
***Croatie   40.000  
***Serbie   10.000  
Italie (y compris la Sardaigne) 50.000 58.000 (u) 33.000
Albanie   200 (v)  
Grèce 74.000 69.600 12.000
Bulgarie 50.000 48.000 47.000
Roumanie (y compris la Bessarabie) 800.000 342.000 430.000 (w)
Turquie (partie européenne)   55.500 (x)  

Cette comparaison appelle quelques explications ou commentaires. En 1942, les Allemands avaient redessiné la carte de l'Europe. Leurs chiffres concernant les Juifs pour cette année présentent donc çà et là des différences par rapport aux années 1939 ou 1945, mais l'on pourra remarquer que pour la plupart des pays où il n'y eut pas de changements notables de frontières, les trois colonnes représentant le recensement des Juifs européens en 1939, 1942 et 1945 montrent un « decrescendo » de la population.

Autre remarque : la colonne du milieu représente des chiffres officiels (estimations du Reich nazi) pour le début de l'année 1942. Ces chiffres paraissent extrapolés pour l'URSS (Staline n'a sûrement pas communiqué ces données), mais sont extraordinairement précis (à l'unité près) pour l'Ukraine et la Russie Blanche où les Allemands ont pu sévir.

Après ces remarques générales, voici les commentaires détaillés :

(a) Le Luxembourg n'est pas mentionné séparément dans la colonne de 1942 parce que les Nazis avaient annexé ce pays. Ses données sont donc incorporées à celles de l'Allemagne.
(b) La Pologne avait été partagée entre le Reich nazi et l'URSS au début de la guerre.  Les territoires annexés en cette occasion par les Allemands portent des noms différents en 1942
et rendent la comparaison difficile.
(c) Chiffre sans doute exagéré (il serait surprenant que Staline ait signalé ce nombre de Juifs), sauf pour l'Ukraine et la Russie Blanche où les Allemands ont eu le temps et l'occasion de le vérifier sur place.
--- S'il faut inclure dans le chiffre de l'URSS ceux pour l'Ukraine et la Russie Blanche (au total 3.441.168 unités), alors le reste de l'URSS aurait compté (par soustraction) 1.558.832 unités.
(d) Chiffre à ajouter à celui de l'URSS pour les autres années.
(e) L'Estonie ne faisait pas partie de l'URSS en 1939 et figure donc à part dans cette colonne, mais en 1945 ce pays en faisait partie (dès lors plus de données communiquées par les autorités soviétiques).
--- Il est à remarquer que les Nazis n'y trouvaient plus de Juifs en 1942.
(f) Idem pour la Lettonie (= URSS en 1945).
(g) Idem pour la Lituanie (= URSS en 1945).
(h) À l'occasion de « l'opération Barbarossa », ce pays s'était associé par opportunisme à l'Allemagne afin de chasser les Soviétiques qui l'avaient envahi au début de la guerre.
(i) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(j) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(k) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(l) L'augmentation relevée en 1942, par rapport au nombre de 1939, est probablement due à des Juifs « en transit » depuis la Belgique voisine.
(m) Dans la zone française « libre » (non occupée), le nombre de Juifs a probablement été recensé par le gouvernement de Vichy. Son importance s’'explique par la masse des réfugiés « en transit » (provisoirement épargnés) cherchant une terre d’'accueil.
(n) Quant à l'augmentation du nombre de Juifs recensés dans la zone occupée en 1945, par rapport à ce qu'il était en 1942, elle s'explique par leur retour progressif à l'ombre de l'avancée des Alliés
libérant le pays depuis le débarquement en Normandie (6 juin 1944).
(o) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(p) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(q) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !
(r) Sous la domination nazie, la Tchécoslovaquie était divisée.  En additionnant les chiffres des territoires concernés en 1942, et en les comparant avec ceux des autres années, on se rend bien compte
du « decrescendo ».
(s) L'augmentation, par rapport à l'année 1939, du nombre de Juifs recensés en 1942, peut probablement s'expliquer par la modification du territoire hongrois et par le regroupement concentrationnaire.
(t) Pour la Yougoslavie : une remarque analogue à celle de la note (r).
(u) En 1942, les Nazis débusquent 58.000 Juifs en Italie, alors qu'il y en avait seulement 50.000 en 1939. Il faut savoir qu'en Italie, beaucoup de Juifs avaient trouvé refuge pendant la guerre dans divers
bâtiments appartenant à l'Église catholique, comme les cures, les monastères, les abbayes. Ces lieux avaient ensuite fait l'objet de perquisitions de la part des Fascistes, puis de leurs « amis » les Nazis.
(v) Les Nazis n'ont pas oublié ces 200 personnes !
(w) Des Juifs étaient manifestement revenus en Roumanie dès que les Allemands eurent subi assez de revers en Russie.
(x) Pays non conquis par l'Allemagne, mais les Juifs y sont déjà repérés !

 

D'emblée, la lecture attentive de - et surtout la réflexion sur - ces données chiffrées invite à prendre ses distances du « négationnisme ». En effet, si l'on additionne la colonne pour 1939, on obtient 9.190.000 Juifs recensés en Europe. Si l'on additionne celle pour 1945, on constate qu'il n'en reste plus que 3.782.500. La différence en nombre, qui couvre les années de guerre, se chiffre à 5.407.500 unités « manquantes » de population juive. C'est là un fait qui demande à être expliqué.

 

IV.

Il y a certes des Juifs qui sont décédés pendant cette période, mais est-ce de mort naturelle ? Là où les registres de la population sont bien tenus - et c'est pour la plupart du temps le cas en Europe occidentale - on peut compter les décès et les enterrements, mais quand ils ne sont pas signalés et que les personnes concernées ne donnent plus signe de vie, il y a lieu de vérifier tout d'abord si elles n'ont pas émigré.

Il y a eu des exils volontaires et des émigrations faites plus ou moins sous la contrainte, depuis l'Allemagne et l'Autriche surtout, vers des pays neutres ou extra-européens. Les chiffres arrondis disponibles pour l'émigration juive depuis 1939 sont, d'après les recherches de l'historien américain cité :

- 155.000 vers les États-Unis d'Amérique,
- 130.000 vers d'autres pays (Suisse, Espagne, Turquie, ...)   
-  70.000 vers la Palestine où se constituait le futur État d'Israël.

