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Les
batailles célèbres de l'histoire
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L'année 1915 et
la seconde bataille d'Ypres
22 avril - 28 mai
1915
Ypres N°2, la guerre des
gaz
Au printemps 1915, les Allemands
introduisirent les gaz sur le front Ouest dans l'espoir de parvenir à la percée
tant désirée par tous les belligérants.
En janvier de la même année, les gaz avaient déjà été utilisés
sur le front russe mais le froid en avait annulé la plupart des effets.
Si d'aventure le plan d'attaque réussissait, les Allemands s'estimaient
capables de repousser l'ensemble des forces britanniques concentrées dans le
saillant d'Ypres et de percer en direction des ports du nord de la France ou,
peut être même, d'envelopper l'ensemble du flanc gauche allié. En
revanche, tant que les Alliés conservaient ce saillant, ils gardaient une
sérieuse possibilité de contre-offensive en direction de
Bruxelles.
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| | | |  | La progression allemande vers Ypres lors de la seconde bataille du nom |
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Dans le mois précédant l'attaque, nombre de
prisonniers allemands avaient cité l'existence de containers de gaz asphyxiants
mais l'état-major allié ne s'en émeut guère. La Convention de Genève
interdisait le recours à ce type d'armes et, dans le pire des cas, il fut jugé
qu'une attaque au gaz n'aurait que des effets mineurs et locaux.
Le 22 avril 1915, les Allemands déclenchèrent le bombardement du
secteur d'Ypres à l'aide des obus concernés.
Les premières troupes à être atteintes par les nuages de gaz
chlorhydrique furent celles de la 45 ème division algérienne.
Un témoin rapporta : " Les hommes s'avançaient, frappés de
panique, les yeux exhorbités, étouffant en courant. Beaucoup tombaient,
les membres convulsés et les traits déformés dans la mort..." Ces gaz
étaient mortels car brûlant le tissus pulmonaire. La guérison, pour peu
qu'elle fut possible, exigeait énormément de temps.
Par ailleurs, les moyens de protection alliés s'avérèrent
inefficaces. Les premières méthodes de protection contre les gaz se
limitèrent généralement à l'utilisation de mouchoirs mouillés, à la rigueur
enduits de bicarbonate de soude. Les premiers masques à gaz efficaces
n'apparurent guère avant l'été 1916...
Les Allemands se lançèrent à la poursuite des troupes alliées en
fuite mais nombre d'assaillants tombèrent dans leurs propres nuages de
gaz.
Le 24 avril, les Alliés engagèrent des renforts canadiens afin
de renforcer leur position. Ceux-ci subirent d'énormes pertes du fait
d'une seconde attaque au gaz mais, dans l'ensemble, l'assaut allemant fut
contenu.
Le lendemain toutefois, les assaillants parvinrent à s'emparer
de nombreuses hauteurs dominant la cité d'Ypres.
Les Britanniques engagèrent un vaste mouvement de repli entre le
1er et le 3 mai 1915. Le 8 vit une nouvelle percée allemande à l'issue de
combats meurtriers dans le secteur de la crête de Frezenberg mais le succès se
paya d'un prix tel que l'avance fut vite abandonnée.
Du 24 au 25 mai, l'armée allemande déclencha une nouvelle
attaque au gaz sur la crête de Bellewaarde mais l'avance qui en résulta resta
limitée.
Finalement, les adversaires vinrent chacun à manquer de
munitions et la bataille s'éteignit d'elle-même.
La bataille d'Ypres constitua une première dans le sens où le
matériel fut opposé aux hommes.
Cette bataille meurtrière constitua, à coup
sûr, le plus grand succès militaire allemand de l'année 1915 sur le front de l'Ouest. Rien que pour le mois de mai 1915,
les Britanniques perdirent 60.000 hommes, contre 10.000 Français et 47.000 Allemands
Sur l'ensemble du premier conflit
mondial, 1.000.000 d'hommes furent victimes des gaz et 90.000 en moururent. Toutefois,
le taux de mortalité tomba de 40 %, en avril 1915, à 2,5 % en 1918. Si
les gaz ne furent à l'origine que de 1 % des décès entre 1914 et 1918,
la plupart des "gazés" moururent précocement, devinrent aveugles ou
restèrent gravement handicapés au niveau pulmonaire. C'est ce que rappelle le monument
érigé Steenstraat, àYpres : "Depuis, il meurt encore chaque jour, dans la paix,
des victimes de ces procédés abominables".
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| | | |  | Ypres, la Halle aux Draps en 1918 |
| |  | Ypres, même emplacement de nos jours |
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| | | |  | Tranchée dans le secteur du Bois du Sanctuaire (Zillebeke) |
| |  | Du 22 au 24/04/1915, plus de 2.000 Canadiens périrent autour de ce monument (secteur nord du front) |
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1915 : la guerre dans l'impasse
Au printemps 1915, la guerre de
mouvement avait fait place à la guerre de tranchée. Le recours aux mitrailleuses
et aux réseaux de barbelés s'imposa pour la défense de centaines de
kilomètres de front et toute attaque frontale fut dès lors vouée à
l'échec.
