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Le corps dans tous ses états

« Le corps dans tous ses états »[1]

 

 

BERNARD ROBINSON

Docteur en psychologie, psychanalyste

 

 

I. Introduction

            Les réflexions qui vont suivre sur « l’objet de la psychomotricité » sont issues d’un travail mené depuis quelques années dans le cadre d’un cours intitulé « Thérapies du Développement », destiné à des étudiants en psychomotricité.  Avec ces étudiants nous nous sommes demandé : qu’est-ce que la psychomotricité? Que sont les pratiques psychomotrices? Quel est l’objet spécifique de la discipline?  D’un point de vue pratique, ou technique, nous nous sommes rapidement aperçu, en consultant la littérature, qu’on pouvait y faire à peu près n’importe quoi pourvu qu’on mette le corps en mouvement dans l’espace, qu’on privilégie le plaisir sensori-moteur,  la personne, la relation, plutôt que le corps-instrument dont les premiers rééducateurs s’était saisi pour le redresser. D’un point de vue théorique, nos lectures nous ont appris que les psychomotriciens de langue française avaient fait un amalgame de quelques idées phénoménologiques (le corps vécu), quelques idées psychanalytiques (l’image du corps, le fantasme, le transfert), le tout lié par une sauce idéologique qui reprenait les grands thèmes classiques des psychothérapies humanistes à la mode américaine (la personne globale, le vécu, les émotions, le plaisir, la relation, le refus de déconstruction). Entendant les étudiants parler de leurs stages et lisant quelques rares écrits cliniques de psychomotriciens, je trouvai que ces « rééducations » et ces« thérapies »  étaient intéressantes dans différents contextes de prise en charge institutionnelle, mais que la question des indications ne semblait pas se poser de façon suffisamment élaborée. Il fallait se demander, à mon sens, dans quelles pathologies la « psychomotricité » pouvait être en souffrance, et articuler cette question à une interrogation sur l’objet scientifique de la psychomotricité et sur les techniques utilisées. De quel corps s’agit-il ? Comment s’articule la « psychomotricité » humaine avec les autres aspects du psychisme humain? Comment déconstruire l’humain comme objet de science ? Qu’est-ce qu’on vise en pratique psychomotrice ? Qu’est-ce qu’on fait ? A qui s’adresse la thérapie? Pourquoi fait-on ceci plutôt que cela avec telle personne? Quel rapport y-a-t-il entre ce qu’on fait et la problématique ou la pathologie? Comment poser la question de la fin du traitement? Que doit savoir et savoir faire un psychomotricien? Mes questions restaient en suspens, mais elles rejoignaient les mêmes questions travaillées depuis longtemps dans les sciences humaines, et particulièrement dans la clinique psychothérapique. Je décidai donc de les travailler au cours, en gardant la perspective épistémologique que nous avions adoptée pour examiner la littérature et en essayant d’aller au-delà des écrits classiques souvent cités : Wallon, Piaget, de Ajurriaguerra, Merleau-Ponty, Strauss, Dolto, Sami-Ali, Fédida, et d’autres...

 

            Le problème à résoudre est de penser à la fois le développement de l’enfant, la structure de l’humain et les pathologies qui s’y rapportent. Dans le passé, les pédagogues ont privilégié les modèles linéaires du développement humain et ont mesuré les pathologies en terme de retards, à partir des bilans psychomoteurs, par exemple. La pédagogie se faisait alors rééducative. Mais comprenant que les fonctions n’étaient pas indépendantes les unes des autres, les psychomotriciens ont cherché des modèles plus adéquats. Renonçant à sanctionner les retards par rapport à une norme, et influencés par l’essor des psychothérapies, ils se sont centré sur la relation ici et maintenant et ont transformé la psychomotricité en thérapie corporelle, délaissant les problèmes cliniques que les bilans psychomoteurs leur permettaient cependant de repérer. Ce n’est pas pour autant qu’ils ont mieux défini l’objet de leur discipline. Serge fauché l’a rappelé récemment (Du corps au psychisme- Histoire et épistémologie de la psychomotricité, PUF, Paris, 1993)

Comment penser la psychomotricité non pas seulement en terme de développement mais aussi en terme de structure? Comment penser le corps, la sensation et le mouvement dans leur étroite intrication avec la pensée et la vie de relation? Michel Bernard avait posé ces questions dans son livre (Le corps, Éditions Universitaires, Paris, 1976), mais s’était essentiellement centré sur un catalogue historique de différentes approches possibles du corps en sciences humaines.

 

II. Position du problème

            La question la plus difficile quand on parle du corps est de savoir de qui est le corps. J’ai un corps, je suis un corps. Les phénoménologues, avant les psychanalystes, ont ouvert cette  question. Ce qu’il s’agit d’essayer d’articuler ce sont ces rapports entre le Corps, le Sujet, Autrui et le Monde.. C’est cette question-là que les psychomotriciens veulent aborder dans certains de ses avatars pathologiques. Mais jusqu’à présent, à mon sens, leur tentative se résume en trois positions de principes qui doivent soutenir et justifier l’entreprise.

