Les batailles célèbres de l'histoire
 
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Les armes de la conquête de l'Ouest
 
Les pistolets et revolvers à percussion
 
Les pistolets Deringer
 

Pistolet Deringer

 
Vers 1840, Henry Deringer sortit une série de pistolets à un coup, généralement de calibre 41, qui reçurent un accueil chaleureux.  De par leur taille réduite, ils offraient l'avantage d'être aisément dissimulables tout en offrant un pouvoir vulnérant respectable.  Leur désavantage majeur résidait dans leur coup unique.  Il n'empêche que ces armes eurent un grand succès dans l'Ouest, principalement du fait de leur faible coût.  C'est avec une arme de ce type que John Wilkes Booth assassina Lincoln en 1865.  On estime à 15.000 environ le nombre de pistolets fabriqués par Deringer jusqu'à sa mort en 1868.  Ces armes furent abondamment copiées, parfois sous l'appelation Derringer (double R), et ce en dépit de nombreuses actions en justice entreprises par l'armurier de Philadelphie.
 
Poivrière Allen et Thurber
 

Poivrière Allen et Thurber cal 36 1845

 
La firme Allen et Thurber est spécialement connue pour sa production de poivrières qui furent, pendant un temps, les armes à répétition les plus appréciées aux Etats-Unis avant d'être supplantées par les revolvers à percussion.  Les six canons sont forés dans un même bloc d'acier et le mécanisme est à double action.  Une pression sur la détente fait tourner l'ensemble du bloc-canons.  Les cheminées destinées à recevoir les capsules au fulminate sont recouvertes d'un bouclier protecteur.  Dépouvues d'organes de visée et nécessitant une forte pression sur la détente, ces armes étaient puissantes à courte portée mais pratiquement dépourvues de précision.  Leur production se poursuivit toutefois jusqu'aux alentours de 1870 et ce à raison de plusieurs milliers d'exemplaires.  La poivrière fut l'arme type de la ruée vers l'or dès 1849.  Plus coûteuse qu'un pistolet Deringer, elle était nettement plus abordable qu'un revolver Colt qui atteignait un prix de vente de deux à dix fois supérieur.
 
Colt Dragoon cal.44 mdl 1849
 

Colt Dragoon cal.44 1849

 
Samuel Colt sortit son premier modèle de revolver, le Paterson, en 1836.  Ce modèle archaïque fut suivi, en 1847, par un revolver calibre 44 extrêmement massif, le Whitneyville Walker. Pesant plus de deux kilos et fabriqué à un millier d'exemplaires seulement, il fut vite remplacé, dès 1848-1849, par le modèle Dragoon illustré ci-dessus.  Pesant 1.9 kilos, il ressemble beaucoup au Walker mais avec un barillet plus court prévu pour une charge moindre.  Par un effort de mécanisation poussé, il s'agissait du premier revolver Colt dont les pièces étaient interchangeables avec un modèle similaire.Sur les premiers modèles produits, le pontet était à dos carré ce qui était inhabituel à une époque aussi avancée.  Le canon est maintenu à l'axe du barillet par une clavette métallique.  Sous le canon figure le levier de chargement destiné au forcement des balles par l'avant des chambres.  Arme puissante, le Dragoon fut produit de 1849 à 1861 à raison d'environ 20.000 exemplaires, tous modèles confondus.
 