Si l'on tient compte de ces données, on arrive par soustraction à un chiffre de 5.052.500 Juifs « manquants » en 1945 (par rapport à 1939). S'ils n'ont pas tous émigré clandestinement (en se terrant quelque part jusqu'à aujourd'hui alors, ce qui supposerait nombre de complicités et l'enterrement tout aussi clandestin de la dépouille de leurs morts ultérieurs) et s'ils ne sont pas tous décédés de mort naturelle, alors où sont-ils passés ?

Plus de cinq millions, cela ne passe tout de même pas inaperçu.

Bien entendu, dans les rangs de l'Armée soviétique, il y avait des Juifs, sûrement très motivés pour combattre les Nazis, comme il y en avait chez les autres Alliés, notamment Anglais, et il faut dès lors compter le nombre de soldats Juifs « morts pour la patrie » dans le chiffre de Juifs « manquants » en 1945. Mais il serait étonnant qu'il y en ait eu cinq millions.

En temps de guerre, certaines personnes sont certes bombardées sur les routes. On ne retrouve pas toujours leur corps. Mais pourquoi cela serait-il arrivé à des millions de Juifs ? Évoquer seulement les bombardements, c'est fermer les yeux sur les autres causes qui sont les causes principales de leur « disparition » et qui sont la mise en application de l'idéologie des Nazis, comme il ressort des faits et documents historiques.

La seconde guerre mondiale a commencé en Pologne. Bientôt, les Nazis victorieux vont enfermer les Juifs dans un ghetto, les affamer, leur imposer des travaux forcés, les maltraiter, puis les « désinfecter » à la mitrailleuse ou au canon. C'était un des aspects de la « solution finale » envisagée. Le gaz n'était donc absolument pas la seule méthode utilisée.

Un autre aspect, également distinct du gazage, se découvre dans la foulée de « l'opération Barbarossa » avec les activités meurtrières des S.S. qui procédaient à des exécutions massives de Juifs (et en faisaient des charniers, que l'on a découvert par la suite en divers endroits sous une couche de terre recouverte de neige) en Russie.

cadavres jetés dans une fosse commune

Prétendre que « six millions de Juifs ne sont pas morts gazés », c'est donc affirmer une vérité jouant sur les mots, chez certains, pour faire passer leur « négationnisme » : d'une part, il y a en effet eu encore d'autres causes que le gazage, parce qu'il y avait plusieurs méthodes pour arriver à la « solution finale » ; et d'autre part, en tenant compte des décès naturels, des faits de guerre et de l'émigration, il y a eu effectivement moins de « six » millions qui ont péri par le seul gaz, mais ce chiffre est bien sûr une évocation globale de la grandeur des diverses calamités qui ont spécialement affecté la population juive pendant la guerre.

On parviendra peut-être un jour à calculer les pertes à l'unité près, mais le plus important n'est pas là. Après avoir déduit le nombre des émigrés, il restait 5.052.500 de Juifs « manquants » par rapport à 1939, selon les statistiques. Pour trouver le chiffre le plus approximatif du nombre réel des victimes dans les « camps de la mort », il faut donc encore en déduire, pour les années 1939 à 1945 :

- le nombre de décès naturels dans la population juive des divers pays,
- le nombre de soldats Juifs morts dans les armées européennes alliées,
- le nombre de Juifs bombardés dans les villes, sur les routes ou ailleurs,
- le nombre de Juifs fusillés, mitraillés ou massacrés par les S.S., notamment en Pologne et en Union soviétique lors de l'avancée allemande dans ces pays,
- les groupes de Juifs gazés non pas dans les camps, mais bien distinctement en divers endroits dans des camions mobiles de gazage, notamment au monoxyde de carbone (CO),
- les décès « naturels » consécutifs à l'épuisement par les travaux forcés, au manque de soins convenables, à la brutalité et aux mauvais traitements subis dans les camps de concentration.

Le solde arithmétique fluctue suivant les estimations, mais il se chiffre en millions et indique le nombre de Juifs que les Nazis « liquidaient » par le gazage au « Zyklon B » (granulés d'un produit entrant en effervescence dès que la température ambiante dépasse 15°C et qui dégage dès lors des effluves s'attaquant aux poumons, aux nerfs et aux muscles, avec une issue fatale). Le général Eisenhower, chef des forces armées alliées, avait ordonné qu'à l'occasion de la libération des « camps de la mort », l'on prenne des photos pouvant servir comme preuves du génocide mis en oeuvre par les Nazis. Bien entendu, ces photos ne sont jamais montrées par les « négationnistes ».

découverte lors de la libération du camp de Bergen-Belsen

La rapidité létale est plus grande avec des comprimés de cyanure, mais pour en faire avaler à autant de personnes, c'eût été problématique. On racontait aux futures victimes qu'elles allaient passer une visite médicale, mais qu'il fallait d'abord prendre une « douche ». Bien sûr, aucune canalisation d'eau n'était reliée aux pommeaux « trompe-l'oeil » de ces salles de douche fictives. Les anciennes morgues aménagées en chambres à gaz étaient chauffées (!) pour que le « Zyklon B » puisse agir et elles étaient en outre pourvues d'une porte blindée hermétique. On en a retrouvé les plans et les bons de commande pour les travaux d'aménagement. Les bâtiments actuels, pour la plupart transformés en musées, ne sont pas tous des constructions « à l'identique ».

