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De son côté, également proclamé empereur par ses troupes,
Clodius Albinus marcha sur la Gaule avec des effectifs sujets à caution, mais
probablement de l'ordre de trois légions complètées de troupes
auxiliaires.
Parvenu à Lugdunum (Lyon), il installa son quartier général
dans cette ville, incorporant la garnison urbaine et y étant rejoint par Lucius
Novius Rufus, le gouverneur de Tarraconaise et par la VIIe légion Gemina.
L’année 196 fut marquée par des escarmouches dans
différents secteurs. Albinus prit l'offensive en Germanie et y
vainquit les troupes dirigées par Virius Lupus mais échoua à
les convaincre à changer de camp.
Albinus envisagea ensuite d'envahir l'Italie, mais
Sévère para sa manoeuvre en renforçant les garnisons protégeant les
cols alpins.
Durant l'hiver 196-197, Sévère marcha vers la Gaule à la tête
d'effectifs indéterminés mais vraisemblablement équivalents à ceux de son
adversaire. Les deux armées s'affrontèrent à Tinurtium (Tournus,
Bourgogne), où Sévère bien que vainqueur ne put obtenir de victoire
décisive.
La
bataille
Vaincue, l'armée d'Albinus fit retraite vers
Lugdunum, poursuivie par celle de Sévère.
La bataille décisive fut livrée le 19 février 197 et s'avéra longtemps
incertaine.
L’aile gauche d’Albinus plia sous le
choc des troupes de Sévère et se replia vers son camp.
Mais, en contrepartie, l'aile adroite
d'Albinus fit mine de se replier et attira les
sévériens dans un secteur piégé de tranchées dissimulées où ces derniers furent
massacrés. Sévère intervint avec ses troupes d'élite mais fut jeté à bas
de cheval, atteint par un projectile de fronde. Selon les chroniqueurs
d'époque, se relevant, il déchira son manteau impérial, tira son épée et se
jetant parmi les fuyards parvint à les arrêter et à les ramener au combat.
Plus vraisemblablement, l’armée
d’Albinus étant en train de l'emporter dans le secteur commandé par Septime
Sévère, il abandonna son manteau impérial pour n’être pas
reconnu.
Le cours de la bataille fut finalement
renversé par l’intervention de la cavalerie de Sévère qui
contre-attaqua de flanc les troupes d’Albinus.
Ces dernières, se croyant déjà
victorieuses, avaient abandonné leur ordre de bataille et furent mises en
déroute après une brève résistance. Les troupes de Sévère les massacrèrent
dans le cul-de-sac que constitue le confluent de la Saône et du Rhône.
Le bilan de la bataille de Lyon
reste inconnu. Les auteurs d'époque citèrent de
lourdes pertes de part et d’autre; Tertullien, écrivain contemporain des faits,
se fit l’écho du massacre, en datant un de ses écrits du temps où « le Rhône
n’avait pas eu le temps de laver ses rives ensanglantées ».
Le sort d'Albinus fut lui même sujet à caution. Selon
différents auteurs de l'époque, il fut tué sur le champ de bataille, se
suicida, fut décapité après sa capture, massacré par ses propres troupes,
piétiné par le chaval de Sévère qui l’aurait ensuite fait déchiqueter par des
chiens... Tous les auteurs, toutefois, s’accordèrent sur le fait que
la tête d’Albinus fut envoyée à Rome et exposée en guise d'avertissement.
La ville de Lugdunum fut quant à elle livrée au pillage par les
vainqueurs et incendiée.
A une époque récente, les archéologues, sur base des vestiges
découverts, situèrent la bataille dans le voisinage de la place Sathonay, au
pied de la colline de la Croix-Rousse et en bordure de la
Saône.
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