Colt Navy cal.36 mdl 1851
 

Colt Navy cal.36 mdl 1851

 
Lourd et encombrant, le Colt Dragoon fut peu apprécié des civils et des fantassins.  Le modèle plus petit lui faisant immédiatement suite fut le Colt Navy apparu en 1851.  L'arme rencontra un succès foudroyant et fut produite jusqu'en 1872 à raison de 215.000 exemplaires.   Produit aux Etats-Unis, ce modèle le fut également à Londres et intéressa plusieurs armées étrangères dont celles de Grande-Bretagne, de Russie et de Turquie. De ligne semblable à celle du Dragoon, le Navy est plus petit et possède un canon octogonal toujours fixé à la carcasse au moyen d'une clavette traversant l'axe du barillet.  C'était là le défaut commun à tous les revolvers Colt à percussion : hormis le fait que cette clavette, devant être enlevée à chaque nettoyage, pouvait être endommagée ou perdue (rendant l'arme inutilisable), un usage intensif de l'arme finissait par provoquer une usure des pièces et un jeu important entre la carcasse et le canon. Cela créait un espace entre la chambre du barillet et le canon, responsable d'une grande perte de puissance.  Le Colt Navy se révéla extrêmement précis à grande portée.  Son défaut principal fut un certain manque de puissance par rapport aux armes de calibre 44.  C'était toutefois une arme à bien des égards exceptionnelle.  J'en ai moi-même fait un usage intensif sur les pas de tir et mon "Navy" m'a toujours amené une grande satisfaction; obtenant une précision appréciable vu l'âge de la "bête", je n'ai jamais eu à déplorer de bris de pièces ou d'enrayage. Le problème majeur que j'ai rencontré, commun à tous les revolvers à percussion, vient des capsules de fulminate qui ont un malin plaisir à se dégager de leur cheminée et à se coincer, bloquant la rotation du barillet jusqu'à démontage de l'arme.  Cette déconvenue arriva au marshall de Fort Worth (Texas), Jim Courtright.  Il dégainait en un éclair et, une seule fois, le coup ne partit pas et son adversaire l'étendit raide.  On devait constater que son barillet avait été coincé par une amorce, interdisant la rotation...  Fort heureusement pour moi, je n'ai jamais utilisé mon vénérable Navy en de telles circonstances...
Le Navy fut abondamment copié par les Confédérés durant la guerre civile ce qui en dit long sur l'appréciation de cette arme.  Les modèles sudistes étaient toutefois bien inférieurs aux originaux tant au niveau des matériaux employés que de la qualité de fabrication.
 
Revolver Starr cal.44 1858
 

Revolver Starr cal.44 mdl 1858

 
La Starr Arms Company de New York se lança dans la fabrication de revolvers entre 1856 et 1858.  Les armes produites existaient en calibre 36 ou 44 et pouvaient être à simple ou double action.  Contrairement aux Colt de l'époque, le Starr est du type à carcasse fermée par une bride au-dessus du barillet, une conception beaucoup plus rigide et moderne.  Le barillet présente douze crans et les crans intermédiaires permettent de bloquer le barillet avec une cheminée de chaque côté du chien ce qui élimine le risque de décharge accidentelle.  Le Starr, robuste et bien fini, fut employé par les troupes de l'Union durant la guerre de sécession et fut bien accueilli sur le marché civil.  Toutefois, l'arme ne parvint pas à concurrencer les modèles Colt déjà bien établis et la production du Starr cessa en 1867 avec un total de 26.000 armes manufacturées.  Ce fut une bien triste fin pour cet excellent revolver.
 
Revolver Whitney
 

Revolver Whitney cal.36 mdl 1859

 
Ce revolver à carcasse fermée eut un certain succès et fut fabriqué à 33.000 exemplaires de calibre 36 entre 1859 et 1863.  Il fut copié par les Confédérés à raison de 1.450 exemplaires, de 1862 à 1864, sous l'appelation Spiller and Burr.
 
Revolver Le Mat
 

Revolver Le Mat à double canon

 
Cette arme fut inventée par Jean Alexandre Le Mat, un médecin français habitant la Louisiane, en 1856.  L'arme est très massive.  La carcasse, la poignée et le canon inférieur sont d'une seule pièce.  Le barillet, à neuf chambres, est monté sur le canon inférieur, de calibre 63, qui est lisse et prévu pour le tir à la chevrotine.  Le canon supérieur, généralement de calibre 36, est rayé et octogonal.  Le levier de chargement, qui semble assez fragile, est placé sur le côté gauche du canon supérieur.  Le chien est doté d'un percuteur rotatif qui peut être utilisé pour frapper les chambres du barillet ou le canon inférieur.  Le mécanisme est à simple action.  Il s'agit d'une arme encombrante et lourde mais d'une capacité de dix coups.  L'énorme canon à chevrotine est plus que dissuasif et ses effets sont dévastateurs.  En ce qui me concerne, je trouve que la prise en main est quelque peu désagréable.  L'arme fut adoptée par les Confédérés durant la guerre civile et produite de 1859 à 1865 à raison de 3.500 exemplaires. 
 
