Les batailles célèbres de l'histoire
 
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La seconde bataille de la Marne
15 juillet au 7 août 1918
 
 
Friedensturm
 
 
Ayant mis à mal les Alliés lors de ses précédentes offensives mais n'étant pas parvenu à remporter un succès décisif, Lüdendorff décida d'un nouvel assaut massif pour le mois de juillet 1918.
Les dernières réserves de l'Allemagne furent ainsi engagée en Champagne, le long d'un front de 90 km, en vue de faire tomber, à gauche l’Argonne et Verdun, au centre Reims, à droite les défenses de la Marne.....
  
Le 15 juillet 1918, à minuit, une préparation d’artillerie, avec obus au gaz, lamina le sol sur l'ensemble du front.
A la faveur de ces tirs, l’infanterie allemande se porta en avant, organisée en trois armées.
La 7e armée allemande du général Von Boëhm engagea 30 divisions allemandes, dont 16 en première ligne.  La 1ere armée du général Von Mudra attaqua avec 15 divisions en première ligne et 7 divisions en soutien.  Enfin, la 3e armée allemande du général Von Einem déploya 20 divisions dont 12 en première ligne.  
 
A 4h45, ces forces montèrent à l’assaut, mais elle ne surprirent nullement le Haut-Commandement français. 
 
En effet, renseigné par des prisonniers et déserteurs allemands, Pétain avait anticipé l'assaut et ordonné d’abandonner la première ligne.  Par contre, des îlots de résistance furent installés entre la première ligne française et la seconde ligne.
Les troupes de première ligne devaient, au signal donné, se replier sur la position intermédiaire devenue position principale de résistance, et permettre l'arrivée de réserves sur la deuxième position. Seuls, des petits postes d'observation demeureraient sur la première position, avec mission de lancer des fusées lorsque l'ennemi arriverait devant eux.
L’artillerie française reçut pour tâche de détruire l'artillerie allemande, puis d’empêcher les deuxième et troisième vagues d’assaut ennemies de venir épauler la première vague.
 
Le bombardement allemand fut terrible.  Les îlots de résistance, composés de soldats français qui s’étaient portés volontaires, le supportèrent jusqu’au bout, se laissant généralement détruire.
 
Quand les colonnes d’assaut allemandes apparurent, les soldats français survivants des îlots, luttèrent jusqu'au dernier.
Les troupes françaises des échelons suivants passèrent rapidement à la contre attaque et, par endroits, reprirent la première ligne volontairement abandonnée. 
Décimés par l'artillerie française, les Allemands furent partout contenus.  Les trois divisions de la Garde Prussienne, la division de Chasseurs Prussiens, les trois divisions Bavaroises perdirent rapidement plus de la moitié de leurs effectifs.
Pendant toute la journée, malgré la fumée gênante, les avions alliés repèrèrent les ponts jetés sur la Marne et les bombardèrent, en détruisant plusieurs.
 
Le 16 juillet, sur la gauche alliée, une division américaine se lança à la contre attaque et rejetta l’ennemi dans la Marne, empêchant tout élargissement de la tête de pont dans ce secteur.
Au centre, soutenus par des chars, les Français tinrent bon.
A droite,  les tranchées de deuxième ligne furent âprement défendues, limitant la poche dans cette région et empêchant l'avancée ennemie vers Épernay.
Au soir du 16, la tête de pont des Allemands au sud de la Marne, large d’une vingtaine de kilomètres, ne dépassait pas 5 kilomètres en profondeur .  Les Allemands avaient perdu 40.000 soldats contre 5.000 Français.
 
Le 18, les Allemands, démoralisés, se retirèrent progressivement.  Le lendemain, ils réoccupèrent leurs positions d'avant l'attaque.
La grande offensive qui devait, sous les yeux du Kaiser qui s'était déplacé pour l'occasion, mener les Allemands à Chalons en quarante-huit heures, était noyée dans le sang.
 
 
 
La seconde bataille de la Marne
 
 
Au lendemain de l'échec de l'offensive Friedensturm, dont les contemporains ignoraient alors qu'il s'agissait de l'ultime offensive allemande de la guerre, Foch, général en chef des armées alliées, décida de réduire la poche de Château-Thierry afin d'empêcher toute nouvelle tentative ennemie d'avancée vers Paris.
 
