Les batailles célèbres de l'histoire
 
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Les personnalités alliées de la seconde Guerre mondiale
 
 
Les Etats-Unis
 
 
Acheson, Dean (1893-1971)
 
 
Dean Gooderham Acheson fut homme de loi avant de devenir une personnalité politique du Maryland.
En 1933, il fut nommé sous-secrétaire d'Etat au Trésor par Franklin Roosevelt mais démissionna rapidement car en désaccord avec la politique économique du Président.
En 1939, il s'illustra au sein du "Comité pour la défense de l'Amérique par le soutien aux Alliés". Il se fit le champion de la cause britannique et soutint le plan visant à échanger des contre-torpilleurs U.S. contre des bases britanniques.
Acheson revint au gouvernement en 1941 en qualité d'assistant-secrétaire d'Etat.  A ce poste, il prépara le vote par le Congrès de la loi Prêt-Bail qui autorisa le président à envoyer du matériel militaire aux pays dont la sécurité renforçait la défense des U.S.A.
En 1943, Acheson devint président de la conférence d'Atlantic City, d'où naquit l'administration de l'O.N.U.
En 1944, il représenta les Etats-Unis à la conférence monétaire des Nations Unies à Bretton Woods, où s'élaborèrent les politiques monétaires internationales de l'après-guerre.
Promu secrétaire d'Etat en 1949, Acheson succéda au général Marshall.
 
 
 
Arnold, Henry (1886-1950)
 
 
Henry Harley Arnold naquit à Gladwyne en juin 1886 et devint l'un des premiers aviateurs militaires américains.
En 1911, quatre ans après sa sortie de West Point, il partit pour l'Ohio afin de parfaire sa formation.
En 1917, Arnold fut affecté à l'aviation et envoyé à Panama où il organisa un groupe aérien.
En 1942, Arnold devint le commandant de l'armée de l'air américaine.  Promu général à 5 étoiles en 1944, il devint l'égal de Marshall, Eisenhower et MacArthur.
En Europe, il organisa la 8ème Armée Aérienne Américaine, qui assura en grande partie la couverture aérienne alliée sur ce continent.
Arnold fut pour beaucoup dans la construction de la puissance aérienne U.S. et établit des bases dans le monde entier.  Il finit par exercer son autorité sur 2.500.000 hommes et 75.000 appareils.
En 1945, il dirigea la 20ème armée de l'air U.S. qui bombarda le Japon.
En 1949, il fut confirmé dans son grade de général 5 étoiles et ce de manière définitive, recevant là un honneur jamais accordé auparavant.
Il mourut en Californie, en janvier 1950.
 
 
 
Bradley, Omar (1893-1981)
 
 
Né en 1893, Bradley fréquenta West Point et fut nommé officier d'infanterie en 1915.
En 1942, il obtint le commandement de la 82è division U.S. en Afrique du Nord et fut subordonné à Patton.  Dans la phase finale de la campagne de Tunisie, il remplaça Patton à la tête du 2è corps.
En qualité de commandant de corps, il participa à l'invasion de la Sicile en 1943.  D'un naturel calme, il entretint de bonnes relations avec les Britanniques, surtout avec le susceptible Montgomery.
Il fut désigné pour diriger les troupes U.S. en Normandie et dirigea les armées qui effectuèrent la percée décisive de juillet 1944.
Placé ensuite à la tête du 12è groupe d'armées, il franchit le Rhin en 1945, prenant des risques mesurés afin d'éviter les pertes inutiles.
Même s'il fut pris par surprise par l'offensive des Ardennes (comme tous les commandants alliés), il resta toujours en mesure d'éviter une défaite.
En 1948, Bradley devint chef de l'état-major de l'armée U.S.  Président des états-majors réunis entre 1949 et 1953, date à laquelle il se retira, il fut largement mêlé aux événements de Corée.
Il contribua également à la formation de l'OTAN entre 1949 et 1950.
 
 
 
Chennault, Claire (1890-1958)
 
 
Brillant entraîneur de pilotes de chasse durant l'entre-deux-guerres, Chennault dut quitter l'armée U.S. en 1937 du fait de problèmes d'ouie.
A la suite de l'invasion japonaise de la Chine, il proposa ses services au gouvernement nationaliste chinois.
D'un point de vue tactique, Chennault contesta largement la théorie du bombardier assurant seul sa défense.  Il fut aussi un grand partisan des unités aéroportées.
En vue des opérations en Chine, il recruta 90 pilotes et acquis 100 appareils P-40.  Formé en juillet 1941, son groupe arbora une large machoire de requin sous le nez de ses appareils, devenant les célèbres "Tigres volants".
Participant à la défense de la Birmanie jusqu'en février 1942, Chennault regagna les Etats-Unis en avril de la même année, reprenant du service dans l'armée régulière.
Devenu général d'aviation, il repartit en Chine et y assura le commandement de toutes les forces aériennes US établies dans ce pays.  Dès 1943, Chennault harcela les lignes de communication japonaises tout en entretenant de bonnes relations avec Chang-Kaï-chek.
 
 
 
Clark, Mark (1896-1983)
 
 
Chef de la 5è armée américaine en Italie, de 1943 à 1944, puis du 15è Groupe d'Armées en 1944 et 1945, Clark fut toujours soucieux d'entretenir son image auprès de la presse.
En octobre 1943, il gagna la dure bataille du Volturno.
Il fut toutefois très critiqué lors du débarquement d'Anzio où, abandonnant son agressivité habituelle, il agit avec lenteur et hésitation.
Il prit sa décision la plus controversée en ordonnant le bombardement du monastère du Mont Cassin.  Non seulement, il échoua à faire sauter rapidement le verrou allemand mais son acte fut considéré comme un sacrilège.
 
 
 
Devers, Jacob (1887-1979)
 
 
Né en 1887, diplômé de West Point, Devers ne servit pas en Europe lors de la première guerre mondiale.
Commandant d'une division d'infanterie en 1940, il fit forte impression au général Marshall qui l'envoya en Afrique du Nord en qualité d'observateur.
Général de corps d'armée en septembre 1942, Devers assuma le commandement en chef des forces américaines en Europe dans l'attente de l'arrivée d'Eisenhower.
Devers gagna ensuite la Méditerranée afin de seconder le général britannique Wilson, commandant en chef de ce secteur.
Devers dirigea le 6è groupe d'armées lors du débarquement de Provence, en août 1944.
Dans les montagnes vosgiennes, Devers dut ralentir sa progression puis, lors de la contre-offensive allemande en Alsace (Nordwind), il dut effectuer quelques replis tactiques mais parvint à stabiliser son front sans abandonner Strasbourg.
Très populaire parmi ses subordonnés, Devers entretint également d'excellentes relations avec ses alliés.
Commandant atypique, il laissa une grande part d'initiative à ses subordonnés et, disposant d'un état-major limité, passa énormément de temps à visiter le front au moyen d'un petit avion, formant ainsi son jugement au contact de la réalité.
Devers prit sa retraite en 1949.
 
 
 
Doolittle, James (1896-1993)
 
 
As aérien, Doolittle fut l'une des personnalités de l'aviation des années 20.
Né en Californie, il forma les tireurs des équipages d'avion durant la première guerre mondiale.
Entre 1920 et 1930, il battit plusieurs records aériens, faisant de la sorte progresser l'aviation.
Porteur d'un titre de docteur ès sciences, il quitta l'armée en 1930 et gagna, en 1931 et 1932, plusieurs courses aériennes transcontinentales.
En 1940, il réintégra l'armée et, deux ans plus tard, promu lieutenant-colonel, il décolla du Hornet pour bombarder Tokyo.  Cet acte insensé ébranla le gouvernement japonais et la population nippone.
En novembre 1942, il commanda le 12è armée de l'air US lors des débarquements américains en Afrique du Nord. 
En 1943, il mena le grand raid sur Rome.
En 1944, il reçut le commandement de la 8è armée aérienne basée en Angleterre et effectua plusieurs raids de bombardement sur l'Allemagne.
 
 
 
Eisenhower, Dwight (1890-1969)
 
 
Né en 1890, Eisenhower intégra l'armée et servit en France comme officier d'état-major lors du premier conflit mondial.
Dans les années 20 et 30, il grimpa régulièrement dans la hiérarchie et, lors de l'entrée de USA dans le second conflit mondial en décembre 1941, il occupait une fonction de chef d'état-major dans la 3è armée US.
En 1942, il fut nommé chef des opérations au Pentagone puis, en juin de la même année, commandant en chef des forces américaines en Europe avec le grade de général de corps d'armée.
Eisenhower commanda les forces américaines engagées dans les débarquements en Afrique du Nord (Torch).
Il prépara et commanda l'invasion de la Sicile en juillet 1943, puis celle de l'Italie en septembre de la même année.  A la fin de 1943, Eisenhower fut promu commandant en chef des forces expéditionnaires alliées.
En janvier 1944, il gagna l'Angleterre afin de superviser les opérations de débarquement en Normandie qu'il ordonna finalement le 6 juin 1944.
Très diplomate, il parvint à réunir les armées des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France, de Hollande, de Belgique, de Pologne, du Canada et de Nouvelle-Zélande pour en faire un instrument efficace à l'aide duquel il repoussa les Allemands jusqu'à l'Elbe.
Au lendemain de la percée d'Avranches, Eisenhower adopta la stratégie du front étendu, imposant aux Allemands une pression constante tout au long de leurs lignes.
Il réagit également vigoureusement à la contre-offensive des Ardennes en décembre 1944.
De 1953 à 1961, Eisenhower occupa le poste de président des Etats-Unis.  Sur le plan extérieur, il mena une politique de fermeté afin de faire reculer la zone d’influence soviétique.  Sur le plan intérieur les mandats du président Eisenhower se caractérisèrent par une relative prospérité et la relance de l’économie de consommation après les années de guerre. C’est à lui que l’on doit quelques 65 000 km d’autoroutes reliant les États entre eux et certaines avancées dans le domaine social avec l’extension de l’assurance-maladie, la retraite à 62 ans pour les femmes et l’accroissement des droits syndicaux.
 
 
 
Halsey, William (1882-1959)
 
 
La phraséologie ornée de jurons de l'amiral Halsey en fit un favori des reporters.
En 1941, il commandait l'armée de l'air de la flotte du Pacifique et, peut après, fut nommé commandant en chef du Pacifique Sud où , dès novembre 1942, il obtint de sérieux succès au large de Guadalcanal.
Impatient et impétueux, Halsey frôla plusieurs fois le désastre.
En novembre 1942, il fut servi par la chance en ordonnant une attaque contre des forces navales japonaises très supérieures au large des îles Santa Cruz.
De même, en octobre 1944, commandant la 3è flotte US, il fut éloigné des combats principaux par un piège tendu par les porte-avions japonais pendant la bataille du golfe de Leyte.  Commise au moment crucial de l'affrontement, cette erreur n'eut pas de conséquences car les Japonais, faisant preuve de peu de mordant, laissèrent passer l'occasion de victoire qui s'offrit alors à eux.  Toujours servi par la chance, Halsey remporta finalement l'engagement de Leyte et porta de tels coups à la marine japonaise que celle-ci cessa d'exister en tant que force de combat.
En décembre 1945, Halsey fut nommé amiral de la flotte, un honneur rare.
 
 
 
Harriman, Averell (1891-1986)
 
 
Homme d'affaires par formation, Harriman accéda aux responsabilités politiques en 1934.  Cette année-là, il intégra la National Recovery Administration, chargée d'appliquer le New Deal, solution américaine à la grande crise économique.
En 1941, Roosevelt chargea Harriman de mener à Londres les négociations de la Prêt-Bail.  A cette occasion, le brillant diplomate noua de sérieuses relations de confiance avec Churchill.
En septembre 1941, il se rendit à Moscou et parvint à gagner l'amitié de Staline.
En 1943, il revint à Moscou en qualité d'ambassadeur et participa à toutes les grandes conférences militaires, dont celle de Yalta en 1945.
Il resta en poste jusqu'en 1946 avant de devenir ambassadeur à Londres.
Entre 1946 et 1948, il fut ministre du Commerce de Truman.
Charmant, plein de tact et de patience, il fut nommé directeur de l'aide économique à l'Europe dans le cadre du plan Marshall (1948-1950), conseiller particulier du président Truman (1950-1951), puis délégué américain à la Commission du traité de l'Atlantique Nord.
En 1961, le président Kennedy l'utilisa comme ambassadeur itinérant.  Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires politiques (1963-1965), il devint ensuite ambassadeur itinérant du président Johnson.
 
 
 
Kent Hewitt, Henry (1887-1972)
 
 
Henry Kent Hawitt naquit dans le New Jersey en 1887.  Entre 1903 et 1906, il fréquenta l'école navale d'Annapolis.
Après 1919, il servit comme officier de tir sur un cuirassé puis fut nommé instructeur à Annapolis et au Naval War College, chef de l'escadre du canal de Panama, puis chef d'escadre dans la flotte de l'Atlantique (1940) avec le grade de contre-amiral.
Grand organisateur et plein de tact, Hewitt fut durant la guerre placé à la tête des opérations combinées sur le théâtre méditerranéen.  A ce poste, placé au coeur des rivalités anglo-américaines, il géra de nombreuses situations délicates.
Il dirigea la Task Force 34, chargée des débarquements au Maroc.  Lors de cette opération, Hewitt prit un risque calculé concernant les conditions climatiques et il fut servit par la chance.
Nommé vice-amiral, il fut placé en 1943 à la tête des forces navales américaines en Europe.
Il dirigea les débarquements de Sicile et de Salerne, n'hésitant pas à critiquer ouvertement les plans de ses collègues.
Hewitt resta sur le théâtre méditerranéen et ne participa donc pas au débarquement de Normandie.  Par contre, il organisa le débarquement en Provence.
Promu amiral en 1945, Hewitt mourut en septembre 1972.
 
 
 
Hodges, Courtney Hicks (1887-1966)
 
 
Coutney Hicks Hodges naquit le 5 janvier 1887 à Perry, en Géorgie.
A 18 ans, il se présenta au concours d'entrée de West Point mais échoua en mathématiques.  Il s'engagea donc dans la troupe et servit comme soldat d'infanterie durant trois ans avant de réussir son admission au rang d'élève officier.
A l'automne 1918, le major Hodges commanda une compagnie de mitrailleurs dans le secteur de Saint-Mihiel, durant les événements de l'offensive Meuse-Argonne.
En 1940, il fut placé à la tête de l'école d'infanterie de Fort Benning.
En mars 1944, promu général de corps d'armée, Hodge rejoignit la 1ère armée US en Angleterre afin de seconder Bradley.
Promu général d'armée en août 1944, il s'évertua à fuir la publicité, se tenant volontairement dans l'ombre de ses collègues Collins, Bradley et Patton.
Son armée franchit la Seine à l'est et à l'ouest de Paris et captura Soissons.  Puis Hodge remonta vers le nord, couvrant le flanc droit de groupe d'armées de Montgomery.
En septembre, les Britanniques ayant échoué à prendre Arnhem, l'armée de Hodges, qui était entrée en Allemagne dans le secteur de Trèves, s'immobilisa à hauteur d'Aix-la-Chapelle.  Il n'en perça pas moins la ligne Siegfried en octobre 1944.
A la mi-décembre, l'armée de Hodges encaissa le choc de l'offensive des Ardennes.
Hodges s'empara des barrages sur la Ruhr le 23 février 1945 et poussa vers le Rhin, couvrant le flanc de la 9è armée US de Simpson.
Au début du mois de mars 1945, ses troupes s'emparèrent du pont de Remagen.
En avril, la zone industrielle de la Ruhr fut prise en tenaille par les 9è et 1ere armées.  Les troupes de Hodges finirent la guerre sur l'Elbe.
Hodges mourut le 16 janvier 1966.  Il repose au cimétière militaire d'Arlington.
 
 
 
Hopkins, Harry (1890-1946)
 
 
Né en 1890 dans l'Iowa, Hopkins fut l'homme de confiance de Roosevelt et l'une des personnalités majeures de la seconde guerre mondiale, sans avoir de fonction officielle.
Dans les années 30, il travailla au programme d'aide sociale du New Deal et devint ministre du Commerce en 1939.
Durant la guerre, Hopkins occupa la fonction d'administrateur du Prêt-Bail.  A ce titre, il fut responsable de l'acheninement aux Alliés de 17 millions de fusils, 315.000 canons, 87.000 chars, 2.434.000 véhicules divers et 296.000 avions.
Hopkins joua aussi un rôle secret en étant l'oeil, l'oreille et le porte-parole de Roosevelt sur l'ensemble du globe.
Hopkins établit ainsi des contacts avec Churchill et avec Staline.  Il apporta trois contributions vitales à la victoire des Alliés : en qualité de responsable du Prêt-Bail, en tant qu'envoyé officieux du président américain et en se faisant l'avocat de la nouvelle Organisation des Nations Unies.
Il conseilla Roosevelt à Yalta et Téhéran mais, tombé malade, il ne put seconder Truman à Postdam.
Hopkins mourut en 1946.
Après coup, il apparut comme un opportuniste, cherchant surtout à parvenir à des résultats à court terme.  Sa position privilégiée auprès du président le poussa souvent à faire de l'obstruction à ceux qui voulaient exposer directement leurs idées à Roosevelt. 
 
 
 
Hull, Cordell (1871-1955)
 
 
Né dans le Tennessee, Hull fit des études de droit puis, en 1903, devint juge itinérant.
Elu à la Chambre des représentants en 1907, il fit son entrée au Sénat en 1933.
En 1940, il supervisa la cession de 50 contre-torpilleurs à la Royal Navy en échange de la location de bases britanniques.
A la fin de 1941, il mena des entretiens avec l'amrial Nomura, ambassadeur du Japon.  Le dernier entretien se déroula le matin même de l'attaque contre Pearl Harbor.
Le 2 juin 1942, Hull signa le document qui fit de la Chine un autre bénéficiaire du Prêt-Bail.
En 1943, il se rendit à Moscou.  En compagnie d'Eden et de Molotov, il signa l'engagement commun de continuer la guerre jusqu'à la défaite de l'Allemagne.
En 1944, il prit par à la conférence de Dumbarton Oaks, véritable rencontre préparatoire à l'élaboration de la charte de sécurité des Nations Unies.
Hull prit sa retraite peu après mais reçut le prix nobel de la paix en 1945.
 
 
 
King, Ernest (1878-1956)
 
 
Né en 1878, King fut diplômé de l'Académie navale en 1901.
Ayant servi sur tous les types de bâtiments, il suivit une formation de pilote, en 1927, et se vit confier le commandement du porte-avions Lexington.
King commandait la flotte américaine de l'Atlantique lors de l'entrée en guerre des USA.
En mars 1942, il fut nommé chef des opérations navales.  A ce titre, il fut avec Marshall (armée de terre) et Arnold (armée de l'air) l'un des trois responsables de l'élaboration des grands plans stratégiques.
Convaincu de l'importance de la marine, il favorisa le théâtre du Pacifique mais, paradoxalement, se vit forcé de réclamer des mesures extrêmes contre l'Allemagne et l'Italie .  De nombreuses unités navales furent envoyées vers l'Europe afin de complèter et de protéger la force d'assaut en Normandie.
Dans le Pacifique, King s'opposa à MacArthur.  Ainsi, il défendit l'idée d'une attaque contre Formose plutôt que contre les Philippines.
Anglophobe, il s'opposa à un engagement commun avec la flotte britannique dans le Pacifique.
King fut promu amiral de la flotte en même temps que Leahy et Nimitz, en décembre 1944.
Individu dur, King fut peu apprécié par ses pairs, même si on respectait ses thèses.
 