Colt Army cal.44 mdl 1860
 

Colt Army 1860 cal.44

 
Ce modèle succède au Dragoon dont il conserve le puissant calibre 44, mais avec un poids moindre (1,2 kgs) et avec une ligne plus élégante.  Il peut éventuellement être pourvu d'une crosse d'épaule.  Le levier de chargement, modifié, fonctionne avec une crémaillère.  Un petit nombre de modèles 1860, parmi les premiers, ont reçu un barillet dépourvu de renfort.  Toujours basé sur le système du canon maintenu à l'aide d'une clavette, le modèle Army 1860, hormis ses dérivés, est le dernier Colt à percussion jamais produit.  Il fut grandement utilisé par les forces de l'Union durant la guerre de sécession et, par la suite, fit une longue carrière aux mains de cowboys...  Produit de 1860 à 1872, on en compta plus de 200.000 exemplaires. 
 
Le Colt Police 1862
 

Colt Police cal.36 mdl 1862

 
Une arme moins connue mais que j'ai toujours appréciée.  Il s'agit d'une adaptation du modèle Army 1860 à un calibre plus léger, le 36, et monté sur une carcasse très légère (de calibre 31).  Le barillet semble plus moderne grâce à son aspect cannelé.  C'est une arme très légère mais puissante.  L'un de ses utilisateurs les plus célèbres fut William Quantrill, le célèbre guérillero confédéré.
 
Le Remington Army New Model 1863 cal.44
 

Remington cal.44 New Model 1863

 
Eliphalet Remington commença sa carrière en fabriquant des fusils réputés.  En 1858, il mit au point un revolver à carcasse fermée, nettement plus robuste que les Colt, fonctionnant à simple action selon l'usage de l'époque.  En 1861, le modèle fut modifié afin de permettre un enlèvement rapide du barillet et fut doté d'un nouveau refouloir.  Le stade ultime fut le New Model 1863 dont le barillet était pourvu d'échancrures de sécurité entre les cheminées.  C'était une arme excellente même si les alliages utilisés étaient imparfaits et que certains modèles avaient une fâcheuse prédisposition à exploser ! L'arme s'avéra bien supérieure au Colt en terme de solidité, de précision et de vitesse de rechargement.  Le levier de refoulement s'élargit vers l'arrière afin de favoriser la remise de l'arme à la gaine ce qui lui confère un aspect des plus agréables.  Etrangement pour une arme à destination militaire, le pontet est très petit et il est quasi impossible de se servir de l'arme lorsqu'on porte des gants.  Cette arme élégante et bien fabriquée fut utilisée en grandes quantités par l'Union lors de la guerre civile. Produit, tous modèles confondus, de 1860 à 1875, le Remington Army cal. 44 ou Navy cal. 36 totalisa près de 190.000 exemplaires.  Il s'agit de mon revolver à percussion préféré et, à mon sens, le meilleur et le plus abouti jamais produit. 
 
Le Remington Pocket cal. 31 mdl 1863
 

Remington Pocket 1863 cal. 31

 
Je terminerai mon échantillonnage de revolvers à percussion par le minuscule Remington Pocket.  Produit entre 1863 et 1873 à raison de 25.000 exemplaires, il ne renie aucunement sa parenté avec le Remington New Model cal. 44.  Prévu pour un usage discret, il est doté d'un canon de trois pouces (76mm) et pourvu d'un barillet à cinq coups de calibre 31.  Il est doté d'une détente-éperon qui surgit de son logement lorsqu'on arme le chien manuellement.  Une telle détente permet une limitation de l'encombrement et ne peut se prendre dans une poche lors d'une sortie rapide de l'arme.  J'ai utilisé avec déception un Remington Pocket au stand de tir.  N'étant pas spécialement mauvais tireur, j'ai toujours vu mes projectiles se disperser autour de la cible à une distance réduite à 6 ou 7 mètres !  Par ailleurs, même en cas d'impact, je doute du pouvoir vulnérant du projectile qui doit sans doute être inférieur à un pitoyable 6.35 moderne.  Il n'empêche, qu'à défaut d'être efficace, l'arme est belle.
 
