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La bataille de
Kut-el Amara
28 septembre 1915 - 29 avril
1916
La campagne de
Mésopotamie
La campagne de Mésopotamie débuta dès le
début de la Première Guerre mondiale, après que des politiciens britanniques,
essentiellement issus du ministère des Affaires indiennes, eurent suggéré qu'une
démonstration britannique dans le golfe Persique renforcerait la tendance des
Arabes à se tourner vers leurs maîtres ottomans, à défaut de se rallier à
l'Entente.
On espérait ainsi dissuader les Turcs d'envahir l'Egypte, une
mission impossible sans l'appui des Arabes, et assurer la sécurité de l'oléoduc
de l'Anglo-Persian.
Les Britanniques envahirent la Mésopotamie dès novembre
1914.
Bassorah tomba le 22 novembre de cette même année; Qurna, au
confluent du Tigre et de l'Euphrate, le 9 décembre; et Amrara le 3 juin
1915.
Une offensive turque, bénéficiant d'un large appui arabe,
intervint dans le secteur de Bassorah, les 11 et 13 avril, mais échoua.
D'autres conquêtes britanniques suivirent, dont celle de
Nasiriya le 25 juillet 1915, mais les pertes furent lourdes, tant des suites de
coups de soleil que des nombreuses maladies endémiques.
Les événements de
Kut
Le
général Sir John Nixon, chef du corps expéditionnaire indien, estima que la
province de Bassorah serait mieux contrôlée après la capture de Kut-el Amara, à
la jonction du Tigre et du Chott-al-Hai.
Kut était aussi la dernière étape avant la prise de Bagdad,
généralement considérée comme aussi importante que Constantinople.
En conséquence, le général Charles Townshend reçut la mission de
s'emparer de Kut.
Après une bataille livrée contre les Turcs à l'extérieur de la
cité, il pénétra dans celle-ci le 28 septembre 1915.
Peu après, alors que la campagne de Gallipoli tournait au désastre, il fut décidé " qu'un
succès frappant en Orient serait vital pour gagner les Arabes."
Le 23 octobre 1915, malgré certaines oppositions de militaires
et de politiciens britanniques, Nixon fut autorisé à prendre Bagdad.
Une bataille sanglante se déroula en novembre à Ctésiphon, à 90
km au sud de Bagdad. A l'issue de celle-ci, manquant de mordant, Townshend
se replia vers Kut qu'il atteignit le 3 décembre.
Le haut-commandement britannique s'estima capable de résister à
Kut, la place disposant de vivres pour deux mois. Si la ville pouvait être
tenue, elle offrirait également une barrière contre une progression turque vers
le golfe Persique. Par ailleurs, alors qu'elles se repliaient sur Kut, les
forces britaniques étaient trop épuisées que pour aller plus loin.
Hélas, les Turcs mirent le siège devant la ville et celui-ci
dura cinq mois.
Townshend accumula les erreurs en ne rationnant pas la
nourriture de la garnison et en cherchant pas de nouveaux
approvisionnements. Ses appels à l'aide amenèrent une désastreuse attaque
prématurée des Britanniques qui furent trois fois repoussés en janvier 1916,
après quoi les opérations de libération de la place assiégée furent
abandonnées.
Finalement, le 29 avril 1916, les Britanniques assiégés firent
leur reddition.
Les Turcs firent plus de 10.000 prisonniers britanniques et
indiens. Environ 2.000 d'entre eux, malades ou blessés, furent
libérés. En ce qui concerne les 8.000 autres, si les officiers furent bien
traités, les hommes furent affamés, battus, assassinés, se virent infligés des
mutilations sexuelles ou furent chassés dans le désert comme des animaux.
La moitié d'entre eux, soit environ 4.000, périrent de ces traitements.
Un théâtre
secondaire
En 1916, le ministère de la Guerre
britannique estima que ni Kut ni Bagdad ne constituaient d'importants objectifs
pour les Anglais.
En septembre, on débattit même d'un retrait complet de
Mésopotamie vers le printemps 1917, mais il fut finalement décidé de libérer la
rive droite du Tigre des forces ennemies.
Ce fut chose faite le 4 fevrier 1917. Vingt jours plus
tard, Kut fut reprise.
Malgré d'importants problèmes de ravitaillement, Bagdad fut
occupée le 11 mars, tombant ainsi aux mains de son treizième conquérant.
Les Turcs établirent des plans pour reprendre Bagdad mais les
difficultés rencontrées en Palestine les privèrent des effectifs
nécessaires.
La campagne de Mésopotamie coûta plus de 80.000 hommes aux
Britanniques, dont 29.000 morts.
Les Turcs y perdirent plus de 45.000 prisonniers et un nombre
indéfini mais excessivement élevé de morts et de blessés.
Les sièges de Kut et de Badgad, bien que valables à certains
égards, s'avérèrent ainsi bien trop meurtriers par rapport aux bénéfices
envisageables.
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