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Victoire en
Birmanie
Avril 1944 - septembre
1945
Myitkina
En avril 1944, sous le commandement de
l'Américain Stilwell, les Chinois prirent l'offensive dans la vallée de Mogaung,
en Birmanie septentrionale.
Deux divisions nationalistes engagèrent ainsi la 18eme division
japonaise du général Shinichi Tanaka.
L'avance chinoise fut lente mais continue. Contrairement à
leur habitude, les Chinois se montrèrent tenaces, à l'égal de leurs adversaires,
et enlevèrent la ville de Kaimang, le 16 juin, à l'issue d'une épique charge à
la baïonnette.
Le 26, ils remportèrent une nouvelle victoire en prenant
Mogaung, ville d'importance sur le fleuve Irrawaddy.
Par ailleurs, les deux divisions chinoises avaient également
reçu l'ordre de s'emparer de Myitkina, autre ville importante.
Appuyés par "les Maraudeurs américains de Merrill", les Chinois
abordèrent Myitkina par le nord, parvenant aux limites de la cité le 17
mai. L'aérodrome fut pris le 18 ce qui permit aux renforts chinois et au
ravitaillement de parvenir sur place par voie aérienne.
Malheureusement pour les Alliés, les Chinois, épuisés par les
maladies, butèrent devant Myitkina où les Japonais envoyèrent des
renforts.
Ce ne fut que le 3 août 1944 que les 700 Japonais survivants,
affamés et estimant avoir suffisamment contenus les Alliés, abandonnèrent la
ville.
Au cours de ces combats, les Japonais avaient perdu 3.000
soldats, les Américains et les Chinois 5.000.
La bataille de Meiktila
et Mandalay
Ce fut finalement dans le secteur central
que se joua la sort de la guerre en Birmanie.
Le général William Slim, responsable des troupes britanniques,
mit au point un plan brillant. Slim fit croire aux Japonais que
l'essentiel de ses forces se trouvaient dans le secteur d'Imphal alors qu'une
seule division indienne occupait cette région; 3 autres divisions indiennes
et une brigade blindée furent discrètement envoyées à 300 kilomètres plus au sud
afin de franchir le fleuve Irrawaddy à Pakokku. Slim fut grandement aidé
par la totale supériorité aérienne alliée qui empêcha les Japonais de procéder à
des reconnaissances. En effet, à cette époque, les Japonais ne pouvaient
aligner que 64 avions, contre 1.200 du côté allié.
Le 14 février 1945, deux divisions britanniques franchirent
l'Irrawaddy sous le feu adverse.
Bien pourvu en chars, les Alliés progressèrent aisément.
Le 27 février, ils s'emparèrent d'un terrain d'aviation situé à 20 kilomètres de
Meiktila. Le 4 mars 1945, la ville elle-même tomba aux mains des
Britanniques malgré une résistance japonaise fanatique.
Meiktila constituant un noeud routier et ferroviaire essentiel,
le commandant en chef japonais en Birmanie, le général Kimura, n'eut d'autre
choix que de préléver 12.000 combattants du secteur de Mandalay, soutenus par 9
chars miséreux, et de les envoyer vers le sud (sous la direction du général
Honda) afin de tenter de dégager ses voies de communication. Malgré la
férocité de leurs contre-attaques, les Japonais échouèrent à reprendre
Meiktila.
Le 9 mars 1945, profitant de l'affaiblissement des effectifs
nippons dans le secteur de Mandalay, les Britanniques lançèrent un assaut contre
cette ville, ancienne capitale royale.
Les Japonais luttèrent désespérément, surtout dans le secteur du
fort Dufferin. Des jours durant, les attaques succédèrent aux
contre-attaques. Progressivement toutefois, les Britanniques, supérieurs
en nombre et en armement, progressèrent, enlevant rue par rue et maison par
maison.
Mandalay tomba finalement le 20 mars et les restes des forces
japonaises prirent la fuite vers l'Est et vers Rangoon.
Du côté allié, les batailles de Meiktila et Mandalay firent
18.055 victimes dont 2.667 morts. L'armée de Kimura perdit 12.913 soldats,
dont 6.513 tués.
Ces batailles eurent une importance cruciale car elles permirent
le démantelement du front japonais et contraignirent les Nippons à une retraite
sans espoir.
La clé du succès résida dans l'attaque indirecte, souvent
utilisée dans le passé, et menée magistralement par Slim. Lançant des
attaques de diversion afin de cacher son but véritable, ce dernier combina
vitesse, effet de surprise et supériorité numérique. Cette même tactique
fut régulièrement utilisée par Napoléon, de même que par Frédéric II (bataille
de Leuthen).