Les fusils à percussion
 
Le fusil du Kentucky
 

Fusil du type Kentucky

 
Le rifle du Kentucky est de conception purement américaine mais tire ses origines des modèles Jäger en vogue dans les Alpes Suisses et au Tyrol durant le XVIIème siècle.  Au début du XVIIIème siècle, des artisans germaniques émigrèrent vers la Pennsylvanie où ils proposèrent leurs Jäger, puissants et précis, mais lourds et lents à charger.  Les colons recherchaient plutôt une arme légère, économe en poudre et en plomb et d'un bonne précision à une centaine de mètres.  Les armuriers trouvèrent la solution avec le rifle de Pennsylvanie ou du Kentucky.  Les projectiles en plomb de cette arme, dont le canon était rayé, étaient choisis d'un calibre inférieur à celui du canon et enveloppés d'une toile graissée.  Il était ainsi aisé d'amener la balle au fond du canon à l'aide de la baguette de chargement.  A défaut de valoir la balle sertie de force dans le canon rayé, ce système valait mieux que le canon lisse.  Le calibre s'étendait du 40 au 54 et, grâce à ce calibre réduit,  pour un même poids de balles et de poudre à porter, le Kentucky offrait plus de coups à tirer.  Pour compenser la faiblesse du calibre, on augmenta la longueur du canon pour atteindre une taille moyenne d'un mètre quarante.  Ce très long canon octogonal (pour la rigidité) devint l'attribut principal du fusil Kentucky.  Encombrant et démuni de bretelle, il devait être peu commode à utiliser dans les bois.  Toutefois, la longueur du canon était l'assurance d'une grande précision et avait un effet heureux sur l'esthétique de l'arme.  Généralement d'une facture très moyenne ou mauvaise, les fusils de ce type étaient pourvus, dans la crosse, d'un logement destiné à recevoir les projectiles de réserve.  Ce modèle constitua l'arme de chasse de certains colons jusque tard dans le XIXème siècle.  Les Américains en firent un grand usage lors de la guerre d'Indépendance et l'arme s'avéra très précise à des distances qui excédaient les capacités de riposte du fusil réglementaire Brown Bess.  Ainsi, en août 1775, une compagnie de miliciens parvient à placer la totalité de sa salve dans une cible de 20 centimètres  à une distance de 225 mètres !  En tant que fusil de chasse, le Kentucky s'avéra toutefois trop peu puissant face aux grizzlis ou aux bisons.  Il s'agit d'un type d'arme dont j'ai aussi fait grand usage et j'ai toujours été subjugué par sa précision malgré l'étonnement amusé d'autres tireurs sportifs !
 
Le Springfield cal.58 modèle 1861
 

Springfield modèle 1861 de calibre 58, modèle standard de la guerre de sécession

 
Il s'agit du fusil militaire réglementaire, à canon rayé de calibre 58.  C'est l'arme standard de la guerre de sécession qui fut, avec ses modèles dérivés, fabriquée à 800.000 exemplaires par l'Arsenal de Springfield.  Près de 700.000 exemplaires supplémentaires furent produits par des firmes privées.  La portée efficace de l'arme était d'environ 400 mètres et le tir pouvait être précis jusqu'à 200 mètres.  Sa lourde balle de calibre 58 était très dévastatrice.
 
Les pistolets et revolvers à cartouches métalliques
 
Le Remington Double Deringer 1866
 

Le célébrissime Double Deringer Remington : l'arme de la dernière chance...

 
Ce modèle, de calibre 41, sortit en 1866 et sa fabrication se prolongea jusqu'en 1935 ce qui en dit long sur son succès.  L'arme est très compacte (12 cm de longueur totale) et la crosse ne donne place qu'au majeur.  On charge l'arme en tournant un levier situé au-dessus de la détente; après quoi, on peut basculer les canons vers le haut.  Le chien, à simple action, est à bec flottant et percute alternativement les deux canons.  Les armes de ce type étaient souvent dissimulées et utilisées comme armes de réserve.  Elles étaient très appréciées des dames qui les portaient dans leur sac ou à la jarretière...  Ce modèle fut fabriqué à plus de 150.000 exemplaires.  L'avantage par rapport au Deringer classique était, outre l'utilisation de cartouches métalliques, la possibilité de tirer une deuxième fois.  A une distance de 15 mètres, 30 coups peuvent être groupés dans un rectangle de 24 X 10 centimètres.  A cette distance, l'énergie restante du deringer est la moitié de celle d'un revolver moderne calibre 38 special  et correspond plus ou moins à la puissance à la bouche d'un 6,35 mm.
 
