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Les
batailles célèbres de l'histoire
Attention, le site
déménage
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Le massacre de
Sand Creek - 29 novembre 1864
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La
question indienne
Le premier traité signé entre les Etats-Unis d'Amérique et une
tribu indienne le fut en 1778, avec les Indiens Delaware. En moins d'un
siècle, un peu plus de 360 autres traités allaient suivre. En général, les
Indiens n'en comprenaient pas un mot et les Blancs n'en respectèrent pas une
ligne.
En 1789, le gouvernement U.S. prit les Indiens "sous sa
protection". En plus d'un système de propagande destiné à faire des
Indiens des alliés du gouvernement, on instaura des postes de traite chargés de
fournir aux Indiens diverses marchandises sans bénéfice. Ces
établissements furent vite supplantés par des compagnies privées, comme la
Compagnie des Fourrures Américaines, dont le fonctionnement était basé sur le
profit... Après la Guerre de Sécession, le gouvernement américain institua
les réserves indiennes où les Indiens seraient parqués, de gré ou de force, sur
des "terres réservées" (dont personne d'autre ne voulait) qui seraient leur
propriété. Véritablement lancée en 1868, cette politique se poursuivit
pendant une vingtaine d'années au terme desquelles les Indiens, ou plutôt ce qui
en restait, furent cantonnés sur des terres stériles et inhospitalières.
Durant toute cette période, les tribus indiennes, dont certaines
constituaient de véritables nations et d'autres des groupes de nomades sans
organisation, prirent le "Sentier de la Guerre" contre l'envahisseur
blanc. Les guerres indiennes furent caractérisées par une succession
d'escarmouches et d'embuscades brêves et brutales dans lesquelles les
adversaires ne se firent pas de quartier.
| |  | John Chivington |
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Sand Creek
Au matin du 29 novembre 1864, une colonne de cavaliers
américains progressait au Nord de Fort Lyon, au Colorado. Ces hommes
appartenaient au troisième régiment de volontaires de la Cavalerie du Colorado
et étaient sous le commandement du colonel J.M. Chivington, un ancien
prédicateur méthodiste. La colonne avait progressé de 500 kilomètres en
dix jours, et ce dans une soixantaine de centimètres de neige.
Complètement gelés, les cavaliers étaient harangués par l'officier en termes
durs "tuez et scalpez grands et petits. Le temps me dure de patauger dans
le sang. Ne laissez pas les lentes devenir des poux...".
Les cavaliers arrivèrent en vue du camp des Cheyennes du Sud,
sur les rives du Sand Creek (la Rivière au Sable) et se déployèrent en ligne de
bataille le long d'une crête. Le chef indien Black Kettle (Chaudron Noir) fut
avisé de la présence d'un millier de cavaliers et prit ses dispositions
pour leur rendre hommage. Il fit hisser à un poteau un drapeau blanc et la
bannière étoilée des Etats-Unis que d'autres grands chefs blancs lui avaient
remis en gage de paix et d'amitié. Tandis que Chaudron Noir expliquait aux
Indiens qu'ils n'avaient rien à craindre des "Grands Sabres", six guerriers
furent envoyés, en guise de bienvenue, au devant des cavaliers américains.
A cet instant, Chivington donna l'ordre de l'attaque...
Les six guerriers tentèrent de faire demi-tour pour donner
l'alerte mais furent encerclés et massacrés à coups de sabre par une nuée de
cavaliers. Les Blancs fondirent sur le village en déchargeant leurs armes,
abattant nombre de femmes et d'enfants. Chaudron Noir ordonna la retraite
à ses guerriers; ceux qui restèrent en arrière pour couvrir le repli furent
rapidement massacrés. Il n'y avait que la moitié des guerriers indiens qui
étaient armés car le chef Chaudron Noir avait, afin de témoigner du désir de
paix des Indiens, fait déposer la moitié des armes de son peuple à Fort
Lyon. Lorsque les derniers guerriers se mirent à creuser le sable pour
tenter une ultime résistance, quatre canons furent mis en batterie et les
Peaux-Rouges furent hachés sur place... Les rares survivants furent
poursuivis à plus de dix kilomètres du village. Quelques rescapés, qui
s'étaient cachés au fond des cabanes, furent traqués et égorgés. Le
massacre ne se termina que lorsqu'il ne resta plus ni homme, ni femme, ni enfant
indiens à tuer. Les soldats se partagèrent les chevaux indiens et les
rares possessions découvertes dans les cabanes et les tentes avant d'incendier
le village.
Plus de 300 Indiens avaient perdu la vie. La cavalerie
déplora 9 tués et 38 blessés, dont 7 devaient mourir par la suite. Les
cavaliers emportèrent une centaine de scalps qui furent exposés à l'opéra de
Denver... Dans son rapport au gouverneur du Colorado, Chivington nota
qu'il avait tué 500 Indiens, détruit 130 cabanes et capturé 500 mules et
chevaux.
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| | |  | Vue actuelle du site de Sand Creek qui fut rebaptisé Big Sandy |
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Le
signal de la révolte
Lorsque l'ampleur du massacre fut connue, une vague
d'indignation souleva le pays. Sous la pression populaire, une commission
d'enquête fut mise en place par le gouvernement afin d'enquêter sur
l'affaire. Les Etats-Unis versèrent une indemnité financière à la nation
Cheyenne mais les hommes de Chivington restèrent impunis. En effet, la
durée d'engagement des volontaires n'était que de 100 jours et, à la conclusion
de l'enquête, Chivington et ses hommes étaient hors d'atteinte de la justice
militaire.
La vengeance des Indiens débuta quelques jours plus tard lorsque
la petite ville de Julesburg fut détruite par le feu. Les raids se
multiplièrent contre les colons blancs pour lesquels les Indiens ne devaient
plus jamais avoir de pitié. Au début de 1865, plus de 8.000 soldats
durent être ramenés des fronts de la Guerre de Sécession pour combattre les
Indiens. Des centaines de Blancs innocents payèrent de leur vie le
massacre de Sand Creek. Des dizaines de fermes et de relais furent brûlés
et leurs occupants torturés et massacrés. Trois convois d'émigrants furent
anéantis en une seule journée sans que ne survive une seule personne. Un
quatrième, protégé par une forte escorte de soldats, n'évita pas un sort
similaire. Les années à venir allaient s'avérer bien plus meurtières
encore...
Chivington, grand responsable de ces atrocités, retourna dans
son Ohio natal et y redevint prédicateur méthodiste. Il se présenta
ultérieurement à une élection locale mais, hué à chacune de ses apparitions par
les cris de "Sand Creek", il fut contraint d'abandonner ses ambitions
politiques. Il finit par quitter l'Etat et se fit
oublier...
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