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La bataille de
Bibracte
Eté 58 av.
J.-C.
Les migrations
helvètes
Répartis entre le lac de Constance, le Rhône, le Jura, le Rhin
et les Alpes rhétiques, les Helvètes prirent, en 58 av. J.-C., la décision de
migrer en masse vers les régions occidentales de la Gaule.
Menés par Divico et accompagnés de quelques tribus voisines (les
Rauraques, Tulinges et Latobices), les Helvètes durent bientôt choisir un
axe de progression :
- soit passer par le pays des Séquanes, entre le Jura et le
Rhône,
- soit par la Gaule transalpine, chemin plus facile mais qui
obligeait de passer par Genua (Genève), ville des Allobroges, alliés de Rome.
Les Helvètes optèrent pour le deuxième choix et progressèrent à
partir de mars 58 av. J.-C.
Informé du mouvement, Jules César décida d'intervenir
rapidement. Il estima ainsi que le passage des Helvètes en Gaule
transalpine pourrait favoriser une révolte des populations locales, déjà
soumises à Rome. Par ailleurs, César estima que l'abandon de l'actuelle
Suisse par les Helvètes ouvrirait ce territoire aux Germains, de dangereux
adversaires à garder loin des frontières de Rome.
Parvenu en Gaule transalpine, César ordonna la destruction des
ponts sur le Rhône afin de ralentir les migrants.
Des ambassadeurs des Helvètes se présentèrent à César pour
demander la permission de traverser la province romaine pacifiquement. Le
proconsul réserva sa réponse jusqu'au 13 avril. Il n'eut jamais
l'intention d'accepter un tel passage mais le délai demandé et obtenu lui permit
de faire construire par une de ses légions un mur haut de cinq mètres et
long de vingt-huit kilomètres, allant du lac Léman au Jura
et interdisant le passage entre la Gaule transalpine et
l'Helvétie.
Le 13 avril 58, César annonça son refus aux Helvètes.
Selon César, les Helvètes tentèrent alors en vain de percer la ligne défensive
édifiée par les Romains. Selon la plupart des sources d'époque toutefois, les
Helvètes obtinrent du peuple voisin des Séquanes la permission de passer sur
leur territoire pour pénétrer en Gaule.
Ayant traversé les territoires des Séquanes, les Helvètes
parvinrent sur le sol des Éduens, «ami et allié du peuple romain», qui
demandèrent à César d'intervenir. Ainsi, l'expédition militaire fut
finalement motivée tant par les ambitions politiques de César (qui
envisageait déjà d'utiliser les territoires concernés comme base de conquête de
la Gaule entière), que par les intérêts économiques qui associaient
les Romains à certaines nations gauloises.
César laissa quelques troupes pour garnir la muraille défensive
édifiée, sous le commandement de Titus Labienus, et se mit à la
poursuite des Helvètes avec cinq légions complètes.
Renforcé par une sixième legion, César atteignit Lugdunum alors
que les Helvètes lui tournaient le dos, remontant vers le nord.
Un premier affrontement se produisit sur l'Arar (la Saône)
début juin, lors de la traversée du fleuve
par les Helvètes. César attaqua ceux qui n'avaient pas
traversé et, profitant de la surprise, en tua un grand nombre, le reste de
l'armée helvète étant bloqué sur l'autre rive.
Après cet affrontement, César fit construire un pont sur la
Saône afin de poursuivre le gros de l'armée helvète épargné.
Dans les jours suivants, les deux chefs optèrent pour la
négociation.
L'Helvète Divico, sans s'assujettir, se déclara
prêt à se plier à l'attribution des terres par César en
échange de la paix.
Le Romain exigea des otages et la réparation des
dommages causés chez les alliés de Rome. Finalement, les pourparlers
échouèrent.
La
bataille
Deux semaines durant, César poursuivit les
Helvètes en direction du nord.
Les rares combats qui survinrent pendant cette période furent
des accrochages de cavalerie.
Un affrontement plus conséquent opposa toutefois 4.000 Romais et
alliés à 500 Helvètes qui en sortirent victorieux. Les alliés Eduens de Rome
firent à cette occasion preuve d'un soutien plutôt mitigé vis-à-vis de
César. A l'issue de quatorze jours d'intrigues et de méfiance
réciproque, Romains et Eduens se dirigèrent vers Bibracte, la capitale des
seconds, pour y chercher des vivres promis par ces derniers, laissant les
Helvètes poursuivre leur chemin... mais ces derniers rebroussèrent alors
chemin et attaquèrent.
Avisé du mouvement des Helvètes, César envoya sa cavalerie pour
effectuer des manoeuvres retardatrices.
Dans le même temps, il gagna une hauteur proche de Montmort
(Saône-et Loire) où il s'établit avec les 40.000 hommes de ses 6 légions et de
sa cavalerie auxiliaire gauloise.
Fort de 90.000 combattants au moins, les Helvètes montèrent à
l'assaut de la position romaine.
Engagée vers midi, mais à une date indéterminée, la bataille se
déroula en trois temps.
Dans un premier temps, les Helvètes repoussèrent la
cavalerie romaine, essentiellement composées d'auxiliaires.
Puis les légionnaires continrent l'assaut adverse grace à
plusieurs volées de pila avant de repousser les Helvètes.
Ce fut alors que Boïens et Tulinges, alliés aux Helvètes,
parvinrent sur le champ de bataille (au nombre de 15.000 selon César) et
engagèrent les Romains sur leur flanc droit.
Le combat dura jusqu'à la nuit, les Helvètes ne renonçant
qu'avec la capture de leur train de bagages.
130.000 Helvètes se replièrent puis, dans les jours
suivants, ils capitulèrent. Les autres (238.000 sur un total de
90.000 guerriers et 278.000 non-combattants) furent massacrés.
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