Smith and Wesson N° 3 calibre 44
 

Smith and Wesson N° 3

 
Smith and Wesson créa la sensation en lançant, dès 1870, un revolver à cartouches métalliques de gros calibre.  Le canon de cette arme bascule vers le bas après avoir poussé le bouton de verrouillage situé face au chien.  Ce mouvement fait jaillir l'éjecteur en forme d'étoile monté sur l'axe du barillet et permet l'éjection "automatique" des douilles.  L'arme est à simple action et doté d'un système de verrouillage satisfaisant.  Ce modèle fut acquis, avec quelques modifications, par l'armée russe à raison de 130.000 exemplaires. Avec le temps, un modèle double action vit le jour et d'autres calibres furent adoptés.  Plus de 210.000 exemplaires produits mais près de 145.000 trouvèrent acquéreur auprès des armées étrangères (russe, turque et japonaise principalement).  Bien que l'arme fut excellente et nettement plus précise que le Colt modèle 1873, elle ne s'imposa pas aux Etats-Unis du fait de son mécanisme à brisure qui n'incitait pas à la confiance les utilisateurs de gros calibres.  J'ai manipulé un Smith and Wesson N° 3 et il faut avouer qu'il s'agissait d'un arme exceptionnelle, agréable en main et d'un chargement très rapide.  A côté d'elle, le célèbre Colt Peacemaker 1873 était archaïque.  Sa conception en faisait une arme très en avance sur son temps et, avec cette arme, on pouvait faire face avec avantage à n'importe quel adversaire muni d'un des nombreux revolvers à percussion encore en service.  Une version modifiée au niveau du verrou de fermeture, le Schofield, fut bien appréciée.  Un de ses possesseurs les plus illustres fut Jesse James.
 
Le Colt Single Action 1873 Peacemaker ou Frontier
 

Colt 1873 modèle Cavalry

 

Colt 1873 modèle Artillery

 

Colt 1873 modèle Civilian

 

Colt 1873 modèle Sheriff à canon court, sans extracteur

 

Colt Buntline ou Longhorn à canon long

 
En 1873, Colt lança son premier modèle à cartouches métalliques de gros calibre à chargement par l'arrière du barillet.  L'arme rencontra un succès phénoménal  et fut produite en divers calibres, les plus courants étant le 44 et le 45.  A l'origine, il fut adopté par la cavalerie avec une longueur de canon de 19 centimètres.  Un modèle à canon de 14 centimètres fut ensuite adopté par l'artillerie (certains modèles cavalerie virent leur canon réduit afin d'être tranformés en modèle artillerie).  Enfin, un modèle à canon de 12 centimètres fut lancé à l'attention des civils.  Ces derniers purent en fait acquérir l'arme dans ses différentes longueurs de canons et même un modèle dit "Sheriff" à canon encore plus court et démuni d'éjecteur.  Ce dernier modèle était destiné au dégainé rapide et au tir de riposte.  Le fait qu'il ne dispose pas d'éjecteur n'était pas spécialement grave car, dans l'usage pour lequel il était prévu, lorsque vous n'étiez pas parvenu à venir à bout de votre adversaire avec vos six cartouches, vous n'étiez plus généralement en vie pour recharger ! 
La carcasse de l'arme est d'une pièce.  Une portière de chargement est prévue sur la droite de la boîte de culasse.  L'éjection (très archaïque) se fait, douille par douille, grâce à la baguette coulissante disposée dans le manchon situé sous le canon.  Les plaquettes sont généralement en noyer ou en ébonite mais il existe des modèles en ivoire, nacre, os...  Les modèles courants sont bronzés ou nickelés (très gênant du fait des reflets du soleil sur la ligne de visée) mais il existait des modèles gravés plaqués or ou argent.  J'ai, par le passé, possédé un modèle cavalerie nickelé que j'appréciais particulièrement.  C'était ce type d'arme qui était distribué aux Indian Scouts de la cavalerie U.S., réputés peu soigneux, afin de permettre une détérioration moins rapide qu'avec un modèle bronzé.
L'arme utilisait, dans certaines versions, le calibre 44-40 identique à celui de la Winchester 1873 ce qui limitait les problèmes d'approvisionnement.
Colt produisit quelques Colt à canon long de 30 centimètres qui furent baptisés du nom de l'écrivain de western Ned Buntline.  Le célèbre marshall Wyatt Earp en posséda un.  J'en possède également un exemplaire et il est difficile d'imaginer une arme moins commode.  Le lourd canon fait fortement piquer l'arme du nez et ce n'est pas la petite poignée du Single Action 1873 qui permet de compenser l'inclinaison.  Le Buntline pouvait être équipé d'une crosse d'épaule qui le transformait en petite carabine mais l'arme n'eut guère de succès s'avérant trop encombrante pour une arme de poing et n'ayant nullement les qualités d'une carabine.  Par ailleurs, Colt ne fabriquait, de série, que des canons d'une longueur maximale de 7 pouces et demi (Cavalry).  Pour les modèles de 12 ou 16 pouces, le prix était de un dollar supplémentaire par pouce de canon...  Avec un prix de base déjà élevé de 16 dollars, de tels suppléments fantaisistes étaient pratiquement impayables en plus d'être quasi inutiles.
Le Single Action 1873 est l'arme "type" du western et celle qui apparait dans tous les films.  Toutefois, dans l'Ouest, elle ne s'imposa qu'après les années 1880, à la fin de la grande aventure, du fait de son prix ainsi que de la difficulté d'approvisionnement en cartouches métalliques.  La véritable aventure de l'Ouest se vécut plutôt avec les Dragoon, Navy 1851, Army 1860 et autres Remington... 
 