 

            1) Première position de principe. D’un point de vue idéologique, affirmer comme un dogme original la nécessité d’une approche globale de l’être humain. Cette position porte sans doute la trace de l’origine de la discipline lorsqu’on s’aperçoit que l’être humain est une structure unitaire que les différentes sciences humaines ne peuvent approcher que par une décomposition arbitraire. Cette décomposition arbitraire ne rend pas compte de certains faits cliniques. L’évolution du concept indique cette perspective idéologique de rassemblement, jusque dans la lettre: psycho-moteur s’écrit d’abord en deux mots, avec un trait d’union, puis vers 1970 en un mot. Il s’agit toujours, en psychomotricité, de rassembler, d’unifier, de conjoindre, d’articuler. La perspective clinique et théorique de départ s’étant essoufflée, elle trouve un regain d’essor à partir des années soixante lorsqu’arrivent en Europe les thérapies humanistes américaines. On peut d’ailleurs remarquer des amalgames étranges: les principes de la thérapie non-directive de Carl Rogers sont confondus avec quelques thèmes psychanalytiques qui ont passé la rampe. Cet amalgame produit un leitmotiv idéologique puissant : la thérapie centrée sur la relation. Ce principe, toujours affirmé de façon redondante, est l’arbre qui cache la forêt, selon la définition de l’idéologie par Lapassade. Pour moi, idéologie n’est pas science.

 

            2) Deuxième position de principe. D’un point de vue théorique, cependant, cette position idéologique est constamment contredite dans les écrits des psychomotriciens qui utilisent, côte à côte, les différents modèles issus des sciences humaines: médecine, psychologie, sciences sociales, phénoménologie, psychanalyse, éthologie... Cette juxtaposition ne semble jamais les déranger, chaque nouveau modèle étant toujours le bienvenu pour compléter la perspective globale à priori. Pour moi, la juxtaposition d’éclairages théoriques différents ne peut pas fonder une discipline spécifique.

 

            3) Troisième position de principe. Du point de vue des pratiques, la règle est de laisser le choix à l’inspiration de chaque praticien, cette position étant justifiée par un principe issu de la psychanalyse, principe simplement transposé, qui veut que la psychomotricité du thérapeute est nécessairement engagée et que c’est un médiateur essentiel de l’évolution de la prise en charge. Pour moi, ce principe laisse vide une recherche méthodologique sérieuse.

 

Ces trois principes me paraissaient insuffisants pour fonder une discipline clinique originale. L’absence de modèle véritablement clinique empêchait de penser ce que la pratique imposait : envisager en même temps les pathologies abordées et les thérapies proposées comme une intrication du corps, de l’identité et du rapport à autrui et au monde, tout en tenant compte des acquis de la psychanalyse concernant l’originalité langagière de l’être humain.

Pour avancer il fallait, me semble-t-il, renoncer à poser cette intrication bio-psycho-sociale comme une nécessité éthique, politique, voire morale, et s’apercevoir que, spécifiquement pour l’homme, cette intrication est un problème en soi. C’est la psychanalyse qui a inauguré cette perspective anthropologique dans son aspect clinique : pour chacun d’entre nous et dès la naissance, les rapports entre le monde, le corps, le Je, et l’autre, sont un problème, un problème de structure, et nous avons à le faire avancer chacun à notre manière à l’intérieur d’une culture donnée. Cette question ne se présente pas tout à fait de la même manière à différents moments du développement, à différents moments de l’existence. La psychanalyse a inauguré un modèle de pensée qui à la fois décontsruit la structure de l’être humain et peut rendre compte de la temporalité du développement.

 

Par la suite, deux modèles d’anthropologie clinique se sont développés à la faculté de Psychologie de l’Université de Louvain: le modèle de Szondi développé par le professeur Schotte et ses élèves, et le modèle de Gagnepain, développé par le professeur Pirard et son équipe. Ils ont en commun de pouvoir fonder une anthropologie clinique pathoanalytique, selon l’expression de Schotte, c’est-à-dire une anthropologie qui trouve son fondement dans les entités nosographiques systématisées en tant qu’elles sont révélatrices de la structure du sujet humain, c’est-à-dire définitoires de la condition humaine. La caractère heuristique de ces modèles me paraissait propice à éclairer les questions que je me posais à propos de la psychomotricité.

 

Je ne peux pas ici vous initier à la logique de ces modèles. Je me contenterai d’en évoquer quelques principes et d’en tirer un enseignement pour esquisser des réponses à nos questions de psychomotriciens.