A l'aube du 18 juillet 1918, sur un front de 55 kilomètres, l'artillerie française déclencha un tir de barrage à l'abri duquel progressèrent 470 blindés des armées Mangin et Degoutte.
Dans le même temps, l'aviation alliée acquit la maîtrise du ciel.
Les 9ème et 7ème armées allemandes, fortes de 18 divisions dont 10 de première ligne, subirent le choc de plein fouet.  En dépit des mitrailleuses ennemies, les Français progressèrent irrésistiblement, s'emparant même de plusieurs pièces d'artillerie.
Au soir, les Français, soutenus par des éléments américains, avaient capturé 12.000 Allemands et avancé d'une dizaine de kilomètres sur un front large de 55 kilomètres.  Les Français s'étaient de même approchés à 3 kilomètres de Soissons.
 
A l'aube du 19 juillet, l'offensive reprit.  Presque partout, les Français gagnèrent du terrain, l'adversaire se rendant en masse devant les chars.
Après la prise par les Français du plateau de Priez, l'armée allemande de von Boëhm, menacée d'encerclement, évacua précipitement les rives de la Marne.
 
Le 20 juillet, désireux de reprendre l'initiative, Ludendorff engagea 5 nouvelles divisions dans la poche de Château-Thierry.  Les renforts allemands ralentirent la progression française mais ne parvinrent pas à la stopper.  Bientôt, la ville de Château-Thierry fut  menacée par les éléments avancés français.
 
Le 21, les Allemands multiplièrent les contre-attaques mais ils ne parvinrent pas à reprendre du terrain.
Pis encore, ils perdirent Château-Thierry et furent, par endroits, repoussés de 10 kilomètres. 
 
La vctoire française semblait totale : capture de 20.000 prisonniers allemands, de 400 canons, 3.300 mitrailleuses, usure irréparable de soixante divisions adverses, délivrance de Château-Thierry et obligation pour Ludendorff d’abandonner la poche de Fère-en-Tardenois où il ne pouvait plus ravitailler ses troupes, n'étant maître ni de Reims, ni de la voie ferrée au sud de Soissons .
 
Les Français victorieux entreprirent d'exploiter leur succès.
Le 24 juillet, plusieurs centaines d'Allemands furent encore capturés.
Le 25 juillet, la progression française se poursuivit, permettant la libération de plusieurs villages malgré des pertes parfois lourdes.  Ainsi, le 103è régiment d'infanterie française perdit, entre le 15 et le 25 juillet, tous ses officiers et 75% de ses effectifs.
 
Le 26, les Allemands se retirèrent derrière l'Ourcq dont ils détruisirent les ponts.
 
Le 27, les Français capturèrent Fère-en-Tardenois et Ville-en-Tardenois en dépit d'une résistance acharnée. 
 
 
Le 1er août, les Français atteignirent la ligne Grand Rozoy-Cramaille.
En déroute, von Boëhme accéléra son repli, se couvrant à l'aide de détachements de mitrailleurs qui reçurent l'ordre de se sacrifier pour ralentir l'avancée alliée.
 
Le 3 août, les Allemands furent contraints de se réfugier au-delà de la Vesle.
La poche de Château-Thierry fut ainsi totalement réduite et la voie ferrée Paris-Strasbourg libérée.
 
Pour l'Allemagne, l'échec de l'offensive Friedensturm et la défaite de la seconde bataille de la Marne furent catastrophiques.  Le pays n'était plus en position de menacer Paris et, surtout, ne disposait plus des moyens de lancer de nouveaux assauts.
 
Le 7 août 1918, Foch obtint la dignité de maréchal de France.
Le communiqué militaire français du jour fut rédigé en ces termes :  
«  Paris dégagé; Soissons et Château-Thierry reconquis de haute lutte; plus de 200 villages délivrés, 35 000 prisonniers allemands, 700 canons allemands capturés; 3300 mitrailleuses allemandes capturées; les espoirs hautement proclamés par l’ennemi avant son attaque écroulés; les glorieuses armées alliés jetées dans un seul élan victorieux des bords de la Marne aux rives de l’Aisne, tels sont les résultats d’une manœuvre aussi admirablement conçue par le haut-commandement français que superbement exécutée par des chefs et des soldats incomparables . »
 
L'initiative était définitivement passée du côté allié.  Dès le 8 août, une offensive générale fut lancée sur le front de Picardie, dans le secteur Montdidier - Amiens, en vue de percer la ligne Hindenburg, dernière position solide derrière laquelle les Allemands pouvaient envisager de se replier.