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Les
batailles célèbres de l'histoire
Attention, le site
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La bataille de
Caporetto
24 octobre - 16 novembre
1917
L'Italie en
guerre
En 1882, vexée de l'occupation française de
la Tunisie, l'Italie s'allia à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie en signant la
Triple Alliance.
En 1914 toutefois, partageant plusieurs
intérêts avec les alliés, l'Italie décida de ne pas s'engager dans la guerre aux
côtés des puissances centrales et de renier ses obligations, s'interrogeant
sur le meilleur parti à prendre.
En 1915, l'échec de l'offensive allemande
poussa l'Italie à entrer en guerre aux côtés des alliés. Prudemment
toutefois, les Italiens se bornèrent à déclarer la guerre à l'Autriche, le 23
mai 1915, espérant naïvement garder les armées allemandes à distance de ce
théâtre d'opération.
Aucun pays n'entra dans le premier conflit mondial aussi mal
préparé que l'Italie. Aucun plan d'attaque n'avait été élaboré, les
politiques italiens ayant informé leurs généraux du revirement d'alliance trois
semaines avant le début des hostilités.
L'Italie avait espéré que l'Autriche s'effondrerait à la
suite des offensives russes mais celà ne se produisit pas et l'empire des
Habsbourgs parvint même à consolider ses positions à la frontière italienne. L'Italie
garda toutefois une légère supériorité, de l'ordre de 4 contre 3, vis-à-vis des
Autrichiens.
Le front italo-autrichien s'étirait tout au long des Alpes,
terrain difficile où les adversaires s'acharnèrent à rechercher la percée
décisive jusqu'en 1917.
La vallée de l'Isonzo fut le théâtre de plusieurs offensives
italiennes en 1915 et au début de 1916. Ces assauts n'amenèrent aucun
résultat concluant pour l'Italie.
En mai 1916, ce fut au tour des Autrichiens de passer à
l'attaque. Leur offensive leur permit pratiquement d'atteindre les plaines
de Vénétie mais les Italiens furent finalement sauvés par le déclenchement de
l'offensive Broussilov ainsi que par l'assaut
allié sur la Somme. Toutefois, le moral italien
commença grandement à chanceller au lendemain des revers subis.
La situation fut aggravée, le 27 août 1916, par une
déclaration de guerre inconsidérée à l'Allemagne.
En août 1917, l'Italie lança une onzième offensive sur l'Isonzo
mais échoua à percer le front autrichien. Si 25.000 Autrichiens furent
capturés, 148.000 Italiens y furent mis hors de combat.
A l'automne 1917, la situation de l'Italie était catastrophique
:
-
outre les pertes énormes subies, l'artillerie faisait
dramatiquement défaut
-
les Britanniques, occupés à monter l'offensive des Flandres,
et les Français, mis à mal au Chemin des Dames, ne pouvaient fournir le
moindre renfort
-
les grandes villes industrielles (Milan, Turin...) étaient en
proie à des manifestations ouvrières ou pacifistes
-
l'effondrement russe allait permettre un retour massif
d'effectifs allemands et autrichiens sur le front des
Alpes.
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| | | |  | La rivière Isonzo |
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Les
préparatifs des Centraux
L'Autriche, elle même, n'était guère en
mesure de lancer une offensive majeure contre l'Italie, faute de supériorité
numérique.
En 1917 toutefois, les Allemands acceptèrent de
prêter leur concours pour persuader l'Autriche, tentée de signer une paix séparée,
de rester en guerre.
L'opération commune, baptisée Waffentreue (frères d'armes),
combina 15 divisions - 7 allemandes et 8 autrichiennes.
Le plan d'attaque, essentiellement dû au général
Lüdendorff, prévoyait une percée sur le front montagneux de l'Isonzo et une
offensive rapide vers Udine qui obligerait l'ennemi à une retraite
générale.
La principale concentration de troupes serait effectuée dans la région
de Tolmino, vallée encaissée entre des parois rocheuses hautes de 1200 à 1800
mètres et contrôlée par l'artillerie italienne.
Les préparatifs centraux n'échappèrent pas au général Capello,
chef de la deuxième armée italienne, mais le commandant en chef italien,
Cardona, estima que sa puissance de feu suffirait à faire échouer n'importe quel
assaut. Il négligea de renforcer ses tranchées, précaires, dans le secteur
de Tolmino et ne s'inquiéta pas davantage du moral inexistant dans les rangs
italiens.
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L'assaut
Fixée au 22 octobre 1917, l'offensive fut
reportée de deux jours à cause de mauvaises conditions climatiques.
Au matin du 24 octobre, l'artillerie autrichienne ouvrit le feu
le long d'un front de 40 kilomètres, entre Monte Rombon et Auzza, faisant un
large usage des gaz contre des défenseurs aux masques inefficaces.
Le général Capello tomba malade et fut contraint de s'alliter
mais décida, imprudemment, de garder le commandement de la deuxième armée
italienne.
La douzième division allemande s'empara de Caporetto et s'avança
dans les montagnes défendues par deux corps italiens. En tête, un
bataillon de montagne du Wurtemberg, commandé par le capitaine Erwin Rommel,
traversa la première ligne italienne avant de bousculer la seconde.
