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La bataille
d'Amiens et de Saint-Mihiel
8 août au 16 septembre
1918
L'apport
américain
En août 1918, la balance des forces penchait
en faveur des Alliés, les armées allemandes ayant subi une usure
considérable. Le Reich venait en effet de perdre 400.000 soldats à l'issue
de ses offensives de 1918.
Réduites à l'extrême, les divisions allemandes étaient également
mal ravitaillées et, d'une manière générale, le moral s'en ressentit
durement.
Du côté allié, les pertes avaient également été lourdes (200.000
soldats français pour le seul mois de juillet 1918) mais elles furent comblées
par l'apport américain.
Le 1er août, Pershing engageait 27 divisions, soit 1.300.000
soldats.
Le 10 août, la 1ère armée U.S. fut officiellement créée,
réunissant 16 divisions dont 8 avaient déjà été engagées au combat. Le
matériel, 3.000 canons par exemple, fut essentiellement fourni par l'industrie
française. L'US Tank Corps reçut 50 chars britanniques et 144 blindés
français. Fort de 750 appareils, l'US Air Service en avait reçu 500 de la
part des Alliés.
La bataille
d'Amiens
Le
8 août 1918, 15 divisions britanniques, soutenues par
456 chars et 400 avions, attaquèrent, sans bombardement préliminaire, sur un front de 18
kilomètres, entre Morlancourt et la route d'Amiens à
Roye.
Les troupes britanniques enfoncèrent véritablement les lignes
adverses au sein desquelles les chars semèrent la panique. Sept divisions
allemandes refluèrent en désordre.
Une demi-heure après le début de l'assaut, 7 divisions
françaises, soutenues par 90 chars et 600 avions, se joignirent à l'attaque sur
le flanc gauche et, rapidement, elles gagnèrent du terrain.
En quelques heures, les Alliés capturèrent 16.000
prisonniers.
Face à cette désintégration, Lüdendorff déclara "Le 8 août
est le jour de deuil de l'armée allemande".
Le 10 août, les Alliés atteignirent Montdidier.
A la date du 11 août, les pertes françaises se chiffraient à
24.000 soldats, les pertes britanniques à 22.000 soldats et les pertes
allemandes à 75.000 combattants dont 29.000 prisonniers.
Le 14, à la réunion du conseil de la Couronne, à Spa, le
haut-commandement allemand estima "qu'il n'y avait plus aucun espoir de
briser par des actions militaires la volonté de l'Entente".
Les armées allemandes tombèrent dans un état d'effondrement
psychologique et le point mort, qui avait longtemps prévalu à l'ouest, fut
dépassé.
Ce même 14 août, le Kaiser estima qu'il "fallait choisir le
moment favorable pour conclure un arrangement avec l'ennemi" tandis que
Lüdendorff déclara '"Il faut mettre fin à la guerre".
Les Allemands envisagèrent d'ouvrir des négociations avec les
Alliés par l'intermédiaire de la reine de Hollande et du roi d'Espagne, chefs
d'états neutres.
Retrospectivement, on se demanda qu'elles étaient les raisons du
"Jour noir" de l'Allemagne.
Il parut évident que l'emploi des chars avait pesé lourd dans
l'effondrement des armées du Kaiser. Mais l'effondrement militaire ne
pouvait cacher un effondrement collectif du moral essentiellement causé par
l'étranglement économique du Reich. Même avec les importations massives
d'Ukraine et de Roumanie, l'Allemagne était alors au bord de la famine.
Entre le 20 et le 26 août, Foch lança trois offensives en
direction de Péronne et Bapaume. Ces assauts impliquèrent 2 armées
britanniques et 2 armées françaises.
Le 22 août, l'armée Mangin prit à revers les défenses allemandes
du Chemin des Dames.
Le 26, Byng et Rawlinson parvinrent aux portes de Bapaume.
Dès le 30, les Canadiens atteignirent la ligne Hindenburg.
Deux jours plus tard, ils parvinrent sur les berges du canal du Nord, à 20
kilomètres de leur point de départ.
Ces progressions successives contraignirent les Allemands à
replier leurs forces sur la ligne Hindenburg. Ils furent aussi contraints
d'évacuer la poche de la Lys, ce qui dégagea Ypres et le bassin houiller de
Béthune.
Du 8 août au 8 septembre, les Allemands perdirent ainsi 150.000
prisonniers, 13.000 mitrailleuses et 2.000 canons.
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