Les batailles célèbres de l'histoire
 
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La bataille de Mons - 23 août 1914
 
La Belgique envahie
 
 
Pour faire face à l'attaque allemande, le plan de guerre français, Plan 17, prévoyait une offensive à outrance en Alsace-Lorraine et dans le secteur de Metz.  Les Français craignaient que leur infanterie, uniquement entraînée dans l'optique d'une offensive, ne soit pas capable de résister sur la défensive à une armée allemande considérée comme mieux instruite.  Les Français se ruèrent donc en avant sans se soucier des pertes et sans considération pour la puissance d'arrêt des armes à feu de l'époque comme la mitrailleuse; beaucoup d'officiers estimèrent qu'il était chic de monter à l'assaut en gants blancs...
S'ils avaient renforcé les défenses belges, les Français auraient pu arrêter les Allemands sur la ligne Namur - Anvers.  Au lieu de quoi, les armées qu'ils lancèrent en Lorraine furent facilement repoussées.  Lors d'une attaque dans les Ardennes, les Français furent encore nettement battus.  Durant la bataille des frontières, les Français déplorèrent 300.000 pertes.  Dix pour cent de leurs officiers tombèrent au combat et durent être remplacés par des hommes issus du rang.
Attaquée dès le 5 août, la ville de Liège était tombée le 7.  Les Allemands s'infiltrèrent entre les forts qui, pilonnés par l'artillerie lourde, tombèrent l'un après l'autre.  Le fort de Loncin, malgré une vaillante résistance, fut mis en pièce par des obus trop puissants pour lui.
Arrêtés 96 heures par les fortifications de Liège, les Allemands retinrent la leçon.  L'artillerie lourde fut rapidement mise en oeuvre contre les forts de Namur qui, attaqués par près de 90.000 hommes, tombèrent rapidement.  Le 19 août, les Belges avaient évacués la tête de pont d'Andenne, au carrefour des routes de Ciney et de Durbuy, passage obligé pour le contournement de Namur.  Enragés par la résistance qu'ils rencontraient, les Allemands mirent la ville à sac.
L'armée belge recula en bon ordre devant le rouleau compresseur allemand, d'abord vers la place forte d'Anvers, puis vers les côtes de la mer du Nord.  
Un moment arrêtés à Haelen, puis à Aerschot, l'armée allemande pénètra dans Bruxelles, évacuée par la famille royale et le gouvernement, le 20 août 1914.
Enfin conscients du danger d'encerclement, les Français lancèrent leurs troupes en Belgique.  De violents combats eurent lieu à Dinant; le sous-lieutenant Charles de Gaulle fut blessé sur le pont enjambant la Meuse (le pont porte aujourd'hui son nom).  Les Allemands exercèrent de terribles représailles contre la population civile de la ville; la ville fut mise à sac et en grande partie incendiée.
Les armées allemandes fondirent sur Charleroi en suivant le cours de la Sambre.  Les Français résistèrent quelques temps dans le centre-ville.  Persuadés d'avoir à faire à des francs-tireurs, les Allemands progressèrent en utilisant des civils pour former des boucliers humains.  Ici aussi, des destructions importantes furent effectuées.  Menacés d'encerclement par des forces supérieures, les Français durent décrocher vers l'Ouest. 
Au final, la bataille de la Sambre constituait une nouvelle défaite pour les Français.
 
 
La bataille de Mons
 
 
Le corps expéditionnaire britannique, fraîchement débarqué, était à présent tout entier en campagne.  Après un regroupement effectué le 22 août dans la région de Maubeuge, les Anglais prirent position à Mons et s'y retranchèrent dans l'attente de l'arrivée des Allemands.
La position à défendre bordait le canal Mons - Condé, au nord-est de Mons.  Le canal ne constituait pas un réel obstacle à l'avance allemande car de nombreux ponts le traversaient.
Le 23 août, 90.000 Allemands se ruèrent sur les 30.000 Britanniques; l'attaque allemande se concentra sur le pont de Nimy.  Après un bombardement intense mais trop bref, les Allemands attaquèrent de front en formations serrées.  Le feu des Anglais fut si précis que les Allemands le prirent pour des tirs de mitrailleuses.  Dans leur absurde formation, les Allemands subirent de lourdes pertes.
Les fortes attaques allemandes furent contenues par une défense anglaise très vigoureuse.  Bien retranchés et peu visibles, les Anglais ouvraient un feu meurtrier sur les vagues d'assaut, infligeant des pertes de plus en plus lourdes aux Allemands.
Finalement, sous la pression d'une attaque allemande prolongée, les forces anglaises retraitèrent sur de nouvelles positions situées plus au sud.
Dans la soirée, une nouvelle ligne de défense anglaise avait été constituée.  Les Allemands, épuisés, n'avaient pas réussi à forcer le passage du canal.
Ce résultat sans conclusion caractérisa la bataille de Mons.
Dans la soirée, les Anglais apprirent que la 5ème Armée française rompait le combat à droite des positions anglaises et entamait la retraite.  La B.E.F. (British Expeditionnary Force) fut dès lors contrainte de reculer à son tour vers Maubeuge et Valenciennes.
Les hommes de troupe vécurent très mal cette retraite.  Ils considéraient Mons comme une victoire et ignoraient tout de la concentration menaçante de forces allemandes supérieures.
 

Le pont de chemin de fer de Nimy (vue actuelle)

 
Des résultats mitigés
 
 
Lors de la bataille de Mons, la 1ère Armée allemande avait été retenue toute une journée au prix de 1.600 pertes anglaises (3.000 selon certaines sources).  Les pertes allemandes ne furent pas chiffrées avec précision mais furent très supérieures, probablement de l'ordre de 7.000 à 10.000 tués et blessés.
Premier engagement anglais de la guerre, la bataille de Mons ne fut ni une victoire ni une défaite, mais une action retardatrice qui atteignit son but.
Contrairement aux autres armées européennes, basées sur le système de la conscription, l'armée anglaise, d'effectifs très réduits, était purement professionnelle.  Influencés par les difficultés de l'armée anglaise lors de la guerre des Boers, les Allemands considéraient avec mépris cette "petite armée" au déclenchement des hostilités.  Mons constitua à cet égard un réveil brutal.

l'exellent fusil anglais Lee Enfeld de la 1ère guerre mondiale