Remington modèle 1875
 

Remington modèle 1875

 
A l'expiration du brevet Rollin White, relatif au barillet foré de part en part, détenu par Smith and Wesson, le champ devint libre pour tous les fabricants désireux de lancer sur le marché un revolver à cartouches métalliques.  Le Remington à cartouches différait peu de son ancêtre à percussion.  Les différences principales se situaient au niveau du barillet foré de part en part, de la portière de chargement et de la baguette d'éjection du type Colt.  Le levier de chargement, type du modèle à percussion, avait perdu sa raison d'être mais fut remplacé par une pièce d'aspect similaire afin de conserver  la silhouette de l'arme.  Robuste, bien fini et précis, ce revolver ne parviendra jamais à s'imposer face au Colt.  27.000 modèles furent produits dont 10.000 à destination de l'armée égyptienne.  La production cessa dès 1889 et, en 1891, Remington abandonna totalement la production de revolvers pour se concentrer sur les fusils et les carabines.
 
Merwin and Hulbert Army modèle 1876
 

Modèle merwin and Allen type "Army" de 1876

 
Cette arme peu connue fut fabriquée à 15.000 exemplaires, de 1876 à 1880, par la firme Hopkins and Allen.  Prévu pour être utilisé en divers calibres, le plus souvent  en .44, et doté d'un canon de 7 pouces, ce revolver était construit sur le principe du canon pivotant et de l'éjection automatique des douilles par une collerette.  Testé par l'U.S. Army en 1878, il se montra aussi résistant que le Colt et d'un maniement plus pratique et plus rapide.  Il ne fut toutefois pas adopté malgré ses qualités évidentes.
 
Les fusils et carabines à culasse mobile
 
Les modèles Sharps
 

Fusils et carabines Sharps à culasse mobile

 
Malgré leur existence relativement brève, les armes Sharps occupent une place importante dans l'histoire américaine.  Christian Sharps mit au point sa culasse à bloc tombant en 1848 et la production des armes débuta en 1851.  Plus de 130.000 fusils et carabines seront produits jusqu'en 1881 et 90.000 exemplaires seront utilisés par l'armée durant la guerre civile.  L'arme était à un coup et le principe de fonctionnement était le suivant : en baissant le levier de sous-garde, la culasse placée dans la partie haute du canon s'abaissait.  On pouvait dès lors introduire une cartouche en papier, refermer la culasse à l'aide du levier de sous-garde (le mouvement sectionnait l'arrière de la cartouche papier permettant la mise à feu) et tirer.  En cas de difficulté d'approvisionnement en cartouches manufacturées, il était possible d'utiliser l'arme à l'aide de poudre et de balles en plomb du type traditionnel.  Par la suite, à partir du modèle 1859, on adopta des cartouches en toile ou boyau de mouton mais l'aspect extérieur de l'arme resta, dans les grandes lignes, inchangé.
A la fin des années 1850, cette arme était celle qui se vendait le mieux à l'Ouest.  La précision et la puissance des Sharps étaient légendaires et un coup tiré à 900 mètres était mortel.  Après les années opulentes de la guerre, les deux sociétés produisant des armes Sharps disparaîtront, faute d'avoir su s'adapter à l'ère nouvelle des armes à répétition.  De nouvelles armes furent bien envisagées mais Sharps fut victime de son succès à la fin de la guerre civile lorsque, alors que de nouveaux modèles étaient sur le point d'être lancés, l'armée solda quantité d'armes des modèles précédents saturant dramatiquement le marché...
 