 
 
Kinkaid, Thomas (1888-1972)
 
 
Thomas Cassin Kinkaid sortit de l'Académie militaire en 1908 et servit durant cinq ans sur les cuirassés avant d'intégrer les bureaux d'études de la marine.
Durant l'entre-deux-guerres, il navigua sur l'Arizona, puis sur le Colorado.  En 1937, il exerça son premier commandement sur l'Indianapolis.
Kinkaid fréquenta aussi l'Académie navale, puis devint secrétaire au Conseil supérieur de la marine.  En 1930, il représenta les Etats-Unis à la conférence du désarmement, à Genève.
Kinkaid échappa aux désastres des premiers mois de la guerre, qui ruinèrent nombre de carrières.  On le retrouva à la tête de la 6è escadre de croiseurs aux batailles de la mer de Corail et de Midway.
Au cours de la campagne des Salomons, son esprit offensif le fit remarquer.  Il ne joua aucun rôle dans la défaite américaine de Tassafaronga et commanda la Task Force 16 lors de la bataille de Santa Cruz; il y perdit le Hornet mais mit à mal l'aéronavale japonaise.
Kinkaid fut ensuite affecté  la reconquête des Aléoutiennes, puis nommé à la tête de la 7è flotte américaine, subordonnée à MacArthur dans le Pacifique sud-ouest.
A ce poste, il mena nombre d'opérations qui brisèrent le système défensif japonais.
Kinkaid ne fut mis en difficulté qu'une fois, lors de la bataille du golfe de Leyte, lorsque l'impétuosité d'Halsey le laissa exposé seul face au gros de la marine japonaise.  Chanceux, Kinkaid dut son salut à l'irrésolution des Nippons.
 
 
 
Leahy, William (1875-1959)
 
 
Né en 1875, Leahy entra à l'Académie navale en 1897.
Promu à des postes de direction de la marine, il encouragea l'aéronavale.  En 1933, il devint membre de la commission  chargée de réformer la marine puis, en 1937, chef des Opérations navales.
Après le déclenchement de la seconde guerre mondiale, Roosevelt le nomma ambassadeur à Vichy.
En 1942, Meahy rentra aux Etats-Unis et exerça son autorité sur les chefs d'états-majors interarmes et les chefs d'états-majors des Opérations combinées.  De fait, il assura la liaison entre les états-majors et le président.
Leahy participa également aux préparatifs de la conférence de Yalta.  Dans ce cadre, il s'opposa à toute concession américaine sur la Pologne.
Nommé amiral en 1944, Leahy prit sa retraite en 1949.  Il mourut en 1959.
 
 
 
MacArthur, Douglas (1880-1964)
 
 
MacArthur vécut une double carrière militaire
Sa première carrière fut assez remarquable mais irrégulière.  S'il parvint à des postes de responsabilités, ce fut en partie grâce à ses contacts influents.  Cette carrière se termina en 1937 lorsque MacArthur quitta l'armée.
En 1941, Roosevelt le rappela et lui confia le commandement en chef des forces américaines en Extrême-Orient, à plus de soixante ans.
A cette occasion, MacArthur fit la preuve de son sens stratégique et fit montre d'une grande personnalité.  Démagogue et arrogant, il se montra le meilleur dans la technique de combat des forces amphibies.  MacArthur inventa une nouvelle tactique qui consistait à sauter d'une île à l'autre.
Son côté fantasque le rendit populaire.  Ainsi, sa promesse "Je reviendrai", prononcée après l'évacuation des Philippines, devint une formule de propagande.  En octobre 1944, MacArthur tint sa promesse.
En tant que commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique, il dirigea la conquête d'Iwo Jima et d'Okinawa.
En septembre 1945, il reçut la capitulation du Japon.
Durant les cinq années suivantes, il dirigea le Japon occupé.
En 1950, à la suite du déclenchement de la guerre de Corée, il s'opposa au président Truman, préconisant l'usage de la bombe atomique contre la Chine.  Truman prit la décision qui s'imposait; en 1951, MacArthur fut démis de ses fonctions en Corée.
 
 
 
Marshall, George (1880-1959)
 
 
Marshall n'exerça pas de commandement sur les champs de bataille de la seconde guerre mondiale mais joua un grand rôle dans l'effort de guerre US.
Né en 1880, Marshall fut diplômé de l'Institut militaire de Virginie en 1901.  En 1902, il fut envoyé aux Philippines avec le grade de sous-lieutenant.
Marshall se montra un brillant organisateur aussi, durant la première guerre mondiale, il devint successivement chef d'état-major du 8è corps d'armée US en France, puis chef des Opérations de la 1ère armée américaine sur le même théâtre d'opérations.
Entre 1919 et 1924, il fut l'aide de camp du général Pershing.  De 1924 à 1927, il fut affecté en Chine, puis nommé instructeur à l'Ecole d'infanterie de Fort Benning.
Marshall fut nommé chef d'état-major de l'armée américaine en 1939.  Durant la seconde guerre mondiale, il s'employa à faire de l'armée US une véritable machine de guerre. Il aida également Roosevelt à gagner à son point de vue des dirigeants alliés lors des conférences de Casablanca, Québec, Téhéran, Yalta et Postdam.
Père du plan Marshall conçu pour aider la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, il fut secrétaire d'Etat entre 1947 et 1949, puis ministre de la Défense de 1950 à 1951.
Il mourut en 1959.
 
 
 
Mitscher, Marc (1887-1947)
 
 
Mitscher sortit de l'Ecole navale d'Annapolis en 1910 et servit comme officier subalterne avant de suivre un entraînement d'aviateur, en 1915.
En 1917 et 1918, il fut affecté sur l'USS Huntingdon, chargé de la protection des convois dans l'Atlantique.
Durant l'entre-deux-guerres, il s'efforça de promouvoir l'aviation navale.
Le 4 décembre 1941, il fut promu contre-amiral et se vit confier le porte-avions Hornet.
Le 18 avril 1942, ce fut du Hornet que décollèrent les B25 du colonel Doolittle pour attaquer Tokyo.
En juin 1942, Mitscher participa à la bataille de Midway.  En 1943, il fut responsable de l'ensemble des unités aériennes engagées à Guadalcanal, dans les Mariannes et dans les Marshall.
Homme réservé, Mitscher devint l'un des plus grands tacticiens américains.
Placé à la tête de la Task Force 58, il détruisit, entre janvier et décembre 1944, 4.425 avions ennemis et coula ou endommagea 795 vaisseaux nippons.
Mitscher mourut en 1947, alors qu'il occupait le poste de commandant en chef de la Flotte US de l'Atlantique.
 
 
 
Nimitz, Chester (1885-1966)
 
 
Chef du Bureau de la navigation de la marine américaine en 1939, Nimitz eut la lourde tâche de succéder, en qualité de commandant de la flotte américaine du Pacifique, à un prédécesseur en disgrâce.  En effet, l'amiral Kimmel avait été destitué pour ne pas avoir su préserver sa base de Pearl Harbor.
Nimitz eut donc pour tâche de restaurer le moral de ses hommes.
Heureusement pour les Américains, Nimitz se révéla l'homme de la situation, soit un chef dur et réaliste.
Quoique intransigeant, il ne manquait pas de tact et conserva l'état-major de Kimmel après Pearl Harbor.
Il fit également preuve de talent en gardant de bonnes relations avec le général MacArthur, responsable des opérations terrestres dans le Pacifique, dont le caractère était pour le moins mégalomane et peu accommodant.
En tant que chef des opérations navales dans le Pacifique, Nimitz se distingua ainsi par sa capacité à éviter l'affrontement avec MacArthur, par son calme et sa patience, par son habileté à déployer des forces inférieures et par son aptitude à choisir le bon moment pour engager une bataille.
De telles qualités lui valurent de grands succès, comme en mer de Corail et à Midway, mais surtout le dévouement de ses hommes.
 
 
 
Oppenheimer, Robert (1904-1967)
 
 
Oppenheimer travailla une douzaine d'années comme professeur de physique à l'Université de Californie et se distingua par ses recherches sur les quantas d'électrons et de positons et sur les rayons cosmiques.
A 39 ans, il fut choisit pour diriger le laboratoire de Los Alamos où les savants mirent au point la bombe atomique, l'arme la plus destructice jamais vue alors.
Il partagea l'opinion des militaires en affirmant que le bombardement de villes japonaises terminerait plus rapidement la guerre qu'une démonstration sur une île déserte.
Lors de l'explosion expérimentale d'Alamorgo, reprenant les citations du Bhagavad-Gita, il déclara "Je suis devenu la Mort, la destruction des mondes".  Ce qui convenait parfaitement aux circonstances...
 
 
 
Patch, Alexander (1889-1945)
 
 
Patch dirigeait le Camp Croft en Caroline du Nord lorsqu'il reçut son premier commandement opérationnel, au printemps 1942.
Il reçut ainsi le commandement d'une division américaine destinée à défendre la Nouvelle-Calédonie, possession française, d'une invasion japonaise.
En décémbre 1942, il se lança à la reconquête de Guadalcanal, remportant la première victoire américaine dans le Pacifique, dès janvier 1943.
Il dirigea ensuite le centre d'entraînement de la guerre du désert puis, nommé général de corps d'armée en mars 1944, il reçut le commandement de la 7è armée destinée à débarquer dans le Midi de la France.
Patch captura Toulon et Marseille, puis conquit la vallée du Rhône.  En décembre 1944, on le retrouva en Alsace puis, trois mois plus tard, dans la Sarre dont il s'empara en quelques jours.
Le 26 mars 1945, Patch franchit le Rhin et progressa, durant le mois d'avril, vers le col du Brenner, empêchant l'ambition allemande de créer un réduit national en Bavière.
 
 
 
Patton, Georges (1885-1945)
 
 
Patton commença à faire parler de lui dès 1917, en qualité d'officier de l'arme blindée.
A la fin de 1918, il commanda une brigade blindée dans le saillant de Saint-Mihiel, lors de l'offensive Meuse - Argonne.
Au début de 1942, il était toujours commandant de brigade mais, dans les mois qui suivirent, il reçut le commandement  du 1er corps blindé alors affecté en Californie.
Désigné pour participé au débarquement en Afrique du Nord, Patton entra dans Casablanca en novembre 1942 et fit déferler ses chars sur le Maroc français. 
En qualité de chef du 2è corps américain, il s'occupa partiellement des préparatifs du débarquement en Sicile.  Le 10 juillet 1943, sa 7è armée, aidée par la 8è armée britannique, conquit la Sicile en 38 jours.
Brillant tacticien, Patton vit sa gloire écornée par sa violence et sa grossièreté.  Ayant giflé un soldat US en traitement dans un hôpital, il dut présenter des excuses publiques.
En mars 1944, il fut placé à la tête de la 3è armée US.  En août de la même année, exploitant la percée d'Avranches, il dirigea un corps d'armée vers la Bretagne et trois autres vers la Seine.
Contournant Paris, les blindés de Patton prirent Metz et Nancy avant de devoir marquer le pas par suite d'un manque de carburant.
En décembre 1944, Patton manoeuvra avec brio pour mettre à mal les Allemands dans les Ardennes.
En mars 1945, il traversa le Rhin, s'empara de Francfort-sur-le-Main en trois jours, puis traversa l'Allemagne avant d'atteindre la frontière tchécoslovaque.
Patton mourut dans un accident de voiture près de Manheim, en décembre 1945.
 
 
 
Roosevelt, Franklin D. (1882-1945)
 
 
Franklin Delano Roosevelt, élu quatre fois président des Etats-Unis, fut l'une des personnalités marquantes de la seconde guerre mondiale.
Lors de sa première élection, en 1932, on le compara à son pays car l'un et l'autre devaient surmonter d'énormes difficultés.  Roosevelt avait été frappé d'une attaque de poliomyélite en 1921 et les Etats-Unis se débattaient dans une terrible crise économique.
Tout au long des années 30, Roosevelt tira progressivement les Etats-Unis du marasme grâce au "New Deal", mais il s'attira la forte désapprobation de la droite conservatrice qui le taxa de "socialisme".
Après le déclenchement de la guerre en Europe, Roosevelt lutta contre le courant isolationniste, puis oeuvra à la charte de l'Atlantique (1941) et à la création des Nations Unies.
Il noua aussi d'excellents relations avec Winston Churchill, le premier ministre britannique.
En février 1945, il fit aux Soviétiques des concessions que beaucoup jugèrent trop lourdes.
D'une santé très ébranlée, il mourut le 12 avril 1945.  Après sa mort, d'aucun estimèrent, qu'à Yalta, il était si malade qu'il ne s'était pas rendu compte de ce qu'il faisait...
 
 
 
Bedell Smith, Walter (1895-1961)
 
 
Né en 1895, Bedell Smith s'engagea dans la garde nationale de l'Indiana en 1910, puis devint officier d'infanterie en 1917.
Général de brigade en février 1942,  Bedell Smith fut le chef d'état-major d'Eisenhower de l'opération Torch à la chute de Berlin.
Abrupt, grossier, il s'avéra très compétent mais dénué de pitié pour ses subordonnés.
La tâche de Smith consista à filtrer les problèmes parvenant jusqu'à Eisenhower, à s'occuper de la routine et de tout ce qui aurait détourné Eisenhower de son rôle de décideur.
Il insuffla sans nul doute à Eisenhower un supplément d'énergie lors de situations difficiles.
Bedell Smith négocia la reddition italienne, en 1943, puis la reddition allemande, deux ans plus tard.
De 1946 à 1949, il fut ambassadeur à Moscou, puis chef de la CIA (1950-1953) et, enfin, secrétaire d'Etat.
Il mourut en 1961.
 
 
 
Spaatz, Carl (1891-1974)
 
 
Sorti de West Point en 1914, Spaatz servit dès 1917 dans le corps américain engagé en France, puis rejoignit l'arme aérienne.
En 1940, il devint chef de la 8e armée de l'air US, puis général en chef des forces aériennes engagées en Europe.
Eisenhower le plaça à la tête de l'aviation US lors du débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942.
Le 1er janvier 1944, il fut placé à la tête de la 8è armée aérienne US, basée en Angleterre, et de la 15è armée de l'air US, basée en Italie.
En mai, il fit bombarder les lignes de communication allemandes et, après le débarquement en Normandie, dirigea les bombardements stratégiques.
En 1945, il fut placé à la tête des bombardements stratégiques sur le Japon.  Une fois prise la décision d'utiliser l'arme atomique, il revint à Spaatz de choisir les cibles.  Il retint Hiroshima et Nagasaki...
Après la guerre, il commanda en chef l'aviation américaine.
 
 
 
Spruance, Raymond (1886-1969)
 
 
Né à Baltimore, Spruance se distingua par son intelligence.
Diplômé de l'Académie de la Marine américaine en 1907, il exerça son premier commandement en 1913, sur le destroyer Bainbridge.
Durant la première guerre mondiale, il dirigea un destroyer.
Durant l'entre-deux-guerres, il occupa diverses fonctions, dont l'une à l'Ecole navale de guerre.
En 1938, il fut nommé officier de tir sur l'USS Mississippi.
Après l'entrée en guerre des USA, il fut nommé contre-amiral et dirigea la flotte de croiseurs de la Task Force 16 de Halsey.
Après la bataille de la mer de Corail, il remplaça Halsey, tombé malade, et remporta l'affrontement de Midway.
Spruance devint ensuite chef de l'état-major de Nimitz et, en 1943-1944, prit le commandement des forces du Pacifique central.
Spruance dirigea alors 6 porte-avions, 5 porte-avions légers et 8 porte-avions d'escorte.  En juin 1944, Spruance dirigea l'offensive US en mer des Philippines, portant un coup fatal aux Japonais.  Sur un total de 430 avions japonais engagés, seuls 30 demeurèrent intacts.
En 1945-1946, il devint commandant en chef de la flotte américaine du Pacifique.  Il termina sa carrière comme directeur de l'Ecole navale de guerre.
 
 
 
Stilwell, Joseph (1883-1946)
 
 
Sorti de West Point en 1904, Stilwell occupa des fonctions d'état-major en France, lors de la première guerre mondiale, puis fut attaché militaire à Pékin de 1932 à 1939.
Nommé général de corps d'armée à l'entrée en guerre des USA, il occupa les fonctions de chef d'état-major pour Chang-Kaï-chek, puis dirigea deux armées chinoises en Birmanie, où il ne put s'opposer à l'offensive japonaise, étant repoussé de 200 kilomètres.
En 1943, on lui confia le vice-commandement des forces alliées du sud-est asiatique, sous le commandement suprême de lord Mountbatten.  Stilwell prépara une offensive en Birmanie du Nord et, le 21 décembre 1943, lança un assaut contre Myitkina, qui ne tomba qu'en août 1944.
Toujours en 1944, les Japonais contre-attaquèrent en Chine, lors de l'opération "Ichi-Go".  Chang le rendit responsable des succès nippons et exigea son rappel.
En 1945, on le nomma à la tête de la 10è armée US à Okinawa, en remplacement du général Buckner.  Peu après, il reçut la reddition des îles Ryu kyu.
Très irritable, Stilwell entra souvent en conflit avec Wavell, Slim et Wingate, ses collaborateurs britanniques en Birmanie.
 
 
 
Truman, Harry (1884-1972)
 
 
Né dans le Missouri en 1884, Truman se lança en politique après la première guerre mondiale.  En 1934, il devint sénateur du Missouri et se montra très consciencieux.  Il fut également l'un des défenseurs du New Deal mis en place par Roosevelt.
Après le déclenchement du second conflit mondial, il devint président de la commission sénatoriale gérant les dépenses de guerre.
Peu après, il fut choisi comme candidat à la présidence en vue des élections de 1944.  Roosevelt dominant largement la scène politique, à peine un Américain sur deux connaissait le nom de ce candidat...
Elu le 7 novembre 1944, Truman prêta serment le 20 janvier 1945, puis se tint dans l'ombre de Roosevelt.  Il parvint malgré tout à se forger une réputation de modestie et d'humanité.
Le 12 avril 1945, la mort de Franklin Roosevelt frappa soudainement les Etats-Unis.  Truman, l'inconnu, fut dès lors projeté à l'avant-plan.
En tant que président, il représenta son pays à la conférence de San Francisco et fit bonne impression aux chefs d'Etats étrangers.
En juin 1945, un sondage démontra que 87% des Américains approuvaient sa conduite des affaires.
Deux mois plus tard, il décida d'employer la bombe atomique contre le Japon afin d'éviter une coûteuse invasion de ce pays.
 
