Les batailles célèbres de l'histoire
 
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La conquête des Indes néerlandaises
13 décembre 1941 - 9 avril 1942
 
 
La conquête de Bornéo
 
 
Dans les plans d'expansion japonais, Bornéo revêtait une importance majeure car se trouvant sur les lignes de communication vers Java et renfermant d'importantes ressources pétrolières.
 
L'île étant occupée par les Britanniques et par les Hollandais, les Nippons décidèrent d'une double opération.
La partie britannique, sur la côte nord, serait conquise en même temps que la Malaisie.
La partie hollandaise ferait l'objet d'une campagne spécifique avec pour objectif ultime Java.
 
L'attaque contre Bornéo débuta le 13 décembre 1941 par des débarquements à proximité des champs pétrolifères de Mari.
Ne disposant que d'un seul bataillon d'infanterie, les Britanniques détruisirent les installations pétrolifères et s'accrochèrent au terrain d'aviation de Kuching. 
Menacé d'encerclement le 24 décembre, le colonel Lane, plus haut gradé britannique en poste, décida de battre en retraite vers la partie hollandaise de l'île et de participer à la défense de la piste d'aviation de Singkawang.
 
La seconde partie de la conquête de Bornéo débuta par une nouvelle série de débarquements. 
Le 11 janvier 1942, les champs pétrolifères de Tarakan furent conquis par les Nippons.  Ceux de Balikpapan tombèrent le 24 du même mois.
Fin janvier, les troupes du Mikado progressèrent vers la piste de Kuching lors d'un double mouvement comprenant un débarquement et une offensive terrestre.  Les Alliés résistèrent avec acharnement, mettant 400 Japonais hors de combat, avant de céder par manque de munitions.
Les survivants battirent en retraite vers le sud, afin de trouver des navires susceptibles de les évacuer vers Java.  La traversée de la jungle prit un mois mais, finalement, les fuyards ne trouvèrent aucune embarcation.
Le 9 mars, Britanniques et Hollandais capitulèrent.
 
 
 
La chute de Timor
 
 
Ile de dimensions réduites partagée entre les Pays-Bas et le Portugal, Timor possédait deux pistes d'aviation, l'aérodrome néerlandais de Kupang et la piste portuguaise de Dili.
Peu importante, la garnison hollandaise fut, dans les premiers jours de la guerre, renforcée par un bataillon australien.
 
Le général britannique Wavell, commandant en chef allié du secteur, tenta de parfaire les défenses en envoyant de nouveaux renforts mais les transports furent rappelés le 19 février 1942, des rapports signalant la présence de porte-avions nippons à proximité des convois alliés.
 
Ce même 19 février, un convoi nippon, sous le commandement du contre-amiral Tanaka, apparut au large de l'île.
Le 20 février, deux bataillons japonais, soutenus par des chars légers, débarquèrent et progressèrent vers la piste de Kupang.  Leur assaut fut appuyé par le larguage de 300 parachutistes.  Après deux jours de combats, les défenseurs néerlandais et australiens se rendirent.
 
Dans la partie portuguaise, les Japonais débarquèrent aisément pour s'emparer de l'aérodrome de Dili refoulant les défenseurs dans les parties montagneuses du centre de l'île.
Les survivants portuguais, australiens et néerlandais furent finalement évacués au début de l'année 1943.
 
 
 
La bataille de la mer de Java
 
 
Afin de défendre l'île de Java, les Alliés tentèrent, hâtivement, de constituer une flotte à partir d'unités américaines, britanniques, hollandaises et australiennes.
 
La flotte alliée fut concentrée à Surabaya, le 21 février 1942, sous le commandement du contre-amiral néerlandais Karel Doorman.
La flotte comprenait  les croiseurs De Ruyter et Java (Pays-Bas), Exeter (Grande-Bretagne), Houston (U.S.A.), et Perth (Australie), ainsi que 2 destroyers néerlandais, 3 britanniques et 4 américains.
Cette flotte disparate n'avait jamais, par la force des choses, manoeuvré de concert et ne possédait ni signaux communs ni couverture aérienne.
 
Le 26 février la flotte d'invasion japonaise, composée de 4 croiseurs et 14 destroyers,  fut repérée par un avion néerlandais.
Doorman prit la mer pour intercepter l'ennemi.
 
Lors du premier combat, livré le 27 février 1942 entre 16H15 et 17H25, l'Exeter fut désemparé et le destroyer hollandais Kortenaer coulé.
Soumis à de nombreuses salves de torpilles, les Alliés perdirent le destroyer anglais Electra avant que Doorman n'ordonne une retraite.
 
