|
Le
Chemin des Dames
Le Chemin des Dames s'étend sur une
trentaine de kilomètres sur une ligne de crêtes entre Laon et Soissons,
dans l'Aisne.
Petit chemin champêtre, il fut empierré à la fin du XVIIIe siècle pour en faciliter l'usage par les filles de
Louis XV, Adélaïde et Victoire. En l'honneur des élégantes, il
qui prit le nom de Chemin des Dames.
Mauvais
augure
Le 15 février,
les Allemands s’emparèrent du plan d’attaque générale sur le corps d'un
officier tué. Les Anglais souhaitèrent
abandonner le projet, mais Nivelle ne renonça pas.
Anticipant l'attaque des Alliés,
le général allemand Ludendorff décida de replier ses troupes à l'abri d'un
réseau de tranchées, la ligne Hindenburg, et renforça le secteur de 13 divisions
supplémentaires. Le terrain abandonné fut fortement piégé et les points
d'eau empoisonnés.
La situation s'en trouva fortement modifiée mais Nivelle ne
changea rien à son plan, restant persuadé d'une percée aisée. Jamais il ne
sembla se rendre compte de la présence de 43 divisions
allemandes, à peine moins que le nombre de divisions alliées, et de l'absence de
tout avantage pour les assaillants.
Ne manquant pas de prédire une attaque
fracassante, Nivelle déclara : « l’artillerie pulvérisera les défenses
allemandes, les troupes françaises franchiront la colline et prendront leur
petit déjeuner le lendemain à Laon ».
L'assaut
L'offensive Nivelle, également connue sous
le nom de "seconde bataille de l'Aisne", débuta le 9 avril 1917 par une attaque
de diversion britannique dans le secteur d'Arras. Cette diversion connut
un succès certain car les Allemands furent contraints à une retraite de 10
kilomètres après plusieurs jours de lutte.
L'assaut principal sur le Chemin des Dames fut lancé à l'aube du
16 avril, après une forte préparation d'artillerie.
Tirailleurs sénégalais en tête, 20 divisions
françaises se heurtèrent aux solides positions tenues par la septième armée
allemande. Soumis à des tirs d'armes automatiques, les assaillants
tombèrent par millers d'autant plus qu'ils tentèrent de chasser l'ennemi de
positions dominantes (plateau de Californie, caverne du Dragon,...). Sur
le plateau, chaque ferme avait été transformée en forteresse, chaque
bosquet et chaque casemate de première ligne regorgeaient de
mitrailleuses. Tel fut le rempart que les Français durent
franchir.
Nivelle tenta de soutenir son infanterie en lançant dans la
bataille de peu performants chars Schneider, affligés d'un réservoir à l'avant,
qui furent aisément mis hors de combat par les défenseurs.
Au soir du 16 avril, l'avance n'était que de 500 mètres.
Cette progression insignifiante avait coûté 30.000 hommes aux Français.
Nivelles s'obstina. Au 30 avril,
il avait perdu 147.000 soldats contre 21.000 pour les
Allemands. Consolation insignifiante, les Français s'étaient emparés du village de Craonne, réduit
à un tas de ruines, le 19 avril.
Les soldats se sentirent victimes d’une
scandaleuse boucherie dont le seul but avait été de
satisfaire l’appétit de gloire d’un général qui les avait sacrifiés.
Finalement, devant l'étendue du massacre et la chute du moral
des unités françaises, Nivelle fut destitué, le 15 mai, et remplacé par Philippe
Pétain.
L'offensive du Chemin des Dames fut une défaite gravissime pour
les Français.
Annoncée comme La bataille
décisive, elle se solda par un massacre et un échec total. Au final, la France
y perdit plus de 180.000 hommes (jusqu'à 280.000 selon certaines
sources). Sur un front de 30 kilomètres de large, cela représente 6 hommes perdus par mètre
de front....
Pertes effroyables... pour un résultat
nul...
|