 
 
Twining, Nathan (1897-1982)
 
 
Originaire du Wisconsin, Twining entra à l'Académie militaire américaine à la fin de la première guerre mondiale.  Ayant d'abord fréquenté l'infanterie, il opta, en 1924, pour le corps aérien et s'éleva dans la hiérarchie.
Twining fut nommé général d'état-major des forces aériennes du Pacifique Sud en 1942.
En 1943, son avion fut abattu et il dériva six jours dans l'attente des secours.  La même année, il devint général de division et responsable de toutes les forces aériennes US dans le Pacifique Sud-Ouest.
En prévision du débarquement en Normandie, on l'affecta en Europe et, le 1er janvier 1944, il prit le commandement de la 15è armée aérienne en Italie.
En tant que subordonné de Spaatz, il organisa des raids contre des objectifs stratégiques, tels que les dépôts de carburant.  Nommé général de corps d'armée, il prit le commandement des forces aériennes alliées en Méditerranée.
En 1945, il regagna le Pacifique et, à partir des bases établies dans les Mariannes, lança ses forces contre le Japon.
Après la guerre, il devint chef d'état-major de l'aviation US, puis commanda l'état-major interarmes entre 1857 et 1960.
 
 
 
Wainwright, Jonathan (1883-1953)
 
 
Wainwright naquit en 1883 et fréquenta West Point.  Officier en 1906, il servit en Europe au cours de la première guerre mondiale.
En septembre 1940, il rejoignit MacArthur aux Philippines et prit le commandement de la division philippine composée de soldats américains et philippins.
En prévision de l'invasion japonaise, MacArthur lui confia la charge de défendre la moitié nord de Luçon.
Wainwright ne put toutefois s'opposer aux débarquements nippons et fut contraint de se replier vers Bataan, en janvier 1942.
Deux mois durant, il résista à l'envahisseur, mais aussi à la famine et aux maladies.  Lorsque la fin parut inévitable, MacArthur quitta, sur ordre, les Philippines.  Wainwright fut promu général de corps d'armée et chargé de défendre l'archipel.
Le 21 mars 1942, il abandonna Bataan pour se replier sur l'île fortifiée de Corregidor.
Le 5 mai 1942, les Japonais débarquèrent sur l'île et le lendemain, jugeant toute résistance impossible, Wainwright capitula.
Il passa le reste de la guerre dans un camp de prisonniers à Formose, puis en Mandchourie.
Libéré, il se tint aux côtés de MacArthur lors de la cérémonie de la capitulation japonaise, à bord du USS Missouri, en septembre 1945.
Il mourut en 1953.
 
 
 
La Grande-Bretagne
 
 
Alanbrooke, Francis (1883-1963)
 
 
Né en 1883, il fit ses études en France avant d'intégrer l'école militaire de Woolwitch dont il sortit officier d'artillerie.
Parlant couramment le français, Alanbrooke servit, pendant le premier conflit mondial, comme officier d'artillerie sur le front Ouest.  A ce poste, il obtint de grands succès en adaptant, aux usages britanniques, la technique française des barrages d'artillerie roulants.
Durant l'entre-deux-guerres, il occupa des fonctions prestigieuses, dont celle de commandant de l'Ecole d'artillerie et de chef de l'Instruction militaire.
 
En 1939, Alanbrooke fut placé à la tête du 2ème corps du British Expeditionnary Force en France.
Durant la "Drôle de guerre", il prépara ses troupes à l'offensive.
En mai 1940, lorsque les Allemands envahirent la Belgique, le B.E.F. se porta à leur rencontre.  Alanbrooke fut chargé de diriger la marche improvisée, puis la retraite...  Il prit une large part à l'évacuation de Dunkerque, se montrant des plus habiles dans un contexte critique.
En juin 1940, il fut placé à la tête des forces de défense de la Grande-Bretagne et se prépara à repousser une invasion.  Il s'employa essentiellement à reformer des armées à l'aide des troupes évacuées d'Europe.
En 1941, il devint chef de l'Etat-major impérial général, ainsi que le premier conseiller de Churchill.  Alanbrooke s'employa à traduire en termes militaires les idées de Churchill et à maintenir les liens entre ce dernier et les chefs de terrain, comme Slim et Montgomery.
Homme habile, il n'éprouva aucune difficulté à collaborer avec les Américains et fut l'un des principaux responsables de la stratégie britannique.
Nommé maréchal en 1944, puis fait vicomte, il mourut en 1963.
 
 
 
Alexander, Harold (1891-1969)
 
 
Né au sein de la bourgeoisie protestante terrienne d'Irlande, Alexander sortit de Sandhurst en 1910, puis assura le commandement d'un bataillon durant la première guerre mondiale.
Durant le second conflit, il commanda une division du Corps expéditionnaire britannique (1939-1940) puis, en 1942, les forces alliées engagées dans le désert africain.
En 1943, il devint commandant suprême des forces alliées en Italie et, mystifiant les Allemands, parvint à faire sauter le verrou de Cassino (1944).
 
Une qualité rare d'Alexander était de savoir rester simple.  Même l'irrascible Montgomery, qui se brouilla avec toutes les personnes à sa portée, l'apprécia...  Les Américains, qui répugnaient à servir sous les ordres de chefs étrangers, le surnommèrent affectueusement Alex...
Grâce à ses qualités de diplomate, il sut maintenir la cohésion d'une armée de Polonais, Brésiliens, Canadiens, Indiens, Américains et Britanniques.
Après la guerre, il occupa avec brio le poste de gouverneur général du Canada.  Ensuite, il se montra moins efficace en occupant, deux années durant, le poste de ministre de la Défense de Grande-Bretagne.
En 1946, il fut fait vicomte puis, en 1952, comte.  Alexander mourut en 1969.
 
 
 
Anderson, Kenneth (1891-1959)
 
 
Anderson naquit en 1891 et devint officier en 1911.
Il reçut le baptême du feu durant le premier conflit mondial.
Entre 1939 et 1940, il commanda une brigade, puis une division du Corps expéditionnaire britannique.  Il se distingua lors des combats de la poche de Dunkerque.
En avril 1942, il fut nommé général de corps d'armée, puis dirigea la 1è armée britannique en Afrique du Nord.  Ayant capturé Alger, dès le 9 novembre 1942, il poursuivit son offensive vers la Tunisie mais fut bloqué par les Allemands à une vingtaine de kilomètres de Tunis et ne parvint pas à percer.
On reconnut qu'Anderson avait entretenu de bonnes relations avec les forces françaises du général Giraud, qu'il avait manqué de soutien aérien et qu'il s'était battu en terrain difficile; néanmoins l'échec du général causa un vif désapointement à Londres.  Si Anderson n'encourut pas de blâme, Churchill multiplia les interventions et rappels à l'ordre.
 
Après la défaite allemande en Tunisie, Anderson commanda la 2è armée qui s'entraînait en vue du débarquement en Normandie.  Anobli en 1943, Anderson fut toutefois remplacé, six mois avant le débarquement, par le général Dempsey, qui, en Sicile et en Italie, avait fait preuve de plus de mordant.
Effacé, Anderson poursuivit sa carrière au Moyen-Orient puis, en 1945, en Afrique orientale.
En 1947, il fut nommé gouverneur de Gibraltar, poste qu'il occupa jusqu'en 1952.
Homme discret, Anderson dut toujours faire des efforts pour surmonter sa modestie et sa réserve naturelles.  Son manque de confiance l'empêcha certainement de donner toute sa valeur.
 
 
 
Auchinleck, Claude (1884-1981)
 
 
Né en 1884, Auchinleck entra dans l'armée des Indes en 1903 avec le grade de sous-lieutenant.
Durant le premier conflit mondial, il servit en Egypte et en Mésopotamie.  Après la guerre, il regagna les Indes.
En 1940, il fut placé à la tête du secteur de la Norvège septentrionale.  Après l'effondrement de la Norvège et de la France, il dirigea l'organisation des défenses britanniques en tant que général commandant le secteur sud de l'Angleterre.
En juillet 1941, il devint commandant en chef des armées britaniques au Moyen-Orient.  Il prépara aussitôt une offensive dans le désert.
L'opération CRUSADER, lancée par Auchinleck, le 18 novembre 1941, à partir de la frontière égyptienne, visait le dégagement de Tobrouk et l'occupation de la Cyrénaïque.  Le 10 décemnre, Tobrouk fut dégagée et, le 24 du même mois, Benghazi fut occupée à l'issue d'une progression de 460 km.
Le 21 juin 1942, Rommel passa à la contre-attaque, devançant de quelques jours une nouvelle offensive d'Auchinleck.  Tobrouk fut perdue et la 8è armée repoussée en Egypte.
 
Le 25 juillet 1942, Auchinleck prit en personne le commandement de la 8è armée et se retrancha habilement à El Alamein.
Toutefois, Churchill envoya Montgomery et Alexander pour remplacer Auchinleck dans les jours suivants.
La grande victoire de Montgomery à El Alamein, en octobre-novembre 1942, dut beaucoup à la tactique défensive d'Auchinleck.
Renvoyé aux Indes, Auchinleck ne prit pas part à la campagne de Birmanie.
Nommé maréchal en 1946, il se retira ensuite à Marrakech.
 
 
 
Bevin, Ernest (1881-1951)
 
 
Bevin quitta l'école à 11 ans pour travailler comme garçon de ferme.  Il devint ensuit syndicaliste et, en 1922, convainquit 32 petits syndicats de fusionner pour former la Transport and General Workers Union.
En 1937, on le nomma président du conseil général des syndicats.
De 1940 à 1945, il fut ministre du Travail et du Service militaire.
L'Emergency Powers Act de mai 1940 donna d'immenses pouvoirs à Bevin qui répartit la main-d'oeuvre selon les besoins.
La mobilisation des ouvriers, prononcée en 1939, fut, en 1941, étendue aux personnes âgées de 18 à 51 ans.
Bevin lança un appel radiodiffusé, en juillet 1941, demandant aux femmes de faire fonctionner la machine industrielle.  Cet appel fut largement entendu et, en décembre 1941, les premières femmes furent recrutées.
Bien que n'abusant pas de ses pouvoirs, Bevin créa un grand malaise en décidant, en 1943, d'envoyer de jeunes recrues dans les mines fin d'y remplacer des mineurs.  Choisis par tirage au sort dans les 18 derniers mois de la guerre, 21.800 jeunes soldats allèrent récolter la houille plutôt que de combattre.
Durant le conflit, Bevin améliora la sécurité dans les usines, augmenta le nombre de médecins et d'infirmières, organisa dans les cantines divers spectacles....
Après la guerre, Bevin occupa le poste de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement travailliste Atlee.
 
 
 
Chamberlain, Neville (1869-1940)
 
 
Chamberlain entra au Parlement en 1918, à l'âge de 50 ans, comme membre conservateur d'une circonscription électorale de Birmingham, après une longue carrière dans les affaires, la banque et la politique locale.
En moins de cinq ans, il devint ministre de la Santé puis, en 1923, ministre des Finances.  Il se montra tellement compétent, qu'en 1930, il fut considéré comme le premier ministre idéal.
Partisan de la paix, il réforma les pensions de retraite et s'occupa tellement bien du budget qu'il aurait pu passer à la postérité comme l'un des ministres britanniques les plus brillants.
Hélàs, il échoua à traiter avec Hitler et sa promptitude à croire le dictateur causa sa perte.
Ainsi, dans l'imagerie populaire, le brillant Chamberlain fut remplacé par l'image d'un individu naïf, craintif et sans caractère, incompétent et parlant pour ne rien dire... 
Ces jugements exagérés donnèrent de l'homme l'image de quelqu'un incapable de gouverner.  Cette impression fut accentuée par sa démission de 1940 et son remplacement par le dynamique et agressif Churchill.
Six mois après sa démission, Chamberlain mourut du cancer.
 
 
 
Churchill, Winston (1874-1965)
 
 
En 1895, à sa sortie de Sandhurst, Churchill s'engagea dans la cavalerie et voyagea à Cuba, aux Indes, au Soudan et en Afrique du Sud.  Fait prisonnier par les Boers en 1899, il s'évada.
En 1900, il entra au Parlement comme député conservateur d'Oldham.  A la suite d'une querelle de parti, il rejoignit les libéraux en 1904 et, l'année suivante, entra au gouvernement.
En 1911, on le nomma premier lord de l'Amirauté et il prépara la flotte en vue de la guerre.  Il fut l'un des piliers du débarquement aux Dardanelles et l'échec de l'opération lui causa gravement préjudice.  Il démissionna en 1916.
 
Il servit dès lors en France comme chef d'un bataillon d'infanterie.  En 1917, il revint au gouvernement et devint ministre des Munitions.
En 1924, il retourna au parti conservateur.  En 1929, à la suite de la défaite de son parti, il connut une éclipse politique qui se prolongea dix ans.
En 1939, il fut à nouveau premier lord à l'Amirauté.  Le 10 mai 1940, il devint premier ministre et chef du gouvernement d'union nationale.
Ses discours galvanisèrent les Britanniques.  Il forgea également des relations solides avec les Etats-Unis et dénonça la menace que l'URSS ferait peser sur l'Europe d'après-guerre.
Il oeuvra en faveur d'un rapprochement européen et, en 1946, inventa l'expression "rideau de fer".
 
Il dut quitter le pouvoir en 1945 mais redevint premier ministre de 1951 à 1955.  A cette occasion, il approuva la construction de la bombe H britannique.
 
 
 
Coningham, Arthur (1895-1948)
 
 
Coningham débuta sa carrière dans l'armée néo-zélandaise.
Durant l'entre-deux-guerres, il découvrit l'aviation et s'illustra dans plusieurs vols à longue distance.
En 1939, il commanda la division de bombardement n°4 de la RAF.  Deux ans plus tard, on lui confia l'aviation du désert.
En 1943, Coningham assura le commandement des forces aériennes tactiques en Afrique du Nord-Ouest.  Il dirigea aussi la 1ère force aérienne tactique anglo-américaine qui opéra sur un terrain comprenant la Tunisie et le sud de l'Italie.
En 1944-1945, il dirigea la 2è force aérienne tactique chargée d'intervenir en Europe du Nord-Ouest.
 
Coningham favorisa la coopération des forces terrestres et de l'aviation.  Ainsi, il incita ses pilotes au repos à visiter les positions avancées, afin qu'ils se rendent compte des problèmes rencontrés par ceux qu'ils devaient appuyer.  Grâce à lui, les hommes des différentes armes se comprirent mieux.
Coningham mourut en janvier 1948 lorsque l'avion de ligne Tudor IV à bord duquel il avait prit place disparu sans laisser de traces au large des Bermudes.
 
 
 
Cunningham Alan (1887-1983)
 
 
Cadet du prestigieux amiral Andrew Cunningham, Alan Cunningham fut généralement confronté à des chefs plus audacieux que lui.
Stratège très classique, Cunningham fit parler de lui en libérant l'Ethiopie.  De façon très conventionnelle, il attaqua les villes côtières de la Somalie italienne, avant de s'emparer de la région en février 1941.
Il marcha ensuite vers Addis-Abeba durant 1.600 km, sur un terrain difficile et par une chaleur atroce.  Habile, il parvint à réduire les pertes au minimum.
La libération de l'Ethiopie, achevée en mai, fut suivie par l'occupation du reste de l'Afrique orientale italienne.  La maîtrise de la corne de l'Afrique permit d'assurer la protection du trafic maritime allié dans la mer Rouge.
 
Cunningham devint ensuite, en août 1941, chef de la 8è armée britannique et dut affronter Erwin Rommel, chef de l'Afrikakorps.
L'opération CRUSADER, lancée en novembre 1941, occasionna la perte de 300 blindés britanniques.  Cunningham proposa d'arrêter l'offensive mais les combats se poursuivaient toujours lorsqu'il fut relevé de son commandement.
Il rejoignit ensuite l'Angleterre et assura la direction de l'Ecole militaire de Camberley, avant de devenir commandant en chef des forces d'Irlande du Nord (1943-1944), puis commandant en chef de la région militaire de l'Est de l'Angleterre (1944-1945).
 
 
 
Cunningham, Andrew (1883-1963)
 
Andrew Cunningham naquit en 1883 et commença sa carrière navale durant la guerre des Boers.
Durant le premier conflit mondial, il servit aux Dardanelles et à Zeebrugge.  Il fut promu capitaine en 1920.
A la fin des années 30, il devint chef adjoint de l'état-major de l'Amirauté.  En septembre 1939, il fut nommé commandant en chef de la flotte méditerranéenne. 
Durant deux ans, il parvint miraculeusement à garder le contrôle de la Méditerranée contre une flotte italienne nettement plus nombreuse.  Tarente et Matapan furent ses plus célèbres victoires navales.
En mars 1942, il fut nommé à Washington pour y diriger la délégation de l'Amirauté britannique chargée de promouvoir la coopération anglo-américaine en matière navale.
Cunningham eut à choisir un commandant naval alllié pour la force expéditionnaire devant débarquer en Afrique du Nord en novembre 1942.  C'est lui qui fut finalement choisi pour remplir cette tâche et il retrouva la Méditerranée sept mois après l'avoir quittée.
Après le débarquement allié, il fut nommé chef suprême des forces navales pour l'invasion de la Sicile et de l'Italie.
Il reçut la reddition de la flotte italienne en 1943 et succéda à l'amiral sir Dudley Pound comme premier lord de la mer accompagnant Churchill aux conférences de Québec, Yalta et Postdam.
Il prit sa retraite en 1945, après la défaite du Japon, et mourut en 1963.
Il reste considéré comme l'un des meilleurs amiraux britanniques depuis Nelson.
 
 
 
Dempsey, Miles (1896-1969)
 
 
Chef de la 2è armée britannique lors du débarquement en Europe, Dempsey était un homme aussi déterminé que simple et réservé.  Par son calme et son côté plaisant, il ressemblait à Eisenhower.
Dempsey participa donc aux opérations du jour J, précédé par une réputation flatteuse acquise en Sicile et en Italie, où il commandait le 8è corps.
En juin 1944, l'armée de Dempsey, partie intégrante du groupe d'armées de Montgomery, s'illustra en Normandie en contenant les blindés allemands dans le secteur de Caumont - Caen afin de donner aux Américains le temps de percer.
A Caen, Falaise et Mortain, Dempsey fit preuve d'énergie et ne céda jamais de terrain.
Après avoir libéré Bruxelles, ses forces devinrent l'avant-garde de l'armée alliée en route vers l'Allemagne.  En mai 1945, lors de la capitulation allemande, ses hommes avaient franchi l'Elbe.
 
A l'instar de Slim, Dempsey se souciait du sort de ses hommes.  En retour, ces derniers lui étaient entièrement dévoué.
 
