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Les
batailles célèbres de l'histoire
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La bataille de
Messines
Juin 1917
Préambule
Au
début de l'année 1917, le cours de la guerre restait, dans l'ensemble,
défavorable aux Alliés. Certes, les Allemands avaient subi des pertes
sévères à Verdun
et sur la Somme mais leurs
armées occupaient toujours des territoires étrangers et avaient écrasé la Serbie
et la Roumanie. De plus, la Russie menaçait de s'effondrer.
En Grande-Bretagne, le massacre de la Somme avait entraîné la chute du Premier ministre Asquith
et son remplacement par David Lloyd George. En France, Joffre avait été
remplacé par Nivelle à la tête des armées du Nord.
Malgré tout, l'optimisme revint dans le camp allié.
La production d'armes et de munitions atteignit des
records. Par ailleurs, 1.200.000 Britanniques combattaient aux côtés de
2.600.000 soldats français et coloniaux. En ajoutant à ces chiffres la
petite mais combative armée belge, 3.900.000 Alliés faisaient face à 2.500.000
Allemands. La doctrine offensive prévalut donc même s'il était depuis
longtemps établi que la supériorité numérique de l'assaillant n'était plus un
facteur important face à la puissance de feu des mitrailleuses modernes.
En avril et mai 1917, Nivelle attaqua sur le " Chemin des Dames" et y subit une défaite
fracassante. Il fut remplacé par les génréraux Pétain et Foch qui
décidèrent d'une politique défensive dans l'attente de l'arrivée massive des
Américains, récemment engagés dans le conflit.
Pourtant, de son côté, le général Haig, commandant des forces
britanniques, s'estima en état de mettre un terme, seul, à la guerre en
cours. Faisant fi des mises en garde françaises, il mit au point une
offensive qui se voulait décisive dans les Flandres. En cas de succès, les
Allemands perdraient leurs bases sous-marines de la mer du Nord et les Belges
récupéreraient une partie de leur territoire national, privant ainsi les
Allemands d'un atout lors de futures négociations de paix.
Ainsi, Haig choisit de porter son effort contre le saillant de
Messines et Wytschaete afin de réduire le saillant allemand existant au sud
d'Ypres.
Le terrain de
l'offensive
Messines et Wytschaete étaient bâtis sur une
ligne de collines qui s'étendaient sur 25 kilomètres et culminaient
à 80 mètres. Occupée par les Allemands dès1914, la position avait
été fortifiée et surplombait les lignes alliées. Réduits à un tas de ruines, les
villages avaient été transformés en véritables bastions. Outre Messines et
Wytschaete, les hameaux environnants, les fermes et les bois constituaient de
sérieux obstacles à toute avance.
La première ligne allemande était constituée d'un
redoutable réseau de tranchées et de barbelés épaulé par une série de bunkers en
béton.
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| | | |  | Messines : carte du secteur |
| |  | Restes d'un bunker allemand |
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Le
minage de la crête
Pour percer ce dispositif, les Britanniques
imaginèrent de faire exploser, sous les positions allemandes, 450.000 kilos
d'explosifs disposés dans des galeries creusées sous les lignes
ennemies.
De multiples galeries s'enfonçèrent, à trente mètres sous terre,
et s'approchèrent à une cinquantaine de mètres des positions allemandes.
La galerie la plus longue, celle de Kruisstraat, atteignit une longueur de 660
mètres.
Outre le fait que le travail de sape était pénible
et dangereux, les mineurs durent aussi prendre soin de dissimuler les
matériaux extraits afin d'éviter leur repérage par les avions d'observation
ennemis.
Les Allemands devinèrent toutefois les intentions alliées mais
sans en deviner l'ampleur. Ils se mirent aussi à creuser des galeries
et, le 7 juin 1917, s'approchèrent à 50 centimètres de l'une des mines mais sans
la découvrir. De fait, des 22 mines placées, une seule sera trouvée et
neutralisées par les forces du Kaiser.... Sur les 21 restantes, 19
exploseront au moment choisi. L'avant-dernière explosera accidentellement,
sans faire de victime, en 1955. La dernière reste enfouie à ce jour,
en un lieu oublié, sous le sol de Messines.