Malgré ses qualités, Kimura fut handicapé par la faiblesse de
ses forces. N'hésitant pas à user de replis stratégiques, manoeuvres que
les Japonais considéraient comme humiliantes, il tenta de constituer de solides
lignes de défense mais tomba dans le piège de Slim en estimant que l'objectif de
l'offensive alliée était Mandalay et non Meiktila. Une fois cette dernière
tombée, Kimura se trouva dans une situation sans espoir, contraint de défendre
deux fronts mais incapable de renforcer l'un sans affaiblir décisivement
l'autre. Kimura qualifia la stratégie de Slim de "magistrale" et, après la
capitulation nippone, remit son sabre de samourai à son adversaire.
La chute de
Rangoon
En avril 1945, les Alliés rétablirent les
communications entre la Birmanie et la Chine et capturèrent, dans le sud birman,
les bases insulaires d'Akyab et Ramree afin d'assurer leur
ravitaillement.
Une poursuite des Japonais en pleine retraite fut dès lors
envisagée même si Slim estima avoir peu de chance d'atteindre la capitale
birmane, Rangoon, avant le début de la mousson.
Les Alliés lançèrent dès lors l'opération "Dracula", attaque
navale, amphibie et aérienne, afin de pénétrer dans Rangoon par le Sud en
utilisant une division indienne.
Le 1er mai, des parachutistes britanniques et 6 convois
d'invasion débarquèrent sans opposition dans les environs de la capitale.
L'avancée fut lente en raison de fortes pluies mais les Japonais résistèrent
mollement, l'essentiel de leurs forces ayant déjà battu en retraite.
Les Alliés pénétrèrent finalement dans la ville le 3 mai.
Trois jours plus tard, à 45 kilomètres plus au nord, ils firent leur jonction
avec les forces de Slim en provenance de Meiktila et Mandalay.
La chute de Rangoon mit fin aux dernières résistances
importantes des Japonais en Birmanie.
La chute de Rangoon scinda les 60.000 défenseurs japonais
survivants en groupes plus ou moins organisés qui tentèrent de se regrouper à
l'est du fleuve Sittang.
Affaiblis par des lignes de communication étendues et par la
nécessité de ravitailler la population birmane, les Britanniques marquèrent le
pas.
Les Nippons en profitèrent pour contre-attaquer à Kama mais en
vain (21 au 30 mai 1945).
En déroute, manquant de tout, les Japonais conservèrent
toutefois un moral élevé. Au sud de la Birmanie, ils conservaient deux
forces d'importance : la 28è armée, dans les collines de Pegu Yomas, à l'ouest
du Sittang, et la 33è armée, à l'est du même fleuve.
La 33ème armée contre-attaqua en direction de Waw tandis que la
28ème armée tentait de rompre son encerclement, le 19 juillet 1945. Dans
les combats qui suivirent, les Nippons perdirent 12.000 soldats contre 95
Britanniques !
A l'issue de ces événements, Slim déclara : "Toutes les
armées parlent de se battre jusqu'au dernier homme et jusqu'à la dernière
cartouche. Mais, dans ce domaine, seuls les Japonais tiennent
parole".
La victoire alliée était alors certaine même s'il fallut
plusieurs semaines pour éliminer les résistances japonaises et empêcher la fuite
des derniers éléments nippons vers la Thaïlande, alliée à l'empire du
Mikado.
Les dernières opérations de nettoyage, sous les pluies de la
mousson, se limitèrent souvent à de petits échanges de coups de feu entre
Britanniques et Japonais. Les affrontements les plus sérieux eurent lieu
près d'Allanmyo et Kama entre le 11 et le 15 mai 1945.
Accomplissant des efforts désespérés pour battre en retraite,
les Japonais constituèrent de petits groupes d'une centaine d'hommes mais, dès
juillet, la plupart furent rejoints et détruits. Au final, moins de 10%
des Nippons encore en état de combattre après la chute de Rangoon échappèrent
aux Britanniques.
Victoire totale mais de
portée limitée
La perte de la Birmanie porta un coup au
prestige des forces japonaises mais celui-ci ne fut nullement
décisif.
Ce revers découla en partie de la faible importance attribuée à
ce secteur par le commandement nippon à cette époque de la guerre. De
fait, de nombreuses unités furent transférées de Birmanie vers d'autres secteurs
plus vitaux pour le Japon aux abois de 1945.
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