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Les origines du
conflit
Durant la première décennie du vingtième siècle, l'Europe, avec
ses 450 millions d'habitants, rassemblait le quart de la population mondiale et
constituait le continent le plus riche et le plus moderne du globe. Les
petits Etats italiens et allemands avaient disparu et de nouvelles nations
étaient nées de la décomposition de l'empire turc : Serbie, Roumanie, Bulgarie,
Grèce, Albanie et Monténégro.
L'Europe centrale était dorénavant dominée par trois Etats
principaux : - l'empire allemand, en plein essor économique, s'était
constitué autour de la Prusse. Dirigée par Guillaume II, l'Allemagne rêvait de
conquêtes territoriales en Europe et dans les colonies; un de ses objectifs
était également de supplanter la puissance des Britanniques sur les mers. -
l'empire austro-hongrois, dirigé par François-Joseph Ier, luttait contre sa
décomposition en tentant de contenir les revendications nationalistes de ses
populations slaves, roumaines et italiennes. - le royaume d'Italie, récemment
constitué.
En 1914, ces trois nations s'étaient réunies dans la Triple
Alliance, se promettant assistance réciproque en cas d'attaque de l'une des
nations. L'empire turc s'était fortement rapproché de la Triple
Alliance pour des raisons conjoncturelles; des conseillers allemands ne
tardèrent pas à exercer une influence cruciale au sein du gouverment.
La France rêvait de revanche depuis sa défaite face à la Prusse
en 1870 et l'annexion, par cette nation, des régions d'Alsace et de
Lorraine. Les intérêts de la Russie s'opposaient d'autre part à ceux de
l'Autriche-Hongrie dans les balkans. Les deux nations se réunirent au
Royaume-Uni pour former la Triple-Entente.
Le Royaume-Uni voyait d'un mauvais oeil l'accroissement rapide
de la flotte de guerre allemande et s'engagea dans une course aux armements
navals. En 1913, les Anglais disposaient 105 cuirassés et bâtiments de ligne
contre 46 aux Allemands. En ce qui concerne les sous-marins, le rapport de
force, également en faveur des Britanniques, était de 70 à 23. Par
ailleurs, 15 navires anglais étaient en chantier contre 8 pour
l'Allemagne.
L'empereur Guillaume II, petit-fils de la reine d'Angleterre
Victoria, impulsif et quelque peu déséquilibré, contribua à l'aggravation des
tensions internationales. En 1913, la France porta la durée du service
militaire de deux à trois ans; la Belgique, pourtant neutre, instaura le service
militaire obligatoire. Les grandes puissances se tenaient mutuellement en
respect et il suffisait d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres.
Le
déclenchement
L'étincelle survint à Sarajevo, capitale de la
Bosnie-Herzégovine, ancienne province ottomane passée sous la domination de
l'Autriche-Hongrie.
Le 28 juin 1914, un terroriste serbe tua l'archiduc Ferdinand,
héritier de la couronne austro-hongroise, et sa femme.
Guillaume II encouragea l'Autriche-Hongrie à attaquer la Serbie
en guise de représailles. Cette dernière était soutenue par la Russie,
elle même soutenue par la France...
L'équilibre européen n'allait pas tarder à être victime de ses
systèmes d'alliance. Entraînés par leurs engagements respectifs et souvent
conseillés par des politiciens bellicistes, les dirigeants des grands Etats se
retrouvèrent plongés dans un conflit majeur sans l'avoir vraiment
souhaité.
Face à l'escalade des déclarations agressives de juillet 1914,
le Royaume-Uni demeurait dans l'expectative, donnant l'espoir aux Allemands
d'une victoire rapide sur la France.
Les Allemands savaient qu'ils ne pourraient supporter longtemps
l'effort d'une guerre sur deux fronts. Ils s'en référèrent donc au plan
Schlieffen de 1905 qui prévoyait une avance rapide et massive des forces
allemandes dans le nord de la France. En contournant les défenses
frontalières françaises, l'Allemagne espérait obtenir la victoire à l'Ouest en
six semaines. Ensuite, le réseau de chemin de fer allemand permettrait de
transférer les troupes à l'Est pour affronter les armées russes avant que ces
dernières n'aient achevé leur lente mobilisation.
Le 3 août 1914, l'Allemagne déclara la guerre à la France et,
pour hâter les choses, n'hésita pas à envahir la Belgique dont la neutralité
était garantie par Londres; les Anglais furent dès lors entraînés dans le
conflit. En ce début d'août 1914, la majeure partie des Etats européens se
trouvèrent impliqués dans la guerre : L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie d'une
part; la France, le Royaume-Uni (et ses dominions), la Belgique, la Russie et la
Serbie d'autre part. D'autres nations n'allaient pas tarder à suivre.
Des membres des alliances, seule l'Italie resta, provisoirement, en-dehors
du conflit, s'interrogeant sur le meilleur parti à
prendre.
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