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| | | |  | Messines, vue des positions allemandes vers les lignes alliées situées en contrebas |
| |  | Vue à partir de la ligne britannique |
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L'assaut
Le premier objectif britannique était formé
par un arc de cercle, d'environ 15 kilomètres, s'étendant de Saint-Yves à Mont
Sorrel. L'objectif final était la ligne Oosttaverne qui dessinait, sur 4
kilomètres, la corde dudit arc.
En vue de l'assaut, les Britanniques déclenchèrent un
bombardement massif qui dura une semaine et empêcha les Allemands d'être
ravitaillés ou relevés. Ce bombardement fit perdre l'effet de surprise
classique mais il s'agit là d'un détail mineur car la véritable surprise
viendrait de l'explosion des charges souterraines.
Le7 juin 1917, vers 3 heures 10 du matin, les Britanniques
déclenchèrent l'explosion des charges souterraines. La première ligne
allemande fut totalement désorganisée et rapidement prise d'assaut par la
première vague britannique.
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| | | |  | Le cratère de Spanebroekmolen, vue actuelle |
| |  | Le site de l'explosion de 1955 |
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Neuf divisions alliées, regroupant 80.000
hommes et soutenues par trois unités de réserve, avançèrent sur le front large
de 15 kilomètres. En de nombreux endroits, les défenses allemandes avaient
été anéanties. Lorsque les Britanniques progressèrent parmi les débris de
béton ou de métal et parmi les restes humains, ils ne tombèrent que sur une
poignée de survivants abasourdis et prêts à se rendre sans résistance.
Dès 7h00, les Britanniques atteignirent les limites de
Messines. Un régiment bavarois, réfugié dans les ruines des habitations, prit
pour cibles les assaillants. Rien n'enraya cependant l'offensive des
soldats néo-zélandais. Dans les caves fortifiées, cinq casemates et une
dizaine de nids de mitrailleuses furent rapidement enlevés. Au nord du
village, un char britannique transforma en amas de ruines la ferme Swayne où
était installée une mitrailleuse allemande.
Messines fut conquise rue par rue. L'église, puis
l'Institution Royale, ancien orphelinat transformé en quartier général allemand,
tombèrent. A 7h30, les Néo-Zélandais achevèrent la prise de la localité en
s'emparant du cimetière et du moulin. Les forces alliées s'engagèrent sur
la route de Werwicq, surnommé "Chemin des Boches" afin de poursuivre la
progression vers Oosttaverne.
Les lignes de défense de Wytschaete furent percées dans la
matinée. En quelques heures, plus de 7.000 Allemands furent capturés dans
le secteur, de même que 161 pièces d'artillerie et 300 mitrailleuses.
En début d'après-midi, les réserves alliées furent
engagées. A 15h10, l'ensemble de la crête de Messines était conquis.
Les pertes alliées atteignirent les 16.000 hommes mais le succès
fut jugé total. Les Britanniques se fortifièrent sur le terrain conquis et
repoussèrent aisément, le lendemain, les contre-attaques allemandes.
Un succès mal
compris
A Messines, le succès allié fut total et
l'opinion publique, lasse des défaites à répétition, y trouva un grand
réconfort.
Les Alliés avaient appris que toute opération devait reposer sur
l'effet de surprise et viser des objectifs aussi limités que concrets.
Hélas, le général britannique Haig s'imagina qu'il pourrait
rééditer l'exploit dans le secteur de Passchendaele. Négligeant le fait que
la destruction, par l'artillerie, des canaux de drainage avait transformé une
partie du terrain en surface marécageuse, il organisa une "percée
décisive".
Plus réalistes, les Allemands avaient assimilé la nature du
terrain et abandonnèrent le concept des lignes de retranchement pour appuyer
leur défense sur des points fortifiés tout en ménageant l'infanterie pour les
contre-attaques.
Tout aux délices de Messines et n'envisageant aucune solution
aux problèmes de la boue, Haig allait bientôt être responsable de la fin
tragique de dizaines de milliers de jeunes Britanniques dans les boues de
Passchendaele...
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