Les batailles célèbres de l'histoire
 
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La défaite de l'Autriche-Hongrie
13 juin au 3 novembre 1918
 
 
Le redressement italien
 
 
Le désastre de Caporetto provoqua un choc immense en Italie mais celui-ci fut bénéfique.
Au niveau politique, le président du Conseil, Orlando, fit arrêter le secrétaire du parti socialiste afin d'étouffer l'agitation syndicale.  Dans le même temps, il força les neutralistes à affirmer leur fidélité à la coalition gouvernementale.
 
D'un point de vue industriel, l'effort de guerre atteignit des sommets jamais atteints.  900.000 ouvriers, dont 200.000 femmes, produisirent des masses de munitions, de pieces d'artillerie et d'armes légères.  L'industrie aéronautique se développa également avec dynamisme.
 
Sur le front, le printemps 1918 vit les combats perdre en intensité.  50 divisions italiennes tenaient le front, soutenues par 3 divisions britanniques et 2 divisions françaises.
 
L'Italie se montra très réticente sur la question du commandement unique devant être exercé par Foch.  Orlando n'accepta de placer les forces italiennes sous tutelle qu'après avoir obtenu la promesse de l'envoi de divisions alliées supplémentaires en cas d'offensive des Centraux sur le front italien.
 
Le 7 mai 1918, Foch demanda aux Italiens de prendre l'offensive afin de soulager la pression exercée sur le front français.  Reniant leur engagement, les dirigeants italiens refusèrent d'accéder à la demande.
 
 
 
Le dernier effort autrichien
 
 
Libérée de la menace russe à l'Est, l'Autriche décida d'une offensive massive contre l'Italie afin de forcer la décision avant l'épuisement de ses dernières ressources.
En juin 1918, les Autrichiens déployèrent sur le front 60 divisions, pour l'essentiel formées de soldats appartenant à des minorités de l'empire et donc peu sûrs.  Certaines unités déployées étaient toutefois excellentes, telles que l'artillerie, la cavalerie, les chasseurs alpins et l'infanterie à recrutement purement autrichien.
 
Deux groupes d'armées furent prévus pour mener l'ultime attaque : celui de Conrad von Hözendorf (34 divisions) entre l'Asiago et le Monte Tomba, et celui de Boroevic (20 divisions) sur la Piave.
Le chef d'état-major général autrichien, von Arz, décida d'un front d'attaque de 120 kilomètres, trop large que pour concentrer les réserves et exploiter les percées.
 
L'offensive débuta le 13 juin 1918 par une attaque de diversion.  Quelques divisions autrichiennes tentèrent de percer le front italien entre la Brenta et la Piave et remportèrent des succès locaux.  Toutefois, deux divisions françaises rejetèrent les Autrichiens au Val Turcio tandis que les Italiens s'accrochèrent au secteur du mont Grappa.
 
Le 16, les Autrichiens repartirent à l'attaque sur la Piave mais piétinèrent devant le sommet du Montebello.  Les forces des Habsbourg établirent quelques têtes de pont sur le fleuve mais la plupart des passerelles furent emportées par les eaux déchainées ou par les tirs de l'artillerie italienne.
Le 22, les assaillants furent totalement rejetés de la rive gauche.
 
L'ultime offensive autrichienne se termina donc par un échec cuisant.
Ayant subi des pertes importantes, les unités habsbourgeoises virent leur moral s'effondrer.
En juillet, une contre-attaque italienne sur la Piave repoussa aisément les Autrichiens de 24 kilomètres, écartant ainsi toute menace contre Venise.
 

Un poste de mitrailleuse sur le Monte Grappa

Les combats se déroulèrent surtout dans la région montagneuse séparant l'Autriche de l'Italie

 
La victoire italienne
 
 
Dans les mois qui suivirent, malgré les demandes répétées de Foch, le général Diaz, commandant en chef italien, ne prit pas l'offensive.
 
Le 17 octobre 1918, l'empereur Charles Ier d'Autriche annonça qu'il transformait la Double Monarchie autro-hongroise en une confédération d'Etats.
Peu après, la Hongrie annonça qu'elle prenait directement le contrôle de ses unités afin de défendre son territoire d'une possible invasion venant des Balkans.
Le 20 octobre, plusieurs divisions hongroises se mutinèrent dans le Val Sugana, marquant l'effondrement imminent de la cause des Habsbourg.
 
Le 24 octobre 1918, Diaz passa enfin à l'offensive avec 51 divisions italiennes, 5 britanniques et françaises, ainsi qu'une tchécoslovaque, appuyées par 7.700 canons.
En face les Autrichiens alignaient 51 divisions démoralisées et aux effectifs incomplets.
 
Aidés par le mauvais temps et répugnant à se faire battre par les Italiens, les Autrichiens résistèrent avec acharnement jusqu'au 27 octobre, dans le secteur du Monte Grappa et du Gave de Panadopoli.  Les Britanniques s'emparèrent de cette dernière hauteur, le 27, tandis que les Français franchirent la Piave en barques.
 
Le 28 octobre, Italiens et Français s'emparèrent des Monte Perto et Piaunnar.
Les 29 et 30, le front autrichien céda en de multiples endroits et les Italiens récupérèrent la haute vallée de la Piave et la localité de Valdobbiadene.
Deux armées italiennes et une britannique franchirent la Piave et prirent l'offensive en direction de Vittorio Veneto, prenant Conegliano et Oderzo.
A l'Ouest, les Italiens capturèrent Rovetero le 1er novembre.  Trento tomba le 3, en même temps que Trieste.
 
Ce même jour, exangue, l'Autriche signa l'armistice à Villa Giusti, près de Padoue.
 
 
 
La fin de l'empire des Habsbourg
 
 
A l'intérieur de l'empire austro-hongrois, la situation échappa à l'empereur Charles dès le 28 octobre. Tandis que le pays en appelait, en vain, aux Etats-Unis, à la France et au Royaume-Uni par l'intermédiaire de la Suisse, Prague proclama la république tchécoslovaque et Zagreb l'Etat serbo-croate des Slaves du sud. Les Hongrois proclamèrent l'indépendance et le détachement d'avec l'Autriche.
 
Le 12 novembre 1918, l'Assemblée de Vienne proclama la république, mit l'empereur Charles hors la loi et confisqua ses biens.  Le lendemain, la Hongrie proclama la république.
Charles Ier n'eut d'autre choix que d'abdiquer et s'exila en Suisse.