Les batailles célèbres de l'histoire
 
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La bataille de Dresde
26 et 27 août 1813
 
 
Confronté à une nouvelle coalition
 
 
Victorieux à Bautzen, Napoléon signa, le 4 juin 1813, l'armistice de Pleiswitz avec les Alliés.
Si l'Empereur était soucieux de reformer ses troupes, il accorda de la sorte un délai tout aussi utile aux Coalisés.  Par ailleurs, ces derniers disposèrent ainsi du temps nécessaire pour convaincre l'Autriche à adhérer à la coalition (27 juin 1813).
 
Le 10 août, dénonçant l'armistice, les Alliés pénétrèrent en Saxe avec trois armées de 350.000 soldats - celle du Nord (Bernadotte), celle de Silésie (Blücher) et celle de Bohême (Schwarzenberg).
Napoléon décida dans un premier temps de combattre l'armée de Blücher mais il en fut empêché par la progression de l'armée de Bohême vers Dresde, capitale de l'allié saxon.
Donnant l'ordre à Gouvion-Saint-Cyr de résister jusqu'à l'arrivée de renforts, Napoléon prit la direction de Dresde à la tête de la Grande Armée.
 
 
 
La bataille
 
 
Très inférieur en nombre (70.000 Français et Saxons contre 230.000 Coalisés), Gouvion-Saint-Cyr fortifia les faubourgs de Dresde et attendit l'assaut.
Ce dernier fut déclenché à l'aube du 26 août 1813, dans la pluie et le brouillard.
Les Coalisés remportèrent des succès locaux.  Ainsi, les Prussiens s'emparèrent des jardins situés au sud-est de la ville.  De leur côté, les Russes entrèrent dans Striesen, un village voisin de la ville.  Dans le même temps, les Autrichiens s'emparèrent des villages de Löbtans et Plauen.
Dans l'ensemble toutefois, en dépit de la violence des assauts ennemis, les forces de Gouvion-Saint-Cyr conservèrent leurs positions.
 
A 9H30, Napoléon arriva à Dresde, portant les effectifs français à 120.000 soldats.
Le tsar Alexandre plaida en faveur de la retraite, le roi de Prusse s'y opposa.  Très divisés, les chefs coalisés décidèrent finalement d'annuler les assauts prévus mais les ordres ne parvinrent pas à temps aux premières lignes.
 
La bataille gagna donc en intensité et culmina à 17H30.  Les Français reprirent une partie des jardins et mirent à mal le centre allié où Schwarzenberg dut engager ses réserves.
 
 
Durant la nuit, les Coalisés ramenèrent l'essentiel de leurs unités au centre, espérant venir à bout de leurs adversaires le lendemain.  Ce faisant, ils ne laissèrent que 25.000 Russes au niveau de leur aile droite et 24.000 Autrichiens à l'aile gauche.
Dans le même temps, Napoléon envisagea d'envelopper les Alliés en attaquant vers Pirna (sud-est) et Freiberg (ouest).
 
Le 27 août 1813 à 6H00, Napoléon passa à l'attaque.
Sur la gauche française, les Napoléoniens prirent Blasewitz, Seidnitz et Strehlen.
Sur la droite, Murat mit en déroute les Autrichiens, les refoulant dans la Weisseritz.
En fin de matinée, les Français prirent Reick mais butèrent contre le village de Leubnitz.
 
En fin de journée, Napoléon envisagea une reprise des combats le lendemain.
De leur côté, les Alliés, à court de ravitaillement et menacés sur leurs flancs, décidèrent de battre en retraite.
 
 
 
Un succès de faible importance
 
 
Ayant engagé 120.000 soldats au plus fort des combats, Napoléon perdit 10.000 tués, blessés ou disparus.
Ayant mis en ligne 230.000 hommes, les Coalisés en perdirent 38.000.
 
La bataille de Dresde fut une brillante victoire de Napoléon dont le génie tactique permit de venir à bout d'adversaires nettement plus nombreux.
Toutefois, la victoire demeura limitée.  Faute de troupes suffisantes, l'Empereur ne put prendre l'ennemi au piège et les Coalisés se replièrent finalement sans trop de dommages.
 
Par ailleurs, les défaites subies par les lieutenants de Napoléon face aux autres armées alliées, comme lors de la bataille de la Katzbach livrée le 26 août 1813, annulèrent grandement les effets de la victoire de l'Empereur.