Tout cela, les « négationnistes » se gardent aussi d'en faire mention. Ils s'appliquent à faire remarquer qu'à la fin de la guerre, il y avait une épidémie de typhus dans les camps de concentration. Dès lors, selon eux, toutes les photos de charniers ou de fosses communes montreraient seulement des cadavres de personnes mortes à cause du typhus. Ils ignorent -- ou alors feignent d'ignorer -- que les gazages, soit par le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz, soit par le monoxyde de carbone (CO) utilisé dans les camions, laissent -- tout comme les impacts de tirs avec des armes à feu -- d'autres traces que celles dues au typhus. Les apprentis-historiens ne s'en soucient pas, étant trop pressés de conclure que toutes les victimes ont péri à cause du typhus et que les atrocités commises par les Nazis sont donc imaginaires. Ils affirment cela en généralisant -- tant d'années après les faits -- sur base d'une épidémie qu'ils supposent apocalyptique dans derniers mois de la guerre, mais à propos de laquelle ils n'ont pas consulté les rapports médicaux d'époque. 5)

En fait, pendant la deuxième guerre mondiale, le typhus avait frappé l'armée allemande quand elle a envahi la Russie en 1941. C'est une infection transmise par les poux. Elle est caractérisée par l'association d'une forte fièvre, d'une éruption cutanée et d'un état de stupeur qui affaiblit considérablement l'organisme. Sans traitement approprié, notamment par des antibiotiques, on peut en mourir. Le pou du corps vit dans les vêtements et se multiplie rapidement lorsque la propreté laisse à désirer, comme durant les campagnes militaires, dans les camps de prisonniers ou en d'autres situations caractérisées par le surpeuplement, la promiscuité, l'alimentation polluée et le manque d'hygiène. Vers la fin de la guerre, à mesure que les armées alliées avançaient et retrécissaient le territoire du Reich, la population des camps de concentration était progressivement "reconcentrée" sur Bergen-Belsen (au nord de l'Allemagne) et sur Theresienstadt (Terezin, dans la Tchéquie actuelle). C'est principalement là, où il y avait une affluence de tous côtés, qu'une épidémie de typhus eut l'occasion de se répandre.

Ainsi, le camp de Bergen-Belsen, où il y avait environ 15.000 détenus en décembre 1944, en comptait 60.000 en avril 1945, lorsque les Anglais le libérèrent. Les Nazis ne leur avaient plus apporté aucune aide médicale appropriée. Il y eut donc des victimes après la libération. De plus, le camp grouillait de poux et les Anglais durent détruire les baraquements au lance-flammes. Voici comment les gens y avaient été entassés :

photo prise lors de la libération du camp de Bergen-Belsen

Sont-ils donc tous morts du typhus ? Les « révisionnistes » écrivent des articles parfois filandreux et amphigouriques à ce sujet, mais leur raisonnement n'est pas valable, car il implique que les effets pourraient précéder les causes.

De même, en effet, qu'il est erroné d'affirmer que tous les Juifs qui avaient été détenus dans les camps entre 1941 et 1945 sont morts à cause des bombardements alliés de 1944, de même il est erroné d'affirmer que tous les Juifs qui avaient été détenus dans les camps entre 1941 et 1945 sont morts à cause de l'épidémie de typhus de 1945. Beaucoup d'entre eux étaient déjà décédés depuis bien longtemps : il existe des listes avec le numéro matricule des détenus, la date de leur arrivée, celle de leur mutation éventuelle, ainsi que celle de leur mort. Ce sont les Nazis qui ont méticuleusement établi ces listes et... les décès qui y sont actés ne datent pas tous de 1944 ou de 1945. D'autres causes, bien différentes de l'épidémie de typhus dans les derniers mois de la guerre, étaient à l'origine de la mortalité constatée.

 

V.

Les « révisionnistes » qui font état de leur « négationnisme » évoquent aussi les hautes cheminées qu'il aurait fallu, selon eux, pour évacuer le gaz, comme s'il s'était agi d'un gaz avec une formule chimique comparable à celle du gaz de ville « explosif » de nos réchauds de cuisine. Dans ce cas, en effet, il eût fallu que l'inspecteur en chef du camp s'abstienne soigneusement d'allumer un cigare à proximité.

En fait, le « Zyklon B » avait été mis au point à la fois comme un désinfectant de locaux et un puissant exterminateur de vermine. À une certaine dose, le gaz concentré qui se dégage des granulés tue, particulièrement vite dans une salle non aérée, tout être vivant qui le respire et l'absorbe complètement.

granulés de « Zyklon B »

Normalement, les granulés deviennent entièrement inopérants après avoir dégagé leurs effluves qui ont pénétré et détruit des organismes vivants. Cependant, par précaution, les Nazis mettaient ordinairement des masques à gaz lors de l'ouverture de la porte d'entrée après cette « désinfection ». Après l'arrachage des éventuelles dents en or par des équipes de détenus astreints aux travaux forcés et étroitement surveillés, les cadavres passaient dans les fours crématoires, tandis que les chambres à gaz étaient aérées et nettoyées en attendant une nouvelle fournée de Juifs à « désinfecter » ainsi. Il y a des preuves formelles de tout ça. 6)

fours crématoires et cadavres calcinés
découverts au camp de Maïdanek libéré

cadavres calcinés encore dans les fours

L'ensemble des décès durant la seconde guerre mondiale est estimé à plus de quarante millions dans la population européenne. La « part » dévolue aux Juifs de toute condition (soldats, civils, jeunes, vieillards, femmes et enfants confondus) est globalement d'un huitième de ce chiffre, soit plus de 5.000.000 personnes, ce qui est tout de même énorme et odieux, s'agissant d'une population principalement non belligérante. 7)

À titre de comparaison, les victimes non juives au sein de la population civile allemande, soit dans les villes bombardées par les Alliés, soit dans les camps comme « dissidents » du régime, soit au travail forcé dans l'industrie de guerre, soit mortes de faim dans les derniers mois de la guerre, se chiffrent à environ 3.000.000 (sur un total de plus de 6.500.000 défunts). En d'autres pays, les victimes civiles non juives sont également importantes : ainsi, par exemple, en Pologne 2.420.000 et en Yougoslavie 1.200.000. 8)