 
 
Eden, Anthony (1897-1977)
 
 
Archétype du gentleman campagnard, Eden participa au premier conflit mondial.  Il fut décoré de la Military Cross en 1917 mais garda de son expérience guerrière une haine farouche pour les conflits.
Eden accéda subitement à la notoriété en 1935, devenant à la fois ministre pour la Société des Nations et ministre des Affaires étrangères.
En février 1938, âgé de 41 ans et dégoûté par la politique d'apaisement, il démissionna.
En 1940, lorsque Churchill devint premier ministre, Eden devint son ministre des Affaires étrangères.  Plein de tact, il parvint à traiter avec Staline et promit au dictateur soviétique l'ouverture d'un second front en Europe.
Durant l'entièreté du conflit, Eden resta le bras droit de Churchil et l'accompagna lors des conférences.
 
Après la guerre, le talent diplomatique d'Eden permit de régler la crise de Trieste.  Il joua également un rôle dans le dénouement du conflit en Indochine.
En 1955, alors que Churchill s'était retiré, il devint premier ministre.  Toutefois, sa santé était alors devenue déficiente.
Lors de la crise de Suez, en 1956, il prôna l'épreuve de force.  L'indignation populaire qui suivit cette prise de position le poussa à démissionner et à mettre un terme peu glorieux à une brillante carrière politique.
 
 
 
Fraser, Bruce (1888-1981)
 
 
Né en 1888, ce fils d'un général du Génie fréquenta Bradfield College, puis opta pour une carrière navale.
Il servit durant l'entièreté de la première guerre mondiale et reçut l'Ordre de l'Empire britannique en 1919.
Durant l'entre-deux-guerres, il commanda le navire amiral de la flotte de l'océan Indien et le porte-avions Glorious.
En 1939, il occupa plusieurs postes administratifs importants et devint troisième lord de la mer et inspecteur de la flotte.
En mai 1942, Fraser obtint le commandement en second de la Home Fleet.  Le 8 mai 1943, il en obtint le commandement en chef et organisa essentiellement la défense des convois arctiques.  Il joua également un grand rôle dans la destruction du Scharnhorst, coulé au cap Nord.
 
Remplacé en juin 1944, Fraser devint commandant en chef de la flotte d'Extrême-Orient, puis de celle du Pacifique (novembre 1944).
Il représenta le gouvernement britannique lors de la signature de la capitulation japonaise à bord de l'USS Missouri.
Devenu baron en 1946, Fraser regagna la Grande-Bretagne et commanda la base navale de Portsmouth.  En 1948, il devint à la fois premier lord de la mer et amiral de la flotte.
Fraser prit sa retraite en 1951.
 
 
 
George VI (1895-1952)
 
 
George VI devint roi inopinément, à la suite de l'abdication de son frére ainé, Edward, en 1936.
De santé délicate, George se montra nerveux, timide et, de plus, il bégayait et manquait de prestance.  Ses apparitions en public et les discours furent pour lui des épreuves considérables.
Toutefois, à cause de sa personnalité, il donna aussi l'image d'une personne modeste, simple et humaine.  Beaucoup de ses sujets s'identifièrent à lui.
Quand le roi visitait les quartiers londoniens dévastés, le peuple n'eut jamais l'impression de se trouver devant un personnage de haut rang descendu de son piédestal.  Lorsque le palais fut bombardé en même temps que les quartiers les plus pauvres, les 9 et 12 septembre 1940, les Londoniens estimèrent qu'il partageait avec eux une épreuve commune.
De fait, la guerre rapprocha le trône et le peuple plus étroitement que jamais auparavant.
 
 
 
Gort, John Vereker Lord (1886-1946)
 
 
Fils d'un aristocrate irlandais protestant, John Prendergast, vicomte Gort, se couvrit de gloire durant la première guerre mondiale.  Il reçut la Victoria Cross, le Distinguished Service Order et la Military Cross.
Il termina la guerre comme lieutenant-colonel et commandait un bataillon.
Durant l'entre-deux-guerres, il s'éleva dans la hiérarchie et devint l'ami de Lidell Hart.
Gort accéda au poste de chef de l'état-major impérial.  Entre 1937 et 1939, il débuta une refonte de l'armée britannique et fut à l'origine de rencontres avec les Français.
En septembre 1939, Gort prit la tête du Corps expéditionnaire britannique en France.
En mai 1940, à la suite de la percée allemande à l'Ouest, les Britanniques et les Français se trouvèrent isolés à Dunkerque.  Gort dut choisir entre la continuation du combat et l'évacuation.  Il opta pour la seconde solution et sauva l'unique armée britannique.
 
Après Dunkerque, il devint inspecteur-général des armées britanniques, gouverneur de Gibraltar (1941-1942), gouverneur de Malte (1942-1944) et gouverneur de la Palestine (1944-1945).
Il mourut en 1946.
 
 
 
Harris, Arthur (1892-1984)
 
 
Né en 1882, Harris fut pilote de chasse durant la première guerre mondiale.
En 1939, il devint général de division aérienne.
Partisan du bombardement stratégique, Harris prôna l'offensive.  Toutefois, il se rendit compte, vu ses moyens limités, que les objectifs devaient être choisis avec soin.
Les premières tentatives de bombardement de l'Allemagne n'ayant pas été concluantes (les équipages britanniques étaient inexpérimentés), un remaniement intervint dans le commandement et Harris accéda à la tête du Bomber Command en février 1942.
Rapidement, il rassembla tous les bombardiers disponibles et lança le premier raid de "1.000 bombardiers" contre Cologne, dans la nuit du 30 au 31 mai 1942.  Un tiers de la ville fut détruit.
 
Ayant obtenu les faveurs de Churchill, Harris obtint la priorité.  En conséquence, les groupes aériens opérationnels du Bomber Command passèrent, en 1943, de 32 à 50.
En août de la même année, Hambourg fut détruite.
Harris se concentra ensuite sur Berlin mais échoua piteusement du fait du renforcement de la chasse de nuit allemande.
Les bombardements se poursuivirent jusqu'à la fin de la guerre, causant des dommages considérables et coûtant la vie à de nombreux civils.
En 1946, Harris, renonça à ses fonctions.  Il demeure l'une des personnalités les plus sujettes à controverse de la guerre.
 
 
 
Horton, Max (1883-1951)
 
 
Né en 1883, Horton fréquenta le Collège naval de Dartmouth.
En 1904, il s'engagea dans l'unité anglaise de sous-marins encore embryonnaire.
Durant le premier conflit mondial, il fut le premier commandant de sous-marin à couler un navire, le croiseur allemand Hela dans l'anse d'Helgoland en 1914, et dirigea ensuite l'escadre britannique de sous-marins de la Baltique.
Horton fut promu capitaine en 1920.
En 1939, il commandait le flotte de réserve en tant que vice-amiral.  En décembre de la même année, il fut nommé vice-amiral de la flotte sous-marine.
En novembre 1942, Horton devint commandant en chef des forces navales du front Ouest.  A ce poste, il fit la guerre aux sous-marins allemands dans l'Atlantique, insistant sur l'importance des forces de soutien et de la couverture aérienne.
Entre le 20 novembre 1942 et le 31 mai 1943, 58 submersibles allemands furent détruits dans l'Atlantique Nord, signe de la défaite prochaine de la Kriegsmarine.
Horton assista à la reddition des sous-marins allemands puis se retira, en 1945.
Il mourut en 1951.
 
 
 
Leese, Oliver (1894-1978)
 
 
Né en 1894, le baronet Leese combattit durant la première guerre mondiale et y fut blessé trois fois.
En 1937, il commandait un bataillon.  Deux ans plus tard, il fut promu colonel.
En 1941, il reçut le commandement de la 15è division écossaise puis fut muté à la division blindée des Guards qu'il forma et entraîna.
En septembre 1942, il fut promu général et prit la tête du 30è corps qui poursuivit les Allemands à travers la Lybie au lendemain de la victoire d'El Alamein.
Les forces de Leese percèrent la ligne Mareth (Tunisie), envahirent la Sicile et s'illustrèrent à Messine et à Catane.
En décembre 1943, Leese remplaça Montgomery à la tête de la 8è armée.
Il perça ensuite à Cassino et captura Rimini et Ravenne.
En novembre 1944, Leese reçut le commandement en chef des forces terrestres en Asie du Sud-Est.
Ayant pris sa retraite en 1951, il se consacra au jardinage et accepta de nombreuses fonctions, dont celles de président des clubs de cricket de Marylebone, du Warwickshire et du Shropshire, de la Légion britannique et de l'Association des anciens élèves d'Eton.
Leese mourut en 1978.
 
 
 
Leigh-Mallory, Trafford (1892-1944)
 
 
Ayant fréquenté l'université de Cambridge, diplômé en droit, Leigh-Mallory combattit durant la première guerre mondiale.
En 1940, durant la bataille d'Angleterre, il commanda la division de chasse n°12 chargée de défendre les Midlands.  A ce poste, il s'opposa à la théorie tactique alors en vogue en prônant la formation de grandes escadres de chasse.
Chef de l'aviation britannique engagée dans le raid de Dieppe, en 1942, il fut, en novembre de la même année, nommé commandant en chef de la chasse britannique.
Sous son commandement, le Fighter Command fut équipé de nouveaux chasseurs et de bombarders moyens.  En juin 1943, l'organisation défensive de la chasse britannique avait été remplacée par un concept beaucoup plus offensif.
A la veille de l'invasion de l'Europe, Leigh-Mallory devint commandant en chef du corps expéditionnaire allié et commanda la 2è force aérienne tactique, la 9è armée US, l'aviation de transport et la défense aérienne de la Grande-Bretagne.
Leigh-Mallory supervisa les préparatifs aériens du jour J même si certains généraux américains, Spaatz par exemple, refusèrent toujours d'obéir à ses ordres.
 
Le 14 novembre 1944, Leigh-Mallory embarqua avec sa femme dans un avion militaire qui devait le conduire vers Ceylan, où il devait occuper le poste de commandant en chef des forces aériennes d'Asie du Sud-Est.
L'appareil disparut mystérieusement dans les Alpes au cours d'une tempête de neige.  Le mystère fut éclaircit le 4 juin 1945, lorsqu'un fermier découvrit les débris de l'appareil à une cinquantaine de kilomètres de Grenoble.  Le crash n'avait fait aucun survivant.
 
 
 
Liddell Hart, Basil (1895-1970)
 
 
Liddell Hart naquit à Paris.
Elève de Saint-Paul, puis du Corpus Christi College à Cambridge, il devint, en 1915, officier temporaire dans un régiment d'infanterie légère.
Blessé sur la Somme, il écrivit un ouvrage sur les problèmes tactiques à l'échelle de la section.
Plus tard, à la demande des autorités, Liddell Hart refondit l'entraînement de l'infanterie.
Entre 1922 et 1924, il servit comme instructeur de l'armée de terre.  Sa nature ne s'accommodant pas de la vie militaire, il quitta l'armée et vécut de sa plume.
De 1935 à 1937, il dispensa ses conseils officieux au ministre de la Guerre.
 
Au travers de livres multiples, écrits entre 1925 et 1940, il prôna la combinaison des blindés, de l'infanterie mécanisée et de l'aviation.
Il fut aussi un grand partisan de l'approche indirecte et de l'encerclement.
Les vues stratégiques de Liddell Hart inspirèrent les Allemands durant les années 30 et les Israéliens durant les années 50.
En 1945, il devint le doyen des historiens occidentaux.
Fait chevalier en 1966, il mourut quatre ans plus tard.
 
 
 
MacCreery, Richard (1898-1967)
 
 
MacCreery devint célèbre à la fin de 1942, durant la campagne de Lybie, lorsqu'il devint chef d'état-major d'Alexander.
Spécialiste de l'arme blindée, il mit ses compétences au service de ses collègues.
Après la chute de la Tunisie, MacCreery fut placé à la tête du 10è corps et prit d'assaut les plages de Salerne.
Après des mois de lente progression en Italie, il se heurta à la position de Cassino et franchit le Carigliano.  En octobre 1943, il parvint à Cesena, entre Bologne et Rimini.  Le 3 novembre, il prit le commandement de la 8è armée en remplacement de Leese, affecté en Asie.
Le 4 décembre 1943, ses forces libérèrent Ravenne.  MacCreery fit l'éloge des partisans italiens à cette occasion.
Après la chute de Vienne, en avril 1945, les Alliés décidèrent de diviser l'Autriche en quatre secteurs d'occupation.  MacCreery devint le représentant britannique et siégea aux côtés de Clark (USA), Koniev (URSS) et Béthouart (France).
MacCreery participa aux cérémonies d'ouverture du Parlement de la nouvelle république autrichienne, le 19 décembre 1945.
 
 
 
Montgomery, Bernard (1887-1976)
 
 
Fils d'un évêque, né à Londres en 1887, Montgomery sortit de l'Académie militaire royale de Sandhurst et se distingua durant le premier conflit mondial, s'élevant du grade de commandant de section à celui de chef d'état-major de division.
Montgomery excella dans l'entraînement des troupes et, en 1931, publia "L'entraînement de l'infanterie" qui devint rapidement le manuel de l'armée britannique.
Partisan de la guerre menée avec méthode, Montgomery était inflexible, spartiate et altier.  Adoptant un ton pincé, s'exprimant d'une voix haut perchée et affichant une grande raideur, il fut un adepte des souliers cirés et du garde-à-vous impeccable.  Il marqua aussi un grand intérêt pour ses soldats et renonça à risquer leurs vies si les détails d'une opération n'avaient pas été soigneusement étudiés.
Capable de créer des mouvements déconcertants pour l'ennemi, Montgomery s'illustra à El Alamein en utilisant le gros de ses forces pour percer la défense ennemie en ses points les plus faibles.
Après la victoire en Afrique du Nord, Montgomery fut l'un des dirigeants des troupes alliées qui envahirent l'Europe.
Le maréchal n'était peut être pas suffisamment brillant que pour prévoir l'inattendu; aussi essuya-t'il un sérieux revers à Arnhem, en septembre 1944.
Le 4 mai 1945, il reçut la capitulation des armées allemandes du Nord-Ouest dans la région de Hambourg.
Montgomery prit sa retraite en 1958, après 50 ans de service dans l'armée anglaise.
 
 
 
Mountbatten, Louis (1900-1979)
 
 
Fils de Louis, prince de Battenberg, qui fut premier lord à la mer durant la première guerre mondiale, lord Louis Mountbatten était l'un des arrière-petits-fils de la reine Victoria.
Au début du second conflit mondial, Mounbatten appartenait à la 5è flotille de destroyers.  Son navire, le Kelly, fut coulé au large de la Crète en 1941.
Il fut ensuite désigné pour commander le porte-avions Illustrious, flambant neuf.
Toujours en 1941, Mountbatten devint le chef des opérations aéro-navales avec le grade de vice-amiral.
En 1943, il devint commandant en chef des forces alliées dans le Sud-Est asiatique.  Dans ce cadre, il fit preuve de tact et d'imagination pour remonter le moral de ses troupes, mis à mal par les succès japonais.
Il mit au point un programme d'entraînement offensif et institua une nouvelle approche des maladies ce qui était un aspect important du combat dans la jungle.
Après la victoire, Mountbatten devint le dernier vice-roi britannique des Indes.  Par la suite, il devint premier lord de la mer, chef d'état-major naval et chef d'état-major de la défense. 
Mountbatten prit sa retraite en 1965.  Il périt en 1979 dans un attentat de l'IRA.
 
 
 
O'Connor, Richard (1889-1981)
 
 
En 1940, O'Connor était commandant de la Western Desert Force, embryon de la future 8è armée.
En décembre de la même année, avec moins de 30.000 hommes, il prit l'offensive en Lybie et mit en déroute les Italiens, capturant Sidi Barrani, Sollum, Bardia, et Tobrouk.  L'encerclement des Italiens en retraite, à Beda-Fomm, fut un modèle du genre.
A la suite de l'invasion de la Grèce, O'Connor dut se passer d'une partie de ses effectifs et mettre un terme à son offensive.
Le 7 avril 1941, alors qu'il circulait en voiture sur une route isolée, il fut pris en chasse et capturé par un groupe de motocyclistes allemands.
Les Britanniques ne récupérèrent le compétent et populaire O'Connor qu'à la fin de 1943, après la capitulation italienne.
En 1944, O'Connor prit la tête du 8è corps en Europe du Nord-Ouest.  En Normandie, il s'illustra en repoussa une contre-offensive de Rommel en manoeuvrant habilement, selon sa tactique éprouvée des coups de boutoir bien minutés.
 
 
 
Park, Keith (1892-1975)
 
 
Originaire de Nouvelle-Zélande, Park étudia à Oxford.
Chef de la 11è division de chasse, Park combattit à Dunkerque, en mai et juin 1940, avec moins de 200 chasseurs.
Durant la bataille d'Angleterre, il défendit avec acharnement Londres et le sud-est de l'Angleterre, envoyant ses chasseurs à la rencontre d'un ennemi encore éloigné de ses objectifs.  Cette tactique risquée se révéla finalement payante.
En 1942, il prit le commandement de l'aviation basée à Malte alors soumise à de puissantes attaques aériennes de l'Axe.  Park se défendit en passant à l'offensive et attaqua plusieurs objectifs en Méditerranée, ne négligeant pas les convois maritimes allemands en route vers l'Afrique du Nord.  Il lança aussi des raids de bombardement vers la Sicile, l'Italie du Sud et la Sardaigne.
En janvier 1944, Park devint commandant en chef de l'aviation au Moyen-Orient.  De cette zone, il lança des raids contre les Balkans.
En février 1945, il prit la tête de l'aviation britannique en Asie du Sud-Est.  Il organisa le soutien aérien des opérations de reconquête de Rangoon et du fleuve Sittang.
Le 12 septembre 1945, il contresigna la capitulation japonaise à Singapour.
 
 
 
Portal, Charles (1893-1971)
 
 
Combattant à la valeur reconnue durant la première guerre mondiale, Portal reçut, en 1930, le commandement des forces d'Aden, puis fut instructeur au Collège impérial de la défense et, en 1937, directeur d'organisation au ministère de l'air.
Il fut un défenseur de la première heure du bombardier et oeuvra à son utilisation massive.
Après le déclenchement du conflit, il dirigea, durant une courte période, le Bomber Command.  Promu chef d'Etat-major de l'armée de l'air, il prôna d'intenses bombardements aériens.  Portal était convaincu de pouvoir vaincre l'Allemagne en anéantissant son potentiel industriel mais sous-estima le temps nécessaire à un tel résultat.
Après le débarquement en Afrique du Nord, Portal défendit une politique d'étranglement de l'Allemagne, prônant la supériorité en Mediterranée et au-dessus des ports de la Manche. 
Estimant le débarquement en Europe impossible pour l'année 1943, il s'opposa à Churchill sur la question.
En septembre 1944, Portal participa à la conférence de Québec, où fut défini le rôle des forces britanniques dans la poursuite de la guerre contre le Japon.
Après la guerre, il occupa le poste de contrôleur à l'énergie atomique.
 