Le Remington Rolling Bock
 

Carabine Remington Rolling Block

Culasse ouverte du Remington Rolling Block

 
L'un des succès majeurs de Remington fut le système "Rolling Block"  qui permettait le tir de munitions figurant parmi les plus puissantes de l'époque.  Dans ce système, le verrou, massif et monté sur un axe solide,  faisait office de culasse.  Par une disposition des plus ingénieuses, le chien frappe le verrou et le bloc lors du départ du coup.  Le nombre de pièces constituant le mécanisme est très réduit ce qui a facilité la production. 
Le calibre principal était le .50 avec lequel il était possible de tirer tous les gros animaux du pays.
Le fusil Rolling Block fut livré à l'armée de l'Union, à raison de 20.000 exemplaires, en mars 1865.  Cette livraison tardive empêcha l'arme d'être testée au combat lors de la guerre de sécession mais son succès n'en fut pas moins foudroyant. L'arme fut adoptée comme arme d'infanterie par le Danemark (1867), la Norvège et la Suède (1868), l'Espagne (1869), l'Egype (1870) et l'Argentine (1871).  Elle fut aussi achetée en grande quantité par l'Angleterre, la Chine, l'Arabie, la Turquie...  Le fusil intéressera un temps la France de Napoléon III mais l'affaire ne se concrétisa pas. 
Le système Rolling Block fut, par ailleurs, adopté sur des fusils de grande chasse et des armes de compétition comme le Creedmore Rifle.
De 1867 à 1902, Remington fabriquera un million de fusils auquels s'ajouteront, à raison de 5.000 exemplaires seulement, des carabines.  Un pistolet fut fabriqué sur le même principe mais, étant à un coup, il n'eut aucun succès face aux revolvers.
Un fusil Remington Rolling Block a constitué l'une de mes dernières acquisitions.  Son tir était redouté par les Indiens car, bien que moins rapide que les Winchester, il permettait d'ouvrir le feu à grande distance et avec efficacité.  Si je devais émettre un jugement sur cette arme, je dirais qu'elle offre une bonne vitesse de tir (bien que moindre qu'une arme à répétition bien sûr) mais, surtout, qu'au niveau de la solidité, il était difficile de faire mieux...
 
Les Springfield modèles 1866 et 1873
 

Fusil Springfield modèle 1873

 

Culasse ouverte d'un Springfield 1873

 
Vers 1865, les progrès industriels permettaient d'envisager la création de cartouches puissantes.  Le fusil militaire de l'époque était le Springfield 1863, fabriqué à 1.600.000 d'exemplaires.  Par souci d'économie, il fut décidé d'adapter ces armes anciennes au système de chargement par la culasse.  Le mouvement pivotant vertical autour d'un axe situé à l'avant de la culasse fit donner à ce système la dénomination de "Trap-door".
La nouvelle arme, en calibre .50, fut adoptée en 1866 et fut réglementaire jusqu'en 1873.  Produit à environ 88.000 exemplaires, le Springfield 1866 fut l'arme du "Fetterman Massacre " et du "Wagon Box Fight". 
L'arme était d'un maniement plus rapide que le Springfield 1863 à chargement par la bouche.  Les étapes de tir étaient les suivantes :
- Armer le chien.
- Soulever le bloc culasse ce qui permettait l'extraction de l'étui de cartouche tiré juste avant.
- Introduire une nouvelle cartouche.
- Fermer la culasse pour être prêt à tirer. 
 
