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La III ème armée autrichienne,immédiatement
déséquilibrée par l'attaque de la VIII ème armée russe de Broussilov, battit
rapidement en retraite. Certains de ses éléments, pris de panique,
s'enfuirent jusqu'à Lemberg, à 40 kilomètres de là.
Les Slaves de l'armée austro-hongroise montrèrent leur absence
d'intérêt pour la cause des Habsbourg. La plupart d'entre eux se rendit
rapidement aux Russes et livra bon nombre d'informations militaires
importantes.
Heureusement pour les Autrichiens, les Russes surestimèrent la
puissance des troupes placées devant eux dans le secteur de Lemberg et prirent
48 heures pour se reformer. Le Grand Duc Nicolas, cousin du Tsar et
dirigeant suprême de l'armée russe jusqu'en septembre 1915, ordonna la reprise
de l'offensive le 30 août mais, à cette date, les Autrichiens avaient pu se
ressaisir.
Il n'empêche que l'attaque russe disloqua entièrement la droite
autrichienne et provoqua le repli désordonné de ses unités vers l'Ouest.
Le 3 septembre, Lemberg (Lwow), quatrième ville de l'empire des Habsbourg et
centre de communication majeur, tomba aux mains des Russes.
Von Hötzendorf tenta alors de ramener des forces de son aile
gauche vers sa droite mais sa manoeuvre échoua lamentablement car la VIII ème
armée russe modifia son axe de progression vers le Nord-Ouest afin de contourner
l'ensemble des forces autrichiennes. De plus, la droite russe
avait reçu d'importants renforts ce qui rendit rapidement la position
autrichienne intenable. Le 11 septembre 1914, von Hötzendorf dut se
résoudre à ordonner une retraite générale sur la rivière San et les Autrichiens
prirent le soin de faire couvrir leur retraite par des éléments slaves.
Les
conséquences
Les Autrichiens perdirent au moins
130.000 hommes, dont 64.000 prisonniers, lors de l'affaire de
Lemberg.
Outre la perte de Lemberg, l'Autriche vit bientôt sa forteresse
de Przemysl assiégée et la place se rendit, avec sa garnison de 120.000 hommes,
en date du 22 mars 1915. Après une retraite effectuée vers la rivière San,
von Hötzendorf dut se replier vars la rivière Dujanec, à 130 kilomètres plus à
l'Ouest, abandonnant la totalité de la Galicie aux Russes. A cette date,
même si la campagne avait coûté aux Russes des pertes de l'ordre de 250.000
hommes et une centaine de canons, les Autrichiens avaient perdu, sur une armée
forte à l'origine d'un million d'hommes, plus de 350.000 soldats et de 300
pièces d'artillerie.
Pour les Russes, Lemberg fut une victoire majeure qui effaça en
partie le désastre de Tannenberg.
Pour l'Autriche, Lemberg provoqua des séquelles
irrémédiables. Le moral autrichien fut définitivement ébranlé et la
cohésion des différentes nationalités composant l'armée impériale
disparut.
Les Allemands, inquiets d'une possible offensive russe vers les
mines de Silésie, durent prélever des renforts sur le front Ouest afin de
soutenir leur allié défaillant. A l'Ouest comme à l'Est, l'espoir d'une
victoire rapide s'était envolé.
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