 

III. La théorie de la médiation de Jean Gagnepain et la dialectique de la personne.

            Gagnepain constate à partir des pathologies que notre humanité spécifique se déconstruit en quatre médiations qu’il appelle : le signe, l’outil, la personne et la norme. On peut être malade d’une de ces médiations sans que le principe des trois autres soit altéré. Cependant, une pathologie dans la dynamique d’un de ces principes aura des conséquences sur les résultats du fonctionnement des trois autres. Les médiations sont indépendantes dans leur principe, mais ont des incidences les unes sur les autres. Par exemple on peut être aphasique (dysfonctionnement du principe du signe, sans avoir de pathologie de la médiation de l’outil, de la norme ou de la personne. Cependant l’aphasie peut avoir pour conséquence secondaire des problèmes de relation à autrui, médiation de la personne, sans que le principe de celle-ci soit altéré. Et réciproquement, une pathologie du principe de la communication (médiation de la personne), la psychose par exemple, n’altère pas le principe du signe, bien que ces malades prennent des libertés avec le langage. Ils conservent cependant le principe spécifiquement humain d’analyse grammaticale, c’est-à-dire d’analyse logique.

 

            Bien que les psychomotriciens se soient intéressés au corps comme lieu particulier d’une analyse technique (médiation de l’outil), ils ont vraisemblablement laissé les problèmes cliniques posés par les atechnies (apraxies par exemple) aux ergothérapeutes, pour se centrer, du moins en France, sur les problèmes posés dans la médiation de la personne. C’est pourquoi je me contenterai aujourd’hui d’explorer la question uniquement de ce côté là.

Qu’est-ce que la médiation de la personne pour Gagnepain?

C’est le principe spécifiquement humain qui veut que nous émergions à la capacité d’analyser notre rapport immédiat au monde, à nous-mêmes et aux autres. Ce principe d’analyse, que Gagnepain appelle la personne, suppose que nous soyons capables de nous absenter du monde, de nous mêmes et de l’autre, de céer une sorte de vide d’existence. Mais il suppose dans le même mouvement que ce vide d’analyse que nous créons, nous le remplissions immédiatement, nous l’investissions concrètement dans l’échange et la communication avec le monde, nous-mêmes et les autres. Le moment d’analyse inclut dans le principe de la personne, y introduit l’arbitraire qui nous complique la vie. Contrairement aux trois autres principes d’analyse, le signe, l’outil et la norme, auxquels l’enfant émerge précocement, ce qui le rend parfaitement humain sur ces plans-là, il n’émerge au principe d’analyse de la personne qu’à la puberté. Il est donc réduit à s’imprégner de la personne de l’autre, d’abord le parent, qui l’inclut dans son monde relationnel en lui faisant une place. Puisqu’il s’agit d’un principe humain d’analyse et d’investissement, la place que nous faisons à l’enfant peut être différente dans ses formes concrètes, d’une société à l’autre, d’un individu à l’autre.

 

Qu’est-ce que ces perspectives nous apportent pour éclairer la psychomotricité?

 

Deux concepts forgés par Gagnepain pourraient permettre d’articuler théorie et clinique en psychomotricité. Il s’agit des concepts d’incorporation et d’imprégnation. Ils sont particulièrement développés dans un ouvrage d’un de ses élèves, Jean-Claude Quentel (L’enfant - Problèmes de genèse et d’Histoire, De Boeck, 1993)

Ces deux concepts sont liés l’un à l’autre. Voici comment on pourrait les introduire dans une réflexion à propos de la psychomotricité.

Selon le modèle, l’enfant ne paraît pas pouvoir entrer dans un rapport à autrui du même ordre que l’adulte. Il n’a pas émergé, comme celui-ci, à la capacité d’analyse d’une relation de sujets. Il s’en suit, à mon sens, que sa psychomotricité est différente de celle de l’adulte, et qu’elle est autre que ce qu’en disent les psychomotriciens. L’enfant n’a pas son corps, comme nous pouvons l’avoir, même si pour nous cet avoir n’est pas sans poser problème. L’enfant est nécessairement le corps que la culture, l’environnement, lui donne, sans que cet emprunt puisse être analysé par lui-même. L’enfant cumule ces emprunts, il ne les récapitule pas. Il ne peut pas changer son corps, sauf en empruntant un autre modèle de culture. L’enfant n’a donc pas d’histoire, il est nécessairement dans l’histoire de l’autre. Comment alors expliquer qu’il puisse apprendre, qu’il puisse rester identique dans la diversité de ses transformations? C’est qu’avant même l’émergence à la personne qui permet l’appropriation et la délimitation de ce qui est à moi et de ce qui ne l’est pas (dans le cadre d’un échange), il faut postuler ce qu’il en est de la constitution d’un sujet qui autorise la délimitation immédiate (donc sans analyse) de ce qui est moi et non-moi; ou mieux la délimitation d’un extérieur et d’un intérieur, d’un dedans et d’un dehors. Ce moment précoce de constitution, Gagnepain l’appelle incorporation. Pour moi, de ce point de vue, l’enfant n’a pas un corps, il est un corps. C’est ce qui fait que l’enfant n’ayant pas la responsabilité de lui-même, ni de son corps, ni  de son langage, ni de ses normes, il donne l’impression d’une plus grande spontanéïté qui nous fait envie, par nostalgie. Je pense que l’incorporation, cette gestaltisation de l’individu, pourrait être l’objet spécifique de la psychomotricité, à condition de les distinguer des gestaltisations sur les autres plans : sensorielle, opératoire et pulsionnelle. Quentel et Quimbert ont montré qu’on peut redéfinir l’autisme infantile précoce à partir de l’incorporation. L’autiste, appelé alors asomasique, indique dans la clinique que l’incorporation chez lui n’a pas opéré comme chez d’autres.

