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La Belgique
envahie
Pour faire face à l'attaque allemande, le plan de guerre
français, Plan 17, prévoyait une offensive à outrance en Alsace-Lorraine et dans
le secteur de Metz. Les Français craignaient que leur infanterie,
uniquement entraînée dans l'optique d'une offensive, ne soit pas capable de
résister sur la défensive à une armée allemande considérée comme mieux
instruite. Les Français se ruèrent donc en avant sans se soucier des
pertes et sans considération pour la puissance d'arrêt des armes à feu de
l'époque comme la mitrailleuse; beaucoup d'officiers estimèrent qu'il était chic
de monter à l'assaut en gants blancs... S'ils avaient renforcé les défenses
belges, les Français auraient pu arrêter les Allemands sur la ligne Namur -
Anvers. Au lieu de quoi, les armées qu'ils lancèrent en Lorraine furent
facilement repoussées. Lors d'une attaque dans les Ardennes, les Français
furent encore nettement battus. Durant la bataille des frontières, les
Français déplorèrent 300.000 pertes. Dix pour cent de leurs officiers
tombèrent au combat et durent être remplacés par des hommes issus du rang.
Attaquée dès le 5 août, la ville de Liège était tombée le
7. Les Allemands s'infiltrèrent entre les forts qui, pilonnés par
l'artillerie lourde, tombèrent l'un après l'autre. Le fort de Loncin,
malgré une vaillante résistance, fut mis en pièce par des obus trop puissants
pour lui. Arrêtés 96 heures par les fortifications de Liège, les Allemands
retinrent la leçon. L'artillerie lourde fut rapidement mise en oeuvre
contre les forts de Namur qui, attaqués par près de 90.000 hommes, tombèrent
rapidement. Le 19 août, les Belges avaient évacués la tête de pont
d'Andenne, au carrefour des routes de Ciney et de Durbuy, passage obligé pour le
contournement de Namur. Enragés par la résistance qu'ils rencontraient,
les Allemands mirent la ville à sac.
L'armée belge recula en bon ordre devant le rouleau compresseur
allemand, d'abord vers la place forte d'Anvers, puis vers les côtes de la mer du
Nord. Un moment arrêtés à Haelen, puis à Aerschot, l'armée
allemande pénètra dans Bruxelles, évacuée par la famille royale et le
gouvernement, le 20 août 1914. Enfin conscients du danger d'encerclement, les
Français lancèrent leurs troupes en Belgique. De violents combats eurent
lieu à Dinant; le sous-lieutenant Charles de Gaulle fut blessé sur le pont
enjambant la Meuse (le pont porte aujourd'hui son nom). Les Allemands
exercèrent de terribles représailles contre la population civile de la ville; la
ville fut mise à sac et en grande partie incendiée. Les armées allemandes
fondirent sur Charleroi en suivant le cours de la Sambre. Les Français
résistèrent quelques temps dans le centre-ville. Persuadés d'avoir à faire
à des francs-tireurs, les Allemands progressèrent en utilisant des civils pour
former des boucliers humains. Ici aussi, des destructions importantes
furent effectuées. Menacés d'encerclement par des forces supérieures, les
Français durent décrocher vers l'Ouest. Au final, la bataille de la
Sambre constituait une nouvelle défaite pour les Français.
La bataille de
Mons
Le corps expéditionnaire britannique, fraîchement débarqué,
était à présent tout entier en campagne. Après un regroupement effectué le
22 août dans la région de Maubeuge, les Anglais prirent position à Mons et s'y
retranchèrent dans l'attente de l'arrivée des Allemands. La position à
défendre bordait le canal Mons - Condé, au nord-est de Mons. Le canal ne
constituait pas un réel obstacle à l'avance allemande car de nombreux ponts le
traversaient. Le 23 août, 90.000 Allemands se ruèrent sur les 30.000
Britanniques; l'attaque allemande se concentra sur le pont de Nimy. Après
un bombardement intense mais trop bref, les Allemands attaquèrent de front en
formations serrées. Le feu des Anglais fut si précis que les Allemands le
prirent pour des tirs de mitrailleuses. Dans leur absurde formation, les
Allemands subirent de lourdes pertes. Les fortes attaques allemandes furent
contenues par une défense anglaise très vigoureuse. Bien retranchés et peu
visibles, les Anglais ouvraient un feu meurtrier sur les vagues d'assaut,
infligeant des pertes de plus en plus lourdes aux Allemands. Finalement, sous
la pression d'une attaque allemande prolongée, les forces anglaises retraitèrent
sur de nouvelles positions situées plus au sud. Dans la soirée, une nouvelle
ligne de défense anglaise avait été constituée. Les Allemands, épuisés,
n'avaient pas réussi à forcer le passage du canal. Ce résultat sans
conclusion caractérisa la bataille de Mons. Dans la soirée, les Anglais
apprirent que la 5ème Armée française rompait le combat à droite des positions
anglaises et entamait la retraite. La B.E.F. (British Expeditionnary
Force) fut dès lors contrainte de reculer à son tour vers Maubeuge et
Valenciennes. Les hommes de troupe vécurent très mal cette retraite.
Ils considéraient Mons comme une victoire et ignoraient tout de la concentration
menaçante de forces allemandes supérieures.
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