Manoeuvrant rapidement, Rommel s'empara de la crête du Colovrat puis du
Cragonza. Sans prendre de repos, la troupe s'élança vers le Mrzli et le
Matajur dont les pentes furent rapidement gravies. 1.500 Italiens de la
brigade Salerne jettèrent leurs armes et se rendirent aux 100 fantassins
allemands ! Quelques centaines de mètres plus haut, 1.200 Italiens
supplémentaires furent capturés. Une fois les hauteurs conquises, Rommel
accorda du repos à ses hommes : 100 Allemands venaient de capturer 150
officiers, 9.000 soldats et 81 canons au prix de 6 tués et 30 blessés. La
victoire du capitaine Rommel, appelé à se faire un nom, accéléra
l'effondrement de la résistance italienne dans le secteur de Tolmino -
Caporetto.
Le 25 octobre, le feu de l'artillerie autrichienne se prolongea
tandis que l'infanterie montait à l'assaut sur toute la longueur du front.
Les ailes italiennes soutinrent le choc mais le centre,
entre Saga et Auzza, céda rapidement.
Le 26, le plateau de Bainsizza tomba aux mains des
Centraux. Cadorna, désemparé, transfera son quartier général d'Udine à
Padoue.
Sur le point d'être encerclés, les effectifs italiens du secteur
de Caporetto se décomposèrent rapidement.
L'organisation inepte des trois lignes de défenses italiennes
s'avéra criante. La première, tenue par l'essentiel des défenseurs, était
intenable car chevauchant les positions avancées autrichiennes et suivant un
tracé irrégulier. Les seconde et troisième, plus profondes, étaient...
discontinues.
Le 27 octobre, ayant franchi la région montagneuse, les
Austro-Allemands marchèrent sur Cividale.
Du côté italien, ce fut la déroute. Des divisions
entières, avec leur artillerie, tombèrent aux mains de l'ennemi. Une
retraite générale prit rapidement des allures de panique.
De nombreux soldats jettèrent leurs armes, d'autres
accueillirent l'ennemi aux cris de "E viva l'Austria !", phénomène sans
précédent sur les fronts occidentaux. De nombreux hommes quittèrent les
rangs pour fuir plus vite; des dizaines de milliers de déserteurs fuirent
jusqu'aux Abruzzes.
La désintégration de la 2ème armée italienne amena la 3ème armée
à battre en retraite tout en abandonnant l'essentiel de son matériel aux
envahisseurs.
Le 28 octobre, la ville de Cividale del Friuli tomba tandis
qu'un sort identique attendait Gorizia et Udine. Entre le 25 et le 28
octobre, 60.000 Italiens avaient été capturés ainsi que plusieurs centaines de
pièces d'artillerie.
Dès le 2 novembre, les Autrichiens franchirent l'obstacle du
fleuve Tagliamento et se dirigèrent vers la Piave.
A la nouvelle du désastre, la France et la
Grande-Bretagne envoyèrent quelques divisions au secours des Italiens.
A partir du 10 novembre 1917, les forces limitées des Centraux
et la surprise des Austro-Allemands devant l'ampleur de leur victoire
commençèrent à jouer en faveur des Italiens qui s'étaient repliés derrière la
Piave, à 130 kilomètres à l'ouest de Caporetto.
Le 16 novembre, le front se figea après l'échec de l'assaut
autrichien contre le mont Tomba.
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| | | |  | Vue de Caporetto (auj. Kobarid, Slovénie) |
| |  | Région de Caporetto |
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Une
défaite écrasante mais non décisive
A Caporetto, l'Italie faillit s'effondrer
totalement.
Même si l'offensive germanique fut finalement contenue, l'Italie
vit son front repoussé de près de 150 kilomètres et perdit, en un mois, 300.000
prisonniers et la moitié de son artillerie. Si l'on ajoute aux
prisonniers, les hommes tués, les blessés et les déserteurs, on atteint un
chiffre de pertes proche des 800.000.... Les pertes allemandes et
autrichiennes dans le secteur s'élevèrent à 5.000 hommes environ.
Les Italiens cédèrent à la panique
car ils n'avaient aucune volonté de tenir, aucune confiance en leurs chefs, et aucun soutien de la
population. Caporetto fut au-delà d'une défaite militaire, ce fut une
défaillance nationale. Désespéré, le général Cardona commenta : "Ca
n'a pas été une bataille... cela a été une grève militaire. L'armée a été
vaincue non par l'ennemi extérieur mais par l'ennemi intérieur."
Paradoxalement, l'ampleur du désastre poussa les Italiens à se
dépasser.
En novembre 1917, le président du Conseil, Boselli, jugé trop
âgé et incompétent, fut remplacé par Vittorio Orlando. Le commandant en
chef, Luigi Cardona, insouciant du sort de ses hommes et intolérant, fut
destitué au profit d'Armando Diaz, un chef apprécié de la troupe.
Mis à part l'extrême gauche, les politiques formèrent un front
commun.
Le 24 octobre 1918, ce sera une armée italienne revigorée qui
franchira la Piave et percera la front autrichien à Vittorio Veneto, provoquant
la demande d'un armistice par l'Autriche, le 30 octobre...
En ce sens, ce sera une seconde entrée en
guerre que l'Italie connaîtra à la fin de 1917...
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