L'historien qui considère le vingtième siècle est d'ailleurs frappé par le nombre important de victimes à cause de plusieurs guerres et également suite à certaines actions criminelles, faites 'en douce' ou bien avec le fracas de divers terroristes. Entre 1915 et 1923 il y a eu le génocide des Arméniens, près d'un million et demi de morts, que les Turcs imputent à la guerre et à d'autres faits où ils seraient totalement étrangers. Depuis la révolution de 1917 en Russie, le régime rouge qui s'y est installé a eu si souvent recours à la terreur qu'on n'est finalement plus parvenu à tenir un compte exact des liquidations d'opposants sous Lénine et surtout sous Staline, mais il est déjà question de cinq à dix millions de morts dans les années 1930 et suivantes, soit au total vingt millions de victimes avec celles qui croupissaient dans les Goulags de Sibérie en attendant leur trépas. Quant au régime communiste chinois mis en place après la seconde guerre mondiale sous Mao Tsé Toung, le chiffre avancé oscille entre quinze et trente millions de victimes, environ la moitié par la famine des années 1958 à 1961 consécutive au « grand bond en avant » ayant instauré une économie aberrante, suivie dans les années 1966 à 1969 par la « révolution culturelle » qui ne frappa pas seulement les oeuvres d'art « politiquement incorrectes ». Le dirigeant Pol Pot, plus modéré, n'a fait mourir "que" 26% de la population du Cambodge, soit plus d'un million et demi d'opposants, réels ou présumés, à son régime communiste. Les États-Unis d'Amérique sont-ils en reste, quand on fait abstraction des soldats mais aussi des civils morts à l'occasion des diveres guerres - Corée, Vietnam, Irak, etc... - où ils se sont engagés depuis 1946 ? Depuis que le meurtre prénatal des bébés y a été autorisé en 1973, on estime jusqu'à ce jour le nombre de victimes à plus de quarante millions, soit autant que l'ensemble des décès durant la seconde guerre mondiale. Les pays ayant légalisé l'avortement alignent des données comparables. Ces chiffres font assurément pâlir le bilan de la première guerre mondiale, "seulement" plus de neuf millions de morts et vingt millions de mutilés. Certains voient avec cynisme dans tout ça une série de « sélections naturelles » opérées par les plus forts en vue de régner en maîtres dans la jungle humaine. L'être humain est naturellement bon, prétendait Jean-Jacques Rousseau, mais cela n'est pas évident du tout. Quand il n'est pas moralement discipliné et spirituellement élevé, il est capable d'être bien plus cruel qu'un fauve, celui-ci ne tuant que pour subvenir à sa survie. Les animaux ne connaissent pas les conventions de Genève et ils n'ont pas de religion, que l'on sache : simplement, en obéissant à la loi naturelle par instinct, ils ne connaissent pas la déchéance, mais préservent leur dignité de créature.

Ceci pour situer les événements évoqués dans le contexte particulièrement sanglant du vingtième siècle qui va significativement de pair avec un déclin général de l'esprit religieux et du sens moral.

La seconde guerre mondiale était une « guerre totale » qui n'épargnait personne. Quand il s'agit de personnes décédées, aucun deuil n'est méprisable et aucun n'est opposable à celui d'autrui, mais il est clair qu'un contexte de persécution systématique est de nature à susciter encore davantage la compassion envers ceux qui en ont été les victimes de prédilection.

L'existence des camps de concentration et, parmi ceux-ci, le fonctionnement de « camps de la mort » ayant pour objectif principal l'extermination des Juifs, est dûment attestée. Ces camps, le régime nazi s'employa à les construire bien avant la guerre. Dès 1933, le parti nazi pouvait disposer de camps « sportifs » et bientôt aussi de « camps de l'amour » (sic) réservés aux grands blonds aux yeux bleus, réputés « bons Aryens ». À partir de 1936, il y a déjà des camps de concentration pour y interner des dissidents politiques, des trafiquants, des pédérastes, des souteneurs, des vagabonds et des bohémiens (Dachau, près de Munich, et Sachsenhausen, près de Berlin). Furent ouverts ensuite : les camps de Buchenwald (1937), Mauthausen (près de Linz, 1938), Neuengamme (près de Hambourg, 1939), Ravensbrück (pour les femmes) et Flossenburg (1939). Le 10 avril 1939, la population carcérale de ces camps se chiffrait déjà à 280.000 (archives du Reich).

Entre 1940 et 1943 s'y ajoutèrent les camps de Lublin, Theresienstadt (= Terezin) et Dora (en Europe centrale), Natzwiller-Struthof (en Alsace), Baarle-Hertog (Bois-le-Duc, aux Pays-Bas) et Bergen-Belsen (près de Hannovre). Plus de 600.000 condamnés aux travaux forcés y étaient recensés à l'automne de 1944 (archives du Reich).

Mais dès 1941, d'autres camps avaient été rendus opérationnels, à savoir ceux qui furent d'emblée des « camps de la mort » destinés à exterminer les Juifs inaptes aux travaux forcés ou bien devenus trop faibles pour supporter un esclavage de type pharaonique, ceux qui n'avaient pas accepté d'émigrer vers la Palestine avec l'aide des agences sionistes approuvées par le Reich et ceux que l'on estimait réfractaires : ce furent les camps de Belzec, Chelmno, Sobibor, Treblinka et Auschwitz-Birkenau. Les Juifs se trouvant encore mêlés à la population des autres camps y furent transférés.

Ils furent progressivement rejoints par d'autres, déportés par convois de trains spéciaux depuis les pays occupés par les troupes du Reich. Mais à cause de la difficulté à « résorber » des arrivages aussi nombreux par des gazages plus fréquents et en raison de la saturation du nombre d'internés, les Nazis se virent contraints de doter ces divers camps de concentration de succursales, fonctionnant comme « centres de transit ». Ainsi à Schirmeck (France), Huy et Breendonk (Belgique), Vught (Pays-Bas), Esterwegen (Allemagne), Gross Rosen, Stutthof, Ketrzyn, Lodz, Lemberg, Rava-Russka et Maïdanek (en Europe centrale). Ce dernier, tristement réputé pour être également un « camp de la mort », se trouvait dans un faubourg de Lublin où il y avait déjà un camp de concentration et un ghetto de Juifs polonais. Ainsi donc, on ne prévoyait pas encore l'arrêt de la « solution finale » en cours. C'est la fin des hostilités qui y mit un terme en rendant possible la libération de ces camps par les Alliés.