Tentant un assaut nocturne, l'amiral hollandais échoua à contourner la flotte adverse afin d'atteindre les transports japonais.
Touchées les unes après les autres, les unités de la flotte alliée allèrent par le fond.  Doorman lui-même sombra avec le De Ruyter à 22H50.  Le Java sombra peu après.
Dans les 48 heures suivantes, les bombardiers japonais pilonnèrent les restes de la flotte alliée.  Finalement, seuls 4 destroyers U.S. échappèrent à la destruction et gagnèrent l'Australie.
 
Pour les Alliés, la défaite navale de la mer de Java fut un véritable désastre qui s'ajouta aux destructions de Pearl Harbor et à la perte des navires britanniques Prince of Wales et Repulse au large de la Malaisie.
 
 
 
La conquête de Java
 
 
Ile la plus riche des Indes Néerlandaises, Java regorgeait de pétrole, matière première de la plus haute importance stratégique.
 
Pour défendre l'île, les Néerlandais disposaient de 25.000 soldats d'active et de 40.000 supplétifs, ainsi que de quelques chars.
Les défenses furent complètées par 3 bataillons australiens et 1 bataillon américain d'artillerie.  Au niveau des forces aériennes, les Alliés ne purent réunir une centaine d'appareils.
 
Les Nippons formèrent deux corps d'invasion, chacun constitué d'une division d'infanterie.  La force Est appareilla de Bornéo et la force Ouest d'Indochine.
En matière de support aérien, les Japonais bénéficiaient d'une supériorité de l'ordre de 1 à 10.
Les forces d'invasion appareillèrent le 18 février 1942.
 
Le 1er mars, la force Est débarqua.  Trop dispersés, les Hollandais durent battre en retraite et les Nippons s'emparèrent de la moitiè orientale de l'île en moins d'une semaine.
 
Débarqués à l'ouest, les Japonais progressèrent si aisément qu'ils s'emparèrent par surprise de la base aérienne de Kalidjati, même si les Hollandais luttèrent jusqu'au dernier pour permettre aux appareils de décoller et de fuir.
Maîtres de la piste, les Japonais progressèrent en direction de la capitale, Bandung.
Ralentis par les destructions de ponts, les Japonais prirent Batavia, le 5 mars.
Malgré d'épiques résistances néerlandaises, le commandant en chef hollandais, ter Poorten, décida de ramener ses forces aux abords de la capitale.  Le 5 mars, toutefois, il renonça à défendre Bandung et se replia vers les zones montagneuses. 
Le 8, estimant la lutte vaine, les Hollandais capitulèrent.  Les autres alliés envisagèrent de poursuivre la lutte mais y renoncèrent car la reddition annoncée par le commandant en chef les plaçait hors lois internationales et passibles d'exécutions sommaires.
 
Aux Indes néerlandaises, les Alliés payèrent le prix de la dispersion de leurs forces, d'un piètre équipement et d'une mauvaise organisation.  Malgré quelques succès locaux, ils ne purent jamais rivaliser avec les Nippons, maîtres du ciel et de la mer.
La reddition des Indes néerlandaises ouvrit l'océan Indien et la voie de l'Australie à la Marine impériale japonaise.
 
Opérations japonaises dans l'Océan indien
 
 
Entre janvier et avril 1942, le Japon s'agrandit à l'est en capturant les îles de l'Amirauté et les îles Gilbert, et en occupant la côte nord de la Nouvelle-Guinée.
En février, l'aviation du Mikado bombarda Port Darwin, dans le nord de l'Australie, à partir de Timor.
 
Le 3 avril 1942, les forces navales japonaises, fortes de 5 porte-avions (Akagi, Soryu, Hiryu, Shokaku et Ziukaku) se tournèrent vers l'Océan indien.
Les sous-marins japonais pénétrèrent en mer d'Oman et les unités de surface dans le golfe du Bengale où elles détruisirent 150.000 tonnes de navires britanniques.
S'approchant de Ceylan, les Japonais bombardèrent Colombo, le 5 avril 1942, y causant des dégâts mineurs.
La flotte britannique abandonna Trincomalee le 9 mais les Japonais purent tout de même couler le porte-avion Hermes, le contre-torpilleur Vampire, la corvette Hollyhock, deux pétroliers et plusieurs destroyers au cours de cette période.
 
Négligeant la capture facile de l'île française de Madagascar, sous contrôle du gouvernement de Vichy, les Japonais se replièrent peu après.
Pour le prix de 17 avions, ils venaient d'envoyer par le fond plusieurs navires britanniques mais n'avaient pour autant guère obtenu de résultats stratégiques.
 
"Wij Sluiten nu. Vaarwel tot meilleure tijden. Leve de Koningin!"
(Nous fermons maintenant.  À des temps meilleurs. Vive la Reine!)
Dernier message de la radio Nederlansch Indische Radio Omroep Maatschappij, 7 mars 1942 à 23H00