 
 
Pound, Dudley (1877-1943)
 
 
Pound décida de s'engager dans la marine dès l'âge de 14 ans.
En 1939, il était chef Suprême de la Flotte Britannique et consacra toute son énergie ainsi que sa compétence à l'accomplissement de sa tâche.  Il lui arriva régulièrement de dormir dans son bureau, sur un lit de camp, et de se lever la nuit pour s'informer sur les opérations en cours.
En 1941, Pound conçut la bataille du cap Matapan, ainsi que l'évacuation de Grèce et de Crète.  L'année suivante, il supervisa les débarquements en Afrique du Nord.  En 1943, il fit de même au sujet de la Sicile.
Pound s'acharna à défendre Malte et dirigea les opérations qui aboutirent à la destruction du Graf Spee (1939) et du Bismark (1941).  Par ailleurs, il remporta de grands succès dans sa lutte contre les sous-marins allemands.
Au milieu de 1942, Pound fut affaibli par la maladie, ce qui entraîna la désastreuse organisation du convoi PQ 17.
Atteint d'une tumeur au cerveau, il démissionna en septembre 1943 et mourut le 21 octobre de la même année.
 
 
 
Ritchie, Neil (1897-1983)
 
 
Anglais d'origine écossaise, Ritchie étudia à Sandhurst et fut promu sous-lieutenant en 1914.  Durant le premier conflit mondial, il servit en France, en Mésopotamie et en Palestine.
Plusieurs fois décoré, il devint lieutenant-colonel en 1938.  En 1941, il fut nommé général de division et placé à la tête de la 8è armée, en Egypte, afin de refouler les blindés de Rommel et de dégager Tobrouk.
Inexpérimenté en campagne, Ritchie fut lui-même pris par surprise par une offensive allemande et forcé de battre en retraite vers l'Egypte.  Il fut rapidement relevé de son commandement.
En 1943, Ritchie commanda une division.  En 1944, placé à la tête d'un corps de la 2è armée britannique, il progressa en Normandie, puis captura Honfleur, Le Havre et Dieppe.
En 1945, Ritchie progressa en Hollanden traversa le Rhin et prit Hambourg le 2 mai.
 
 
 
Slim, William (1891-1970)
 
 
Durant la première guerre mondiale, Slim combattit en France et en Turquie.  Il fut blessé à Gallipoli et en Mésopotamie.
Après la guerre, il enseigna a l'Imperial Defense College.
Après 1939, il fut affecté au Soudan, en Erythrée, en Syrie, en Perse et en Irak.
En 1943, le général Slim reçut le commandement d'une nouvelle armée, la 14è, destinée à reconquérir la Birmanie, aux mains des Japonais.
Habitué aux régions exotiques, Slim dirigea ses forces avec adresse et fermeté.  Lorsque les Japonais attaquèrent vers les Indes, il renforça les garnisons assiégées d'Imphal et de Kohima en établissant un pont aérien.
Slim passa ensuite à la contre-offensive et, réussissant à mystifier les Japonais, scinda les forces adverses en deux groupes isolés dans les secteur de Mandalay et de Rangoon.  En 1945, il contrôlait l'entièreté du territoire birman.
En 1945-1946, Slim assura le commandement en chef des armées de terre alliées au Sud-Est asiatique.  De 1948 à 1952, il fut chef d'état-major impérial.  De 1953 à 1960, il fut gouverneur général et commandant en chef en Australie.
Slim a laissé plusieurs ouvrages militaires.
 
 
 
Tedder, Arthur (1890-1967)
 
 
Tedder sortit de Cambridge en 1912.  Durant le premier conflit mondial, il combattit en France et, en 1916, entra dans l'aviation.
Détaché au ministère de l'Aviation durant l'entre-deux-guerres, il oeuvra au développement de la RAF.  De 1936 à 1938, il commanda l'aviation britannique au Proche-Orient avant de rejoindre le ministère de l'Air.  En 1940, il retourna sur le terrain et commanda, en second, l'aviation au Proche-Orient.  En 1941, il obtint le commandement en chef de la région.  Accomplissant des miracles avec des appareils périmés, Tedder obtint finalement de nouveaux Spitfire et exerça une pression constante sur l'ennemi en Afrique du Nord.  Ayant reçu des radars, il mit ses propres forces à l'abri des surprises.
En 1943, il devint commandant en chef de l'aviation alliée en Méditerranée.  On appela "Tapis Tedder" la couverture aérienne qui, en juillet 1943, brisa la résistance adverse en Italie.
Second d'Eisenhower lors de l'invasion de l'Europe, en 1944, il dut résoudre d'immenses problèmes logistiques.  Il remporta également un grand succès en attaquant les lignes de communications allemandes en France.
Le 8 mai 1945, à Berlin, Tedder signa, aux côtés de Joukov, la capitulation allemande.
En septembre 1945, Tedder devint maréchal.  En 1946, il fut nommé chef de l'état-major de l'Air.
 
 
 
Watson-Watt, Robert (1892-1973)
 
 
Professeur à l'Université de Saint Andrews de 1912 à 1921, Watson-Watt s'intéressa rapidement à la réflexion des ondes radio.  En 1919, il déposa un brevet sur l'utilisation des ondes courtes comme système de repérage.
Devenu directeur du Laboratoire nationale de physique, il dirigea, en 1935, les essais d'une méthode de détection basée sur l'émission de faisceaux d'ondes radioélectriques.
Bientôt, les Britanniques érigèrent sur leurs côtes un dispositif expérimental d'alerte basé sur les travaux de Watson-Watt.  Ce dernier fit breveter, toujours en 1935, un système de détection et télémétrie radioélectrique (Radio Detection and Ranging), communément appelé "Radar".
En 1938, lors de la crise de Munich, la Grande-Bretagne était protégée efficacement par une chaine de radars.
Watson-Watts fut considéré comme l'un des sauveurs de son pays, au lendemain de la bataille d'Angleterre.
En 1941, il se rendit aux USA afin d'aider les Américains à réaliser leur propre système.
 
 
 
Wavell, Archibald (1883-1950)
 
 
Wavell servit aux Indes et en Afrique du Sud avant la première guerre mondiale.
Durant ce dernier conflit, il fut officier d'état-major et fut gravement blessé, en 1915.  Il servit ensuite avec le général Allenby, en Palestine.
Wavell reçut plusieurs promotions durant l'entre-deux-guerres.  En 1939, il devint commandant en chef au Moyen-Orient.  Il combattit, avec des forces limitées, dans différentes régions (Ethiopie, Syrie, Irak).  On le retrouva également en Grèce et en Crète. En 1940, il supervisa les troupes d'O'Connor qui contre-attaquèrent en Afrique du Nord et humilièrent les Italiens.
Sur ordre de Churchill, Wavell stoppa son offensive en Afrique du Nord et envoya des troupes en Grèce, en 1941, afin de tenter de repousser l'invasion nazie.  Wavell essuya un désastre en Grèce et perdit la Crète.
En juillet 1941, après l'arrivée de Rommel en Afrique du Nord, il fut relevé de son commandement et envoyé comme commandant en chef aux Indes.  En janvier 1942, son commandement fut élargi à la Malaisie, à Singapour et aux Indes néerlandaises, ce qui n'empêcha pas les Japonais de s'emparer de ces régions.
Wavell se concentra ensuite sur la défense des Indes et de la Bimanie.  En 1943, il cessa d'exercer son commandement et fut nommé vice-roi des Indes, fonction qu'il occupa jusqu'en 1947. 
Wavell mourut en 1950, après avoir écrit plusieurs ouvrages militaires.
 
 
 
L'empire britannique
 
 
Crerar, Harry (1888-1965)
 
 
Né en 1888, le Canadien Harry Crerar servit dans l'artillerie sur le front français durant le premier conflit mondial.
En 1939, le gouvernement canadien l'envoya en Europe à la tête de troupes destinées à combattre individuellement et non à être incorporées aux formations britanniques.  Crerar veilla donc jalousement à conserver l'identité nationale de ses troupes. 
Entre 1939 et 1941, il veilla à motoriser l'ensemble de ses forces et à leur adjoindre un appui blindé suffisant.
Quoique préparant l'invasion de la France, ce fut lors de l'invasion de l'Italie, en 1943, que Crerar dirigea pour la première fois les forces canadiennes au combat.  Il fut ensuite rappelé en Angleterre et placé à la tête de la 1ère armée canadienne au sein du 21è groupe d'armées de Montgomery.
Sa première véritable bataille fut l'opération "Totalise", le 7 août 1944, au cours de laquelle ses blindés ne purent emporter la décision.  Une seconde attaque lui permit toutefois de participer à l'encerclement des troupes allemandes dans la poche de Falaise.
A la suite de la percée en Normandie, les forces de Crerar, placées sur le flanc gauche, reçurent la tâche délicate de s'emparer des ports de la Manche et de détruire les bases de lancement des armes V, près de Calais.
En février 1945, les Canadiens lançèrent l'opération "Veritable" qui consista à progresser de la Meuse au Rhin sous le couvert de l'artillerie britannique.  L'opération demanda une sérieuse organisation logistique.
A la suite de la traversée du Rhin, Crerar reçut la tâche de libérer la Hollande et de s'occuper du ravitaillement de la population locale.
 
Brillant organisateur, doublé d'un commandant de terrain efficace, Crerar laissa le souvenir d'un chef discret et efficace.
 
 
 
Freyberg, Bernard (1889-1963)
 
 
Né en Angleterre, Freyberg émigra avec ses parents en Nouvelle-Zélande en 1891.
En 1909, il entra dans l'armée néo-zélandaise puis servit à Anvers (1914) et à Gallipoli (1915).  Doté d'une très grande bravoure, il participa à de nombreuses actions suicidaires durant le premier conflit mondial et fut blessé à neuf reprises.  Décoré de la Victoria Cross en 1917, il devint général de brigade à 27 ans et commanda une division entre 1917 et 1918.
 
En novembre 1939, Freyberg prit la tête de la force expéditionnaire néo-zélandaise.
Freyberg fit preuve de sa tenacité légendaire en Grèce et en Crète.  Ses efforts pour défendre cette île étaient désespérés, vu la supériorité aérienne allemande, mais ils lui valurent une considération supplémentaire.
En novembre 1941, durant l'opération "Crusader", la progression des troupes néo-zélandaise vers Tobrouk mit à mal les défenses de Rommel.
Placés en position arrière lors des batailles de Gazala-Tobrouk, en mai et juin 1942, les Néo-Zélandais réussirent à briser l'encerclement de Marsa-Matrouh grâce à la pugnacité de leur général.  Puis, ils furent en pointe de l'avance de Montgomery en Tunisie, après la victoire d'El-Alamein.
 
En Italie, Freyberg fut très contesté lors de la bataille de Cassino, car il insista pour obtenir le bombardement du monastère, ce qui, au final, ralentit encore la progression alliée.
En 1945, Freyberg franchit l'Isonzo et rejoignit les partisans yougoslaves, le 1er mai.  Le lendemain, il reçut la reddition des troupes allemandes du secteur de Trieste.
Après la guerre, Freyberg exerça les fonctions de gouverneur de Nouvelle-Zélande, entre 1946 et 1952.
 
 
 
La France
 
 
Béthouart, Antoine (1889-1982)
 
 
Né en 1889, Marie Emile Antoine Béthouart servit comme conseiler technique de l'infanterie finlandaise en 1919-1920.
En 1938, il obtint le commandement d'une demi-brigade de chasseurs alpins.
En 1940, le généralissime Gamelin l'envoya comme conseiller en Finlande, alors attaquée par les Soviétiques.  Toutefois, après l'invasion nazie de la Norvège, le corps expéditionnaire français fut détourné vers cette nation.
Béthouart dirigea le premier débarquement de la guerre et prit Narvik, port norvégien d'importance.
Ayant reçu l'ordre de rentrer en France, il y parvint au moment de la chute de Paris et gagna dès lors l'Angleterre.
Ayant rencontré de Gaulle, il rejoignit pourtant le Maroc, sous le contrôle du gouvernement de Vichy, et devint commandant de la garnison de Casablanca.
 
Saisissant l'occasion de reprendre le combat aux côtés des Alliés, lors du débarquement en Afrique du Nord, il donna l'ordre à ses troupes de ne pas tirer sur les Américains.  Des accrochages survinrent toutefois et Béthouart fut arrêté, accusé de trahison et de rébellion, mais finalement libéré.
Envoyé aux Etats-Unis, Béthouart fut chargé de négocier le réarmement de l'armée française, en 1943.
En avril 1944, de Gaulle nomma Béthouart chef de la Défense nationale.
En juillet 1944, Béthouart débarqua en Provence, puis conduisit ses troupes jusqu'en Autriche.
De 1945 à 1950, il fut haut-commissaire de la France en Autriche.
 
 
 
Blum, Léon (1872-1950)
 
 
Figure emblématique du socialisme français des années 30, Léon Blum devint premier secrétaire du Parti socialiste, puis chef du Front populaire, alliance des partis de gauche.
De l'été 1936 à celui de 1937, il fut premier ministre et réforma la banque ainsi que les conditions de travail.  Les milieux de droite s'opposèrent violemment à lui, déclarant souvent préférer Hitler à Blum, le "Juif français".
 
Lors du déclenchement de la guerre civile espagnole, Blum pensa aider le Front populaire espagnol mais, peu après, il dut céder la place à un gouvernement plus modéré.
En septembre 1940, les Allemands exigèrent du gouvernement de Vichy l'arrestation des anciens dirigeants susceptibles de nuire à l'établissement de l'ordre nouveau.  Blum fut arrêté peu après.
En février 1942, il comparut devant la cour de Riom, instituée pour juger les "fauteurs de guerre".  Le procès dérapa rapidement et Hitler ordonna son ajournement, le 2 avril 1942.
Blum fut transféré en Allemagne et détenu jusqu'en mai 1945.
 
 
 
Catroux, Georges (1877-1969)
 
 
Georges Catroux fut nommé gouverneur général en Indochine en août 1939.
Après la défaite de la France, il décida de rallier de Gaulle à Londres et fut désigné comme responsable du Levant.  A l'époque, les services de renseignements britanniques estimèrent probable un ralliement de la Syrie et du Liban à la France libre.
Catroux s'envola vers Le Caire en septembre 1940 mais dut annuler sa mission, le complot ayant été éventé.
Vichy condamna Catroux à mort pour "manoeuvres contre l'unité nationale".
En mai 1941, le gouvernement de Pétain autorisa la Luftwaffe à utiliser les aérodromes de Beyrouth, Damas et Alep.  Churchill décida, en réaction, d'une rapide conquête de la Syrie.  Catroux lança un appel aux forces de Vichy, enjoignant celles-ci à ne pas tirer sur les troupes alliées, mais son appel ne fut pas entendu.
Les possessions orientales de Vichy furent toutefois rapidement conquises et Catroux organisa le Liban et la Syrie jusqu'en 1943.
En mai 1943, il devint membre du Comité français de la libération nationale, premier gouvernement français en exil, formé à Alger sous la double présidence de Giraud et de Gaulle.
Catroux devint ensuite gouverneur général d'Algérie jusqu'en 1944.
Il mourut en 1969.
 
 
 
Daladier, Edouard (1884-1970)
 
 
Né en 1884, ce professeur d'histoire entra en politique après la première guerre mondiale, se faisant élire député socialiste du Vaucluse.
Après 1924, il reçut plusieurs portefeuilles ministériels.
Entre 1933 et 1940, il fut appelé trois fois à la tête du gouvernement.
En septembre 1938, Daladier participa, avec Chamberlain, Hitler et Mussolini, à la conférence de Munich qui aboutit à la cession par la Tchécoslovaquie du territoire des Sudètes à l'Allemagne.
Persuadé d'être hué à son retour en France, Daladier fut accueilli en héros, le peuple voulant la paix à n'importe quel prix.
 
Après l'invasion de la Pologne par les Nazis, la France et la Grande-Bretagne déclarèrent la guerre au Reich.  Daladier resta chef du gouvernement jusqu'au 21 mars 1940.
Après la guerre, il fut arrêté par le régime de Vichy, jugé au procès de Riom et déporté en Allemagne.
Après la guerre, il fut réélu et ne renonça à la vie politique qu'en 1958.
 
 
 
Gamelin, Maurice (1872-1958)
 
 
Chef de cabinet de Joffre en 1914, Gamelin se montra un brillant stratège et participa à la bataille de la Marne.
Chef d'état-major général en 1931, inspecteur général de l'armée en 1935, Gamelin fut nommé généralissime lors de la déclaration de guerre à l'Allemagne.  On lui confia le commandement de l'ensemble des forces anglo-françaises sur le front français.
 
Considéré comme le plus intellectuel des généraux européens de l'époque, admiré en Allemagne même, Gamelin commit toutefois plusieurs erreurs lors de la période de la Drôle de guerre...
Ainsi, il refusa d'endivisionner ses blindés, jugeant impossible de leur fournir un appui aérien.  Les Allemands ne s'embarassèrent pas de telles considérations et l'avenir leur donna raison.
Par ailleurs, il refusa de passer à l'attaque contre l'Allemagne alors que l'essentiel des forces nazies étaient engagées en Pologne.  Lors du procès de Nuremberg, les dirigeants allemands reconnurent qu'une telle attaque eut été catastrophique pour le Reich, dont la frontière occidentale était peu défendue.
 
Toutefois, il faut reconnaître que la France se croyait à l'abri derrière la ligne Maginot et que son gouvernement était pacifiste.  Gamelin ne fut donc pas l'unique responsable de l'inaction française à une période cruciale.
 
Sur le point d'être mis à la retraite, Gamelin fut cloué à son poste par l'offensive du 10 mai 1940
Le 19 mai, il fut relevé de son commandement et remplacé par Weygand qui, n'ayant qu'une connaissance partielle de la situation, annula tous les ordres donnés par son prédécesseur.  Hors, Gamelin venait justement d'ordonner une contre-attaque contre le flanc des panzers en progression vers la Manche.  Deux jours plus tard, Weygand ordonna la reprise de cette contre-attaque mais, à cette date, il était trop tard car l'infanterie allemande était alors entrée en force dans les brèches crées par les Panzers...
Jusqu'à sa mort, Gamelin soutint que si sa contre-attaque avait été menée à bien, la France eut été sauvée...
 
Arrêté en septembre 1940, Gamelin comparut devant le cour de Riom et fut emprisonné avant d'être transféré en Allemagne, en 1943.  Il fut libéré par les Alliés en 1945.
 
 
 
de Gaulle, Charles (1890-1970)
 
 
Sorti de l'Ecole militaire de Saint-Cyr en 1912, de Gaulle opta pour l'infanterie. 
Durant la première guerre mondiale, il fut blessé à plusieurs reprises et fait prisonnier en 1916.  Après plusieurs tentatives d'évasion, il fut enfermé dans la forteresse d'Ingolstadt.
Dans l'entre-deux-guerres, il réfléchit à une réforme de l'armée et préconisa le large usage des blindés.
Colonel en 1937, général à titre temporaire en mai 1940, de Gaulle gagna l'Angleterre après avoir appris la demande de capitulation française et lança un appel à la résistance, sur les ondes de la BBC, le 18 juin.
Grâce à l'appui de Churchill, il organisa les Forces françaises libres et créa un Comité national français, qui deviendra le Comité français de la Libération nationale en 1943 puis le Gouvernement provisoire de la République française un an plus tard.
Il rallia progressivement les territoires de l'Empire.
 