cadavres trouvés lors de la libération d'un camp

Il est à remarquer toutefois qu'il serait stupide de blâmer l'ensemble des Allemands : ils pouvaient certes savoir qu'il existait des camps de concentration où divers déportés étaient astreints aux travaux forcés, mais ils n'ont pas pu assister à la conférence (restreinte et à huis clos) de Wannsee en 1942. En dehors de la Gestapo et du personnel S.S. chargé de la surveillance, peu savaient qu'il y avait aussi des « camps de la mort », même dans la Wehrmacht. Parmi les Allemands, il y avait d'ailleurs de nombreux opposants au régime, dont témoigne notamment la série des attentats visant Hitler et des comparses. La réalité de ces « camps de la mort » a cependant fini par être connue, même à l'étranger où les Nazis avaient construit ces fameux « centres de transit » d'où partaient les convois de Juifs. Or, Staline, Roosevelt et Churchill, qui disposaient pourtant de divisions blindées et de flottes aériennes, n'ont jamais voulu s'en servir pour désorganiser tant soit peu cet impressionnant réseau ferroviaire qui menait d'un peu partout aux chambres à gaz. S'il faut donc blâmer, en plus des Nazis, ne sont-ce pas aussi ces dirigeants alliés ?

 

VI.

Quant au Führer du Reich nazi, il faut se garder d'illusions. Il convient de mettre en évidence la néfaste influence de Jörg Lanz von Liebenfels (1874-1954) sur le jeune Adolf Hitler.

En fait, le père de cet Autrichien s'appelait plus simplement Johann Lanz et sa mère Katharina Hoffenreich. Par l'ajout « von Liebenfels » il s'était donné un air aristocrate. Devenu moine cistercien en 1893 à Heiligenkreuz, il quitta l'abbaye en 1899, selon lui à cause de sa « nervosité croissante », mais selon les archives monastiques il en fut renvoyé à cause de son « amour du monde et de la chair » : plus précisément, il ne parvenait pas à mortifier ses pulsions homosexuelles et il déviait doctrinalement en prônant un racisme antisémite. En 1904, il publia d'ailleurs son livre « Theozoologie » (sic) où il est question d'une « race supérieure » (les bons Aryens, grands blonds aux yeux bleus)... Il y préconise la stérilisation des malades et des « races inférieures », parmi lesquelles il range les peuples sémitiques, qu'il voue aux travaux forcés.

Jörg Lanz von Liebenfels avait des contacts suivis avec des personnages de cercles ésotériques exaltant l'ancien paganisme germano-scandinave avec sa mythologie, ou bien qui en avaient été à des titres divers les promoteurs, initiateurs ou publicitaires, tels que Guido von List, sorte de gourou nationaliste barbu revendiquant l'adoration du dieu Wotan, Otto Weininger, Harald Gravelle, Dietrich Eckart, Rudolf von Sebottendorf, Walter Nauhaus, Helena Petrovna Blavatsky, Fritz von Herzmanovsky-Orlando, August Strindberg, Arthur de Gobineau et Houston Stewart Chamberlain, le beau-fils du compositeur romantique Richard Wagner. Tous ces gens-là déliraient sur la mythologie germano-scandinave. Ils avaient presque chacun qui son petit magazine, qui son organisation, qui son local de réunion. Leur audience était plutôt limitée, puisqu'elle ne dépassait pas quelques centaines de membres, selon des estimations peut-être minimalistes. Mais les oeuvres des poètes Fritz von Herzmanovsky-Orlando et August Strindberg, ainsi que les oeuvres musicales de Richard Wagner avaient très largement exalté la mythologie germano-scandinave auprès du grand public.

Chose que l'on ignore généralement : en 1907, la croix gammée ou « swastika » flottait déjà comme drapeau sur le vieux château de Werfenstein que Jörg Lanz von Liebenstein était parvenu à acquérir, l'estimant convenir à son « standing ». Comme fondateur de l'organisation occultiste « Ordo Novi Templi » (Ordre du Nouveau Temple) dont la publication avait pour titre « Ostara », il avait choisi la croix gammée en tant qu'ancien symbole païen du dieu Wotan. Dans l'optique de rituels ésotériques se référant à cette mythologie germano-scandinave, l'homosexualité était considérée et vécue comme « énergie d'Odin » (sic).

Après l'annexion de l'Autriche par le Reich nazi en 1938, Jörg Lanz von Liebenfels avait espéré se faire reconnaître par Hitler et en recevoir des subsides, mais le Führer était gêné par l'homosexualité de son ancien maître à penser, notoirement lié au théosophe Harald Gravelle qui avait aussi contribué à la publication pédéraste « Der Eigene » au début du siècle. Alors que d'ordinaire, les Nazis envoyaient pourtant les invertis dans des camps de concentration, celui-ci fut épargné comme tous les autres occultistes. Il lui fut simplement interdit de publier ses écrits, comme en Allemagne depuis 1933. Après la guerre, l'intéressé se vengea de cette censure nazie en déclarant qu'Hitler avait « non seulement volé, mais surtout corrompu » (sic) ses idées.

En 1958, un psychologue autrichien, à savoir Wilhelm Daim, publia une étude sur Jörg Lanz von Liebenfels ayant pour titre Der Mann der Hitler die Ideen gab (L'homme qui donna à Hitler ses idées). Dans ce livre, l'auteur mentionne le fait qu'en 1909, à l'âge de vingt ans, le futur Führer avait rencontré le moine défroqué occultiste et raciste à Vienne. Hitler fréquentait les cercles et librairies ésotériques. En 1932, soit vingt-trois ans après cette rencontre marquante, Jörg Lanz von Liebenfels écrivait dans son magazine : « Hitler est un de nos disciples. Vous verrez qu'un jour viendra où par lui, nous serons victorieux et nous développerons un mouvement qui fera trembler le monde. » (sic)

 

VII.

