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Les
batailles célèbres de l'histoire
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La
bataille de Tannenberg : 21 - 31 août 1914
La Russie au secours de
ses alliés
Dès les premiers jours du premier conflit mondial, les Français,
désireux de voir s'alléger la poussée à l'Ouest, pressèrent les Russes
d'intervenir en Prusse orientale. Les Russes, leur mobilisation loin
d'être achevée, accédèrent généreusement à leurs demandes.
Le 17 août 1914, venant de l'Est, la 1ère armée du général
Rennenkampf pénètra en Prusse et marcha sur Konigsberg.
Le 18, venant du Sud, la 2 ème armée du général Samsonov envahit
également le territoire prussien avec pour objectif la ville de Dantzig.
En lançant une double attaque contre un territoire qui était un
bastion de l'aristocratie prussienne, les Russes pensaient bien obtenir la
victoire. Si Rennekampf et Samsonov étaient d'excellents officiers, leur
hostilité l'un envers l'autre était notoire et allait peser lourd dans
l'affrontement à venir. Par ailleurs, les deux armées russes étaient
séparées par la région difficilement franchissable des lacs mazuriques, large de
80 kilomètres.
Le 20 août, la 1 ère armée russe se heurta à la 8 ème armée
allemande, la seule présente à l'Est comparativement aux sept présentes en
France et en Belgique, et la força à la retraite au cours de la bataille, somme
toute peu décisive, de Gumbinnen. Le commandant allemand, Prittwitz,
surnommé "le gros" à cause de sa corpulence légendaire, paniqua et prescrivit
une retraite générale derrière la Vistule.
Le commandant en chef allemand, Molkte, destitua Prittwitz et le
remplaça par les généraux von Hindenburg et Ludendorff. Dans le même
temps, le 25 août, comme la victoire semblait assurée à l'Ouest, Moltke préleva
des troupes sur le front français pour les transférer en Prusse orientale.
Ce transfert, s'il pesa lourd lors de la bataille de la Marne, s'avéra bien
inutile car les renforts allemands arrivèrent trop tard en Prusse pour y
participer à une quelconque action.
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Le
désastre russe
Satisfait de sa victoire, Rennenkampf stoppa sa progression vers
l'Ouest. De son côté, au Sud, Samsonov poursuivait sa progression vers le
Nord dans de dures conditions. Du fait de graves problèmes d'intendance,
les troupes russes manquèrent de nourriture et leur valeur combative
s'effondra. Les généraux allemands, conscients de l'immobilité de
Rennenkampf, prirent dès lors le risque de retirer leurs troupes de la région de
Gumbinnen, ne laissant que de faibles effectifs face à la 1 ère armée russe,
afin de les lancer massivement sur la 2 ème armée russe de Samsonov. Il
eut suffit que Rennekampf reprenne sa marche pour soutenir Samsonov et s'en
était fait des forces allemandes; mais, pour des raisons que les historiens
modernes n'expliquent pas, Rennenkampf ne bougea pas . Les Russes
commirent la terrible négligence de transmettre leurs messages radio en clair
permettant aux Allemands de connaître les mouvements prévus pour les jours à
venir. Le 26 août, le lent recul du cordon de troupes allemandes disposé face
à la 2 ème armée russe, étirée sur un front d'une centaine de kilomètres,
cessa. Les ailes russes virent leur progression bloquée et, sur l'aile
droite, une division russe fut anéantie après avoir été acculée au lac
Bossau. Le 26 au soir, les ailes russes, battues, refluèrent en désordre
et la position du centre devint intenable; étrangement, Sansonov ordonna aux
éléments du centre l'ordre de poursuivre vers l'avant, scellant sa propre
destruction. Le 28 août, les Allemands entamèrent un vaste mouvement
d'encerclement. Le centre russe se désagrégea, fuyant à travers bois afin
d'échapper à la capture. Les 29 et 30 août, de nombreuses colonnes russes,
dépourvues de tout ravitaillement, furent cernées dans les forêts et les
marécages. Dans la nuit du 29 au 30, Samsonov échappa à ses officiers
d'état-major et se suicida d'un coup de pistolet. Dans la journée du 30, les
Russes tentèrent de briser l'encerclement mais subirent un massacre.
Certains groupes, espérant échapper à la fatalité, marchèrent au devant des
mitrailleuses allemandes regroupés derrière un prêtre brandissant une
croix. Le 31, les derniers survivants sortirent des forêts pour effectuer
leur reddition. Au prix de 10.000 à 15.000 tués, les Allemands avaient
remportaient une victoire majeure. Plus de 30.000 Russes étaient morts et
plus de 122.000 furent capturés. Près de 500 pièces d'artillerie russes avaient
été perdues... Même si la bataille s'était déroulée à quelques kilomètres de
Tannenberg, Ludendorff proposa ce nom pour la bataille, revanche totale d'une
défaite que les Polonais et les Lithuaniens avaient infligée au même endroit aux
Chevaliers teutoniques en 1410.
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Le
recul des masses russes
Forts de leur victoire, les Allemands se retournèrent contre la
1 ère armée de Rennenkampf. Lors de la bataille des lacs mazuriques, la 1
ère armée échappa à l'encerclement mais les Russes perdirent encore près de
100.000 hommes en plus de 45.000 prisonniers, 200 canons et d'énormes quantités
de matériel et munitions. Du fait de l'offensive prématurée des Russes,
l'Allemagne avait échoué sur le front de l'Ouest avec le plan Schlieffen
mais avait asséné un coup quasi mortel à la Russie dès le premier mois du
conflit...
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