C’est l’incorporation qui permet à l’enfant l’imprégnation, c’est-à-dire l’emprunt des usages, qui pallie chez lui au retard d’émergence à la personne, principe d’analyse du rapport à autrui, retard par rapport aux trois autres principes d’analyse du signe, de l’outil, de la norme. En s’imprégnant, l’enfant cumule les expériences et s’enrichit de nouveaux usages. L’enfant apprend l’usage des mots, mais aucunement la signiifcation; il découvre l’usage des outils, mais non le principe de fabrication; il imite l’usage des désirs ou des règles, mais non la règlementation elle-même. C’est pourquoi l’enfant est très influençable quand il est pris dans un lien de familiarité.

Cette perspective a une conséquence dans l’approche clinique en psychomotricité, comme en psycho-pédagogie évidemment. Elle permet de différencier l’autiste (qui n’incorpore pas et donc ne peut s’imprégner), de l’handicapé mental qui incorpore, donc s’imprègne des usages, mais reste définitivement incapable d’analyse de son identité, ce qui lui permettrait de prendre la responsabilité de soi-même et d’entrer de plein pied dans l’échange social. Cette particularité de l’handicapé mental devrait permettre de comprendre les difficultés qu’il a avec son corps, dans le rapport à autrui notamment et en tenir compte dans les prises en charge psychomotrices.

 

            Cette perspective trouve une confirmation et un développement clinique particulièrement fécond en se rapportant au second modèle dont je vous ai parlé: le schéma pulsionnel de Szondi tel qu’il a été développé à Louvain sous la houlette du Professeur Jacques SCHOTTE.

 

De façon évidente le modèle pathoanalytique a systématisé le modèle freudien. Il a permis une déconstruction de la nosographie psychiatrique qui s’est ouverte largement sur d’autres questions anthropologiques.

 

 

IV. Déconstruction à partir du schéma pulsionnel de Szondi

            J’ai donc amplifié la déconstruction que permet le système pulsionnel de Szondi, à partir du schéma que propose Jean Mélon dans Dialectique des Pulsions (p 22), en interrogeant les intrications entre le corps, le Je, et le rapport à autrui.

 

            Chez Mélon on pose donc quatre champs anthropologiques: champ fusionnel, champ spéculaire, champ transgressif, champ subjectif. Je suggère, dans la foulée, quatre niveaux corporels, quatre modalités de rapports entre le corps, le Je et l’autre. Dans la logique du schéma pulsionnel et de la théorie des circuits, ces quatre niveaux doivent aussi être envisagés comme quatre types de problèmes à résoudre, successifs et jamais résolus, chaque niveau prenant le relais du précédent, le dernier accomplissant la boucle annoncée dès le premier.

 

            1. Au niveau fusionnel, le corps n’est pas unifié. Il n’est pas encore refermé sur lui-même. Le Je est réduit aux sensations du corps, par bribes et morceaux. On pourrait dire « il y a du corps ». Le Je de l’enfant et le corps se confondent dans chaque sensation du moment. Mais cette confusion est problématique. Le rythme est ici un premier point de repère, l’enfant étant la sensation tout entier. Il est réduit à cette sensation. Quand il a mal, il est tout entier le mal. Quand il est repus, il est tout entier la satisfaction. Il y a ici une forme de globalisation, mais qui n’est pas une totalité. Le Je, pas plus que le corps, ne se saisissent comme totalité. Ils sont englobés dans l’ensemble de la situation qui est éprouvée comme sensation ou comme humeur, pas comme affect ni comme sentiment. Chaque sensation est un monde en soi. Je et corps sont ballottés au rythme des sensations, elles-mêmes rythmées sur les rythmes biologiques et ceux de l’environnement. L’environnement fait partie de la situation, de la totalité englobante,  donc y compris la mère. Il n’y a pas d’autre au sens habituel du terme. La première forme d’altérité est sans doute à chercher, comme Freud l’avait vu, dans les oppositions qualitatives des sensations: plaisir-déplaisir, satisfaction-douleur. Ce n’est pas la mère qui est bonne ou mauvaise, c’est la situation qui est agréable ou désagréable. C’est clair que les psychomotriciens choisissent, sans doute par nécessité clinique, d’explorer avec leurs patients ces premières modalités de rapports au monde, de rapports à soi et de rapports à l’autre. par l’intermédiaire des opposés plaisir-déplaisir, tension-détente, et en recourant aux différentes modalités sensorielles. La pratique répandue du Snoezelen, inventé en Hollande pour les handicapés mentaux et leurs familles et qui permet une exploration sensorielle variée, est un signe parmi d’autres de ce choix clinique.