Tous ces cercles ésotériques étaient inféodés à la « Société de Thulé », une espèce de super-Ordre pan-germanique, dont feront partie - par conviction ou par ambition - nombre de dirigeants du Reich nazi. Parmi eux, il y avait Anton Drexler, Alfred Rosenberg, Julius Streicher, Hans Frank, Bernhard Stempfle, Theo Morell et Hermann Göring. Ladite « Société de Thulé » était composée aussi de corps armés, appelés « Freikorps » et « Kampfbund ». Comme Hitler en était devenu membre en 1920, ses débuts en politique furent soutenus par cette société, à laquelle on attribue par ailleurs l'idée de « la solution finale » (Endlösung).

Dès 1923, il y avait également Rudolf Hess, « gay » lui aussi, qui appartenait déjà à la « Société Anthroposophique » formée par Rudolf Steiner en 1912. Un autre membre éminent du Parti nazi influencé par l'ésotérisme susdit était Heinrich Himmler, « ami » intime de Karl Maria Wiligut, un occultiste surnommé « le Raspoutine d'Himmler », qui est à l'origine du dessin de la tête de mort sur la bague portée par les S.S.

L'imaginaire « grand blond aux yeux bleus » exalté en même temps que les personnages de la mythologie germano-scandinave était censé être l'archétype de la « race supérieure » ou du « bon Aryen » qui serait ici-bas originaire du pays - nordique bien sûr - de « Thulé », jadis base d'atterrissage pour les soucoupes volantes provenant de la constellation d'Aldébaran (ce dernier point donnant lieu à quelques discussions et variantes au sein de la société).

Il n'y avait rien de sérieux dans leurs propos, au plan historique. Concernant Thulé, les auteurs de l'Antiquité en parlent comme d'une île ou d'une terre qui formait l'endroit le plus septentrional connu des géographes d'alors.

Aussi le navigateur marseillais d'origine grecque Pythéas (fin du IVème / début du IIIème siècle avant notre ère) situe-t-il Thulé à six jours de navigation au nord de l'Écosse.

L'estimation ne précise pas avec quel type de navire on a vogué. Il se pourrait donc qu'il s'agisse des îles Shetland, de l'Islande ou de la Norvège. Des auteurs modernes qui ne valent pas une mention ont parfois identifié Thulé avec l'Atlantide comme « le pôle nord englouti » sous les glaces dont le magnétisme « divin » (sic) dirige toujours nos boussoles comme il guidait les vaillants Vikings à travers les brumes scandinaves. Quand l'imagination est la folle du logis, l'idéologie devient sorcière et l'historien est mis à la porte au même titre que le prêtre exorciste ou le chercheur rationaliste qui flaire le fanatisme.

Avec Himmler, les chefs des S.S. devinrent un groupement occultiste nettement antichrétien, devant prendre ses distances du reste de la société et se savonner mutuellement sous la douche (!) pour créer une sorte de dépendance psycho-somatique. À côté de personnages masculins de la mythologie germano-scandinave, on exaltait pêle-mêle, avec leurs moeurs (!) idéalisées, les héros de la Sparte antique, les samouraï japonais et les chevaliers teutoniques. Tout ce petit monde imaginaire était représenté en costume censé d'époque et défilait en de grandes processions laïques encadrées par des centaines de porteurs de drapeaux à la croix gammée. Il fallait « éduquer » la population dans ce sens et susciter de l'admiration, voire même de l'enthousiasme, pour la « race supérieure ». D'ores et déjà, les noms de baptême des S.S. étaient remplacés par des prénoms « teutoniques ». Pendant le régime nazi, quelques pratiques importantes de ce néo-paganisme ont même été officiellement instituées. Peu de temps après qu'Hitler soit parvenu au pouvoir, les fêtes religieuses du christianisme ont en effet commencé à être supprimées et remplacées par les jours « saints » des religions païennes. Lors des cérémonies de mariage, on jurait par des dieux imaginaires tels que « la mère de la terre » figurée par Ostara et « le père du ciel » figuré par Wotan. Enfin, de grandes liturgies militaires aux flambeaux, avec glapissement d'ordres secs et claquement répété de milliers de bottes semblaient inaugurer l'établissement d'une religion profane, sectaire et raciste.

En 1935, on a significativement interdit aux élèves dans les écoles de réciter encore des prières chrétiennes. Plus tard, on a carrément ordonné de cesser les cours de catéchisme. La persécution nazie ne visait pas seulement les Juifs. En 1938, « Das schwarze Korps », le journal des S.S. chez qui la brutalité et les insultes tenaient lieu de pensée, évoquait même avec mépris ces « idiots de Chrétiens » (sic). Un peu partout, les crucifix étaient remplacés par les croix gammées. C'était même rendu obligatoire dans les bâtiments publics.

Hitler a du reste dévoilé son attitude envers la religion en général et à l'égard du catholicisme en particulier lorsqu'il a déclaré ouvertement que : « La religion est un mensonge organisé qui doit être détruit. L'État doit devenir le maître absolu. Quand j'étais plus jeune, je pensais qu'il était nécessaire de détruire la religion avec de la dynamite. Je me suis depuis lors rendu compte qu'un peu de subtilité serait de mise. L'étape finale doit se jouer à St. Pierre... où règne un officier sénile et où quelques vieilles femmes sinistres lui font face... Les jeunes et les bien-portants seront de notre côté... Notre peuple a vécu sans religion auparavant. J'ai six divisions de S.S. absolument indifférentes à la religion. Cela ne les empêche pas d'aller à la mort avec de la sérénité dans leurs âmes. » (sic)