Selon certains contemporains, de Gaulle se persuada avoir été choisi par Dieu pour participer à la résurrection de la France.
Si ses interventions radiophoniques eurent un immense impact sur la France occupée, il parut aux Anglais comme un hôte hautain.  Il indigna plus d'une fois Churchill et Roosevelt par ses avis anti-américains et anti-britanniques ainsi que par son insistance à être reconnu comme le chef officiel de la France.
Sur l'insistance de Roosevelt, de Gaulle ne fut pas choisi comme chef des Forces françaises en Afrique du Nord et resta dans l'ombre lors de l'opération "Torch".
Roosevelt ressentit une antipathie immédiate pour de Gaulle et le taxa de démagogie, remarquant un jour "Cet homme se prend pour Jeanne d'Arc".
Toutefois, pour le citoyen américain ou anglais, sans parler du Français occupé, de Gaulle fut une personnalité respectée et admirée.
 
Président du Gouvernement provisoire, de Gaulle démissionna le 20 janvier 1946.
Dans son discours de Bayeux, le 16 juin 1946, il exposa les bases de la Constitution de la future Ve République.
Dès1947, son parti, le Rassemblement du Peuple français (RPF), remporta de grands succès aux élections municipales.
L'impuissance de la IVe République face à la question algérienne conduisit l'opinion publique à souhaiter le retour du Général.  Après la crise du 13 mai 1958 à Alger, le Président de la République, René Coty, décida de faire appel à de Gaulle qui devint, le 1er juin, le dernier président du Conseil de la IVe République.  Il fit dès lors élaborer une nouvelle Constitution qui fut adoptée par référendum le 28 septembre 1958.
De Gaulle fut élu, le 21 décembre suivant, Président de la République française.
Les accords d'Evian, signés le 22 mars 1962, acceptés par référendum en France et en Algérie, accordèrent l'indépendance à cette dernière.
Poursuivant la politique nucléaire de la IVe République et refusant la tutelle des Etats-Unis, de Gaulle retira la France du système intégré de l'OTAN en 1966.
Cherchant à construire l'Europe, il se rapprocha de l'Allemagne fédérale mais refusa l'entrée de la Grande-Bretagne, trop liée aux Etats-Unis, dans la Communauté économique européenne.
En juillet 1967, son "Vive le Québec libre !" accentua l'opposition entre de Gaulle et les USA
En 1965, l'élection au suffrage universel fut mise en pratique pour la première fois et de Gaulle fut élu au second tour face à François Mitterrand, avec 54,8% des voix.
En 1968, la contestation des étudiants s'allia au mécontentement des ouvriers et ébranla la position du général. Le 27 avril 1969 son projet de réforme du Sénat fut  rejeté par 52,4% des Français.  De Gaulle démissionna le lendemain et se retira à Colombey-les-Deux-Eglises, s'abstenant désormais de toute prise de position publique.  Il mourut peu après, le 9 novembre 1970.
 
 
 
Giraud, Henri (1879-1949)
 
 
Sorti de Saint-Cyr en 1900, Giraud servit au Maroc français jusqu'à la première guerre mondiale.
En 1939, cet officier colérique fut nommé chef de la 7è armée française déployée à hauteur de la frontière belge.
Le 10 mai 1940, il reçut l'ardue mission qui consistait à pénétrer en Belgique et à opérer une jonction avec les Hollandais.  L'armée de Giraud parvint sur ses positions en 48 heures, malgré la supériorité aérienne allemande.
Lors de la retraite qui suivit, Giraud fut capturé.  Agé de plus de 60 ans, il fit plusieurs tentatives d'évasion et parvint finalement à ses fins en 1942.
Lors de l'opération "Torch", Giraud gagna l'Afrique du Nord et succéda à l'amiral Darlan comme haut délégué français dans la région.  Giraud oeuvra à la réconciliation des différentes factions et, en février 1943, fut nommé commandant en chef civil et militaire de l'Afrique du Nord française.
Il participa à la conférence de Casablanca aux côtés de Roosevelt, Churchill et de Gaulle.
En mai 1943, Giraud unit ses forces d'Afrique du Nord à celles de la France libre dirigées par de Gaulle.
Ensuite, il occupa la coprésidence du comité de libération nationale.
Giraud se retira en avril 1944 et mourut cinq ans plus tard.
 
 
 
Juin, Alphonse (1888-1967)
 
 
Engagé en 1909 dans un régiment de zouaves algériens, Juin intégra l'Ecole militaire de Saint-Cyr l'année suivante et sortit premier de promotion en 1911.
Le premier conflit mondial le vit faire preuve de bravoure et il fut nommé capitaine en 1916.
 
En 1921, il occupa plusieurs postes au Maroc et prit part à la guerre du Rif.  Promu lieutenant-colonel, Juin devint professeur à l'Ecole supérieure de guerre.
Général de brigade lors du déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se vit confier une division motorisée qui combattit avec bravoure lors de la retraite de mai 1940.  Encerclé dans Lille, Juin capitula après l'épuisement de ses munitions et fut fait prisonnier.
Libéré par l'occupant en juin 1941, à la demande de Pétain,  Juin fut nommé commandant en chef des forces françaises en Afrique du Nord.
S'étant rallié aux Alliés après le débarquement en Afrique du Nord, il devint responsable des forces françaises en Tunisie. 
A l'été 1943, il fut nommé chef du corps expéditionnaire français en Italie et remporta la bataille du Carigliano.
En août 1944, Juin devint chef de l'état-major de la Défense nationale et occupa cette fonction jusqu'en 1947.
Nomme commandant en chef des forces terrestres de l'Otan, secteur Centre-Europe, il devint maréchal en 1952.
 
 
 
Koenig, Pierre (1898-1970)
 
 
Faisant partie du Corps expéditionnaire français en Norvège lors de la Drôle de Guerre, Koenig regagna la France le 16 juin 1940, peu avant la capitulation.
Grâce à un bateau de pêche, il rallia l'Angleterre et se plaça sous l'autorité du général de Gaulle.
Koenig fut envoyé en Afrique et pesa lourd dans le ralliement du Gabon à la cause de la France libre.
Commandant militaire du Cameroun, Koenig devint ensuite chef d'état-major du général commandant la 1ère division française libre.
Nommé général de brigade en 1941, Koenig s'illustra à la tête d'une brigade française libre lors de la bataille de Bir-Hakeim, en mai-juin 1942.  Encerclé dans le désert, il parvint à briser les lignes de Rommel et à sauver ses troupes.
 
Promu général de division, Koenig oeuvra à l'union des Forces françaises libres avec celles de l'Afrique du Nord.
Délégué au gouvernement provisoire de la République en 1944, Koenig devint aussi général de corps d'armée en juin de la même année.  Après la libération de Paris, il fut nommé gouverneur militaire de la ville et occupa ce poste jusqu'à la fin des hostilités.
 
 
 
de Lattre, Jean-Marie (1889-1952)
 
 
Sorti de Saint-Cyr en 1911, de Lattre fut blessé quatre fois lors du premier conflit mondial.
Général en 1939, il obtint du régime de Vichy le commandement de la région militaire de Montpellier.
Ayant tenté de résister à l'invasion de la zone libre, en 1942, il fut arrêté mais parvint à s'évader et à rejoindre l'Algérie.
 
En 1944, il fut placé à la tête de la 1ère armée française libre et captura l'île d'Elbe.
Le 15 août de la même année, il débarqua en Provence avec les Alliés et participa à la capture de Toulon et de Marseille.
Libérant la vallée du Rhône, ses forces, aux côtés des Américains, gagnèrent l'Alsace, franchirent le Rhin et pénétrèrent dans le sud de l'Allemagne, capturant, entre autres, la ville d'Ulm.
De Lattre pénétra en Autriche et finit par atteindre le Danube dans les derniers jours de la guerre en Europe.
 
Lors de la guerre d'Indochine, il remporta plusieurs succès contre le Viet-Minh mais, affecté par la mort au combat de son fils, et atteint d'un cancer à la hanche, il succomba des suites d'une opérations, en 1952.
Il fut élevé à la distinction de maréchal à titre posthume.
 
 
 
Leclerc, Philippe (1902-1947)
 
 
Capitaine lors du déclenchement de la seconde guerre mondiale, Philippe de Hauteclocque fut victime de la débâcle de 1940.  Se déplaçant sur une bicyclette, il fut arrêté par les Allemands mais libéré car ayant prétendu avoir été réformé.
Ayant rejoint un groupement cuirassé, il fut blessé par une explosion et quitta l'hôpital à l'arrivée des Allemands.
Ayant appris l'exil anglais du général de Gaulle, il rejoignit Londres via Lisbonne, et prit le nom de Leclerc pour ne pas nuire à sa famille restée en France.
Envoyé au Cameroun par de Gaulle en août 1940, il s'autoproclama commissaire-général et s'octroya le grade de colonel afin de mieux asseoir son autorité.
En octobre, de Gaulle le chargea de s'emparer du Gabon ce qui fut rapidement exécuté.
En mars 1941, après un raid de 1700 km, Leclerc s'empara de l'oasis lybienne de Koufra, remportant la première victoire française sur les forces de l'Axe depuis l'armistice.
 
Après avoir obtenu le commandement de la 2è division blindée française, Leclerc participa aux libérations de Paris et de Strasbourg.
Leclerc traversa ensuite la Bavière et captura le nid d'aigle de Hitler, à Berchtesgaden, en mai 1945.
Victime d'un accident d'avion dans le sud-ouest algérien en 1947, Leclerc obtint la dignité de maréchal à titre posthume.
 
 
 
Reynaud, Paul (1878-1966)
 
 
Député des Basses-Alpes en 1919, puis de Paris en 1928, Reynaud succéda à Daladier en mars 1940.
Opposé à l'accord de Munich, partisan de l'offensive et adepte des idées modernes concernant l'utilisation des blindés, Reynaud présidait le Conseil des ministres à la veille de l'invasion allemande de la France.
Sans appui parlementaire, obligé de composer avec les factions pacifistes, il fut contraint de réintégrer Daladier dans son gouvernement et de lui confier la Défense nationale.
Le 9 mai 1940, victime de dissenssions internes, le gouvernement français présenta sa démission.  Toutefois, l'attaque allemande du 10 mai figea les responsables à leur poste.
 
Reynaud ne parvint pas à empêcher la débâcle.  Favorable à un réduit breton, puis à un repli vers l'Afrique du Nord, il fut désavoué et céda le pouvoir à Pétain le 16 juin 1940.
Les Allemands le jetèrent ensuite en prison pour la durée de l'occupation.
 
 
 
La Belgique
 
 
Léopold III
 
 
Face à la menace hitlérienne, en 1936, le Gouvernement belge décida la neutralité du pays. 
Durant les années 1930, le roi Léopold soutint la politique de stricte neutralité de la Belgique, ce qui interdit toute coopération préalable entre états-majors français et belge.
Commandant en chef de l'armée belge, Léopold III proclama de son seul chef la capitulation de l'armée le 28 mai 1940, après la bataille de la Lys, mais alors que ses troupes n'étaient pas encore vaincues ni le rembarquement allié à Dunkerque achevé.  Cette décision fut prise contre l'avis du gouvernement belge et rejetée par les deux tiers du Parlement, retiré en France.  La première motivation du roi fut le désir d'éviter une dislocation complète de l'armée belge menant à une déroute ignominieuse. Une autre raison fut, selon Leopold, le manque d'appui des alliés.  Enfin, une troisième raison, fut constituée par les nombreuses défections d'unités flamandes.
Léopold se constitua prisonnier de guerre.  Cette décision provoqua l'accusation de trahison par le président du Conseil français, Paul Reynaud, qui dénonça la capitulation belge.   Par contraste, la reine Wilhelmine des Pays-Bas gagna Londres après l'invasion de son pays, de même que la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg.  Wilhelmine garda les Pays-Bas dans le camp allié au travers de l'empire colonial hollandais.
 
Les autorités belges en exil déclarèrent le Roi « dans l'impossibilité de régner ».
En novembre 1940, Léopold rendit une visite aimable à Adolf Hitler pour discuter du sort de la population civile, mais sans obtenir de résultats.  Il s'abstint dès lors de tout acte politique et refusa d'administrer la Belgique sous occupation allemande.
Léopold III fut très populaire au début de l'Occupation, la population en désarroi lui étant reconnaissante d'être resté au milieu d'elle sur le sol national.  L'Eglise lui apporta son soutien.
En réalité, la présence de Léopold III n'apporta aucune amélioration au sort des Belges.  Au contraire du roi Christian X de Danemark ou du cardinal belge Van Roey, le Roi  Léopold ne protesta pas contre les exactions de l'Occupant nazi, à savoir les exécutions d'otages, l'envoi en Allemagne de centaines de milliers de travailleurs forcés, ainsi que la discrimination et la déportation des Juifs.
Le Roi n'eut aucun signe de solidarité pour le gouvernement belge en exil et, en 1940, demanda au corps diplomatique belge à travers le monde de se montrer partout courtois avec les diplomates allemands.
Il se remaria secrètement en septembre 1941 avec une jeune roturière Lilian Baels qui, renonçant au titre de reine, fut élevée au rang de princesse.  Ce mariage était doublement contraire aux lois belges...  Le roi s'était marié religieusement avant de se marier civilement.  Par ailleurs, un mariage royal en Belgique doit être approuvé par le gouvernement pour des raisons d'intérêts nationaux.  Garant de la loi belge, le roi l'avait enfreinte pour son propre compte et vit sa légitimité entamée.
Annoncé le 7 décembre 1941, ce mariage lui aliéna le support d'une majeure partie de la population belge qui considéra ce geste déplacé, puisqu'il prouvait que le roi n'était pas prisonnier comme il le prétendait (les prisonniers de guerre, eux, restaient depuis 1940 séparés de leurs familles).  Des sentiments pro-nazis que l'on prêtait à la princesse de Réthy parurent accrédités auprès de la population lorsque celle-ci apprit que Hitler avait envoyé des fleurs et un mot de félicitations lors du mariage.
En juin 1944, à la suite du débarquement en Normandie, Himmler ordonna que le Roi et sa famille soient emmenés en Allemagne.  Le roi et sa famille furent libérés par l'armée américaine en mai 1945.
 
Le gouvernement, ainsi qu'une partie de la population belge, étant opposés au retour de Léopold sur le trône, le prince Charles, son frère, assuma la régence.
En 1944, Léopold fit connaître son "Testament politique" par lequel il réclama des excuses publiques de la part des ministres l'ayant "diffamé" en 1940.  Il engagea les Alliés à reconsidérer les traités conclus par le gouvernement en exil, passa sous silence le rôle de la Résistance et  parla de la présence alliée en Belgique libérée comme d'une "occupation".
 
Le Roi ne put rentrer en Belgique dès la fin de la guerre, des troubles menaçant d'éclater s'il revenait de suite.  Il s'établit donc en Suisse.
En 1946, une commission d'enquête exonéra le roi Leopold de toute accusation de trahison.  Une consultation populaire eut lieu en 1950 et autorisa à 57 % le roi à rentrer en Belgique.  Hélas, le scrutin révéla un pays coupé en deux. En majorité, les Wallons et certains noyaux industriels ou urbains flamands votèrent contre son retour, mais celui-ci fut nettement approuvé par les campagnes wallones et surtout par une forte majorité des Flamands.
À peine le souverain rentré, le 22 juillet 1950, des troubles éclatèrent  dans les provinces wallonnes et la grève générale paralysa une bonne partie du pays.  On compta plusieurs dizaines de sabotages à l'explosif en Wallonie et quatre morts, abattus par la gendarmerie au cours d'une manifestation à Grâce-Berleur, en périphérie liégeoise.  Le 31 juillet, le Roi Léopold III accepta de confier le royaume à son fils aîné le prince Baudouin, afin de préserver l'unité du pays, puis il abdiqua en 1951.
Nombreux furent ceux qui estimèrent que Léopold III influença le règne de son fils jusqu'au mariage de ce dernier.  En 1959, le gouvernement belge se rangea à cette opinion et lui demanda de cesser de vivre sous le même toit que son fils et de quitter le palais de Laeken. L'ancien monarque se retira alors au château d'Argenteuil.
 
 
 
Piron, Jean-Baptiste (1896-1974)
 
 
Piron intégra l'Ecole militaire belge en 1913.  Lors de la première guerre mondiale, il combattit à la bataille de l'Yser et fut promu lieutenant en mars 1916.  A la fin de la guerre, il fut nommé capitaine à l'âge de 22 ans. 
Au début de la guerre, en septembre 1939, il intègra l'état-major du 5e corps d'armée.  En mai 1940, l'armée belge fut vaincue, capitulant le 28 mai.  Piron fut capturé mais s'échappa.  En avril 1941, il quitta la Belgique et après un long périple via Marseille, l'Espagne et Gibraltar, il débarqua en Écosse le 6 janvier 1942.
À cette date, une unité belge était constituée en Angleterre mais n'était pas opérationnelle.  En avril 1942, Piron fut nommé officier supérieur en charge de la formation du 1er bataillon de fusilliers, d'une batterie d'artillerie et d'un escadron blindé.  Il créa alors son propre petit état-major.  
En décembre 1942, suite à un entretien avec le Premier ministre belge en exil, il prit le commandement du 1er groupement belge.  En avril 1943, il fut nommé lieutenant-colonel, puis quelques jours avant l'envoi de ses troupes en Normandie, colonel. 
Fin juillet et début août 1944, sa brigade débarqua en Normandie mais fut laissée en réserve.  Alors que les principaux combats en Normandie touchaient à leur fin, la brigade Piron libéra Cabourg et Trouville-sur-Mer, franchit la Seine et s'apprêta à combattre pour la libération du Havre lorsqu'elle fut retirée du front.  Début septembre, elle fut envoyée vers la Belgique, suivant d'une journée les troupes britanniques pour la libération de Bruxelles.  La population belge fut tellement surprise d'être libérée par des compatriotes que beucoup prirent les hommes de la brigade Piron pour des Canadiens francophones.
La brigade participa donc à la libération de la Belgique, à la bataille des Ardennes et aux durs combats en Hollande fin 1944 - début 1945.
 
En septembre 1945, Piron fut nommé aide de camp du Prince Régent et prit le commandement de la 2e division d'infanterie belge.  Promu Général-Major en décembre 1945, il prit, en décembre 1946, le commandement des troupes belges d'occupation en Allemagne.  Un an plus tard, en décembre 1947, il fut nommé Lieutenant-Général.  En janvier 1951, il devient chef de l'état-major de la Force terrestre belge, puis chef d'état major des armées belges, de même qu'aide de camp du roi Baudouin.  Il prit sa retraite en juillet 1957 après plus de 45 ans de service marqués par 2 guerres.
Il mourut le 4 septembre 1974, à 78 ans, le jour anniversaire de son entrée dans Bruxelles libéré.
 