En 1873, une nouvelle arme, contruite sur le même principe, fut proposée en calibre .45.  A 450 mètres, l'écart moyen était compris entre 16 et 22 centimètres ce qui, pour l'époque, était remarquable.  L'inconvénient de l'arme, commun à tous les modèles utilisant les cartouches à poudre noire, était un encrassement excessif et, par conséquent, un fonctionnement de la culasse rapidement défectueux (parfois dès une trentaine de coups tirés!). 
Fabriqué à raison de 50.000 fusils et 20.000 carabines, le Springfield 1873 restera en service une vingtaine d'année et plus de trente-cinq ans dans la cavalerie alors, qu'à l'époque, il existait des armes nettement meilleures.  C'est cette carabine que portaient les cavaliers de Custer massacrés à Little Big Horn .
A ma connaissance, la cartouche serait toujours fabriquée de nos jours.
 
Les fusils et carabines à répétition
 
Le fusil Henry
 

Fusil Henry

 
Les fusils Henry trouvent leurs origines dans les modèles à répétition Volcanic des années 1850. 
En avril 1857, Olivier Winchester avait fondé la "New Haven Arms Company" dont le directeur était B. Tyler Henry.  En 1860, grâce aux travaux de Henry, un brevet relatif à une arme nouvelle fut déposé.  En 1862, les premiers modèles Henry sortirent des ateliers.  Les caractéristiques principales de l'arme étaient un magasin tubulaire placé sous le canon et un mécanisme animé par un levier de sous-garde.  En 1863, le gouvernement U.S. fit l'acquisition de fusils Henry pour équiper ses troupes ce qui facilita l'essort de la "New Haven Arms Company".
Le Henry disposait d'un magasin de seize cartouches et avait un tir très rapide.  Un des inconvénient majeur était son prix : en 1862, il valait 42 dollars et les munitions coûtaient 10 dollars le mille !  Mécaniquement parlant, le point faible était le magasin tubulaire fendu sur toute sa longueur pour laisser passage au poussoir à cartouches.  De ce fait, l'étanchéité aux poussières et autres saletés était inexistante.  Par ailleurs, le mode de chargement par l'avant du magasin obligeait le tireur à quitter sa position de tir. 
Le Henry fut fabriqué de 1860 à 1866 à raison de 13.000 exemplaires dont 1731 achetés par le gouvernement nordiste durant la guerre de sécession.  Lors de l'affaire du "Fetterman Massacre ", deux des victimes blanches étaient armées de fusils Henry qui furent avidement récupérés par les Indiens. 
 
La Winchester 1866 "Yellow Boy"
 

Fusil et carabine Winchester modèle 1866

 
Afin d'améliorer le fusil Henry, Winchester mit au point plusieurs améliorations dont une portière de chargement pratiquée dans la boîte de culasse.  Grâce à cette modification, on put équiper l'arme d'un chargeur tubulaire étanche et entouré d'un fût avant en bois.
Le modèle Winchester issu de la Henry, équipé d'une culasse en bronze, fut lançé en 1866 sous l'appelation Winchester 1866 "Yellow Boy".  Légère, sans aspérités latérales, elle constituait l'arme de selle idéale avec une contenance de 13 ou 17 cartouches.  L'arme fut construite en trois versions : fusil, carabine et mousqueton.  Produite de 1866 à 1898, elle totalisa 170.000 exemplaires dont 50.000 acquis par l'armée turque.  Parmi les acquéreurs de modèles 1866, on peut également citer le Mexique de Maximillien, le Chili, le Pérou, ainsi que la France de Napoléon III (6.000 fusils et carabines).
 
La Winchester 1873
 

Winchester 1873, le modèle le plus célèbre de l'époque Western

 
La cartouche .44 Henry manquant singulièrement de puissance, Winchester lança son modèle 1873 destiné à une cartouche plus puissante, la 44-40. La boîte de culasse, en acier, comportait deux plaques latérales en saillie caractéristiques de l'arme.  Par rapport au modèle 1866, un couvre-culasse avait été ajouté au-dessus de la fenêtre d'éjection afin d'améliorer l'étanchéité.  Utilisant la même munition que le célèbre Colt Peacemaker, la Winchester 1873 reçut très bon accueil malgré son prix élevé.  Toujours disponible en trois versions (fusil, carabine ou mousqueton), elle fut fabriquée, de 1873 à 1919, à près de 721.000 exemplaires et sa cartouche, aujourd'hui bien dépassée, n'en reste pas moins fabriquée.