 

Pour l’enfant, mais donc pour nous aussi, dans ce champ fusionnel, le problème à résoudre est de contenir les sensations. Il faut que cela prenne consistance, comme dit Lekeuche (p93). Chaque sensation forme un monde dans lequel l’enfant est pris. Le danger propre à ce niveau corporel c’est de n’avoir pas de contenant, pas de lieu. Les sensations risquent d’emporter corps et sujet, je devrais dire pré-sujet, dans le désordre et la violence. Le désordre et la violence indiquent ici des caractéristiques de la pulsion que les psychomotriciens, faute de modèle adéquat, ne voient généralement pas. Pour rendre compte du danger que doit éviter le psychisme, j’ai choisi le mot disloquer, dans le sens d’éparpiller. Il faut contenir les sensations sous peine d’être disloqué. Chez l’enfant, qui à ce niveau est extrêmement dépendant, c’est l’ensemble de la situation qui donne une unité à la sensation, au corps et au Je, comprenant d’un seul tenant, lui-même et le monde qui l’entoure. Le contact renvoie à la situation globale de « l’être-là », de la présence. Et le « là », du point de vue corporel, c’est la sensation, ce sont les sensations. La sensation est le milieu même, l’ambiance même. C’est pourquoi j’ai appelé le corps, dans ce champ fusionnel, le corps sensationné, dans la mesure où il n’est qu’un lieu de sensations.

 

On peut facilement reconnaître dans cette première modalité d’existence corporelle, ou d’existence tout court, la dimension lyrique qu’Emil Staiger a repérée dans « Les concepts fondamentaux de la poétique » (traduction, Lebeer-Hossmann, Bruxelles, 1990). Szondien avant la lettre, Staiger comprenait que cette dimension lyrique, pour nous contactuelle, vise une présence ininterrompue; disons une sensation ininterrompue. Ce qui est impossible. Seule la répétition peut préserver de la dissolution, dit-il. répétition sous la forme de la cadence. Depuis longtemps, répétition, cadence, rythme sont des ingrédients techniques privilégiés des pratiques psychomotrices de base, comme si les patients indiquaient aux thérapeutes que c’est par là qu’il faut commencer et que c’est à cela qu’il faut toujours revenir.

 

            2. Au niveau spéculaire, le corps s’unifie, se ferme sur lui-même, se donne des frontières, et le Je s’identifie tout entier au corps unifié. Ici, ce n’est plus « il y a du corps », mais « je suis ce corps-là ». Ce serait encore plus net de dire « Je est ce corps-là », ou « Il est ce corps-là », dans la mesure où, comme Schotte nous l’a indiqué, c’est de la troisième personne dont il s’agit. C’est un moment d’auto-totalisation. Si au premier niveau le Je est confondu avec le corps, ici il se trouve en s’identifiant au corps unifié. Jubilation de cette trouvaille qui donne un lieu précis aux sensations, même si la trouvaille est du ressort de l’imaginaire, et c’est en cela qu’elle est problématique, contrairement à ce que pensent les psychomotriciens. L’imaginaire fait ici son office. C’est à partir des découvertes de Wallon que Lacan repéra ce moment structural de constitution d’une première matrice du corps unifié, d’une première identification. Il y a montré l’entrée en jeu de l’autre dans le même mouvement, de l’autre en tant qu’objet L’objet et le sujet se constituent concomitamment. Le Je se réduit à l’objet vu, regardé, aimé. Le Je se réduit au corps instrumenté, instrumental, capable de performances motrices diverses

 

Le problème à résoudre ici est de maintenir cette unité et de coordonner les segments du corps en objet unifié, telle que l’image l’exige. Le stade du miroir, dit Mélon (p104) inaugure la dialectique du tout et des parties, avant d’introduire à celle du même et de l’autre. Il faut maintenir l’unité, sous peine d’être handicapé. Le danger, c’est la perte de l’unité, de la totalité. Le décalage entre l’image totalisatrice et l’évolution du schéma corporel chez l’enfant ouvre la béance possible de l’handicap. De ce point de vue, nous sommes tous handicapés, par effet de structure. L’autre, c’est à la fois celui qui me voit, me regarde, me désire, m’aime, celui auquel je m’identifie. C’est bien le problème des enfants handicapés, et surtout les handicapés mentaux, de ne pas correspondre à l’idéal imaginaire des parents. Ils se perçoivent toujours comme décevants. Comme si l’enfant handicapé mental devinait qu’il n’est pas aimé comme tel. Tandis que pour les enfants normaux, ça peut toujours faire illusion. A cause de cette position d’objet du corps dans le champ spéculaire, on peut parler de corps objectivé. C’est évidemment à partir de cette modalité d’existence corporelle qu’on peut baser une rééducation fonctionnelle du corps. C’est cette illusion du corps-objet et les avatars sadiques qui en découlent que les psychomotriciens ont rejetés en rejetant la rééducation au profit de la thérapie psychomotrice. Mais n’ont-ils pas jeté l’enfant avec l’eau du bain?