 
 
L'Union soviétique
 
 
Boudienny, Simion (1883-1973)
 
 
Né dans un milieu paysan, Boudienny s'engagea dans l'armée tsariste en 1903 et accéda au grade d'adjudant de cavalerie durant la première guerre mondiale.
Durant la Révolution, il devint commandant de la 1ere armée de cavalerie, la meilleure formation de l'Armée rouge.  A ce poste, il fréquenta Staline et d'autres dirigeants soviétiques, ce qui assura sa carrière future, malgré ses capacités limitées.
 
Durant l'entre-deux-guerres, Boudienny occupa la fonction d'inspecteur de la cavalerie, montrant peu d'enthousiasme pour la nouvelle arme blindée.
Nommé maréchal de l'Union soviétique en 1935, il échappa aux purges des années suivantes du fait de son amitié avec Staline.
Lors de l'invasion allemande de 1941, Boudienny obtint le commandement du groupe d'armées Sud-Ouest.  A ce poste, lors de la bataille de Kiev, en septembre 1941, il fit preuve d'une grande maladresse, concentrant ses troupes au sud de la ville et affaiblissant le reste de son front.  A la consternation de Boudienny, les blindés allemands percèrent le front peu défendu et encerclèrent un demi-million de Soviétiques dans la poche de Kiev.
Destitué, Boudienny échappa à l'exécution sommaire grâce à ses relations.  Toutefois, on ne lui accorda plus de commandement au front.  De 1943 à 1953, il occupa le poste de commandant en chef de la cavalerie.
Un des officiers de Boudienny dit un jour du maréchal qu'il avait une très grande moustache et un tout petit cerveau.  Depuis lors, ce jugement a été largement partagé...
 
 
 
Chapochnikov, Boris (1882-1945)
 
 
Né dans l'Oural en 1882, Chapochnikov s'engagea dans l'armée russe en 1901 et devint officier d'état-major en 1910.
Durant le premier conflit mondial, il occupa diverses fonctions d'état-major.  En 1918, il fut l'un des officiers supérieurs tsaristes à opter pour l'Armée rouge.  A ce titre, il joua un grand rôle dans la création des services de renseignement soviétiques.
En 1928, il devint chef du grand état-major.  En 1931, il publia un ouvrage en trois volumes, Le cerveau de l'Armée.  De 1932 à 1937, il dirigea l'Académie militaire de Frounze et Staline assista à plusieurs de ses conférences.
En 1937, Chapochnikov tenta de redonner confiance à l'Armée rouge, affaiblie par les purges.
En 1939, il supervisa l'invasion de la Pologne orientale puis, en 1940, celle de la Finlande.
Durant la guerre russo-allemande, fait maréchal, il fit partie de la Stavka mais, pour raison de santé, il dut partir à la retraite en 1942.  Il garda des fonctions de conseiller militaire et mourut en mars 1945.  Il fut enterré dans l'enceinte du Kremlin.
Chapochnikov a laissé le souvenir d'un organisateur de grand talent.
 
 
 
Ieremenko, Andreï (1892-1970)
 
 
Né dans un village d'Ukraine en 1892, Ieremenko s'engagea dans l'armée russe en 1913.  Lors de la Révolution, il dirigea un groupe de partisans qui intégrèrent ensuite l'Armée rouge.
Gravissant tous les échelons, Ieremenko obtint le commandement d'une armée en Extrême-Orient et occupait ce poste lors de l'invasion allemande.
Rappelé à l'Ouest, il reçut le commandement d'un groupe d'armées qui fut malmené par les panzers de Guderian.  Blessé durant l'automne 1941, Ieremenko le fut à nouveau, en janvier 1942.
Durant l'automne 1942, il fut envoyé à Stalingrad et assuma le commandement de toutes les forces soviétiques du secteur.  Ieremenko, qui visitait régulièrement le front, mit au point le mouvement d'encerclement de Stalingrad, dans le cadre de la contre-attaque soviétique.  Dirigeant personnellement la 57è armée, il suivit les opérations depuis la première ligne.
Après Stalingrad, Ieremenko dirigea la prise de Rostov et la libération de la Crimée, puis de la côte balte.
Dans les derniers mois de la guerre, à la tête d'un groupe d'armées ukrainien, il pénétra en Tchécoslovaquie.
 
Après la guerre, Ieremenko dirigea plusieurs régions militaires.  En 1958, il devint inspecteur général de la Défense.  Il mourut en 1970 et fut enterré au Kremlin.
Ieremenko laissa le souvenir d'un chef doué et énergique, toutjours proche de la première ligne.
 
 
 
Joukov, Gheorghi (1896-1974)
 
 
Né dans une famille paysanne très pauvre, Joukov intégra l'armée tsariste et combattit durant la première guerre mondiale.
Après la Révolution, il décida de rester dans l'Armée rouge et fut rapidement promu au grade de général.
Très interessé par l'évolution de l'arme blindée, Joukov s'illustra, en 1939, en infligeant une défaite totale aux Japonais à Khalkin-Gol.
 
Ayant la confiance de Staline, Joukov fut envoyé en divers points de front, en 1941, afin de ralentir l'avance allemande.  En août, il livra bataille à Smolensk, puis, en septembre, à Leningrad.  En octobre 1941, Joukov dirigeait le groupe d'armées Ouest.
En décembre 1941, il organisa la défense de Moscou puis passa à la contre-offensive.
 
En août 1942, Joukov devint le bras droit de Staline.  Il joua un rôle important dans la bataille de Stalingrad, puis de Koursk.
En juin 1944, Joukov libéra la Biélorussie et refoula les Allemands en Pologne et en Prusse-orientale.  Durant l'hiver 1944, il mit au point l'offensive contre Berlin et, l'année suivante, prit la ville.
 
Couvert d'honneurs, Joukov publia, après la guerre, des mémoires.
 
 
 
Khrouchtchev, Nikita (1894-1971)
 
 
Commissaire politique durant la guerre civile russe, Khrouchtchev devint l'un des plus sûrs alliés de Staline durant les années trente.
En 1939, il représenta le Politburo en Ukraine, disposant de larges pouvoirs.
En 1939 toujours, dans le sillage des armées d'invasion soviétiques, il veilla à la "soviétisation" des Polonais.
Après juin 1941, il devint l'adjoint politique du maréchal Boudienny, puis de Timochenko.  Il contresigna les ordres des chefs militaires jusqu'à la fin de 1942, entretenant de bonnes relations avec les militaires, contrairement aux autres commissaires politiques.
Khrouchtchev resta souvent en première ligne, partageant les dangers de la troupe.
A Stalingrad, il conseilla Ieremenko et chaque homme revendiqua la paternité de la contre-attaque russe.
En 1943, Khrouchtchev se trouva aux côtés de Vatoutine, à Koursk.  Par la suite, il assista à la libération de Kiev.
 
La paix revenue, il poursuivit ses fonctions politiques qui finirent par le conduire à la tête de l'U.R.S.S.  Ayant favorisé la promotion de ses anciens camarades militaires après son arrivée au pouvoir, il fut sauvé par ceux-ci, en 1957, un complot ayant été monté pour l'écarter du pouvoir.
 
 
 
Koniev, Ivan (1897-1973)
 
 
Né en 1897 près d'Arkhangelsk, Koniev intégra l'armée tsariste à 15 ans.
Ayant rejoint l'Armée rouge en 1918, il obtint un avancement régulier mais nullement spectaculaire.
Ayant survécu aux purges des années trente, Koniev ne reçut un commandement important qu'en 1942.  Il intégra le groupe d'armées Sud, dans le secteur de Stalingrad.
En 1943, Koniev fut promu au grade de général d'armée mais resta, dans l'ensemble, un inconnu.
En 1944, il obtint le commandement du deuxieme front ukrainien.  Collaborant avec le premier front de Joukov, il s'illustra lors de l'encerclement de Korsun.
Lorsque les Soviétiques déferlèrent sur la Pologne, Koniev prit Lvov, le 27 juillet 1944, et franchit la Vistule au sud de Varsovie.
En janvier 1945, les forces de Koniev furent en tête de la progression en Allemagne.  Koniev atteignit la ligne Oder-Neisse à la mi-février.  A la mi-avril, reprenant l'offensive, il fit sa jonction avec les Américains, sur l'Elbe.  Vainqueur associé à Joukov pour la prise de Berlin, Koniev connut la célébrité internationale.
De 1946 à 1955, il occupa le poste de commandant en chef des forces terrestres soviétiques.  Par la suite, il devint commandant suprême des forces du pacte de Varsovie.
Koniev mourut en 1973.
 
 
 
Malinovski, Rodion (1898-1967)
 
 
Engagé dans l'armée tsartiste en 1913, à l'âge de 15 ans, blessé sur le front est, Malinowski devint instructeur d'armes automatiques dans l'Armée rouge, en 1919.
Membre du parti communiste en 1926, il fut diplômé de l'Académie militaire de Frounze, en 1930.
Il participa brièvement à la Guerre civile espagnole.
 
Après l'invasion allemande de 1941, il prit le commandement d'un régiment d'infanterie.
En octobre 1941, il participa à l'élaboration d'une ligne de défense destinée à protéger le Caucase et la Crimée.
En juillet 1942, Malinovski reçut le commandement de la 2è armée des gardes, à la bataille de Rostov.  Ensuite, il obtint la direction de la 66è armée, à Stalingrad.
En 1943, à Koursk, il devint chef des opérations du secteur nord-ouest.  On le retrouva ensuite à la tête du 3è front d'Ukraine et il s'empara d'Odessa, en avril 1944.
Envahissant la Hongrie en 1944, il assiégea Budapest qui capitula en février 1945.
 
Après la victoire en Europe, les Russes déclarèrent la guerre au Japon.
Placé à la tête du front de Mandchourie, Malinovski captura Port-Arthur.
En 1955, il reçut le commandement en chef des forces terrestres soviétiques.
 
 
 
Molotov, Viatcheslav (1890-1986)
 
 
Viatcheslav Skriabine fit des études supérieures et prit le nom de Molotov (Marteau) lorsqu'il opta pour le camp bolchévique lors de la Révolution.
Collaborateur de Lénine, membre du Politburo, il gravit rapidement les échelons du parti communiste pour, finalement, en assurer la présidence, entre 1930 et 1941.
En avril 1939, Molotov devint secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères.  A ce titre, il mena des négociations avec l'Allemagne et le Japon.  En 1940, il se montra très ferme face à Hitler, ce qui déconcerta bon nombre de dirigeants nazis.
 
Estimant les intentions de Hitler agressives, il signa un pacte de non-agression avec le Japon.
Lors de l'attaque allemande de 1941, Molotov fut le premier à s'adresser à la population.
Il parvint à s'entendre avec les dirigeants britanniques et américains et, en 1942, il fit le voyage jusqu'à Londres afin de convaincre Churchil d'ouvrir un second front en Europe.  Il fit ensuite le même voyage vers les Etats-Unis, afin de rencontrer Roosevelt et lui tenir le même discours.
Négociateur coriace, Molotov se montra souvent inébranlable et ne s'inquiéta nullement des critiques du monde capitaliste.
Molotov joua un rôle important lors des sommets de Téhéran, Yalta et Postdam.
A la conférence de San Francisco, en avril 1945, il stupéfia les Occidentaux en affirmant qu'à l'avenir, il y aurait "deux mondes différents - un monde socialiste et un monde capitaliste".
 
Bras droit de Staline, Molotov fut victime, dans les années 50, de la déstalinisation.  Affecté à des postes mineurs, il finit par être exclu du parti communiste, en 1964.
Il fut réintégré peu avant sa mort, en 1984, mais le geste n'eut qu'une portée symbolique.
 
 
 
Rokossovski, Konstantine (1896-1968)
 
 
Né d'un père polonais, Rokossovski s'engagea dans l'armée tsariste et combattit durant la première guerre mondiale.
Visé par les purges de Staline durant les années trente, il fut arrêté en 1938, mais relâché.
Colonel en 1941, Rokossovski s'illustra dans la défense de Moscou en décembre de la même année.
A Stalingrad, il écrasa les Italiens et les Roumains, puis pesa lourd dans l'encerclement de la 6è armée allemande.
En 1943, à Koursk, commandant le front central, il défendit avec acharnement ses positions.
En 1944, ses troupes progressèrent en Pologne mais s'arrêtèrent aux abords de Varsovie, permettant ainsi aux Allemands de mater l'insurrection polonaise.  Rokossovski prétendit s'être trouvé dans l'impossibilité d'agir du fait d'approvisionnements insuffisants mais, en réalité, il semble avoir stoppé sciemment afin de permettre la liquidation des éléments nationalistes polonais.
A la fin de 1944, ses forces progressèrent en Pologne du nord et, le 26 janvier 1945, isolèrent des effectifs allemands aux abords du golfe de Dantzig.
 
Après la guerre, Rokossovski commanda les troupes russes en Pologne, où le souvenir de son attitude face à Varsovie lui valut une aversion générale.
 
 
 
Staline, Joseph (1879-1953)
 
 
Né d'une blanchisseuse géorgienne, Joseph Vissarionovitch Djougatchvili prit, à l'âge adulte, le nom de Staline (homme de fer).
Lénine, pionnier de la Révolution russe, remarqua le zèle de Staline, alors que celui-ci était directeur de la Pravda, en 1912.
Staline se distingua lors de la défense de Tsaritsyne (Stalingrad) en 1917, durant la guerre civile, ainsi que comme secrétaire du parti communiste après 1922.
Ayant remarqué le despotisme inné de Staline, Lénine recommanda qu'on le démette de ses fonctions, mais il n'en fut rien.
En 1929, après la mort de Lénine, Staline élimina tous ses adversaires politiques et devint maître de la Russie.
Ecrasant inpitoyablement ses adversaires, il envoya des milliers d'opposants dans des camps de travail.  Trotski, le plus grand ennemi de Staline, fut poursuivi onze années durant, avant d'être assassiné à Mexico, en 1940.
 
Staline maintint son peuple asservi, écrasant le mécontentement populaire, et déplaça des millions de Russes dans des fermes collectives.
En usant de moyens extrêmes, il transforma l'U.R.S.S. en puissance industrielle majeure.
Churchill le considéra comme un homme d'Etat doué, pourvu d'une grande intelligence.  Roosevelt le jugea également un dirigeant perspicace.
La cruauté et la terreur constituèrent toutefois son épitaphe.
 
 
Tcherniakhovski, Ivan (1906-1945)
 
 
 
Né en Ukraine en 1906, Tcherniakhovski intégra la grande Ecole militaire d'artillerie puis rejoignit l'Armée rouge.
Capitaine de blindés en juin 1941, il fut rapidement promu durant la réorganisation qui suivit la débacle de l'été 1941.
Général de division au début de 1943, il dirigea le 60è armée du front de Voronej et participa à l'offensve contre Stalingrad.  Consécutivement à cette victoire, ses forces prirent Koursk, en février 1943.
 
Tenant Koursk lors de l'offensive allemande de juillet 1943, Tcherniakhoski garda admirablement ses positions.
Prenant part aux offensives russes de l'hiver 43, il vit ses troupes décimées dans le secteur de Kiev.
Réorganisée, son armée attaqua en Ukraine, en décembre 1943, et approcha de Lvov, en avril 1944.
Il reçut alors le commandement du 3è front de Bielorussie et, en juin 1944, joua un grand rôle dans la destruction du groupe d'armées Centre allemand.  Progressant vers la Prusse orientale, il prit la ville de Vilnius.
 
Le 23 octobre 1944, Tcherniakhovski franchit la frontière allemande et envahit la Prusse orientale.
Le général mourut le 18 février 1945, atteint alors qu'il dirigeait la prise de Königsberg.
 
 
 
Tchouïkov, Vassili (1900-1982)
 
 
Né en 1900 dans une famille paysanne de la région de Moscou, Tchouïkov s'engagea dans l'Armée rouge en 1918.
Durant la guerre civile, il fut promu colonel.  En 1925, il fréquenta l'Académie militaire de Frounze, puis occupa diverses fonctions d'état-major.
En 1939, il participa à l'occupation de la Pologne orientale, puis à la guerre contre la Finlande.
Peu avant l'invasion allemande, il fut envoyé en Chine, auprès des forces nationalistes de Chang Kai-chek.  Tchouïkov ne porta donc aucune responsabilité dans les désastres de l'été 1941 qui mirent un terme à bon nombre de carrières.
En mars 1942, de retour en URSS, il reçut le commandement d'une armée de réserve qui intervint dans les batailles du Don.
Lorsque les Allemands pénétrèrent dans Stalingrad, Tchouïlov fut nommé à la tête de la 62è armée, chargée de tenir la ville à l'ouest de la Volga.  A ce poste, il défendit la ville avec acharnement, jusqu'à ce que l'Armée rouge puisse contre-attaquer et prendre au piège les Allemands.
 
Les forces de Tchouïkov devinrent le fer de lance des Soviétiques et jouèrent un rôle crucial dans le franchissement du Dniepr, en octobre 1943, puis dans la prise d'Odessa, en avril 1944.
Tchouïkov participa à l'offensive vers Berlin et reçut la délégation allemande  venue annoncer la mort de Hitler et la capitulation de Berlin.
 
Tchouïkov fit preuve de qualités tactiques exceptionnelles, ce qui était rare dans le camp soviétique.  En matière de combats de rues, il innova en ayant recours à de petites unités équipées d'armes légères.
Après la guerre, il commanda les troupes soviétiques en Allemagne, de 1949 à 1953.  Ensuite, il commanda les forces terrestres en Russie.  En 1955, il fut nommé maréchal.
 
 
 
Timochenko, Semion (1895-1970)
 
 
Né en 1895 dans une famille paysanne de la région d'Odessa, Timochenko fut enrôlé dans l'armée tsariste en 1915.
En 1917, il frappa un officier et, évitant l'arrestation, rejoignit les Bolcheviks.
Dès 1918, il participa à la guerre civile en qualité d'officier de cavalerie.  Il acquit une réputation d'expert de la guerilla et se lia d'amitié avec Staline, ce qui lui permit d'échapper aux purges des années 30 et lui assura une promotion rapide.
En 1939-1940, durant la guerre russo-finlandaise, Timochenko conduisit l'offensive victorieuse contre la ligne Mannerheim.  A cette fin, il avait fait construire une réplique des fortifications finlandaises et entraîna son infanterie aux diverses manoeuvres, avant de l'envoyer à l'assaut sous la protection de l'artillerie.
 
Maréchal en 1940, il améliora grandement l'organisation et l'entraînement de l'Armée rouge.
En août 1941, il combattit à Smolensk, parvenant à retarder l'avancée allemande vers Moscou, ce qui se révèlera décisif.
Réussissant là où les autres échouaient, Timochenko défendit Leningrad durant plusieurs mois, puis succéda à Boudienny en Ukraine.  Il battit les Allemands sur le Donetz et reprit Rostov et Tangarog.
En mai 1942, il dirigea l'offensive contre Kharkov, déclenchée contre son avis, mais celle-ci échoua.
Lorsque les Allemands déclenchèrent l'offensive en direction de Stalingrad, il perdit son commandement au profit de Joukov.  Timochenko retrouva le secteur de Leningrad mais ne retrouva plus la confiance de Staline.
 
