Les batailles célèbres de l'histoire
 
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L'effondrement de l'Empire ottoman
7 décembre 1917 - 30 octobre 1918
 
 
Vers le dernier acte en Palestine
 
 
Après la chute de Gaza et de Beersheba, le mauvais temps interrompit les opérations en Palestine plusieurs semaines durant.
Ce sursis permit à Falkenhayn, le général allemand dépêché dans le secteur, de former un nouveau front à une vingtaine de kilomètres au sud de Jerusalem.  Toutefois, ce front n'était garni que de 40.000 défenseurs turcs soutenus par 6.600 soldats allemands.  Par ailleurs, doutant d'une issue favorable, Falkenhayn réclama et obtint son rappel en février 1918.  Il fut remplacé par le général Liman von Sanders.
 
Dans le même temps, les 200.000 soldats britanniques engagés en Mésopotamie ne rencontrèrent guère de difficultés face aux 33.000 Turcs du secteur, privés de cadres et de ravitaillement et devant tenir un front de 400 kilomètres.
 
Par ailleurs, les Turcs commirent également une sérieuse erreur stratégique.
Espérant profiter de l'effondrement de la Russie, ils s'aventurèrent dans le Caucase, à la recherche de gains stratégiques, au lieu de renforcer leurs troupes en Palestine.
 
Après avoir du céder Bagdad, von Sander tenta de consolider le front de Palestine entre la mer et le Jourdain, implantant de fortes positions au sud de Naplouse.
Le 21 février 1918, les Britanniques d'Allenby prirent Jéricho sans combat.
En juillet suivant, Allenby disposait de 450.000 hommes, dont 12.000 cavaliers et 57.000 fantassins.  Il engagea également 550 pièces d'artillerie.
En face, les Turcs ne disposaient plus que de 2.000 cavaliers, 32.000 fantassins et 400 canons.  Les Turcs devaient par ailleurs compter avec la supériorité aérienne alliée et les raids des forces arabes de l'émir Fayçal, conduites par l'officier britannique Lawrence.
 
En Palestine, le front turc s'étendait depuis le nord d'Arsouf, sur la Méditerranée, jusqu'à la vallée du Jourdain.  le commandement suprême était assuré depuis Nazareth par von Sanders, le défenseur de Gallipoli.
 
Allenby construisit son plan d'attaque en tenant compte du fait que l'ensemble des forces turques transitaient par une voie ferrée unique, le chemin de fer du Hedjaz qui reliait Damas à Médine.  En coupant cette voie, Allenby était certain de couper les troupes du front de leurs arrières.
Il chercha dès lors à convaincre les Turcs d'une prochaine offensive dans la vallée du Jourdain alors qu'il s'apprêtait à attaquer par l'Ouest, en longeant la côte.
Un obstacle naturel était toutefois susceptible de poser problème : la chaîne de Samarie, arête rocheuse franchissable en deux endroits dont l'un était le col de Musmus, près du mont Meggido. 
Une petite troupe pouvant défendre ces accès, il devint crucial de ne pas éveiller l'attention des Turcs.  Afin de priver ces derniers de renseignements, Allenby utilisa son aviation pour chasser du ciel les appareils adverses.
Il fit également largement appel aux cavaliers arabes de Lawrence qui firent sauter plusieurs tronçons du chemin de fer du Hedjaz.
Allenby fit aussi construire des camps fictifs et envoya des mules tirer des traineaux dans le désert afin de soulever une importante poussière destinée à tromper l'ennemi.
 
Le stratagème réussit parfaitement.
Allenby réunit sur son aile gauche 35.000 fantassins, 9.000 cavaliers et 400 canons sur un front de 25 kilomètres.
Les Turcs ne disposaient dans le même secteur que de 8.000 fantassins et 130 canons.
Juste avant l'attaque, l'aviation alliée coupa les liaisons télégraphiques et téléphoniques de la région en bombardant Afula, Naplouse et Tulkarm.  Sanders se retrouva donc coupé du front dans son QG de Nazareth.
 
 
 
La bataille de Meggiddo
 
 
Allenby déclencha son offensive le 19 septembre 1918.
Bombardées et assaillies par des forces supérieures, les défenses turques furent submergées.
Le lendemain, enfoncée dans la brèche, la cavalerie britannique s'approcha de Abu Shusheh et de Nazareth.  Dans cette dernière ville, prise par surprise, la garnison déposa rapidement les armes.  Echappant de peu à la capture, Sanders trouva le salut dans la fuite.
 
La gare d'Afula fut prise le même jour tandis que des cavaliers autraliens, ayant parcouru 130 kilomètres en 34 heures, capturèrent le col de Musmus, coupant la retraite à une partie des forces turques.
 
Après la chute de Nazareth, l'attention d'Allenby se porta vers le port d'Haïfa qui tomba le 23 septembre.
Les Turcs se virent dès lors contraints de battre en retraite, harcelés par l'aviation alliée.  En proie à la confusion, une partie des Turcs se rendirent le 25 septembre, près d'Amman.  D'autres redditions importantes eurent lieu, le 1er octobre 1918, aux abords de Damas.
 
 
 
La Turquie demande la paix
 
 
En créant un effet de surprise, en s'assurant une grand mobilité et en détruisant les lignes de communication adverses, Allenby put, en quelques jours, détruire les forces turques de Palestine, progresser de 500 kilomètres , capturer 75.000 prisonniers et 360 canons et l'ensemble des moyens de transport turcs, au prix de pertes inférieures à 5.000 combattants.
 
Pour parfaire le succès allié, une escadre navale débarqua des troupes dans la plupart des ports de la côte.
Ainsi, une division française s'empara de Beyrouth, le 25 octobre.  Alep tomba trois jours plus tard.
 
A bout de forces, coupée de ses alliés et menacée d'invasion dans sa partie européenne à la suite de la reddition bulgare, la Turquie sollicita la paix.
Le 30 octobre, l'armistice de Moudros fut signé à bord du cuirassé britannique Agamemnon.  Le même jour, la garnison de Mossoul capitula.
Le 13 novembre 1918, enfin, une escadre alliée mouilla devant Constantinople.