 

            3. Au niveau transgressif, le corps devient l’enjeu, le lieu même d’une normalisation. Il est marqué inévitablement par l’accession de l’enfant à la règle, à la norme sociale. Le corps devient traversé d’interdits et donc l’objet d’une transgression possible. Les zones du corps sont hiérarchisées en fonction de ces interdictions: zones nobles, zones honteuses, qui varient selon la culture. Le corps entre dans la négation possible et inévitable. Je suis honteux de ce corps-là, donc je ne suis pas ce corps-là. A l’affirmation du champ spéculaire,  « je suis ce corps-là », répond la négation du champ transgressif,  « je ne suis pas ce corps-là ». S’ensuivent honte, gêne, pudeur, quand on le cache, et plaisir quand on l’exhibe. Le corps est devenu le médiateur obligé du Je moralisé. Le Je l’habille, le montre, le cache, donne à ses performances, ses sensations, ses capacités, ses odeurs, ses formes, son style, des valeurs partagées culturellement. Si dans le champ fusionnel le Je se confond, si dans le champ spéculaire il se trouve, dans le champ transgressif, il se perd et se désolidarise du corps interdit et désiré par l’autre. Cette perte est tout aussi problématique que la confusion du premier niveau et la trouvaille du second.

 

Le problème à résoudre est de maîtriser le plaisir du corps normalisé, de maîtriser l’interdit, sous peine d’être frustré. Le danger c’est de perdre le plaisir parce qu’on n’a pas la maîtrise de la loi. On peut toujours faire la loi soi-même, transgresser l’ordre des générations, mais cela ne résout pas le problème du rapport à autrui.

Je crois que bien des psychomotriciens ont confondu les choses dans la foulée des thérapies corporelles. Bien des séances de psychomotricité sont centrées sur cette problématique: « autorise-toi du plaisir dans ton corps ». Je ne suis pas sûr que c’est souvent le problème majeur du patient. Cela me paraît plus souvent le problème du thérapeute.

 

            4. Au niveau subjectif, le Je s’est accompli dans le langage. Il est devenu le sujet du discours, celui qui s’identifie à son discours. Le Je s’exprime, mais cette expression est problématique, contrairement à ce que laisse entendre les activités d’expression préconisées en psychomotricité. L’autre est ici partenaire, relançant le procès de l’expression, mais cela n’est pas sans poser problème. De ce point de vue, le corps est devenu un de ses outils, dans le sens où il peut l’utiliser ou ne pas l’utiliser, à peu près comme bon lui semble, du moins le croit-il. Le moi se gonfle, au-delà des limites du corps. Il peut le cultiver comme outil très performant, gracieux, beau, ou le laisser végéter au rythme biologique indispensable. Le corps archaïque de sensations, le corps instrument et le corps réglementé sont toujours là comme problème, comme le corps biologique d’ailleurs, qui rappellent au sujet qu’il n’a pas la maîtrise qu’il croit avoir. Symptômes, inhibitions, maladies, malaises, rappellent au Je qu’avant (antériorité logique plus que chronologique) d’être langagier il était lui-même corporel, sous différentes formes. Il l’est toujours d’ailleurs et cette permanence structurale fait le lit de toutes les ascèses, quelle que soit la culture, y compris celle de la danse, quoiqu’en pense les psychomotriciens. En effet, je crois que la danse n’est pas l’expressivité harmonieuse du corps, libéré des contraintes; c’est une ascèse qui travaille la tension problématique entre le Je, le corps et le spectateur.

La série  « il y a du corps-je suis ce corps-là-je ne suis pas ce corps-là » aboutit à mon sens à ce qui est logiquement visé dès le départ : « j’ai un corps ». Le Je a son corps. Nous savons qu’il se trompe en partie, puisque ce corps lui échappe, comme il lui a échappé auparavant. Reich avait compris que le corps est marqué de l’histoire du procès de la subjectivité.

 

Je dirais que le problème à ce niveau est d’assumer cette soumission, cette sujétion. Le danger propre est d’être castré. Si le Je s’exprime, avec le corps, il doit accepter d’y être soumis sous peine d’être castré. Cette dernière position accomplit le mouvement de l’histoire amorcé en C. Je crois que cette dimension historique échappe aux psychomotriciens, parce que leur échappe la dimension dramatique de l’existence.