Après la guerre, il commanda la région militaire de Biélorussie, de 1949 à 1960, mais fut exclu de toute participation à la modernisation de l'Armée rouge.
Il mourut en mars 1970 et fut enterré au Kremlin.
 
 
 
Tolboukine, Fedor (1894-1949)
 
 
Né dans une famille paysanne de la région de Moscou, Tolboukhine reçut pourtant une bonne éducation.
Il s'engagea dans l'armée au début de la première guerre mondiale et devint officier, dès 1915.
Après la Révolution, il choisit l'Armée rouge. 
En 1934, il fréquenta l'Académie militaire de Frounze et devint général de division.
 
Durant la bataille de Stalingrad, il dirigea la 57è armée, chargée de la contre-attaque dans sa partie nord.
Placé à la tête du groupe d'armées Sud, qui combattait dans l'estuaire du Donetz, il enleva les défenses allemandes de Taganrog.
Tolboukhine joua un grand rôle dans la libération de la Russie.  Placé à la tête du 3è front ukrainien, il libéra la Crimée et une partie de l'Ukraine.  En août 1944, ses troupes atteignirent la frontière roumaine.
Avec le 2è front ukrainien de Malinovski, les forces de Tolboukhine encerclèrent 200.000 Allemands dans les villes de Jassy et Kishinev.  Un tel succès valut à Tolboukhine la dignité de maréchal.
 
Après l'occupation de la Roumanie, ses troupes entrèrent en Bulgarie et en Yougoslavie, puis combattirent en Hongrie et en Autriche.
Après la guerre,  il exerça divers commandements en Hongrie et en Russie.  Décédé en 1949, il fut enterré au Kremlin.
Chef d'exception, Tolboukhine donna à l'URSS une position dominante dans les Balkans.
 
 
 
Vassilevski, Aleksandr (1905-1977)
 
 
En 1940, le jeune général Vassilevski signa, aux côtés de Molotov, le traité qui mit fin à la guerre russo-finlandaise.
Sachant brillamment analyser une situation militaire, il devint conseiller de Staline.
Avec Joukov, il prépara la contre-offensive de Stalingrad et prépara les défenses de Koursk, contre lesquelles les assauts allemands échouèrent en juillet 1943.
Deux semaines après le jour J, les Russes lançèrent leur offensive d'été et Vassilevski assuma la direction du 1er front de la Baltique et du 3è front ukrainien.
En février 1945, il succéda au défunt Tcherniakhovski et conduisit les Soviétiques à la victoire en Prusse orientale.
 
En août 1945, il se vit confier la direction de trois groupes d'armées russes afin d'envahir la Mandchourie, sous contrôle japonais.
A ce poste, il conquit rapidement la région, forçant les Nippons à la reddition, le 22 du même mois.
 
 
 
Vatoutine, Nikolaï (1901-1944)
 
 
Entré dans l'armée en 1920 et au parti communiste un an plus tard, Vatoutine intégra l'infanterie en 1922.
En 1937, il fut diplômé de l'Ecole supérieure de guerre et échappa aux purges staliniennes.
Lorsque la guerre germano-soviétique éclata, en 1941, Vatoutine fut continuellement sur le front et défendit Leningrad durant l'hiver 1941-1942.
En juillet 1942, il prit la direction du front Sud-Ouest et fut responsable des troupes qui lançèrent l'offensive au nord de Stalingrad.
Il joua un rôle essentiel à Koursk, en 1943, en repoussant les assauts de Manstein sur le flanc sud.
En octobre 1943, il devint commandant du 1er front ukrainien.  Maniant avec brio les blindés, il encercla 12 divisions allemandes à Korsun, en janvier 1944.
Le 29 février 1944, alors qu'il se rendait au quartier général de l'une de ses armées, il tomba dans une embuscade tendue par des nationalistes ukrainiens.  Il mourut à Kiev, le 17 avril, des suites de ses blessures.
 
Général des plus éminents, Vatoutine eut probablement occupé une fonction à la tête de l'Armée rouge au retour de la paix, s'il avait survécu...
 
 
 
Vorochilov, Kliment (1881-1969)
 
 
Né en 1881, Vorochilov fut, durant les années 20, un proche compagnon de Staline. 
Logiquement épargné par les purges, il devint maréchal en 1935.
En 1939, il eut pour tâche de discuter avec la délégation anglo-française des mesures à prendre contre les ambitions nazies en Pologne.  La rencontre s'étant soldée par un échec, la Russie signa un pacte de non agression avec l'Allemagne quelques jours plus tard.
Quinze jours après l'invasion allemande de 1941, Staline instaura un comité de la Défense de l'Etat comprenant cinq membres, dont Vorochilov.  Cet organisme devait s'occuper de la conduite de la guerre, de l'organisation des armées et de la mise sur pied de l'économie de guerre.
 
Peu après, Vorochilov prit la tête du secteur nord mais ne put empêcher l'avance allemande vers Leningrad.  Le 11 septembre 1941, il fut remplacé par Joukov.
Vorochilov fut nommé officier d'instruction, puis prit la tête des armées russes en Extrême-Orient, en décembre 1941.
Il assista à la conférence de Téhéran, en novembre 1943, puis disparut de la scène.
Il réapparut brièvement, à la fin de 1944, en acceptant les propositions d'armistice de la Hongrie.
 
 
 
La Pologne
 
 
Anders, Wladyslaw (1892-1970)
 
 
Lors de l'invasion nazie de la Pologne, en 1939, Anders commandait une brigade de cavalerie.
Il fut capturé par les Russes et libéré deux ans plus tard, après l'invasion allemande de l'U.R.S.S., à la suite d'un accord entre les Soviétiques et le gouvernement polonais en exil à Londres
Anders put dès lors recruter six divisions et parvint à convaincre les Soviétiques de le laisser mener la guerre à l'Ouest.
Il amena donc son corps polonais en Palestine où il fut entraîné.  Ensuite, les Polonais furent envoyés en Italie, en soutien de la 8è armée britannique.
 
A la mort de Sikorski, en juillet 1943, Anders devint le Polonais le plus représentatif.
En 1944, ses 112.000 soldats s'illustrèrent lors de la prise du mont Cassin.  Dans les mois qui suivirent, les Polonais servirent dans les régions voisines de l'Adriatique.
 
Le 26 février 1945, Anders fut nommé commandant en chef des forces polonaises mais, bientôt, son corps d'armée fut dissous.
Très anticommuniste, Anders décida de ne pas rejoindre la Pologne soviétisée.
 
 
 
Komorowski, Tadeuz (1895-1966)
 
 
Durant l'été 1944, l'armée intérieure polonaise, force de résistance, obéissait au général Komorowski.
Persuadé que les forces soviétiques, alors proches de Varsovie, ne manqueraient pas de soutenir un soulèvement polonais, Komorowski prit contact avec son gouvernement en exil à Londres.  Ce dernier le laissa libre de choisir une date pour le soulèvement.
Les Soviétiques approchant, Komorowski choisit la date du 1er août 1944.
 
Au moment prévu, 50.000 Polonais attaquèrent les Allemands dans la ville.  Trois jours durant, les Polonais gardèrent l'initiative mais, par la suite, les Allemands envoyèrent des renforts à la garnison locale, ainsi que de nombreux blindés.
Repoussés dans une zone sans cesse plus réduite, les Polonais insurgés furent anéantis.
Komorowski reçut un appui limité de l'aviation alliée mais les Soviétiques restèrent devant Varsovie, l'arme au pied.  Bientôt, ils empêchèrent même les avions britanniques et américains de survoler la ville...
L'armée intérieure lutta jusqu'au 3 octobre. 
Anticommuniste, Komorowski, qui avait réalisé trop tard que les Soviétiques souhaitaient la destruction de la seule force capable de s'opposer à l'instauration du communisme en Pologne, prit le chemin de l'exil.
 
 
 
Sikorski, Wladyslav (1881-1943)
 
 
Né en Galicie autrichienne en 1881, Sikorski servit dans l'armée autrichienne avant de devenir, après 1908, l'un des chefs du mouvement nationaliste polonais.
Lors de la première guerre mondiale, il commanda un régiment dans la légion polonaise de Pilsudski, engagée aux côtés des Russes.
En 1920, il se battit contre les Soviétiques.  Chef d'état-major en 1921, il fut ministre de la Guerre entre 1924 et 1925, puis devint commandant de la région militaire de Lvov.
Hostile à la prise du pouvoir par Pilsudski, il fut limogé en 1928 et s'exila en France.
 
En septembre 1939, il proposa ses services à la Pologne envahie mais ceux-ci furent refusés.  Il resta alors en France et organisa les régiments polonais qui gagnèrent ce pays après la chute de la Pologne.
Après la défaite de la France, en 1940, ces Polonais passèrent en Angleterre.
Sikorsky devint premier ministre du gouvernement polonais en exil et commandant en chef des unités de Polonais libres.
Après l'invasion de l'U.R.S.S., il se rapprocha des Soviétiques et parvint à obtenir l'annulation du pacte germano-soviétique ayant amené le partage de la Pologne.  Toutefois, lorsqu'il demanda la libération des prisonniers polonais en Russie, il essuya un refus.
Sikorsky, mourut dans un accident d'avion, à Gibraltar, en juillet 1943, au retour d'une tournée d'inspection au Moyen-Orient.
 
 
 
La Chine
 
 
Chang, Kaï-chek (1887-1975)
 
 
Après la chute du dernier empereur mandchou, en 1912, Chang apparut comme un jeune officier avide de réformes.
En 1926, il prit la tête de l'armée et du gouvernement chinois et engagea son pays sur la voie du capitalisme.
Rapidement, il se heurta aux communistes de Mao et, dès 1927, il ordonna le massacre de ses opposants.
 
En 1931, après l'invasion japonaise, nationalistes et communistes s'allièrent contre l'ennemi commun.
Pour les Alliés, Chang apparut comme un symbole de la résistance à l'Axe et, bientôt, il devint l'égal de Roosevelt, Churchill et Staline.
Dans les faits pourtant, malgré le soutien matériel des Alliés, les forces de Chang ne pesèrent jamais lourd face aux Japonais.  Chang passa l'essentiel de la guerre dans les montagnes de l'ouest de la Chine, perdant progressivement le soutien populaire au profit de Mao qui menait une guerre de guérilla contre les envahisseurs.
Chang ne regagna jamais l'influence perdue...  Sans surprise, les communistes s'imposèrent en Chine en 1949 tandis que Chang et les nationalistes se réfugièrent à Formose.
 
 
 
Mao, Tsé-toung (1893-1976)
 
 
Mao naquit dans une famille paysanne du Hou-nan à une époque marquée par l'émergence des seigneurs de la guerre, une grande corruption, la décadence du système impérial et une importante immixion des puissances occidentales dans les affaires chinoises.
 
En 1921, Mao participa à la fondation du parti communiste chinois.
Bientôt, un conflit ouvert s'engagea entre les partisans de Mao, partisans d'un changement révolutionnaire, et les nationalistes du Kuo-min-tang, dirigés par Chang Kaï-chek et partisans d'une démocratie industrialisée de type capitaliste.
 
Dès 1927, Chang tenta d'exterminer les communistes mais ces derniers lui échappèrent continuellement, parcourant 9.600 kilomètres pour rejoindre le nord-est du pays, au cours de la Longue Marche (1934-1935).
Dès 1937, l'invasion japonaise repoussa l'armée de Chang dans les montagnes de Szu-Ch'uan alors que les communistes restèrent maîtres de leurs mouvements.
Mao en profita pour mener une guerilla et accroitre son importance auprès des paysans, gagnant de nombreux partisans à sa cause.
Après la défaite japonaise, la politique dynamique des communistes porta ses fruits et Chang ne parvint pas à reprendre l'influence perdue.  Bientôt, la victoire communiste ne fit plus de doute...
Le 1er octobre 1949, deux mois avant la fuite des nationalistes à Formose, Mao proclama la République populaire de Chine.
Dans les années qui suivirent, la Chine communiste connut un grand essort économique et social mais au prix de l'élimination massive des opposants.
 
 
 
La Tchécoslovaquie
 
 
Benes, Edvard (1884-1948)
 
 
Avocat de formation, Benes devint ministre des Affaires étrangères en 1918, puis president de la Tchécoslovaquie en 1935.  A ce poste, il plaida longuement la paix et la bonne entente entre les nations.
Dès 1924, il s'était illustré comme l'un des auteurs du protocole de Genève, qui rendait obligatoire l'arbitrage entre les membres de la Société des Nations.  De même, il noua des relations avec la Russie soviétique, chose rare à l'époque.
 
La politique de Benes lui attira plusieurs ennemis, dont la Pologne et l'Allemagne nazie.
En Allemagne, la propagande décrivit Benes comme un communiste, oppresseur de la minorité allemande en Tchécoslovaquie.
En 1938, les accords de Munich amputèrent la Tchécoslovaquie d'une partie de son territoire.  Abandonné par les alliés, Benes assista, impuissant, à la mise en pièce de sa nation.
Le 5 octobre 1938, il donna sa démission et se réfugia aux Etats-Unis.
 
Durant la guerre, il fut président du gouvernement provisoire tchécoslovaque en exil à Londres.
En 1943, il signa une alliance avec l'URSS, persuadé que les Soviétiques rétabliraient son gouvernement en Tchécoslovaquie, une fois la guerre terminée...
Hélàs, en 1948, ses aspirations démocratiques se heurtèrent à la volonté soviétique d'instaurer dans le pays un régime communiste.  Contraint d'accepter le pouvoir imposé par Moscou, Benes démissionna le 7 juin 1948.  Il mourut trois mois plus tard.
 
Benes fut un leader magnanime et digne mais manqua de clairvoyance, tant à l'égard des Nazis que des commuistes.  Face à la menace totalitaire, ses qualités ne purent jamais empêcher le désastre...
 
 
 
La Norvège
 
 
Haakon VII (1872-1957)
 
 
Né en 1872, le prince Charles de Danemark fut pressenti pour devenir le premier souverain de la Norvège indépendante, séparée de la Suède en 1905.
Avant d'accepter la couronne, il insista pour obtenir un plébiscite du peuple norvégien.  Le résultat fut très favorable au prince qui, le 18 novembre 1905, fut élu roi par l'assemblée législative norvégienne.  Il choisit le nom de Haakon pour son origine viking.
 
Après l'invasion allemande de la Norvège, en avril 1940, il transféra son gouvernement à Londres et refusa de reconnaître le gouvernement collaborateur de Quisling.  En agissant de la sorte, il montra aux Norvégiens l'exemple à suivre et devint un modèle.
Haakon VII fit partie du trio de rois qui subirent la défaite avec une grande dignité et servirent d'exemple au peuple.  Les autres souverains furent la reine Wilhelmine des Pays-Bas et le roi Christian de Danemark.
 
A son retour en Norvège, en 1945, il fut accueilli en héros.  Lorsque la famille royale norvégienne devint imposable, les Norvégiens décidèrent d'exonérer Haakon VII à vie...
 
 
 
L'Ethiopie
 
 
Hailé Sélassié (1891-1975)
 
 
Né en 1891, Tafari Makonnen était le fils du prince conseiller de l'empereur Ménelik II.
En 1916, il devint régent d'Ethiopie et héritier du trône.  S'illustrant par une politique progressiste, il fit entrer l'Ethiopie au sein de la Société des Nations, en 1923.
Tafari devint empereur en 1930 et adopta le nom de Hailé Sélassié (puissance de la trinité).
Ses volontés de réforme furent réduites à néant par l'invasion italienne de 1935.  En dépit de vaines protestations auprès de la SDN, Hailé Sélassié dut s'exiler en Grande-Bretagne, devenant l'une des premières victimes de l'agression fasciste.
 
En 1940, il se rendit au Soudan et participa à la préparation de la campagne britannique qui mit fin à la présence italienne en Ethiopie, en 1941.
Revenu au pouvoir, Hailé Sélassié devint un personnage d'envergure mondiale, symbole vivant de la résistance victorieuse au totalitarisme.
 
Au cours des décennies suivantes, l'empereur devint de plus en plus contesté en Ethiopie.  Déposé en 1974, il mourut en prison l'année suivante, probablement assassiné.
 
 
 
La Grèce
 
 
Papagos, Alexandros (1883-1955)
 
 
Vétéran des guerres balkaniques de 1912-1913, Papagos devint général de division en 1927.  En 1935, il devint commandant en chef des forces armées grecques.
A ce poste, il affronta l'invasion italienne du 28 octobre 1940.  Sous la direction de Papagos, les Grecs continrent la poussée italienne, puis repoussèrent l'envahisseur en Albanie.
 
Le 6 avril 1941, les Allemands envahirent la Grèce afin de soutenir les Italiens.  Opposées à des forces mieux équipées, les forces grecques furent défaites et Papagos fut relevé de son commandement.  Ses successeurs firent des propositions de paix aux Allemands; ces derniers considérèrent Papagos comme un otage et l'enfermèrent au camp de concentration de Dachau où il resta jusqu'en avril 1945, date de la libération du camp par les Américains.
 
Après la guerre, nommé maréchal, Papagos redevint commandant en chef des forces armées grecques.
En 1951, il quitta l'armée et forma le parti politique Ellinikos Synagermos (Ralliement grec), avant de remporter les élections de 1952.
Durant les trois dernières années de sa vie, Papagos donna à la Grèce son premier gouvernement stable depuis la fin de la guerre.
 
 
 
Les Pays-Bas
 
 
Wilhelmine (1880-1962)
 
 
Wilhelmine succéda très jeune à son père, le roi Guillaume III, mais sa mère, la reine Emma, assura la régence jusqu'en 1898.
Reine populaire, Wilhelmine parvint à garder son pays en dehors du premier conflit mondial.
Lorsque les Pays-Bas furent envahis par les Nazis, en 1940, le gouvernement néerlandais décida de soustraire la famille royale aux envahisseurs.  Plus en fonction des circonstances que du fait d'un plan délibéré, la famille royale et le gouvernement se réfugièrent en Grande-Bretagne.
 
A l'instar de la Norvège, les Pays-Bas restèrent en guerre avec l'Allemagne.  La population resta fidèle à la reine et au gouvernement en exil.
Durant l'occupation, Wilhelmine diffusa de fréquents appels à son peuple, l'incitant à résister à l'envahisseur.
Elle se rendit également aux Etats-Unis, après l'attaque japonaise, afin d'obtenir des moyens qui auraient permis la défense des Indes néerlandaises.  En février 1942, toutefois, les Japonais s'emparèrent de ces colonies.
 
L'attitude de Wilhelmine durant la guerre lui valut l'admiration de son peuple.  A la libération, elle fut accueillie avec enthousiasme.
En 1948, estimant avoir régné assez longtemps, elle abdiqua en faveur de sa fille Juliana.
Wilhelmine mourut en 1962.