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La
bataille se poursuit
Le 14 avril, la bataille se poursuivit tout
aussi vigoureusement.
Aux assauts allemands, les Anglais répondirent avec leur
tenacité habituelle, ne perdant que peu de terrain.
Haig toutefois, voyant fondre ses réserves, envisagea l'abandon
de l'entièreté du saillant d'Ypres.
Foch, commandant en chef allié, s'opposa à ce repli et se dit
persuadé que l'offensive sur la Lys n'était qu'une puissante diversion, prélude
à une offensive massive contre un autre point du front.
Le 15 avril, les Allemands prirent Bailleul. Les
Britanniques réclamèrent alors le soutien immédiat de quatre divisions
françaises.
Le 16 avril, de Wytschaete à Merville, sur un front de 15
kilomètres, l'offensive allemande se poursuivit. Plusieurs localités, dont
Wytschaete, furent perdues, reprises et reperdues par des Britanniques qui
ne reculèrent qu'en cas d'absolue nécessité.
Foch estima que l'ennemi s'était enfoncé dans une poche d'une
vingtaine de kilomètres de largeur, dominé de partout par les positions
britanniques situées en hauteur comme, par exemple, sur le mont Kemmel.
Situées sur un terrain plat, les armées allemandes ne purent guère bouger
sans être aussitôt repérées par les observateurs alliés. Pour le
commandant en chef allié, il devint rapidement évident que l'offensive serait
contenue en ce point.
Le 17 avril, l'ennemi attaqua le mont Kemmel et fut repoussé
avec de lourdes pertes.
Le 18 avril, Ludendorff ne put enregistrer pour tout succès que
le dernier recul volontaire de la ligne britannique, qui s'installa de Gheluwelt
à Langemark, à l'est du saillant d'Ypres.
Un assaut allemand, tenté avec deux divisions, échoua
malgré des sacrifices énormes
Dans les heures qui suivirent, la bataille perdit en intensité,
les assaillants étant épuisés.
Le mont
Kemmel
L'offensive allemande reprit le 25 avril à
la jonction des armées britannique et belge.
A cette date, Foch avait toutefois transféré 4 divisions
françaises de renfort dans le secteur.
Ces renforts peinèrent cependant à contenir l'attaque furieuse
de 9 divisions allemandes qui se ruèrent le 25 avril, à 7 heures du matin,
contre le front Wytschaete-Dranoutre avec comme objectif principal le mont
Kemmel.
Dès le matin, le mont Kemmel fut entouré et enseveli sous un
déluge d'obus toxiques. Dans la soirée, ayant perdu 5400 hommes, les Alliés
abandonnèrent la position.
Le 26 avril, maître du mont Kemmel, Arnim infléchit son attaque
du nord vers l'ouest, progressant au prix de pertes terribles.
Le Corps alpin bavarois qui, au début de l'attaque, mettait en
ligne 140 soldats par compagnie, n'en aligna bientôt plus que 70 ou
80.
Le 27 avril, Locre tomba mais les contre-attaques alliées
bloquèrent les Allemands dans leur conquête
Le 28 avril, les troupes du Kaiser tentèrent un nouvel assaut
dans le secteur de Locre avec comme objectif le mont Rouge. Les
assaillants furent arrêtés, repoussés et même chassés du Scherpenberg qu'ils
avaient réussi à gravir.
Le 29 avril, un dernier assaut
échoua piteusement.
Les Allemands, épuisés, renonçèrent à prendre Ypres.
Cette attaque, menée par 10.000 hommes, fut un échec sanglant
pour les Allemands malgré la conquête de la localité de Locre. Une
contre-attaque française repoussa les assaillants qui, démoralisés, ne tentèrent
plus de nouvel assaut.
L'offensive sur la Lys était terminée.
Bilan
Si 160 divisions allemandes furent engagées après le
21 mars 1918, elles furent tellement éprouvées qu'il fallut appeler la moitié de
la classe 1919 et une partie de la classe 1920 pour combler les
vides.
De même, la plus grande partie des réserves
françaises furent engagées.
Pour parer à toute nouvelle offensive, depuis Compiègne jusqu'à
l'Alsace, Foch ne disposa plus dorénavant que de 20 divisions françaises et de 3
divisions britanniques, ces dernières étant rapidement retirées du front
car trop éprouvées et ne pouvant plus être considérées comme opérationnelles
avant longtemps.
En contrepartie, le général U.S. Pershing plaça en première
ligne 3 divisions américaines.
Néanmoins, dès le 1 mai, les Allemands, recevant sans
cesse des renforts de Russie, reconstituèrent leurs forces, disposant rapidement
d'une réserve de 62 divisions.
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