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Les contingents étrangers de la Grande
Armée
Durant la majeure partie de son existence, la Grande Armée
disposa dans ses rangs de forts contingents étrangers, provenant de pays alliés
à l'Empire ou dominés par lui.
Ainsi, lors de la campagne d'Allemagne de 1805, sur 200.000
soldats engagés par Napoléon, 30.000 furent des étrangers.
La conscription établie en France ne suffisant pas à fournir les
rangs de la Grande Armée, les nations alliées ou soumises furent de plus en plus
sollicitées. Les pertes allant croissant, Napoléon exigea d'importantes
levées en Saxe, au Wurtemberg et en Pologne. De même, les Italiens furent
soumis aux mêmes obligations militaires que les Français.
Force de plus en plus composite, la Grande Armée engagea un
sixième d'étrangers en Espagne.
En Russie, la situation fut exceptionnelle. Sur 400.000
soldats lancés en territoire russe, 125.000 furent des Français. On
retrouva ainsi dans les rangs des Italiens, des Suisses, des Bavarois, des
Saxons, des Croates, des Allemands, des Hollandais, des Polonais, des Espagnols,
20.000 Prussiens, 30.000 Autrichiens et 60.000 Polonais.
Au début de 1814, les étrangers représentaient encore 20% des
effectifs impériaux. Ce ne fut que durant la campagne de France que la
Grande armée redevint strictement française.
Le problème majeur de l'emploi d'étrangers dans la Grande Armée
fut celui de la langue.
Par ailleurs, l'Empereur ne put jamais accorder une totale
confiance aux effectifs étrangers. Ainsi, durant la campagne de Saxe de
1813, les contingents saxons désertèrent pour rejoindre les rangs
coalisés.
Malgré ces problèmes, de nombreux étrangers acquirent le grade
de général dans l'armée napoléonienne. Furent ainsi nommés 35 généraux
allemands, 29 Suisses, 26 Polonais, 25 Hollandais, 19 Belges, 19 Italiens, 13
Irlandais, 6 Portugais, 5 Autrichiens, 3 Anglais, 2 Américains, 2 Espagnols, 1
Grec, 1 Vénézuelien et 1 Danois !
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