 

            L’amplification du tableau szondien selon les indications de Mélon permet de repérer l’impasse idéologique des pratiques psychomotrices et d’éclairer l’objet caché de la psychomotricité. Ce que la déconstruction szondienne nous fait voir c’est que le corps est tout aussi problématique que l’identité et le rapport à autrui. Il est quatre fois problématique (sensationné, objectivé, normé, subjectivé) et entretien avec quatre modalités identificatoires (se confondre, se trouver, se perdre, s’exprimer) des rapports tensionnels qui comprennent quatre menaces imaginaires (être disloqué, être handicapé, être frustré, être castré). On pourrait d’ailleurs articuler ces menaces imaginaires, ou ces traumatismes à la série des fantasmes originaires, comme Mélon l’a fait.

 

De quoi veulent s’occuper les psychomotriciens? Que veulent-ils faire? Je vois deux  types de réponses à ces questions.

 

            1) A travers l’histoire des pratiques psychomotrices, depuis Guilmain, on peut repérer différents types de « clients » et différents « buts » dans des lieux institutionnels divers. D’abord certains malades mentaux et les handicapés mentaux en institutions de soins. Il s’agit de redonner de la vitalité à l’organisme. Ensuite les enfants inadaptés en milieu scolaire. Il s’agit d’amender leur caractère en agissant sur le tonus. La rééducation est surtout une sorte de redressage pour faire rentrer les enfants dans la norme. A partir des années 70 les psychomotriciens découvrent la relation et veulent permettre l’épanouissement de l’être. Ils abandonnent la rééducation et orientent leurs pratiques vers la psychothérapie. En même temps on voit leur intérêt grandissant pour les psychoses infantiles. Je constate qu’à partir de ce moment-là ils se désintéressent progressivement de l’handicap mental.

 

            2) Du point de vue des discours (théorique et idéologique) l’évolution historique fait voir un mouvement qui va de la valorisation des performances adaptatives à l’épanouissement de la personne, qui est le thème dominant actuellement. Par exemple, dans un ouvrage récent édité par l’Association Suisse des Thérapeutes de la Psychomotricité (Georg, Genève, 1994), préfacé par le Dr André Haynal, le premier chapitre, écrit par Michène Chappaz-Pestelli, présente la psychomotricité aujourd’hui. « Notre spécificité en tant que psychomotriciens, dit-elle, c’est de donner la possibilité aux enfants de retrouver l’harmonie de leur être psychomoteur- et le plaisir de le faire fonctionner » (p 22) Dans un autre ouvrage, André.Calza et Maurice.Contant (« Psychomotricité », Masson, 1994) affirment quant à eux que la  « thérapie psychomotrice est, par excellence, la pratique réunificatrice, créatrice et recréatrice du lien entre psyché et soma, entre imaginaire et réel, entre présence et absence, espace et temps, contenant et contenu » (Richard et Rubio,  Masson, p 182). Plusieurs auteurs, dont Nicolas Duruz, ont attiré l’attention des psychomotriciens sur le caractère illusoire de telles affirmations et sur la nécessité de travailler les modèles théoriques et les idéologies pour affiner le travail théorico-clinique. Mais faute d’une déconstruction adéquate, le champ reste libre pour tenter de séduire avec une promesse d’unité et d’harmonie, ce dont, il faut bien le dire, chaque homme rêve.

 

            En confrontant rapidement ces affirmations à l’analyse szondienne que je viens d’esquisser des rapports entre le corps, le sujet et le lien social, on peut s’apercevoir que, dans leur discours, les psychomotriciens veulent privilégier la globalité et la totalité. Si on lit la série comme je l’ai présentée, dans le sens C-S-P-Sch, ou pourrait dire qu’ils rejettent la droite du tableau (le corps normé et le corps subjectivé, ou la menace de frustration et la menace de castration) pour privilégier ce qu’il faut bien considérer comme des idéaux fantasmatiques qui font partie des problèmes structuraux de la gauche du tableau: le plaisir sensori-moteur harmonieux et l’unité du corps en mouvement.

 

V. En conclusion

On pourrait dire que les psychomotriciens ont été appelés par la clinique psychopathologique et psychopédagogique à travailler avec leurs patients les soubassements de la personnalité et du comportement. D’abord dans une visée adaptative, et puis dans une visée d’épanouissement lorsque les idéologies des psychothérapies se sont répandues. Obligée alors, sous l’influence des psychanalystes, de prendre en compte les problèmes de transfert et de parole, la psychomotricité s’est progressivement transformée en psychothérapie à médiation corporelle. J’ai parfois l’impression que des problèmes cliniques qui se posaient à l’origine, il ne reste que le dispositif technique qui fait peut-être leur spécificité, et qui est rappelé dans un ouvrage récent par Jacques Richard et Lina Rubio (« La thérapie psychomotrice », Masson, 1995, p 182) . Je cite : « Le psychomotricien a une manière propre d’approcher le corps. Il met en situation et observe le corps de l’autre. Il interagit aussi avec lui. De cette rencontre, quelque soit son âge et la présence ou l’absence de handicap ou de pathologie apparente, le psychomotricien cherche à tirer un bénéfice éducationnel, rééducationnel ou thérapeutique. Mais...c’est bien la détection de perturbations psychomotrices, quelle que soit leur nature, qui détermine la pratique psychomotrice. »