A l'Ouest, la bataille de la
Marne avait mit un terme à l'offensive allemande après la conquête de
la Belgique et des régions industrielles du nord-est de la France. A
l'Est, en dépit de l'immense triomphe de Tannenberg,
les Empires centraux se virent rapidement menacés par une Russie disposant
d'inépuisables ressources humaines. Par ailleurs, les Centraux se
trouvaient quasiment isolés de la Turquie, leur nouvel allié depuis octobre
1914.
L'Italie, de son côté, rejoignit les Alliés le 23 mai
1915. Quoique liée aux Centraux par des alliances antérieures, cette
nation était restée dans l'expectative près d'un an et avait prudemment assité à
l'échec des principales offensives de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie avant
de se décider. Dans un accès de prudence, les Italiens se bornèrent
simplement à déclarer la guerre à l'Autriche (ce qui n'empêcha nullement les
Allemands d'intervenir par la suite sur ce front afin d'y soutenir leur
allié).
Bloquée dans ses bases par la toute puissante Royal Navy, la
marine allemande ne put soutenir les colonies germaniques d'Asie et d'Afrique
qui tombèrent, pour la plupart, en cette année 1915. Par exemple, le
Japon, qui avait rejoint les rangs alliés le 23 août 1914, s'empara aisément des
îles Carolines dès octobre de la même année.
Tout semblait donc indiquer la possibilité d'une victoire
alliée en 1915. Les Alliés, toutefois, ne disposaient pas d'un
commandement unifié : du côté britannique, c'était lord Kitchener qui dirigeait
les opérations; du côté français, c'était le général Joffre; du côté
russe, c'était le grand-duc Nicolas. Très compétent d'un point de vue
individuel, ces chefs ne se concertèrent guère afin de mettre en place un plan de guerre commun.
Un autre élément jouant en défaveur des Alliés était le fait que
l'Allemagne produisait du matériel à un rythme bien supérieur à leur rythme
propre.
L'année 1915 fut celle des grandes opérations sur le front de
l'Est. Hindenburg, devenu commandant en chef de l'ensemble du front
oriental, prit le plan Schlieffen à contre-pied en proposant de mener une guerre
défensive à l'Ouest et de faire peser l'effort de guerre allemand contre les
Russes.
Toutefois, ce furent les Russes qui prirent l'initiative d'une
offensive, en direction de la Prusse orientale et des Carpathes, au
printemps 1915. Une désastreuse défaite subie en Prusse, dans la région
des lacs masuriques (7 au 21 février 1915), les contraignit au repli.
En avril, l'initiative revint aux Centraux. L'offensive
majeure fut lancée en Galicie sous la direction du général von Mackesen, le 28
avril 1915. A l'issue de celle-ci, les Russes reculèrent en désordre
provoquant, dès les premiers jours de mai, la désintégration de leur front des
Carpathes. Le 3 juin 1915, la forteresse autrichienne de Przemysl, perdue
au lendemain de la bataille de Lemberg, fut reconquise
par les Centraux.
Au nord, une offensive secondaire fut lancée en direction de la
Lettonie et de Riga par le général von Below.
Dans ce même secteur nord, une puissante offensive allemande débuta au
nord de la Pologne (tandis que les Autrichiens remontaient du sud-est, suivant la
tactique préconisée en 1914 par le commandant en chef autrichien von Hötzendorf). Menacés
d'encerclement, les Russes durent évacuer Varsovie le 5 août
1915 et furent contraint à la retraite générale jusqu'à la ligne Riga -
Czernowitz. Pour la Russie, l'année s'acheva sur un bilan désastreux qui marqua
le début de la fin pour le régime tsariste. Les pertes, énormes, ne
furent jamais précisément évaluées mais le nombre des prisonniers atteignit, à
lui seul, selon les sources allemandes, le chiffre astronomique de 750.000 hommes
!
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| | |  | Evolution du front de l'Est en 1915 |
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En octobre 1915, les Centraux se virent
dans la possibilité d'attaquer la petite Serbie qui avait héroïquement résisté
aux offensives autrichiennes depuis août 1914. La Bulgarie, attirée par la
perspective de gains territoriaux, rejoignit les Centraux le 6 septembre
1915. Attaquée à partir de l'Autriche et de la Bulgarie, la Serbie
s'effondra permettant la jonction des Centraux avec leur allié turc.
Les défaites alliées n'en étaient pas pour autant parvenues à
leur terme. L'offensive italienne contre l'Autriche s'enraya
rapidement. Sur le front de l'Ouest, les tentatives de percée échouèrent
lamentablement à Neuve-Chapelle en mars, à Ypres en avril, en Champagne en
septembre... Quant à l'expédition des Dardanelles, elle aboutit à
un échec complet et à l'évacuation des têtes de pont alliées à partir du 19 décembre 1915. 1915,
l'année de tous les espoirs, n'avait pas permis de sortir de
l'impasse...
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