Adolf Hitler

Comme on peut le constater, la seule idée importante dans le domaine spirituel était - selon Hitler - celle qui menait les gens à la mort « avec de la sérénité dans leurs âmes ». Il alimentait celle-ci par des concepts païens tels que « l'esprit allemand » et « l'honneur dans la bataille ». Il voyait dans les religions monothéistes des croyances qui devraient être détruites « avec de la dynamite » mais, pour des raisons politiques, il était obligé d'agir plus modérément en attendant de pouvoir régler son compte au pape à St. Pierre de Rome. La haine des Nazis à l'égard des Juifs faisait partie de cette idéologie hostile à la religion. Ils détestaient également le christianisme parce qu'ils le percevaient comme un complot d'anciens Juifs « qui n'avait que trop duré ». Le fait que Jésus, d'origine juive, était aimé et révéré par le peuple allemand, qu'ils considéraient pourtant comme « la race supérieure », était pour eux inacceptable. Selon les Nazis, les guides des Allemands ne pouvaient être ceux qui se référaient à pareille religion « sous-humaine », mais seulement les guerriers barbares et cruels de la culture allemande païenne, polythéiste et luxurieuse. Cela ne les gênait donc pas de se comporter à l'occasion comme des pillards, à l'instar de leurs précurseurs germano-scandinaves les Vikings. Ainsi Hermann Göring qui « collectionnait » les oeuvres d'art en pillant les musées des pays conquis. Ainsi Adolf Hitler lui-même qui pillait l'Allemagne en « collectionnant » des sommes fabuleuses sur son compte en Suisse, de sorte qu'à la fin de la guerre il possédait déjà personnellement 188.457.322 francs suisses (!) suivant les indications du chef de la Gestapo Heinrich Müller. Le code d'accès à ce compte était « WOLF ». C'est ainsi qu'on l'a découvert. 9)

Si les Nazis étaient parvenus à leurs fins après avoir gagné la guerre et expédié « la solution finale » de l'extermination des Juifs, ils s'en seraient donc pris avec une violence semblable aux Chrétiens, mais plus progressivement en raison du nombre plus important de ceux-ci dans la société. Les mesures déjà prises contre la récitation de prières et contre le catéchisme le laissaient augurer déjà. Les Nazis n'étaient pas tolérants (pas longtemps en tout cas). Face à la résistance, ils tuaient et pillaient. C'étaient des barbares « disciplinés » affectionnant bottes, drapeaux et obéissance aveugle au Führer.

Mais pour tous ces points-là, il existe aussi des « négationnistes »... Leur mauvaise foi est-elle moindre que celle des autres ?... Ou bien, se pourrait-il qu'il s'agisse seulement d'ignorance, là aussi ?... Toujours est-il que tous ces gens n'ont aucun diplôme en histoire (aucun doctorat en tout cas), mais tranchent néanmoins de tout et de n'importe quoi sans examen approfondi des sources primaires. Cette prétention dénote certes une grande légèreté et un manque d'humilité assez flagrant, mais on peut se demander si d'aventure il n'y aurait pas, à côté du désir de se mettre en vedette et d'avoir les projecteurs braqués sur soi, encore d'autres motifs qui leur font entretenir des polémiques stériles.

On est en tout cas amené à constater que la méthode employée par les intéressés ne relève pas de la critique historique, mais d'un persiflage plutôt grossier qui, s'appuyant sur une lecture hors contexte, sur des citations à contresens, sur des falsifications et sur une conception subjectiviste de la vérité, se moque autant de l'intelligence d'autrui que des sources primaires. C'est notamment remarquable dans la proposition faite par un « révisionniste » (*) d'organiser un débat de six heures, où seraient conviés cent citoyens tirés au sort pour décider - à l'instar d'un jury - qui aura été le plus convaincant, les représentants du « négationnisme » ou bien les autres. Tant que l'on ne relève pas ce défi, il se croit persécuté. Une partie du discours habituel des « révisionnistes » les présente d'ailleurs comme des martyrs. Or, il s'agit d'histoire et non d'apologie personnelle, ni d'un concours oratoire à l'issue duquel un jury va se prononcer sur les lauréats. Il s'agit d'établir la vérité et celle-ci n'est jamais fonction du nombre de ses sympathisants, ni d'un quelconque prononcé. Il s'agit d'analyser intégralement et correctement les sources primaires des époques concernées. C'est ce que les intéressés ne font précisément pas. Et ce n'est pas davantage ce que feraient les cent citoyens tirés au sort. Aux uns et aux autres manquent les compétences requises en science historique.

*

(*) Les négationnistes se présentent ordinairement comme "révisionnistes". En fait, chaque historien est "révisionniste" puisqu'il est tout disposé à "revoir" son savoir... si d'aventure il y a des éléments nouveaux qui imposent cette "révision". La même remarque vaut d'ailleurs pour les autres sciences également, comme la science médicale par exemple... Mais c'est évidemment au sein des universités que les débats doivent avoir lieu. Ce sont en effet les lieux où le savoir se renouvelle, parce que les études (sous forme écrite ou autre) y sont précisément déposées pour évaluation. On n'y voit cependant jamais les négationnistes, qui sont tous des gens sans le moindre diplôme adéquat, mais qui ont tous une énorme arrogance pédante. Pensez-vous donc vraiment que, s'il y avait quelque chose de valable dans la prose des négationnistes, même si ceux-ci n'ont pas de qualification académique, les universités (et les historiens) du monde entier bouderaient néanmoins leurs "découvertes" ?

Vous avez une bien piètre idée des universités (et des historiens) si vous vous imaginez que ce sont des institutions (et des personnes) bêtes ou hostiles à la vérité des faits établis. J'attire votre attention sur le fait que les universités décernent des doctorats "honoris causa" (à cause de l'honneur) à des chercheurs qui, tout en n'ayant pas fréquenté l'université, ont présenté des choses valables (ce qui est tout à leur honneur, d'où le titre de ces doctorats qui sont des récompenses pour l'effort fourni). Cependant, aucun négationniste n'entre en ligne de compte pour une quelconque récompense académique. Les arguments des négationnistes sont connus et ont été réfutés depuis longtemps. Mais les intéressés se gardent bien de vous l'apprendre !

Ils évitent les universités et les caméras dans ces endroits, parce qu'on leur servirait aussitôt, devant des millions de téléspectateurs, la réfutation magistrale de leurs "thèses". Ils le savent pertinemment bien. Voilà pourquoi ils s'enfuient et cherchent d'autres lieux que les universités pour engager des débats et faire évaluer leur prose, à savoir auprès de la masse des gens nettement moins instruits et incompétents en matière historique, spécialement les jeunes qui sont plus malléables et qui constituent le "public-cible" préférentiel des négationnistes.