 

            Comment repartir de ces perturbations psychomotrices? Je pense que l’expérience accumulée des cliniciens de la psychomotricité pourraient trouver un intérêt à s’enrichir d’une analyse inspirée de ce que je vous ai proposé aujourd’hui à partir du système pulsionnel de Szondi. N’ayant pas cette expérience, je ne peux qu’esquisser une direction de recherche.

 

            Ce qui est déterminant c’est la psychomotricité de base en tant qu’elle annonce les développements futurs de la structure. De ce point de vue, les psychomotriciens ont raison: il faut s’intéresser chez les patients qui leur sont confiés à ce qui a trait au corps sensationné et au corps objectivé, en tant que premières formes décisives de problème d’existence et aux avatars pathologiques spécifiques, que j’ai métaphoriquement désignés par disloqué et handicapé. Parmi les clients potentiels désignés des psychomotriciens, je vois de façon paradigmatique deux indications majeures : l’autisme et le handicap mental.

 

L’autisme en ce que justement la dialectique contactuelle semble y faire problème, d’autant plus qu’elle ne peut être relayée par la dialectique suivante, celle du champ spéculaire.

 

Et le handicap mental en ce que le corps comme unité semble y faire problème, d’autant plus que la dialectique oedipienne ne semble pas pouvoir ici prendre le relais. Mais il faudrait étayer ces indications à partir des caractéristiques propres de ces paradigmes psychopathologiques. Je pense surtout à l’incorporation impossible pour l’autisme, et à la responsabilité impossible pour le handicap mental.

 

Ici, provisoirement, c’est plutôt du côté du modèle de Gagnepain que j’entrevois des développements intéressants.

 

Résumé:

 

L’auteur tente de préciser l’objet de la psychomotricité comme discipline scientifique à partir de l’apparition du terme en langue française et le développement progressif des pratiques qui y renvoient. Il montre comment ces pratiques se sont soumises à différents modèles scientifiques relevant d’autres disciplines (médecine, pédagogie, psychothérapie, psychanalyse, phénoménologie, éthologie, etc...) sans réussir à définir un champ spécifique d’investigation conformément aux exigences scientifiques. La psychomotricité n’a pas pu s’empêcher, dans la culture francophone, de se définir essentiellement comme inter-disciplinaire, cachant mal dans son discours dominant chez les praticiens l’idéologie dont elle se réclame explicitement, celle d’une approche globale de l’être humain. En se référant constamment à cette idéologie holiste, issue principalement du Mouvement américain du Potentiel Humain qui a inspiré les psychothérapies humanistes, en amalgamant dans son histoire différents courrants et différents modèles théoriques, la psychomotricité française a échoué à développer un modèle scientifique propre qui pourrait fonder les pratiques qui s’en inspirent.

 

L’auteur propose deux modèles théoriques en sciences humaines qui pourraient permettre à la psychomotricité de construire un objet spécifique et inspirer des pratiques professionnelles spécifiques.

            1) Le modèle d’anthropologie clinique développé à Louvain par le Professeur Jacques Schotte et ses élèves sous l’intitulé « Schéma pulsionnel de Szondi », modèle que l’auteur amplifie à partir des questions qui se posent spécifiquement en psychomotricité à propos de trois concepts majeurs: corps, identité, rapport à autrui. L’auteur propose à partir de là des catégories qui permettent de penser la clinique psychomotrice.

            2) Le modèle d’anthropologie clinique développé à Rennes par le Professeur Jean Gagnepain sous l’intitulé « Théorie de la Médiation », et repris à Louvain au centre de recherches pathoanalytiques, puis à Nantes, (Professeur Regnier Pirard). A partir de ce modèle, l’auteur propose de distinguer, en psychomotricité, ce qui relève de la norme, de l’outil et de la personne, tant du point de vue des pathologies qu’elle prend en compte que des principes méthodologiques que le modèle permet d’esquisser.

 

L’auteur montre comment, en conclusion, les modèles esquissés qu’il travaille depuis plusieurs années, permettent de mieux distinguer et de mieux spécifier les approches pédagogiques, psychothérapeutiques, rééducationnelles, ou éducatives qui sont souvent mélangées dans les pratiques psychomotrices actuelles.



[1] Ce texte est un condensé de deux exposés faits en 1996 : l’un au XIVè Colloque de la Société Internationale Szondi

(Cracovie 15-18 VIII 1996), l’autre au 1er congrès européen de psychomotricité (Marburg 19-21. 09. 1996).

 

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