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La guerre de
siège
Au XVIIème siècle, les opérations militaires
firent la part belle aux sièges.
Contrairement aux batailles rangées, coûteuses et incertaines,
les sièges constituaient des opérations limitées, réalisables en une seule
saison. De fait, un siège durait rarement plus de trois mois, la place
ayant généralement été prise, ou secourue, dans ce délai. Souvent aussi,
la garnison cédait la place mais évitait la capitivité; elle sortait avec les
honneurs pour aller rejoindre son armée principale.
Il est aussi important de souligner que l'assiégé obligeait
l'assaillant à engager des forces très supérieures en nombre (parfois de l'ordre
de 10 contre 1), ce qui pouvait avoir de lourdes conséquences sur d'autres
fronts, surtout dans le cas d'une guerre de coalition.
Ainsi, lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (résultat de
l'opposition entre les Bourbons et les Habsbourgs pour le contrôle de l'Espagne)
qui opposa de 1688 à 1697, d'une part la France, le Danemark et l'Empire
ottoman, et d'autre part l'Angleterre, l'empereur d'Allemagne,
l’Espagne, les Provinces-Unies, la Savoie et la Suède, les sièges furent plus
nombreux que les batailles rangées.
Dès 1690, la France de Louis XIV prit progressivement l'avantage
dans les Pays-Bas espagnols (actuelle Belgique) malgré l'engagement de renforts
importants de la part des Espagnols et des Anglais.
Après la chute de Mons et de Charleroi, Namur, place forte
située au confluent de la Sambre et de la Meuse, devint l'objectif majeur des
Français.
Guillaume d'Orange, responsable de la défense des Pays-Bas
espagnols, renforça les défenses déjà existantes de la citadelle en faisant
édifier par l'ingénieur Coehorn le fort d'Orange, à l'extrémité ouest de la
place forte.
D'apparence redoutable et pourvue d'une forte garnison, la place
était toutefois affaiblie par un commandement disparate. Ainsi, le prince
de Barbençon, commandant de la place de Namur, n'avait pas autorité sur une
partie des troupes se trouvant dans l'enceinte de la ville.
Importante en apparence, la garnison manquait également de
cohésion. Les 8.500 défenseurs comptaient ainsi dans leurs rangs des
Hollandais, des Brandebourgeois, des Holsteiniens, des Espagnols, des
Wallons...
Ce fut justement vers cette place mal préparée que Louis XIV
marcha dès le 23 mai 1692.
La prise de la
ville
Le 24 mai, les Français apparurent devant
Namur et entreprirent de l'encercler par le Nord.
Ce mouvement s'avéra de fait inutile car le gros des forces de
Guillaume d'Orange était beaucoup plus loin au nord. Orange savait la
flotte française dans la Manche, prête à lancer un éventuel débarquement.
Cette menace fut balayée à la suite de la défaite navale française de La Hougue,
le 29 mai 1692, mais, pour Orange, il était dès lors trop tard que pour pouvoir
espérer secourir Namur.
Profitant du cours de la Meuse, les Français purent déplacer
aisément troupes et pièces d'artillerie.
Le 26 mai, Namur se retrouva totalement cernée par des Français
qui s'installèrent entre deux lignes de tranchées : la contrevallation qui
faisait face à la place assiégée, et la circonvallation qui était destinée à
retenir une éventuelle armée de secours (Ce dispositif fut employé très
efficacement par Jules César à Alésia).
Vauban choisit la porte Saint-Nicolas comme lieu
d'attaque. Ce secteur, qui bordait la Meuse et se trouvait éloigné des
canons du fort d'Orange, constituait un des points faibles de la place.
Les Français installèrent une puissante artillerie sur les
hauteurs voisines et entreprirent des travaux d'approche en creusant des
tranchées en zigzag à partir de leurs propres bastions. Rapidement, les
ouvrages avancés de la place forte furent capturés.
Le 4 juin 1692, l'artillerie française ouvrit le feu contre le
secteur nord-est de la ville.
L'infanterie de Louis XIV s'empara du fossé, forçant la garnison
à abandonner la muraille médiévale, partiellement effondrée.
Le 5 juin au matin, afin d'éviter des destructions inutiles, la
ville capitula. Une trêve fut accordée à la garnison afin qu'elle puisse
rejoindre la citadelle.
A l'assaut de la
citadelle
Louis XIV ordonna de poursuivre l'offensive
contre le fort d'Orange, à partir du confluent de la Sambre et de la
Meuse.
Un premier assaut, mal préparé, fut aisément repoussé mais les
Français s'approchèrent irrésistiblement du fort le 8 juin.
Entre le 10 et le 12 juin, les canons français tirèrent sans
interruption contre la place.
Le 13 juin, à 11 heures, les assaillants s'emparèrent des
ouvrages avancés et approchèrent leur artillerie de l'ouvrage principal, y
créant de larges brèches. Bientôt, le fort d'Orange fut encerclé et isolé
du reste de la citadelle.
Au soir du 21, l'assaut général fut déclenché mais rapidement
les défenseurs décidèrent de se rendre. Le fort d'Orange tomba ainsi sans
que ses positions les plus puissantes n'aient été véritablement défendues.
La garnison quitta la place le 23 et prit la route de la
Flandre.
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