*

NOTES

 

1) Haus der Wannsee-Konferenz, Gedenk- und Bildungsstätte, Berlin (site multilingue bien documenté) : http://www.ghwk.de/index.htm
--- On y trouvera la reproduction de l'original du protocole de cette conférence en vue de la « solution finale » en question.

2) JÄCKEL Eberhard, Hitlers Weltanschauung, Deutsches Verlag-Anstalt, 1991 ; Die Tagebücher von Joseph Goebbels, éd. par FRÖHLICH Elke (Munich, 1994-1996) (source primaire).
--- Voir aussi, dans cette optique, les divers documents d'époque présentés dans le site :
http://www.phdn.org/negation/documents/index.html

3) HITLER Adolf, Sämtliche Aufzeichnungen 1905-1924, édités par Eberhard Jäckel et Axel Kuhn, Stuttgart, 1980 (source primaire) ; Notes prises par Paul Otto SCHMIDT au cours de l'entretien du Führer avec le grand Mufti de Jérusalem à Berlin, le 28 novembre 1941, geheime Reichssache 57 a/41, Records Dept. Foreign and Commonwealth Office (source primaire) ; Mémorandum de Paul Otto SCHMIDT du 18 avril 1943, geheime Reichssache, relatif à la conversation entre le Führer et le régent hongrois Horthy au château de Klessheim, le 17 avril 1943 (source primaire) ; HITLER Adolf, Monologue im Führerhauptquartier 1941-1944, éd. JOCHMANN Werner, Hamburg, 1980 (source primaire) ; KLEIN Marc, Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg, « Observations et Réflexions sur les Camps de Concentration Nazis » in Revue d'Études germaniques, n° 3, juillet/septembre 1946, p. 245-275 (source primaire) ; UNITED NATIONS War Crimes Commission, Law Reports of Trials of War Criminals, vol. 1, London, 1947 (source primaire) ; ROOSEVELT Franklin Delano, Wartime correspondence between President Roosevelt and Pope Pius XII, with an introduction & explanatory notes by Myron C. Taylor, personal representative of the President of the United States of America to His Holiness Pope Pius XII, New York, Macmillan, 1947 (source primaire) ; MOURRE Michel, Dictionnaire de l'Histoire, Paris, Bordas, 1990, passim ; WEBER Mark, « Zionism and the Third Reich », in The Journal of Historical Review, volume 13, N°4 (July / August 1993), pp. 29-37 ; MASER Werner (éd.), Hitlers Briefe und Notizen. Sein Weltbild in handschriftlichen Dokumenten, Stocker, 2002 (source primaire).

4) MOURRE Michel, Dictionnaire de l'Histoire, Paris, Bordas, 1990, art. Juifs, p.493, col.1, a.
--- Voir aussi le site : http://www.holocaust-history.org/auschwitz/pressac/technique-and-operation/pressac0432.shtml (un document d'époque avec une mention explicite de l'existence de chambres à gaz) ainsi que http://www.holocaust-history.org/auschwitz/pressac/technique-and-operation/pressac0444.shtml (des documents d'époque avec des mentions explicites de douze portes hermétiques anti-gaz à installer). - Quant au bilan le plus approximatif du nombre de victimes par les gazages, évalués par camp, se rapporter spécialement au site : http://www.phdn.org/histgen/bilan-gazages.html

5) Nürnberg Military Tribunal, volume I [archive], pp.508-511.

6) Déposition du commandant du camp d'Auschwitz, document acté au Tribunal de Nuremberg sous le n° PS-3868, Nuremberg, 1945 (source primaire) ; HILBERG Raul, Professeur à l'Université de Vermont (U.S.A.), The Destruction of the European Jews, Chicago, Quadrangle Books, 1961 (version française, remaniée et augmentée : HILBERG Raul, La Destruction des Juifs d'Europe, Paris, Fayard, 1988) ; KOGON Eugen, LANGBEIN Herrmann, RÜCKERL Adalbert (réd.), Les chambres à gaz, secret d'État, Seuil, Points Histoire, Paris, 1987; PRESSAC Jean-Claude, Auschwitz : Technique and Operation of the Gas Chambers, The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1989 ; PRESSAC Jean-Claude, Les Crématoires d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse, Éditions du Centre National pour la Recherche Scientifique, Paris, 1993 ; PIPER Franciszek, « The number of victims », in GUTMAN Ysrael et BERENBAUM Michael, Anatomy of the Auschwitz death camp, Washington D.C and Bloomington : United States Holocaust Memorial Museum and Indiana University Press, 1994 ; JOLY Hervé, « L'implication de l'industrie chimique allemande dans la Shoah : le cas du Zyklon B », in Revue d'histoire moderne et contemporaine, 47-2, avril / juin 2000, pp. 368-400 ; ALLEN Michael, « The Devil in the Details : The Gas Chambers of Birkenau, October 1941 », in Holocaust and Genocide Studies, volume 16, issue 2, Fall 2002.
--- Voir aussi le site : http://www.nizkor.org/faqs/auschwitz/auschwitz-faq-06.html

7) MOURRE Michel, Dictionnaire de l'Histoire, Paris, Bordas, 1990, art. Juifs, p.493, col.1, a.

8) NOUSCHI Marc, Bilan de la Seconde Guerre mondiale, Le Seuil, Paris, 1996.
--- Voir aussi le site : http://www.phdn.org/negation/comte/statistiques.html

9) DOUGLAS Gregory, Geheimakte Gestapo Müller : Dokumente und Zeugnisse aus den US Geheimarchiven, vol. 2, Berg am Stamberger See, 1996, p.258.

 

 

Un exemple de résistance au nazisme et au fascisme

 


 

Articles à lire avec beaucoup d'attention

 

Communiqué du Cercle européen pour la recherche historique, « Investigatio Historica »

Contre le négationnisme : quelques faits avec données chiffrées ...
et certains aspects méconnus du nazisme (= le présent article)

L'Église antisémite ?

Pie XII et les Juifs.

Pie XII avait-il aussi opté pour « l'Ordre Nouveau » ?

Had Pius XII ook gekozen voor de « Nieuwe Orde » ?

Résumé des thèmes habituels des négationnistes avec leur réfutation point par point